Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

vendredi 1 octobre 2021

L’AGNEAU SOUPÇONNEUX

Petite fable affable

Il est des corniauds se prenant pour cygneaux !
Un galopin, turlupin parmi les agneaux,
Se croyait plus que tous le siens frères
Doté d’“esprit critique”. Et ce grégaire,
Critiques il ne manquait jamais d’en faire, hélas ;
Quant à l’esprit, pour ça, il n’était pas un as !

Vivant par faute d’autrui durable
Lune de fiel avec d’adorables
Vilaines en laine et bons sueurs de suint,
Il se démarqua du troupeau dès juin.
Il estimait qu’en son sein, quoi qu’on dise,
Il n’était que mensonge et balourdise,
Ou duperie, fallace et piperie !
On pense mieux par soi qu’en pairie…

Il savait par les boeufs la terre plate.
« Détail de taille ce que tu relates,
Et qui, par nos monts et vaux, m’aura échappé »
Lui fit le chien qui aimait fort japper.
 « Face au berger plus qu'au loup méfiance !
Le chèvres m’ont appris en confidence,
Que pour mieux nous soumettre, le charbon
Les fièvres, les poux et les vers, ces barbons
Inventèrent. Cessons donc d’être ouailles
De ces êtres qui nous font victuailles.
Oui, tout est suspect. Tout n’est que complots
Avec tous ces fourbes, tous ces charlots ! »

Parce qu’on lui laissait toison sur râble,
“Changement climatique” n’était pas croyable.
Il tenait cela d’un vieux corbeau.
Et pour lui le plus gros, le plus beau
Étaient ces lamas, mis là pour happer broussailles,
Prélude au “Grand Remplacement” par ses rocailles.

« Je m’en vais, je ne vous supporte plus.
Vous ne savez qu’être ensemble au surplus !
Votre basse vue, votre entre-soi m’insupporte :
La différence, hélas, n’y ouvre aucune porte !

- Et la bêlante bêtise, Ami, encore moins !
Ceux que tu penses foutriquets m’en soient témoins,
Raisonneur ! fit le bélier. Ce qui m’embête
C’est que tu quittes ton vieux troupeau,
Pour être entendu, pour sauver ta peau…
En rejoignant un tout autre troupeau de bêtes ! »


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