Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

mercredi 13 avril 2016

HAÏKU DE CLAIRON

Si la musique adoucissait vraiment les mœurs il n’y aurait pas de musique militaire !

LE CORBEAU & LES POULETS

Petite fable affable

Un juge, portant un costume improbable 
Qui aurait connu un passé incertain,
Bref togé de frais et perruqué grand teint,
Voulut se faire justice : un pauvre diable
L’avait, certes un peu vertement, rudoyé
Quand cognant sur sa femme il lui aboyait
De perverses insanités et insultes,
Étant pire mari que jurisconsulte…
Mais grand donateur au denier du culte.

Le robin avait donc un rosseur à rosser.
Ainsi jugeait-il, sans faire de procès,
Qu’il lui fallait agir. La Cour, Monsignore
Ayant ses raisons que la Raison ignore !

Ce concombrant cornichon, de lui trop sûr,
Tend un piège au vengeur de bonnes femmes
À deux pas du travail de ce vain gros dur
Avec ce qu’il faut de bâtons et de lames…
L’embuscade tint ses promesses. Le quidam
Fut pourtant secouru, au grand dam
Du juge : ils ont vu qu’il y avait problème,
Tous les gars du commissariat du vingtième,
Amis du matamore battu sans flemme.

Il est des cucurbites creuses, l’ami
Qui comme la guêpe, tout d’acrimonie,
Se tuent à vouloir détruire leur semblable 
Et n’y gagnent que soucis invraisemblables !

mardi 12 avril 2016

HAÏKU'MPLICITÉ PASSIVE

Écrire est, aujourd’hui, un business… et, visiblement, je ne fais pas l’affaire !

LA NUIT DEBOUT

La plèbe à bout,
Que l’on voudrait boue,
Chaque nuit bout,
Se tient debout,
Yeux de hibou,
En foule, en gribou.

Sans peur des tabous,
Sans craindre boubous,
Loulous, marabouts,…
Ni coups de bambous,
Elle dit qu’à bout,
Traînée dans la boue,
Ell' vivra debout,
Ira jusqu’au bout…

Avis aux fonbous
Rois du bouribout 
Et du runabout,
Ces sonneurs d’embouts 
Qui ne sont qu’abouts !
Nom d’un caribou !

lundi 11 avril 2016

HAÏKU DE SOMMATION

Avis aux belliqueux et polémistes :
quand je suis sur le pied de guerre, je me sens toujours d’attaque, quoique en paix avec moi-même ; les cheveux en bataille et l'esprit en pleine révolution, je garde en toute circonstance, le front bas !

LES DAMNÉS AFFAMÉS

Petite fable affable

Deux brigands, que vice plus que nécessité
A poussés à épouser leur état, se cachent
Dans les monts ou les vaux dominant la cité
Par peur des gens d’armes & de la hart, ces deux lâches.
L’horreur de  leurs crimes, tout en atrocités,
Ferait à la crème de Hommes prendre hache…

Par gourmandise, ils ont leur pécule mangé :
Goulus et sans façons, comme goinfres qui bâfrent.
Puis n’ont songé, nos deux malfaiteurs, qu’au danger
Qu’il faut fuir craignant les tourments et les affres
Que tant de bonnes gens voulaient leur ménager.

Ils avaient commis leur forfait de bestiale
Façon et maintenant, la peur et, pis, la faim
Étaient leurs compagnes d’exil et de cavale.
Car c’est hélas disette et fringale sans fin
Pour qui court au-devant de la provinciale
Milice qui aime à molester l’aigrefin.

Plus ils ont faim et plus, en tout antre, ils se terrent ;
Une faim à se manger les doigts… ou les dents. 
Même un caillou ferait bon ventre où ils s’enterrent.
Puis un soir, n’y tenant plus, un couteau dedans
Un de leur dos entra. Le reste, je vais taire…

Est-il leçon facile à tirer, Grand Dieux ?!…
Si un moraliste qui prétend s’y connaître
Vous dit que « les loups ne se mangent pas entre eux »,
Mouchez-le : c’est risqué que de tant méconnaître
La bête fauve et la la faim… ou, pire, les deux
Qui, ensemble unis, feraient pâlir un reitre.

dimanche 10 avril 2016

HAÏKU RIZ

Souvent le mystique cache un mystificateur !

OÙ EST PASSÉ MON POÈME ?

Sur « Où est passée ma bohème ? »
 (R. Roig & J. Mercury / Michel Jourdan)

V’là qu’ça s’efface…
Y’a plus de trace !
De tous ces beaux vers qui m’ont rongé,
Pleins de justesse, de sons, de liesse,
Tout en tendresse et en rejets…

Où est passé mon poème
Qui était si bien, pas lourd ?
J’y rimais tous mes « je t’aime »
Avec tes plus doux atours.

C’est mon ordi’, par malchance,
Qui l’a bouffé. Bonjour !
Ces trucs-là c’est une engeance !
Depuis j’le cherche toujours,
La nuit… et au long des jours…

Tout en caresses, à ton adresse,
Plein d’allégresse,  fait d’un seul jet,
Où est passé mon poème
Qui était si bon et court ?
J’y rimais tous tes « je t’aime »
Avec mes vœux les moins gourds.

Il faudra qu’il me revienne…
Il s’ra moins bien cette fois,
Mais ses sons se retiennent
Car ce poèm’ est né par toi.

Où est passé mon poème ?
Où sont passés mes écrits ?
J’y rimais tous nos « je t’aime »
Avec la beauté du jour.

samedi 9 avril 2016

HAÏKU TOUBOUTO’NŒUD

Mes vers sont faits de mes jeûnes & de mes bleus !

LE CROCHET & LE PICHET

Petite fable affable

Pigeon à tondre ou mouton à plumer,
 À la belle saison, l’urbain morose
Qui sait, mieux que nous tous, toute chose,
Vient de sa science enfumer
Nos vies qui ne sont déjà pas si roses
Sous l’astre nous toisant de sa hauteur…
Racontons donc ce temps sans plus de glose :

Sur l’éventaire en bois du brocanteur,
S’exposait là, à la pluie et aux vents,
Une crémaillère jadis souvent
Pendue pour des crimes qu’elle n’avait
Pas commis, comme un quelconque navet.
À ses côtés, se trouvait un vil broc,
Venu du temps où on faisait chabrot,
Trop cruche, hélas, pour vous jouer encor’
Les potiches tant est fêlé son corps.

« Mon amie, fait le broc, ce monde est fou
Nous ne valons sans mentir plus sou,
Inutiles au foyer, à la tablée,
Abîmés, dépassés, las,… et d’emblée
On nous propose au chaland à prix d’or
Lequel nous paiera en tout cas, c’est fort,
Plus cher que lorsque nous étions bons
Pour le service de tous leurs barbons !…

- Les temps changent comme aurait dit Strabon.

- C’est que notre inutilité nous fait objets
De désir et non de simples sujets
De leur quotidien, des obligés
Que tout problème condamne au rejet.

- Et attends un peu qu’un olibrius
Nous transforme, matin, enœuvre d’art”
On vaudra moches, cassés et pendards,
Au moins, le prix d’un Stradivarius ! 

- Il en est ainsi depuis Spartacus :
L’homme accorde plus de prix au futile
Qu’à tout ce qui lui est le plus utile ! »

vendredi 8 avril 2016

HAÏKU’RTOISEMMENT

S’il existe une petite vertu il devrait y avoir de grands vices !

À L'ÉCOLE DE L'ÉCOLO'

C'est écolo que le vélo !
Surtout au milieu des voitures
Que j'fais chier. C'est ma nature !
Pour elles je suis un pélo.
Faut dire que je me biture
À l'anisett' bio. Sans l'eau.
C'est écolo !

J'aime tout' les créatures :
J'ne bouffe pas de cachalot
Ni d'aut' viande, ni d'chamallows,…
Just' les légum' d'la garniture,
C'est écolo !
Vent et pluie sont ma nourriture
Et je fonce, c'est ma philo',
N'respecte rien. J'suis pas ballot.
À vous médocs, déconfiture,… !


C'est écolo ?
J'ne lis plus de littérature,
Ça tue des chênes et des bouleaux.
On dit qu'j'ai rien sous le calot,
Alors que j'ne suis que droiture,
Et vis tout sans fioritures.
C'est écolo : ma signature !

jeudi 7 avril 2016

HAÏKU’PÉSUIVANLÉPOINS, T’Y ES !

Mieux vaux être pris en photo qu’en faute. Quoi qu’avec tous ces radars sur nos routes…

FABULEUSES FARIBOLES 2 (Apologie de l’apologue)

Quatrième de couverture imaginaire

Parce que La Fontaine fait ma jouvence, juvénile d’âme et sénile d’années, je brosse à l’envie la girafe et un portrait d’après nature des travers du porc, des tares de l’ovipare, des défauts du gerfauts, des vices de l’écrevisse, des imperfections du lion, des faiblesses de la tigresse,… en n’oubliant toutefois jamais que 

« De tous les animaux qui s’élèvent dans les airs,
Qui marchent sur la terre ou nagent dans la mer,
De Paris au Pérou, du Japon jusqu’à Rome,
Le plus sot animal, à mon avis, c’est l’homme. »
Nicolas Boileau, Satires (1666)

Aujourd’hui, j’offre à mes pairs pas toujours si spirituels que cela et à leur descendance qui, elle, est unique, une deuxième livraison de nouvelles rimées, récits agrestes au langage pourtant urbain, comptant leurs pieds sur les doigts de la main et contes bucoliques à dormir debout marchant sur la tête. Comme leurs prédécesseurs, ils témoignent plus qu’ils ne dénoncent qui, ou quoi que ce soit, désireux de faire cogiter un instant et de distraire longtemps sans que leur auteur qui à force de se penser penseur est devenu pansu et en oublie de réfléchir vraiment mais

« Il y a tant de gens dont c’est le gagne-pain de penser,
de nos jours, que ce petit livre refermé et oublié,
les occasions d’être profond ne vous manqueront certainement pas. »
Jean Anouilh, Avertissement hypocrite, Fables (1962).

Chacun trouvera donc ici dans l’une ou l’autre de ces bluettes, je l’espère, ce qu’il est venu y chercher… et peut-être même un peu plus. Les autres, rats de bibliothèque ou pies de salon, qu’insupporte l’esprit bon enfant du sale gosse que je n’ai cessé d’être ou qui n’aiment les paraboles que lorsqu’elles les enchaînent à leur télévision, déploreront un insigne bestiaire en vers - d’aucuns diront “vermisseaux” ! - digne d’un bestial bêtisier abêtissant… à défaut d’être appétissant oubliant qu’ « une fable est un pont qui conduit à la Vérité » (A.-I. S. de Sacy, Chrestomathie arabe, 1826), celle qui, éternelle, interroge nos petits égoïsmes et questionne nos sottes lâchetés.

mercredi 6 avril 2016

HAÏKU’VERT DE FLEURS

Chers Académiciens, point d’immortalité avant la postérité !

DEPUIS TOUJOURS & À JAMAIS

D’après Today, tomorrow & forever (B. Giant, B. Baum & F. Kay)

Lui : Je te suis aimant et fidèle,
Depuis toujours et à jamais,
Au soleil comme à la chandelle…

Si notre vie, l’Amour modèle,
Depuis toujours et à jamais
Au soleil comme à la chandelle

C’est grâce à cet unisson
Des cœurs dont parlent les chansons…

Tu t’blottis dans mes bras, Ma Belle,
Depuis toujours et à jamais
Tu peux t’y lover de plus belle…

Elle : Au soleil comme à la chandelle,
Depuis toujours et à jamais,
Je te suis aimante et fidèle…

Tous les deux : Car être deux nous fait frisson
Encor’, qu’ensemble nous avançons…

Lui : Viens t’blottir dans mes bras, Ma Belle !

Elle : Je veux m’y lover de plus belle…

Tous les deux : Depuis toujours et à jamais
Du temps on oublie la gabelle…

Elle : Et les présages des corbelles…

mardi 5 avril 2016

HAÏKU NICULUS

Casanova était, en son temps, « le roi des cons » et en a tiré gloire et fortune…

LE LAPIN AU LATIN

Petite fable affable
D’après le Lapin et le latin de Pierre Gamarra

L’école des bêtes de maître Duraton
Reçoit ce matin là une étrange prière :
Ne sachant dessiner ni lettre ni bâton,
Ne connaissant même pas son abécédaire,
Un gros lapin voulait apprendre le latin !
« Je suis, dit-on, bête à bouffer du foin, du thym,…
J’ai aussi l’appétit d’apprendre et du courage
À revendre et rien, non, ne me fait moins peur
Que le travail, Maître. Donnez-moi du fourrage !

- Il faudrait commencer par le commencement :
Apprendre à lire et à écrire en votre langue.
À placer la charrue devant les bœufs, l’ami,
On ne fait jamais de sillon mais de la fangue,
Et rien ne lève de vos meilleurs semis !

- Mais je ne veux faire que ce qui m’intéresse
Et que ce qui me plaît. Pour le reste, basta !

- Hélas, quels que soit son envie et ses efforts
Celui qui néglige les jalons, les étapes,…
Pour se faire croire qu’il est le plus fort,
Fait, de ce qu’il apprend, un marais chausse-trappe ! »

lundi 4 avril 2016

HAÏKU ‘R DES COLLES

On m'a souvent dit qu’avec mes mots, je fais médisant. 
Peut-être… Mais de loin alors car il y a bien longtemps que je ne les ai plus !

MES VACANCES À MOI

Ma foi, chacun chez soi !… C’est mes vacances à moi !
J'ai pas de voiture mais j'ai ma caravane.
J'y vis du froid au froid, chaque jour, chaque mois.
Je l'ai plantée ici, mon bien, mon patrimoine,…

Même si ça jette l'effroi ou crée l'émoi,
Il reste là, ce toit à roues, cette cabane,
Vile verrue de vos villes rêvant savane,
Joyeux tropiques, liberté,… C'est mon chez moi.

Arrêté chez toi, il est ma vie, mon quant-à-moi,
Une invitation aux belles âmes, aux vieux ânes
Du quartier qui jamais ne partent, comme moi…

Elle est nomade, pour nous tous, ma caravane,
Souvenirs viagers,  évasions en charmoies,
Voyage immobile sans limite océane,… 

dimanche 3 avril 2016

MON HAÏKU ‘NTE, S’IL VOUS PLAÎT

On fait toujours belle et bonne chaire quand on tient fable ouverte !

LE SINGE & LE CURÉ

Petite fable affable

Un quadrumane singeait
Les passants jeunes, âgés,…
Imitait la démarche
Des dindes, des matriarches,…
Des gosses, il se gaussait
Jouant à se rehausser.
Il mimait les mimiques
Qu’il trouvait les plus comiques.
Bref des Hommes il s’amusait,
Comme eux, de lui, s’amusaient.

Un prêtre vint vers sa cage
Et s’offusqua sans ambages
Que l’animal contrefit,
Avec un air de défi,
Les traits durs de son visage.
Voilà qui n’est pas d’usage
Devant un porte-missel
Ne fût-il qu’un demi-sel.
Il tance ce gros microbe
Qui a insulté sa robe :
« La bête, reste à ta place !
À grimacer, rouler des yeux,
Tu déshonores la face 
Que t’ont donnée les Cieux ! »

Mais grande fut sa surprise,
Au point qu’il crut à méprise
Ou à un tour du Malin
Quand répond le fagotin
Avec un large sourire :
« Ah, que voilà un bon prêtre
Ayant bien appris ses letttres :
En t’arrêtant à si peu
Oserais-tu me dire en face,
Que tu honores la place
Que t’a offerte ton Dieu ? »

samedi 2 avril 2016

HAÏKU’DEBAGUETMAGIC

Une simple illusion vaut bien mieux que la complexe réalité.

CŒUR & ÂME

Apaise ton âme, égaye ton cœur, 
Oublie les rancunes et les rancœurs !
Réveille tes rêves, éveille tes songes,
Écris matin tout ce que d’autres crient,
Doute enfin des récrits et du prescrit ;
Rime contre les fous et leurs mensonges,
Bouscule les cieux, dis à Dieu adieu,…
Fais que ta plume soit plus qu’une lame
Et que soient pointes tes vers insidieux
Mais que ton encre fuie les amalgames…

Apaise ton âme, égaye ton cœur, 
De tes vie et envies sois chroniqueur !
Fais des bourgeons de tes rides arides,
Mets au jour l’enfoui, rattrape l’enfui ;
Cueille tes sensations comme des fruits
En des strophes faites éphéméride ;
Aie soif de sons, faim de mots ; mets des do
Sur le dos des soucis et mets en cage
Ces tourments qui, à terme, sont cadeaux :
Douleurs et larmes nous font plus sages  !

Apaise ton âme, égaye ton cœur,… !
Quand la barbarie bruit et que son chœur
S’impose à tous, ose élever des lignes
Inégales ; si son seul fard, le sang,
Colore tes jours, ton cœur innocent
Conforme à ceux que la société forme,
Aie la rage des enfants sages, cafards
Certes, mais qui restent durs à la peine ;
Sois le ferme qu’on enferme, un soiffard
Hostile à toute chaîne à toute haine !

vendredi 1 avril 2016

HAÏKU DE BOUTEILLE

Comme il n’est pas besoin d’être un poète pour aimer la poésie, il ne faut pas être un béotien pour apprécier La Boétie !

L’ESTOC & LE SOC

Petite fable affable
Librement inspiré de L’épée et le soc de Romain Nicolas Du Houllay 
(Fables en vers français, 1804)


Une épée en son fourreau
Flanque un fort vieil hobereau
Contraint de labourer ses terres
Avec sa charrue grabataire
Et ses deux bœufs fatigués
Mais œuvrant sans rousiguer.

La lame fourrée causait
Au soc fort couperosé
De rouille qui, par habitude,
Sans lenteur, avec rectitude,
Déchire le sol ingrat
Comme l’est le pire rat.

« Toi qui es nu comme fer,
Sais-tu ce que c’est l’enfer ?
Fait l’espadon qui se refuse
À vêtir de lin  ou d’excuse
Les ors de sa vanité.
Parle sans fatuité !

- Je ne sais que retourner,
Fendre, tailler, sillonner,
Et déchirer la pauvre glèbe,
Humble comme cette plèbe
Dont notre maître n’est pas
Mais dont il suit la vie, les pas,…

- Foutaises que tout cela !
Moi j’ai connu, ici, là,
La gloire des combats, la guerre
Où on ne se prélasse guère.
J’y fus foudre tout éclairs,
J’ai fendu des corps et l’air !

- On ne voit que peu cela
Au cul de ces deux bœufs las !

- J’ai semé du sang et fait ample
Moisson de mort et, par exemple,
Fauché tête et taillé dos,
Parfois marché sur les os !

- Dans ce rustique séjour
Et sous le joug de mes jours,
À une nouvelle vie j’ouvre
La terre près des chênes rouvres.
C’est là mes œuvres et destin.

- Quel insipide festin,
Tu manques de trempe, ami !

- Je ne n’aspire qu’aux semis
Faits à temps et n’ai bonne estime
Que pour le labeur bien fait, Lime !

- Parole de vieux débris !

- Insulte dont je me ris :
Je suis plus âgé que toi…

- Sénile mais pas matois ?!

- Mais, avec modestie, courage,
Je fais encore mon ouvrage
Quand d’autres ne parlent d’eux
Qu’au passé comme vieux ! »