Grande attention vaut petites intentions.
Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques
parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…
mercredi 22 novembre 2017
mardi 21 novembre 2017
LA DINDE BAFOUÉE
Petite fable affable
Une dinde fort bien troussée, Dame,
Mais jamais assez à son goût, ma foi,
S’était fait farcir - et on l’en blâme -
Par toute la basse cour. Une fois,
Au coq timide, elle s’était offerte,
Lui qui, toujours, à Onan donnant
Et au vent semant, a rendu disertes
Toutes les poules au sang bouillonnant
Qui se mettaient à poil en pure perte !
Aimée avec profit par tous les mâles,
Elle était des femelles la risée,
Celle qui fait qu’on jase ou qu’on râle
Quand, las, vint à marcher sur ses brisées
Une poulette. Ce fut une épreuve
Pour la dinde abandonnée qui, rire amer,
Lui dit : « Même la gloire du fleuve,
Petite sotte, s’achève à la mer* !»
Mais jamais assez à son goût, ma foi,
S’était fait farcir - et on l’en blâme -
Par toute la basse cour. Une fois,
Au coq timide, elle s’était offerte,
Lui qui, toujours, à Onan donnant
Et au vent semant, a rendu disertes
Toutes les poules au sang bouillonnant
Qui se mettaient à poil en pure perte !
Aimée avec profit par tous les mâles,
Elle était des femelles la risée,
Celle qui fait qu’on jase ou qu’on râle
Quand, las, vint à marcher sur ses brisées
Une poulette. Ce fut une épreuve
Pour la dinde abandonnée qui, rire amer,
Lui dit : « Même la gloire du fleuve,
Petite sotte, s’achève à la mer* !»
* D’après un proverbe russe.
lundi 20 novembre 2017
dimanche 19 novembre 2017
COMME UN CHÂTEAU CATHARE…
Cycle pyrénéen
Comme un château cathare ayant eu son heure de gloire,
Ma vie est traversée de vents qui glaceraient la Loire,
Mes souvenirs sont pareils aux pans de mur écroulés
Qui accueillent les ronces de l’oubli entre ses boulets.
Les orties des pourquoi ont envahi l’herbe des rêves
Là où une cour pavée offrait une propice trêve
À mes mâles humeurs, un horizon à mes détours
D’ennui, un havre à mon désespoir érigé en tours.
Comme un château cathare ayant eu son heure de gloire,
Ma vie domine vos joies d’enfants que l’on mène au square,
D’adultes n’ayant que déboires et heures écoulées.
La faux du temps bat vos campagnes et fait des goulets
De vos jours où s’étrangle l’espoir qui n’a d’autre grève
Qu’une vieillesse naufrageuse, une mort faite glaive.
Perspective désespérant qu’aller sans retour !
Il m’a rendu serein et fort et cynique au détour.
Comme un château cathare ayant eu son heure de gloire,
Je suis usé comme un grimoire, ai ridé ma mémoire
Et n’offre aux vents mauvais, dans les froides bises roulé,
Qu’ une herse tombée au pied d’une porte trouée,
Battue mais jamais abattue dans l’aube qui se lève,
Dans le crépuscule qui s’éteint et, las, vous achève…
Là, je résiste à l’annonce de mon propre trépas
Reproche planté dans l’ornière de votre ignorance,
Portant mon ombre sur les illusions déjà rances
De vos histoires qui ne sont que « faut pas » et faux pas.
Comme un château cathare ayant eu son heure de gloire,
Quand le ciel bleu, d’aventure, pleure ou se fait bouilloire,
Dans ma lassitude et dans ma solitude coulé,
Dans mes habitudes moulé, et par vos pas foulé,
Vous croyez m’avoir vaincu car jamais je ne me relève
Quand votre existence vous mène de crève à crève.
Devenu l’écho de moi-même, je l’avoue sans détour,
J’ai vécu. Quand, pour ce faire, viendra donc votre tour ?
Comme un château cathare ayant eu son heure de gloire,
Je vous défie car, entre essentiel et accessoire,
Vous ne savez balancer car tout, toujours, vous voulez :
La liberté et le confort mais sans trop vous fouler,
Le toc et l’authentique mais sans en goûter la sève
Ni en payer le prix… Moi j’ai lutté face aux vautours
Et perdu, certes, mais suis toujours là, dans vos alentours.
samedi 18 novembre 2017
vendredi 17 novembre 2017
HAÏKU’ESTION EXISTENTIELLE
Ne sachant qui je suis, d'où je viens ni où aller je serais surpris d'arriver à quelque chose c'est-à-dire de devenir quelqu'un !
LA LIMACE & LA DEMOISELLE
Petite fable affable
Madame limace avec une libellule
Causaient courage, imprudence et témérité.
La première, plus timorée qu’une iule
Prêchait tout haut contre la dangerosité
De l’envol, trouvait toute entreprise imprudente
Et toute aventure, en ce monde, inconséquente.
L’autre se vantait, tout babil, de son audace,
Elle qui avait la trempe d’un vrai héros
Et l’intrépidité, sceau des meilleures races,
Qui permet de faire face à tous les zéros
Et évite de finir, un jour, dans un ventre
Ou le gosier d’un emplumé qui se veut chantre.
« Inconscience ! » répétait la baveuse
À la frivole survolant ses pourpiers.
« Mais que nenni, ma grosse traînarde envieuse,
Et n’oublie jamais qu’ “Oser c'est perdre pied
Momentanément. Ne pas oser c'est se perdre*” »…
Un oiseau happa l’autre avant qu’elle eut dit : « Merdre ! »
*Soren Kierkegaard
jeudi 16 novembre 2017
mercredi 15 novembre 2017
AUX FILS DU CONDOR
Au-dessus des petits riens qui font et défont
Un destin, toisant le puma comme l’Homme et l’âne
Là-bas, à l’ombre des Andes et de ses noirs tréfonds,
Dernier témoin d’un passé enfui, un rapace plane.
Il survole un enfer enfoui que fer et feu
Pas fainéants sous ces cieux, ont fait néant
De chaînes d’esclaves en protecteurs couvre-feux.
Tout fut perdu for la vertu et l’honneur, céans ;
Mais de l’une il ne prend soin sans ambages ni vergogne
Et de l’autre il n’a besoin, dans l’appétit béant
Qu’il a d’affronter l’Humain plus pleutre que vigogne :
Ne pouvant avoir honte, ce bipède-ci a peur,
Roseau bien pensant sur l’ego se perchant
Mais roseau peu pensant, vain jappeur et vil dupeur.
Plumage vert et serres bottées à tout bout de champ,
Le bec toujours avide et, pis, l’œil insatiable,
Il est la bête, hélas, de tous les mauvais penchants,
Ce dieu sur terre qui rapace son semblable.
Et dans ces montagnes-là, c’est lui l’oiseau de proie
Jouant l’orfraie ou l’effraie à toute heure et à tout heur,
Faisant la harpie et le griffon dès qu’il est roi.
Le condor apprit, par l’épreuve, qu’oiseau de malheur,
D’ère en aire, l’Homme est le pire animal qui hante
Sol et rochers, y semant terreur et douleur
Car cette engeance si malfaisante et fort grouillante
Se fait notaire intègre ou vertueux magistrat
Comme infâme dictateur par les vaux et les monts
Et voudrait qu’on oublie qu’il ne vaut mieux que rat.
Les fils du condor ont pris, en bons vieux démons,
Dans le ciel flétri d’un jour neuf, couleur de cendre,
Le relais de leur père qui, d’aval en amont,
N’a connu que charniers et mouroirs, palissandres
Masquant potences et poteaux, bref ces bas instincts
Vaincus de haute lutte pour qu’un soleil nouveau
Refleurisse au sang de nues que l’Homme avait éteint.
Mais les fils du condor ne veulent pas qu’on oublie
Ce que vit et vécut leur père et ses pairs soumis
Au joug d’un uniforme maintenant affaibli :
Ami, le temps n’affadit rien ni n’excuse mie !
Il est des crimes qu’on ne doit jamais effacer,
Dont seuls peuvent témoigner les cieux profonds
Où plane un condor impassible sans se lasser…
mardi 14 novembre 2017
lundi 13 novembre 2017
ROMAINE SAGESSE
Souviens-toi, toi qui méprises les Belles Lettres
De Cicéron, ce fort noble et brillant ancêtre
Qui a théorisé, en son temps, tout ceci :
« Un le Pauvre bosse jusqu’à la mort sans sursis ;
Deux, le Riche exploite le un et sans vergogne ;
Trois, le Soldat défend les deux, les armes en pogne ;
Quatre, le Contribuable paye pour les trois ;
Cinq, le Vagabond se repose sur les quatre ;
Six, l’Ivrogne boit pour cinq sans guère d’effroi ;
Sept, le Banquier escroque les six, douceâtre ;
Huit, l’Avocat trompe les sept… et sans façon ;
Neuf, le Médecin tue les huit en vingt leçons ;
Dix, le Croque-Mort enterre les neuf et, tique,
En onze, de tous ceux-là, vit le Politique ! »
Depuis la Rome antique, ainsi le monde va,
Bon an mal an, sous les huées ou les vivats…
dimanche 12 novembre 2017
samedi 11 novembre 2017
HAÏKU D’GNOLE
Boire et reboire au ciboire pour vous imboire n’a jamais réduit vos déboires en pourboires…
IL EST MINUIT…
Va, il est peut-être trop tard
Pour rattraper tous mes retards
De sensations, de sentiments
Sans que ça fasse boniments
Car les heures filent si vite,
Tout apeurées que ne s’invitent
Quelques pauses ou un vrai silence
Poussant l’aiguille à la dolence
Ou à la somnolence.
Tuant toute relance
Dans nos tendres amours,
Notre horloge a usée
Les ans tout cérusés,
Patinant les toujours.
Et, sans un bruit,
Vint la mi-nuit ;
Le temps s’enfuit.
Sonne minuit,
Heure sans fruit…
Allez, disons-nous le sans fard
Entre habitudes, ennui, cafard,…
Nous avons plus de souvenirs
Chers à nos cœurs, que d’avenir.
Mais le pendule se balance
Entre indolence et vigilance ;
Nous guette un cadran presbyte
Aux minutes myopes vite
Venues, encor’ plus vite
Reparties, où habite
L’oubli de nous, vieillis
Dans la sincérité
Et la fidélité
Qui n’a jamais failli.
On rêve et puis
Déjà, minuit.
Nos jours s’enfuient…
Il est minuit,
La vie nous fuit…
Pour rattraper tous mes retards
De sensations, de sentiments
Sans que ça fasse boniments
Car les heures filent si vite,
Tout apeurées que ne s’invitent
Quelques pauses ou un vrai silence
Poussant l’aiguille à la dolence
Ou à la somnolence.
Tuant toute relance
Dans nos tendres amours,
Notre horloge a usée
Les ans tout cérusés,
Patinant les toujours.
Et, sans un bruit,
Vint la mi-nuit ;
Le temps s’enfuit.
Sonne minuit,
Heure sans fruit…
Allez, disons-nous le sans fard
Entre habitudes, ennui, cafard,…
Nous avons plus de souvenirs
Chers à nos cœurs, que d’avenir.
Mais le pendule se balance
Entre indolence et vigilance ;
Nous guette un cadran presbyte
Aux minutes myopes vite
Venues, encor’ plus vite
Reparties, où habite
L’oubli de nous, vieillis
Dans la sincérité
Et la fidélité
Qui n’a jamais failli.
On rêve et puis
Déjà, minuit.
Nos jours s’enfuient…
Il est minuit,
La vie nous fuit…
vendredi 10 novembre 2017
HAÏKU RÉGI
Il est des esprits jaloux et des cœurs fats qui, lorsqu’on louange un tiers jouant dans leur cour, jugent que c’est autant que l’on retranche à leur aura !
jeudi 9 novembre 2017
HAÏKU’RIR TOUJOURS HAÏKU’RIR
Le rêve, j’y songe, est une grève
Où la vie lasse se fait trêve,
Et que m’importe qu’elle soit brève,
Car l’espoir, son bon blé, y lève
Et jamais, tenace, ne crève…
LES TAS D’URGENCES
Petite fable affable
Un vieux bison besognait à brouter
Dans la prairie où il lui fallait router
En compagnie de la tribu de ces bêtes
À cornes dont il était le seul barbon,
Celui dont la sagesse appelle courbettes
Et qu’on évite de rendre furibond
À la rivière comme dans l’herbette.
Ce bon barbu barbant était affairé,
Toujours occupé à ci ou à flairer
Ça car Chef est position qu’on occupe
Mais qui, surtout, occupe, vous disait-il,
Ajoutant, parfois, pour tous ceux des siens, dupes
De son vain empressement, d’un air subtil :
« Tout ce qui compte ne peut pas toujours être
Compté… et ce qui peut être compté, traître,
Ne compte pas forcément ! » On opinait
Et on le suivait quoi qu’il dise ou fasse,
S’agitant tous en chœur par les épinaies,
Se bousculant dans la prairie où les traces
Témoignaient de mille mêlées essoufflées,
De la précipitation insufflée…
Avec lui tout devait être fait pour la veille,
Et même avant, si c’était possible… Merveille
De la vie en groupe, il fallait vite agir
Mais en troupe et dans un fort parfait ensemble,
Ce qui n’aidait pas, ma foi, à réagir
Rapidement au point que le sol en tremble ;
Mais dans le troupeau, on se heurte sans fin
Alors que le danger est au loin, soit-il feint,
Se bouscule et encore se piétine
Quand l’impératif est déjà dépassé…
Puis, dans l’instant, reprenait la routine,
Laissant le meneur de ces buffles angoissé,
Balançant entre, hélas, le courroux et l’ire
À voir ses pairs si lents et en plein délire…
Un jour, un chien de prairie agacé
Par cette houle rageuse qui effaçait
Tout au passage, lui rappela qu’à faire
Désordre et bruit, à courir en chargeant,
L’Homme n’avait pas de mal à la défaire :
« Parce qu’à force de s’occuper de l’urgent,
Vite, on en oublie l’essentiel, mes Frères ! »
Dans la prairie où il lui fallait router
En compagnie de la tribu de ces bêtes
À cornes dont il était le seul barbon,
Celui dont la sagesse appelle courbettes
Et qu’on évite de rendre furibond
À la rivière comme dans l’herbette.
Ce bon barbu barbant était affairé,
Toujours occupé à ci ou à flairer
Ça car Chef est position qu’on occupe
Mais qui, surtout, occupe, vous disait-il,
Ajoutant, parfois, pour tous ceux des siens, dupes
De son vain empressement, d’un air subtil :
« Tout ce qui compte ne peut pas toujours être
Compté… et ce qui peut être compté, traître,
Ne compte pas forcément ! » On opinait
Et on le suivait quoi qu’il dise ou fasse,
S’agitant tous en chœur par les épinaies,
Se bousculant dans la prairie où les traces
Témoignaient de mille mêlées essoufflées,
De la précipitation insufflée…
Avec lui tout devait être fait pour la veille,
Et même avant, si c’était possible… Merveille
De la vie en groupe, il fallait vite agir
Mais en troupe et dans un fort parfait ensemble,
Ce qui n’aidait pas, ma foi, à réagir
Rapidement au point que le sol en tremble ;
Mais dans le troupeau, on se heurte sans fin
Alors que le danger est au loin, soit-il feint,
Se bouscule et encore se piétine
Quand l’impératif est déjà dépassé…
Puis, dans l’instant, reprenait la routine,
Laissant le meneur de ces buffles angoissé,
Balançant entre, hélas, le courroux et l’ire
À voir ses pairs si lents et en plein délire…
Un jour, un chien de prairie agacé
Par cette houle rageuse qui effaçait
Tout au passage, lui rappela qu’à faire
Désordre et bruit, à courir en chargeant,
L’Homme n’avait pas de mal à la défaire :
« Parce qu’à force de s’occuper de l’urgent,
Vite, on en oublie l’essentiel, mes Frères ! »
mercredi 8 novembre 2017
HAÏKU MODE
Grâce à la société de consommation, les meubles de style sont désormais à un prix abordable pour tous. Les meubles de « style Louis Caisse », bien sûr !
mardi 7 novembre 2017
QUESTIONS ANGOISSÉES D’UN GÉOGRAPHE DÉBOUSSOLÉ
Comment appelle-t-on les habitants de Bransles (77) ?
À Brémoy (14), le déluge ?
Apatou (973) ne manque en tout cas pas de charme ?
On ne manque pas d’air à Culot (01) ?
Pourquoi ne pas jumeler, Madame, Pers (15) et Palaiseau (91) ?
Doit-on s’arrêter à Faux-Fresnay (51) ?
Allez Omblèze (26) ?
C’est pas la mer à boire, Bouyon (06), Godefroy ?
C’est si petit que ça Étréjust (80) ?
Comment sont les gens du crû à Cuis (51) ?
lundi 6 novembre 2017
dimanche 5 novembre 2017
HAÏKU BILOT
Quoi qu’il le nie, tout opposant dit parfois l’inverse de ce qu’il pense pour ne pas se contrarier lui-même face à l’adversaire dont il veut prendre le contre-pied !
SAGESSE AMÉRINDIENNE
Petite fable affable
Un vieil indien, devant son teepee,
Explique sans se faire verbeux
À son petit-fils un peu merdeux
Qu’en chacun de nous et sans répit,
Deux loups se livrent, et se livreront
Toujours, bataille comme larrons :
« Le premier loup, un gros et grand gris,
N’est que gentillesse, amour et paix.
Il n’a pas la griffe rabougrie
Ni le croc aigri en son clapet.
L’autre est la bête noire et velue
Qui est peur, haine et avidité.
Aussi puissant, brute et goulu
Que son pair, sans ambiguïté.
- Et lequel des deux est le plus fort ?
Dit le partisan du moindre effort.
- Mais celui que tu nourriras ! »
Fait l’Ancien en levant les bras.
Inscription à :
Articles (Atom)