Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

dimanche 13 octobre 2013

BAS DE CASSE

          Des cocasses et des bécasses me les cassent à me casser du sucre sur le dos dans leurs jacasses. Oui, même si ça ne casse pas trois pattes à un canard, ce petit jeu qui devrait casser la baraque à n’importe quelle ducasse, me casse et concasse… les pieds. Qu’avez-vous cru ?
     Peu cassent le morceau mais beaucoup se cassent la tête et la nénette pour que me fracassent une saillie ou un trait voire un regard laissé pour toute dédicace. Mais, quoiqu’efficaces que vous soyez dans votre humour d’humeur, chers loquaces peu perspicaces, je ne me casse pas comme du verre ! Vous feriez mieux, casseurs tracassés échoués de quelque barcasse, plutôt que de jouer aux Capitaine Fracasse d’opérette, d’aller casser la croûte… la mienne, pachydermique carcasse, résiste à tout, même aux prix cassés !
     Rascasses et jocasses, envoyez vos velléités à la casse ou cassez-vous au plus loin : c’est la meilleure façon de limiter la casse en évitant de se casser le nez, façon fricassée. Eh oui, faire le casse de mon ego ou de mes reins ne rapporte rien que des ennuis… à moins de vouloir se casser le cou, les dents ou pire, la pipe au plus tôt. Je sais ça ne casse pas des briques, mais se casser la figure quand on voulait casser quelqu’un d’autre, cela me fait me casser la gueule… de rire !

EN ROUTE POUR… L’ENFER

Feu qui rougeoie, fumées qui noient
Le décor, je vis dans la ville
Qui avale et broie le benoît
Comme sa voiture incivile
Et vomit ses vapeurs si viles.
Tous mes rêves
Volent dans ma tête servile,
Me font joies brèves.

Jours sans joie pour gagner des noix,
Je travaille dans cette ville
Loin des bourgeois et des minois
Qui cavalent et vaudevillent
En foule folle au centre-ville.
Ces gens sans sève

Valent ceux de mon incivile
Banlieue qui crève.

L’enfer est dans mon bidonville
Qui, là, se lève
Se soulève, effraie cette ville,
Où rien n’élève.

vendredi 11 octobre 2013

HAÏKU SERRÉ


Je déteste qu'on essaie de me faire passer pour un con…
j'y arrive très bien tout seul. 

TENDRE PORTRAIT À L’ACIDE

          Ma foi, j’ai l'humble fierté, que ce soit dit au monde en aparté, de ne jamais taire ce qui ne se dit pas. Je peux, en effet, me flatter, modestement, de rater mes réussites alors que les échecs me réussissent… Je vis en libertin ma chasteté en tentant de retrouver le paradis perdu dans ce monde qui n’est pas meilleur que l’autre. Je ne suis cohérent que dans mes contradictions. Revenu de tout sans être allé nulle part, la ligne droite ne me fait pas peur à condition qu’elle soit pleine de détours. C'est inné, chez moi, de tels acquis !
     C’est le seul inconvénient de mon caractère, moi qui en ai peu, avec peut-être cette gaieté taciturne qui rend mon rire triste. Je mène presque saintement une vie d’incroyant, en la doublant de celle d’un oiseau de nuit diurne qui avance à reculons, poursuivant ce que je fuis le plus souvent. Cacochyme en pleine santé, m’empoisonnant lentement aux médicaments, comme tout un chacun, je suis un sédentaire aux rêves vagabonds, un mendiant qui donne à chacun et un avare libéral, un taiseux aimant à causer, un bavard adorant le silence… Et pire, je commence toujours tout par où les autres finissent dans plus d’un endroit où je me sens à l’envers, me moquant de l’avis d’autrui dont je quête l’approbation en tout.
     Paresseux je me tue à la tâche, perdant ma vie à la gagner, grelottant l’été, suant l’hiver afin d’être le plus sincère possible quand je mens, toujours plus héroïque dans ma lâcheté, je vis au grand air en mourant à petit feu. Riche de ma pauvreté, innocent comme au premier jour mais me sentant coupable de tout, j’ai le génie des incapables et l'air supérieur qu’arborent les médiocres, usant de la fourberie des honnêtes gens. Me hâtant lentement, pour faire rien - et le reste - je suis ici toujours las…
     C’est, le croirez-vous si vous voulez, parce j'ai le complexe de la simplicité, c'est quand je fais de mon mieux que c’est le pire : aussi ai-je, fidèle à ce que je renie, la mauvaise foi du plus droit des hommes, suffisant au comble de mes insuffisances, conséquent à force d'inconséquence !

EN ROUTE POUR… MON PALIER

Ma ville est comme une prison,
Où on se côtoie mais nul ne cause,
Sauf bien sûr, comme de raison, 
Par téléphone, cette chose
Qui, jusqu'à ce que la nuit éclose,
Me tient debout,
Et le sommeil prenant sa pause,
M'occupe un bout.

Mon voisin en combinaison
De travail bleue n'est qu'une chose.
Sa vie et son seul horizon :
Le téléphone à haute dose.
Il les installe, les dépose
Et ceux à bout
Les répare sans autre clause,
Le sang qui bout.

Lui parler ?!… Non vraiment je  n'ose :
C'est un grigou
Sans téléphone, cette chose,
Chez lui, taboue !

LA CHÈVRE & LE BOUC

Petite fable affable


Une vieille chèvre adorant paraître,
Discréditait fort sa semblable au pré,
Ses ans lui donnant des dents et des lettres,…
Elle coquina, virée de vesprée,
Avec un bouc, Narcisse de parterre,
Un vrai cuistre et un velléitaire.
Ils parlaient pourtant plus qu’ils n’agissaient,
Vantant leurs vertus et leurs compétences
À qui les écoutait, et glapissaient,
Crachant fort sur qui n’avait pas leur chance
D’avoir leur fol talent pour les libelles ;
Car ces courtisans jouaient les rebelles…

Ces deux-là, que rongeait la même rage,
Et que la jalousie faisait jaser,
Décernaient, surtout le bouc, un Grand sage
Mais ingrat, sentencieux à en raser,
Le Prix du Beauf’, l’Oscar de l’Incapable
À qui ne leur était pas agréable ;
Surtout si tout le troupeau réprouvait
Le con primé, sacrifié à la foule.
En mots cyniques et durs qui défoulent,
Fort doués à l’art scénique, ils savaient
S’acharner sans rien laisser en paraître,
Le mépris étant, las, leur façon d’être.

Eux qui, toujours, ne parlaient que de faire,
Crachaient aussi sur tous ceux qui faisaient
Et comme ils savaient comment bien mieux faire,
Ils éreintaient qui créait, s’épuisait,…
Mais, bouffons bouffis du bec, ces deux brutes, 
Avec force salamalecs, hirsutes,
Encensaient qui ils morguaient à couvert,
Leur berger, et obtenaient son estime,
Et sa compassion passant pour victimes
De ceux qui, leur jeu, avaient découverts :
Tous les coups étaient permis : pour eux, corne
Ou sabot étaient, dia, les plus mornes !

N’ayant de relations qu’êtres “utiles”,
Nos deux caprins, roués et capricieux,
Menèrent vite et bien les plus futiles
De leur troupeau, avec l’aide des Cieux,
 À picanier, malmener,… toute bête
Qui, devant eux, ne baissait pas la tête,
Ne voulait marcher le pas dans leurs pas
Ou leur faisait tout simplement de l’ombre.
Cela fit parias et boiteux en nombre.
Et le chevrier, loin de sa pampa,
Les répudia sans voir ni comprendre
Que le jouaient ces deux têtes à fendre.

Quoi qu’on fasse ou dise, le monde oscille
Las, entre ceux qui disent et ceux qui font,
Mais c’est sur les premiers que les imbéciles 
Et vos supérieurs font toujours leur fonds !

jeudi 10 octobre 2013

mercredi 9 octobre 2013

HAÏKU DE LAMPE

Ne rien faire ne fait pas tout…
Bien au contraire !

EN ROUTE POUR… LA LASSITUDE

Non, jamais je ne me prélasse
Même si, assise, j''attends ;
Jamais non plus ne me délasse.
J'ai été vaincue par le temps
Celui qu'il fait, vous rend mollasse,
Celui qui passe, vous enlace,
Arrête tout
Même vous, surtout vous, sur place,
Toujours à bout.

Non, jamais je ne me prélasse
Car l'envie, à pas hésitants,
M'a quittée, me laissant de glace,
Dans mon silence végétant,
Face à vous, à votre mélasse.
Toujours. Partout.
Non, ça ne donne pas la classe,
Ça vous tatoue !

Du matin au soir, je suis lasse.
Triste surtout.
J'attends que la Mort se déplace.
Et c'est bien tout !

L'ÂME BLEUE COMME L'EAU

          À la fontaine du parc, l'eau s'est figée en gouttes et en grain indigos, en bulles faites ballons qu'aucun filet ne retient mais qui refusent de se fondre dans l'azur ciel où ils flottent. Diamant en suspension, chute arrêtée, écume remuée en remous remontants,… tout n'est que flot figé sans gel et sans glace, noyé de silence. Quelle mauvaise onde a pu faire ça ?
     Oui, l'eau vive n'a plus cours : elle est au bois dormante, stagnante. Elle n'irrigue plus de sensations s'insinuant au fil de nos sentiments que l'on soit submergé de tristesse ou inondé de bonheur.
     Plus de cascade bleutée chantant à la source, plus de pluie ruisselante pour accompagner la sueur du soir ou la rosée de l'aurore. Finie l'averse qui verse, jailli sans geindre du geyser géant, se mêlant à la bruine qui chouine pour se couler à l'ondée bleutée débondée. Tout va à vau-l'eau, désormais.
     On ne verra plus le crachin craché par les tritons de pierre, la chute qui choit, torrentielle et tonitruante, auprès du bassin baigné de soleil avec des effluves de fleuve. Tout devient amer et vague !
     L'orage aura beau faire rage, plus d'écho ténu dans le parc, de saucée exaucée par les cieux sur les naïades à baignade. Le temps péri sous l'intempérie !
     Le déluge et sa flotte c'est de la brouillasse tout au plus  et la giboulée pressée, pipi de chat !

LA MORT SUBITE DU LOUP

Petite fable affable sans morale, quoique…

Un noble vieillard connu pour sa fortune
Épousa une drôlette venue du froid
Qu’Internet lui mit sous les doigts. Il fut roi
De la Belle qui disait haut que la tune
N’était pour rien, croix de fer et croix de bois,
Dans son choix… N’étant pas chez elle aux abois.

Le cacochyme prit donc de ces pilules,
Que seuls peuvent prescrire les médecins,
Afin d’aider à ses désirs et desseins
Lors de la nuit où sa chère libellule,
Demoiselle à ses dires, lui ferait don
De sa virginité dessous l’édredon.

Six mois après le faste des épousailles,
Le vieux jeune marié croise son docteur
Et le remercie pour ces cachets qui, pour l’heur,
Le feraient bon père malgré la grisaille
De ses cheveux, le flétri de son pistil,…
« Ma femme est grosse de mes œuvres ! » dit-il.

Le médecin, après une moue sceptique,
Lui tient à peu près ce langage, direct :
« Vous me rappelez un ami des plus corrects
Parti cueillir des plantes aromatiques
Dans quelque bois voisin. Le temps menaçait.
Son pébroque et son panier l’embarrassaient.

Or, un loup vint à surgir dans la clairière
Où il herborisait. Il était tout seul,
Sans arme. L’animal serait son linceul.
Il était perdu face à la bête meurtrière.
Sans réfléchir, il saisit son parapluie,
Mit en joue l’autre pour, qu’apeuré, il fuie.

Il fait mine d’appuyer sur la détente.
Un coup retentit et le loup s’effondra.
Il l'avait occis… Il vous en répondra !
- Impossible !… Il se vante ce dilettante : 
Un autre a du tirer, fit le vieux. C’est clair !
- C’est ce que je veux vous suggérer, mon cher ! »

mardi 8 octobre 2013

LE DERNIER DE L’HAÏKU’ LTE


Comme convive, le converti disconvient à tout va :
Il n’a de conversation… hors ses nouvelles convictions !

lundi 7 octobre 2013

HAÏKU NO, VAÏ !


Peut-on considérer un S.D.F. comme riche
s’il change de porche souvent ?

LA TIRADE D’AIMER

Sur « La tirade du nez » du Cyrano de Bergerac (1897,  Acte 1, Scène 4)
d'Edmond Rostand (1868-1918)


Aimer… Oh, oui Aimer ! C’est un mot bref, en somme,
Qui ne dit pas, mon Dieu !, combien il vous assomme.
Quand votre cœur s’éprend, on vient à vous blâmer ;
Agressif : « Moi, Mon Bon, pour que je puisse aimer
Faudrait, Niquedouille, que d’aucuns m’aveuglassent ! » :
Amical : « Te voilà devenu bien bêtasse :
Aujourd’hui des ailes, demain le handicap ! » ;
Dubitatif : « Quel choc !… C’est pas chic !… T’es pas cap !
Pas cap de nous laisser, seuls, fêter Sainte Ursule ! » ;
Curieux : « Pourquoi donc acheter un’ russule
Quand y a qu’à s’baisser pour en avoir, zozo ! » ;
Sentencieux : « Es-tu sot à ce point, ou maso’,
Que si benoîtement, pour une névropathe,
Tu te laisses passer ce fil-là à la patte ? » ;
Truculent : « Eh, Mon Vieux, quand tu veux aluner
Puisque, désormais, tu te crois bien fortuné,
Ta beauté est-elle toujours des mieux lunées ?! » ;
Prévenant : « Gare que ton esprit, aliéné
Par ton cœur balourdi, ne soit flingué en vol ! » ;
Tendre : « Dis, ces chaînes que, là, tu traînes au sol
Ne gênent-elles pas de ton bonheur l’envol ? » ;
Prophète : « Mine triste et joues blêmes te fanent
Nuits et jours, te mènent direct à Thanatos
Pour qui l’amant épris est proie et puis tas d’os ! » ;
Bon copain : « Quoi l’ami, sortir t’est moins commode ?!
Plaque-là c’est bien mieux et très… à la mode ! » ;
Emphatique : « Aucun homme et mieux, nul animal
Ne se laisse piéger ainsi, sauf au plus mal ! » ;
Violent : « Ah, fichtre ! tu mérites des beignes ! », 
Sournois : « Aimerais-tu à ce point les châtaignes ? »
Poète : « La rose à des épines, Ducon ! » ;
Mesquin : « Tu tiens vraiment à finir cocu ?!… Non ?! » 
Ou : « Pourquoi faire le malheur d’une ingénue
Quand tu pourrais faire le plaisir de cent nus ! »
Bon sens rural : « La corde au cou, t’es mort, le Nain !
Finis donc ce flacon, c’est meilleur qu’son venin ! » ;
Militaire : « Repli stratégiqu’, lou ravi ! » ;
Pratique : « Casse-toi, Vieux, et sans préavis,
Si tu ne veux pas que tout ça aille à vau-l’eau ! » ;
Enfin, singeant Michel Simon, tout en sanglots :
« Le voilà donc l’ami devenu serf et traître
Qui n’avait, avec nous, que le plaisir pour maître ! »
Voilà ce, qu’à peu près, tous mes amis m’ont dit
Quand le mariage me fut un parti pris.
Eux n’eurent de cesse de me faire apparaître
Ces raisons qu’invoquent ceux qui n’ont pas pour mètre
Ce sentiment si doux, si fort qu’il rend… plus sot.
Eussent-ils eu, d’ailleurs, les arguments qu’il faut
Les aurais-je entendus sans avoir bien souri ?!
Ce sont là communes, mâles plaisanteries,
Que l’on sort à tous ceux, Don Juan au rencard,
Qui convolant enfin, en deviennent tocards.
Mots cruels d’envieux toujours sur la réserve
Qui s’unissent un jour, comme moi, l’âme serve !

EN ROUTE… POUR UN ART NOUVEAU

Couleurs pastels, formes pures,
Lignes brisées, cercles savants
Pour que le mouvement perdure.
Un espace ouvert, clair, vivant,
Des formes nettes presque dures,
Dessin confinant à l'épure.
Net est le trait,
La composition sans soudure,
Rien n'est soustrait.

Douceur des regards, des figures,
Mouvement suggérant un vent,
Des oppositions sans rupture
Tout en contrastes, captivant
Ces instants qui jamais ne durent,
Les capturant. Pas de guipure,
Décor abstrait
Tout en chaleur, tout en froidure
Presque en retrait.

Le précis est sans procédure
Dans ces portraits
Et le fond se fond sans tachure,…
Tout est attrait !

Illustration : Camille Lesterle, 24 novembre 2014

SENS DESSUS-DESSOUS


          Notre vie n'a pas deux sens… mais un seul, quoique secouée en tous sens : l’inique sens unique, celui qu'indique les pas qu'on nous fait faire dans le sens de la marche, ce non-sens de l'esprit, ce contre-sens du cœur. C'est le bon sens des autres, pas le nôtre, nous qui censurons nos cinq sens à le suivre par peur des sens interdits, ceux qu'on dit indécents voire opposés. Ce sens contraire, caché parfois, qui nous fait peur parce qu'il n'est pas commun. Même frappé au coin du bon sens, ces jours que nous ne caressons pas toujours dans le sens du poil, n'élèvent pas notre sens moral, route à double sens parfois, à la hauteur de ce que nous aimerions être. Ah le dépit du bon sens qu'on connaît alors !
     Vivons en sens inverse, sens devant derrière, pour trouver un sens à la vie sans qu'on ait à la tourner dans tous les sens, sans tourner dans un sens qui ne serait qu'un giratoire et nous ferait tomber sous le sens. En tout cas, progressons en ce sens… et peut-être trouverons-nous, alors que tant de gens le perdent, un sens nouveau à tout ça ; celui de l'humour ou de l'orientation ne nous y a guère aidés jusque là !
     C'est peut-être cela, bien que tout paraisse vide de sens, que l'on appelle avoir « le sens pratique » et qui flatte les sens de notre existence… celle qui précède les sens et prétend faire sens, plutôt que les exciter au sens le plus large. Ça tombe sous le sens, le propre bien sûr pas le figuré, qui n'est pas si strict que ça surtout s'il est le sixième !

dimanche 6 octobre 2013

HAÏ(s)KU ZÉ DU PEU


On se souvient mieux du mal qu’on nous a fait
que de celui que l’on a fait ;
Étrangement, pour le bien, c’est inverse !

samedi 5 octobre 2013

HAÏKU’ ISTRE


Sans discussion, certains n’aiment converser que
pour couper la parole à leur interlocuteur.

CUEILLETTE RECUEILLIE


J’entrouvre ici encor’, comme j’ai fait souvent,
Le sac de ces rimes que je sème à tout vent.
Je n’en ai récolté, parmi la folle avoine
De mes jours et mes nuits, que son… Ça nourrit l’âne
Mais n’élève l’âme, Dia !… Quoique l’émouvant.
Aujourd'hui j’engrange une bien plus riche manne,
Un profit qui, fervent, me rend vraiment vivant !

L’automne de ma vie voit refleurir mon cœur,
Après maintes gerbes de rancune et rancœurs,
Je glane des brassées de sentiments, de rêves,
Une moisson d’amour pour une nouvelle Eve
Qui, depuis bien longtemps,… fait de ma vie la sève.
Oui ma femme, l’épouse en titre ; mon vainqueur !

QUESTIONS ANGOISSÉES D’UN GÉOGRAPHE DÉBOUSSOLÉ

Peut-on, de notre propre chef, jumeler Bonnet (55) et Chapeau (03) ?
Cellé (41) est-ce un lieu si fermé que ça ?
Pourquoi le Comité de jumelage de Chatte (38)
n’a-t-il pas retenu la candidature de La Trique (85) ?
Le village de Bourré (41) est-il si plein que ça  ?
Est-ce pour justifier son nom que La Prune (36)
s’est mise au radar automatique ?
Peut-on voir à Reyvroz (74) des éléphants de la même couleur ?
Est-il vrai qu’un orthophoniste de Bègues (02)
aurait un cheveu sur la langue ?
Si on n’aime pas Bléré (37) peut-on se faire à Saint Amour (39) ?
Y a -t-il un coiffeur à Villechauve (41) ?
Mouille-à-la-Dame (71) est-ce une place libertine ?

EN ROUTE POUR... SAINT-DOMINGUE

On est nombreux et on a peu.
Ce peu est déjà quelque chose.
Plus loin, c’est le sauve-qui-peut :
Maladies et faim en surdose,
Catastrophes en overdose,…
Tel est leur lot.
Nous, on sourit. Eh oui, on ose :
Demain s’ra beau !

On a des poulets adipeux
Qui n’font pas régner la psychose
Et des politiques pompeux
Qui ne sont pas virtuoses
Mais nos portes ne sont pas closes.
La peur, Ballot,
On la laisse, sans autre glose,
A plus falots !

Saint-Domingue, sans ecchymose
Et sans mélo,
Est paradis, en moins grandiose :
C’est un îlot !

jeudi 3 octobre 2013

Y’A LOIN DE L’HAÏKU POT LIÈVRE ?

Si la religion démange un quidam, dîtes aux autres en le montrant,
Comme on le fait en Bretagne : « Voilà un calvaire solitaire ! »

EN ROUTE POUR… ARRÊTER UNE VOLEUSE

Ce rat d’hôtel, j’en suis surpris
M’a tout l’air, si je ne m’abuse,
D’être, en tous points, une souris.
De celles qui vous arquebusent
Comme un vrai bandit des Abruzzes
Et vous razzie
Suites, chambres ou bien cambuses
Jusqu’en Asie.

Chose ou objet, tout à un prix :
Le collier d’une vieille buse
Ou le tableau d’un bel esprit.
Si cette chatte fait l’intruse
C’est par défi, jamais confuse,
Qu’elle choisit
Elle ou lui ; elle n’est que ruse
Et fantaisies.

En noir, en arme, elle méduse
La bourgeoisie
Qui l’envie et, pire, l’excuse
Et s’extasie.

BALLADE DU DUEL FRANCO-ALLEMAND

Cycle historique…
D’après Edmond Rostand, La ballade du duel,
in Cyrano de Bergerac, 1897 (Acte 1, scène 4),
à la façon de, mais pas en hommage à, P. Déroulède




Marianne est toute à sa tâche :
Eviscérer le gros tænia
Qui la ronge ici, et là cravache,
Malgré Bougnats et Bananias,
Poilus courageux, s’il y en a,
Face aux Schleus qui mal se comportent.
Je te préviens donc Germania
Si l’on m’envoie à toi : t’es morte !

Marianne a de la moustache
Quand ses fils nourrissent Gaïa
Tombés pour un honneur sans tâche,
Un pays aux cents charabias
Mais uni, quand guerre il y a,
Par les valeurs qu’elle porte.
Vois Germania, meurtre ou razzias,
Si l’on m’envoie à toi : t’es morte !

Il me manque une rime en -ache
Je n’ai qu’à te voir Germania
Et je pense alors au mot « lâche ».
Quoique folle dans ta furia
Et sauvage comme un Kenya
Par la haine que tu colportes,
Tu sais et le sens, Germania,
Si l’on m’envoie à toi : t’es morte !

Fille du Rhin, tant que t’en as,
Couvre-toi de toutes sortes
De fleurs, car sache, Germania :
Si l’on m’envoie à toi, t’es morte !

J’AI TROP BU UN IMBUVABLE REBUT

Vous aurais-je sonnée, dites, espèce de cloche ?!
Alors résonnez moins, cela nous assourdit…
Et puis raisonnez plus, hors blâme et discrédit.
J’en ai bien plus qu’assez des pensées vide-poches !

Pour vous rumeurs, potins, ragots ne sont pas moches.
C’est du sûr et du vrai !… Oui, puisqu’on nous l’a dit !
Certifié ès-journal. Garanti sans on-dit.
C’est au conditionnel les anguilles sous roche !

Entre info et intox, c’est donc à pleins caddies
Qu’on vend de l’à-peu-près aux prochains et aux proches
Dans le supermarché des idées reçues, dis !

Les Blacks violeurs, l’Islam, les Roms voleurs, la gauche,…
Tout doit disparaître pourri, honni, maudit,…
Ta télé solde tout : ne rate pas le coche !

mercredi 2 octobre 2013

mardi 1 octobre 2013

HAÏKU RONNE DES PINES


Que Jésus-Christ nous soit un exemple :
Même en mauvaise posture, il n'a jamais baissé les bras.

QUESTIONS ANGOISSÉES D’UN GÉOGRAPHE DÉBOUSSOLÉ

Sont-ce Glandeurs ou Glandus les gens de Gland (Suisse) ?
Faut-il y aller doucement à Brusque (12) ?
Bayons (04) est-ce sporofique ou peuplé de muets ?
Rebaptise-t-on Mouillepied (17) chaque fois que la Charente déborde ?
Viols-le-fort (34) est ce une invitation au sado-machisme rural ?
Habiter Le Cerceuil (61) ça remonte le moral ?
Toges (O8) est-ce un endroit rome antique ?
La Thuile (73) est-ce pour ce village
 d’être sis près du sommet de lancebranlette ?
L’habit (27) fait-il Des Moines (Iowa, États-Unis) ?
L’homme élégant met-il des gants de Gand (Belgique) pour aller à Gans (33) ?

EN ROUTE POUR… VOIR LE DOUANIER ROUSSEAU

Un monde où on se baguenaude
De fouillis de fleurs pour cueilleurs
En fatras de feuilles émeraude
Habillant des nus pas voyeurs,
Cachant des lieux sans batailleurs,
Douanier Rousseau invite,
Cachottier ou bien orpailleur,
À vivre… mais pas vite.

Un trait naïf, des couleurs chaudes,
Des animaux venus d’ailleurs
Nous incitant à la maraude,
Aux rêves fous, jamais railleurs,
Aux voyages pour le meilleur
Douanier Rousseau invite,
D’un pinceau fin et gouailleur,
À voir sans faire vite…

Loin des barbouilleurs si brailleurs,
Douanier Rousseau évite
De heurter flâneurs et bâilleurs
D’un monde allant trop vite !

SUR LA VEILLE DE LA VEILLE


Écrire m’est habitude et servitude.
Le silence se meurt en nos sociétés,
Se nourrissant de la vaine multitude,
Quand le bruit fat, lui, se meut à satiété.
Je n’aspire qu’au calme des solitudes
Où soufflent, inquiets, mille vents d’anxiété 
Faisant leur nid dans mes nuits sans certitude.

Écrire m’est latitude et inquiétude
Quand nul son ni cri, en mon cœur trop entier,
Ne vient du sang qui bat dans cette moitié
De vie, vite privée de toute altitude
Où tous les jours s’égrainent sans s’inquiéter
- Entre un demain altier et un hier châtié -
Entre turpitudes et vicissitudes.

Oui, l’ombre là boit jusqu’à l’infinitude,
Cahots et chaos de mon âme émiettée
Tout fiel ou miel jusqu’à l’heure du laitier
Refusant la paix et la sollicitude.
L’encre à vide, alerte, a pour propriété
Un papier sans piété ni pitié
Où j’endors, vain et vaincu, mes lassitudes.