Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

dimanche 21 juin 2020

HAÏKU DE JE DE MEAUX

Il s’est levé tôt le véto’ pour soigner les cuillères de l’écuyère !

DONNER LE TON AU TEMPS

Petite fable affable d’après une idée de Marielle

Chez le bon luthier du conservatoire
Une note la joue rebelle : le « si ».
Il peste et râle qu’il est attentatoire
À son honneur que le « la » soit seul ici
À donner, toujours, le ton à tout autre,
À commencer par lui. C’est anormal.
Profitant de l’huis entrouvert cet apôtre
S’envole au vent, libre comme air, l’animal.

Las pour ce « si », une hirondelle le gobe,
En passant trop près du sol, car son bon bec
Est pire que rets d’Homme. On ne s’y dérobe.
Notre fat est coincé, ces salamalecs
Pour que le libère enfin son bel hôte 
N’y font mie… Au contraire, ce bon son plaît
À l’oiselle qui en plane, tête haute,
Sur le ventre et sur le dos, à souhait.

Mieux son bon plaisir, elle le partage, 
Non sans un vrai zèle, avec tous les siens,
Au gré de ses envols et de tous ses voyages
Tant et si bien que « si » musicien
Devint scie des demoiselles hirondelles
Marquant l’ouverture, sur tout horizon,
 Du printemps et, loin des modes et modèles,
Finale de l’automne, non son oraison.

Sois toute ouïe ou regard et si tu n’es mire
Tu verras qu’il est toujours lieu ou moment
Où ton talent sera su et qu’on admire
Qui ne veut pas être admirable instamment !

vendredi 19 juin 2020

HAÏKU PEAU CARRÉE

Avec la mode actuelle des crânes rasés on se retrouve vite à quatre pelés et un tondu !

LE POIDS DU SAVOIR, LE CHOC DU POUVOIR

Petite fable affable

Dans quelque séjour, frayait une buse
Qu’en ses montagnes on disait triple, hélas,
À cause de son volume. En excuse,
Elle, elle présentait, toujours très très class,
Comme un encombrant excédent de plumes.
C’est qu’elles lui pesaient comme du plomb
Lui faisant un caractère d’enclume
Face à qui en doutait avec aplomb.

Ayant vu les abus de « l’Esprit » chez l’Homme
Elle s’efforça de devenir ballot,
Et comme elle venait, n’étant pas un gnome,
À bout de tout, avec ses commensaux
Qu’elle invitait à la suivre en affaire,
Elle y réussit fort convenablement…
Mais elle avait peu de chemin à faire
Et ses hôtes, rapaces, mêmement.

Cette buse était reine. C’est le problème.
Elle sentit vite chez ses bons sujets,
Même les souriceaux tremblants, tout blèmes,
Qui à sa vue recommandaient, gagés,
 Déjà leur âme à Dieu, quelque rebelle
Esprit de parti. Prise par la peur
Que cette meute d’oisons et corbelles
N’courre à l’émeute elle fuit sa torpeur.

Il y a souvent illusion, mode
Et caprins caprices dans les pensers
De la plèbe. Ils naissent, depuis Commode
Et Sévère, de recueils mal pensés,
Lus à la dérobée ou qui circulent
Sous le manteau. Et, par leur faute, on vit
Dans un monde où on n’a rien vu d’Hercule
Mais dont on sait tout, et où à l’envi,
On ne comprend rien mais tout déforme.
La rustre ingratitude ainsi se forme !

Comme il n’est, dit-on en vaux, de bon blé
Né de mauvaise graine, Dame Buse
Fit incinérer les livres, puis a doublé
L’autodafé de bûchers, son infuse
Science lui soufflant, las, de brûler 
Qui les avait écrits et, pour conclure,
Celles et ceux qui les avaient lus. Buller
En pareil péril l’aurait fait enflure !

Car la lumière des feux jaillit
En tout lieu dans ses bonnes montagnes,
Signalait son royaume ; elle faillit
Se faire proclamer, par les campagnes
 Et les villages, « Monarque Éclairé ».
Mais un hibou se présenta au trône :
On a omis de le mettre aux arrêts !
Puis il ajoute ces mots valant prône :

« De sa propre lueur, luit la Vérité
Jamais flammes n’ont éteint son acuité ! » 

jeudi 18 juin 2020

mercredi 17 juin 2020

HAÏKU CÔTIER

À trop secouer le cocotier on finit par s’assommer !

LES DEUX PÉLICANS

Petite fable affable d’après Les deux Persans
de  J.B. Claris de Florian (Fables,  II, 18)

Il n’est las plus mauvaise compagnie 
Qu’un pélican, tant l’oiseau envahit
Votre vie pour y vider ses querelles
Et, pis, son sac de mère maquerelle.
Alors imaginez deux de ces coureurs
D’océans orangés de bec et pattes :
Cela ne peut produire que quelque horreur
À qui veut la tranquillité non la hâte.

Donc deux pélicans, le goitre pendant,
Se disputaient à en perdre les dents
Sur le Dieu qui devrait faire « Norme » :
Sans se désigner chacun, c’est énorme,
 Se nomme comme le seul parangon ;
Les traits claquent, les insultes cloquettent
Comme en cour où oisons se font dragons.

Le premier cherchant auprès de l’autre
Qu’il juge, sans fard, fort mauvais apôtre
Plus, sur ma foi, un unanime avis
Propose alors, pour l’honorer sa vie 
Durant, de tourner son oeil vers cet astre
Du jour qui est, sûr, le seul vrai dieu.
Un mois plus tard, arrive le désastre :
Aveugle, il se noie en quelque lieu.

Le second, crédule à toute chimère
Reniant, pour ce, s’il faut père et mère,
Ignorant vivant aux dépens des sots,
Tire leçon du sort du bécasseau
Qui le contredisait et, sous la terre
S’enferma pour se protéger de Râ,
Divinité à craindre pour ses rais-serres 
Autant qu’à vénérer sur l’agora.

Il en perdit la vue et, à la pêche
Ne pouvant aller, la vie. C’est rêche !
Il en va ainsi quand on n’a pas compris
Qu’en tout et pour tout, il est un bon prix :
Le meilleur des partis, comme nous disent
Isopets, est un juste milieu ;
Mais quand on est bêtise et balourdise
C’est le plus dur à trouver, Mon Dieu !

mardi 16 juin 2020

lundi 15 juin 2020

HAÏKU’RATIF

J’en ai cure d’Alzheimer et tout le tremblement !

Y’A PAS D’LÉZARD !

Petite fable affable

Dans un pays par trop écrasé de chaleur, 
Harassé de moiteur et suant la lumière 
Parmi les ombres égarées sur les pâleurs
Brûlantes des hauts murs poudrés de poussière,
Courait un gros lézard qui se disait croyant
Et qu’on moquait à ce propos dans son espèce.
Il croisa un de ces gausseurs qui, le voyant,
Commença la scie de ses railleries épaisses.

L’autre lui répond avec amabilité :
« Tu fais fi de ma foi qui me f’rait fou, vipère,
Et me pousserait au faux. C’est crédulité.
Avant que tu n’quittes ton fût, mon petit père,
Pour faire du foin sur mes superstitions,
Avec feu, n’as-tu pas, auparavant, la moue distraite
Sur ton horoscope et ses vaines mentions 
Jeté un œil ?… N’as-tu pas en venant d’une traite
À moi, contourné l'échelle qui se trouve là ?
Évité le chat noir ? Discuté des terribles
Fins du Monde prévues par mages et Mayas ?
Et pour, sur ton chemin, ne pas être la cible
D’un vorace, croisé les doigts, jeté du sel
 Pour que le danger ne soit que des parasels ?

Vois-tu, mon ami, qui ne croit en rien,
Croit à tout… aérien ou tellurien ! »

dimanche 14 juin 2020

samedi 13 juin 2020

HAÏKU DENTU

J’ai la dent dure quand je l’ai mauvaise !

NE SOYONS PAS CHIENS

Petite fable affable

Un berger qu’on gouverne comme une baderne,
Pour faire quelques économies (car ce temps 
Était habité par un esprit neuf, moderne,
Appelé « compétitivité » par instant,
Parfois, à d’autres moments, « productivité »,
Quand on ne le nommait pas « rentabilité »)
Remplaça en son pré le mâtin, gardien
Des bêtes. Mangeant comme trois ses assiettes
- D’y grignoter ne serait-ce qu’une miette
Souris aurait été embarrassée, tiens ! -
Surtout, il savait comme pas deux son affaire
Et s’en occupait comme lui seul savait faire.

Donc, on mit à sa place trois petits chiots,
Adorables comme chatons mais, ‘faut l’admettre,
Cons comme pas deux et mangeant moins qu’un, grouillots
Qui fuyaient le combat refusant de s’entremettre,
Que troupeau refusait de suivre ou de guider,
Malgré abois nombreux faisant rire équidés.
À cause de ces incompétents, notre pâtre
Perdit son cheptel au gré des chemins, ravins
Et autres loups qui lui causèrent plus chagrins
Qu’à ses jeunes chiens, eux toujours plus folâtres :
À vouloir rogner sur la dépense à tout prix,
Souvent, on s’apprête à des débours hors de prix !

vendredi 12 juin 2020

jeudi 11 juin 2020

HOT HAÏKU TURE

Certains ont la langue si bien pendue qu’ils pourraient en profiter pour la mettre dans leur poche !

VERS SOTS POUR UN BÉLIER ?

Petite fable affable

Loin de l’été qui attise la peau
Et fait braise de tous les oripeaux,
Une brebis rêvait fort à son prince
Dans un concert de clarines, en sa province
De songes, du clair matin de sonnailles
À la brune qui rend l’agneau canaille,
Elle composait, pour son bélier
D’amant, des vers, calame délié.

Lui, pressé comme un lavement, moins drôle
Que risible était toujours dans son rôle :
Robuste ribaud, il couvrait ses brebis
Comme un libertin sans besoin d’un bis.
Ce débauché estimait que, sans zèle,
C’était seul dû que dame ou demoiselle
Pouvait attendre ici d’un mâle, un vrai.

Vouée à la fille du vent, la plume 
De la donzelle, toujours sans écume,
Nomadisait sur ce macho ballot,
Sot comme un bulot, fat comme un mulot.
Mais elle prolixe et lui prolifique,
Étaient destinés au plus magnifique
Des amours, ça, elle, elle le sentait :
En ses cœur et âme il habitait.

Lui aussi en pinçait mais l’ignare,
Craignant d’en dire trop, comme font gnares,
N’en disait jamais assez : toujours dispo’,
Il était l’étalon de ce troupeau ;
Cela ne pousse pas à conter fleurette 
Ni aux tendres aveux dessus l’herbette.
Comme une autre, il la toisait au vert pré,
La snobait à l’étable à la vesprée.

Lors, cherchant plus un aval qu’un avis,
Il se confia au dogue, ravi
D’expliquer la vie à ce fils d’ouaille
Qui le prend d’ordinaire pour valetaille.
Toutou dit : « À trop cacher ses sentiments,
Comme l’écureuil faisant sa provende,
On finit par perdre, avant les lavandes
 Revenues, ce qui fit notre tourment. »

mardi 9 juin 2020

HAÏKU PY

Quand Carpe Diem, brochet dit haine ?

AU FIL DU GRAND FLEUVE

Petite fable affable

Sans doute lassé de ne manquer de rien,
Un atèle quitta sa canopée altière
Pour voir si sous cette futaie c’était bien
Malgré les cruels hôtes des termitières,
Et tous ceux des terriers, pis que des chiens
Ou les fauves, ou les serpents, non moins avides.
Et ne parlons pas de ces fourmis impavides !

Il plonge parmi la multitude des branches,
Agile comme en songe, il arrive à l’aplomb
Du grand fleuve et y choit sans que ce soit la franche
Rigolade, tombant comme barre de plomb.
Notre singe, hélas, nage comme une vraie planche.
Il se voit donc couler. Il appelle au secours 
À grands cris qui résonnent au jardin, à la cour.

« Attrape liane à ta portée ou ramille,
Plutôt que de hurler et de gesticuler ! »
Fait un ara que dérange ce Sans-Famille.
Mais notre pauvret perd pied, plus acculé
Que jamais : « Qu’attends-tu pour nager comme anguille
Au lieu de crier ! » lui lance Anaconda,
Familier des abords, gras comme un vrai Bouddha.

On l’abreuve de conseils, alors qu’il boit la tasse
Et finit par se noyer, happé des piranhas,
Dans l’indifférence d’une jungle brutasse
Où nul ne lui a tendu perche ou main. hélas.
Combien est-il de conseilleurs en ce bas monde
Qui ne font geste pour le rendre moins immonde ?

dimanche 7 juin 2020

HAÏKU À CORPS DES FENDANTS

Ce qui fend le cœur prend aux tripes celui qui n’a guère d’estomac !

AUX ESCLAVES VOLONTAIRES

Petite fable affable

Chacun croyant avoir trouvé la martingale
Deux fort jeunes chats régnaient à part égale
Sur le logis d’une dame qui les aimait
Mêmement et ce, malgré leurs caractères
Opposés comme chez deux frères jamais
On n’en vit : les antipodes sur la Terre !

Le premier était doux et caressant,

Prou ronronnant quoiqu’il fût des plus pressants,
Quand venaient, jour ou nuit, ces bonnes heures
Où il mangeait, sortait, rentrait,… pas de leurre,
Comme ses pairs, il était un dictateur.
Mais la rondeur de ses façons, à ce bretteur,
Offrait un total vrai pardon par avance
Sans qu’il eut à faire quelque repentance.
Il avait compris qu’il était plus important
D’être agréable qu’utile en nos bons temps*.

Le second, chasseur, coureur de grenier,

Était d’un abord plus rude. Le nier
Revenait à s’avouer sourd et aveugle :
Il miaulait, impératif, comme meugle
Vache en quête de frais ombrages en prés.
Fuyant la main mais non la gamelle, goulu
Comme Gargamelle quoique fort mafflu ,
Il réclamait d’être au premier service,
Griffe sortie et gosier en abysse.

La dame vieillissant dut se séparer,

À regret, de l’un des poilus qui sa table
Partageaient. Le second dut partir errer
Car gouvernement le plus insupportable
Ce n'est pas la tyrannie, je vous l’avoue,
Mais la façon dont elle s’impose à vous.

* Sans doute était-il un disciple de J.-P. Claris de Florian (1755-1794)

vendredi 5 juin 2020

HAÏKU DANS LE NASE

Même si j’ai du nez il m’arrive de ne pas me sentir bien.

LA DÉBÂCLE DU COQUET

Petite fable affable

Non loin des lourds rochers de Pyrène,
Ayant, hélas, vu son père choir, 
Coquelet se méfiait des reines
Qui vous font perdre, parfois, les rênes
Du pouvoir voire pire : déchoir !

Notre bon coquardeau répondait,
Quand le voulait bien cette bête,
Au nom de « Coquet, le grand dadais » :
On devait à ce puceau cadet
L’exploit d’être plus sot que bette :
Ce bougre, il fallait se le fader !

Dès que Phoebus ardait sur les plaies
De nos plaines par la sécheresse
Imposée, il fanait d’un air laid
Les pavots du sommeil et allait
Dépeupler de peur, tout allégresse, 
Le poulailler qu’il voulait valet.

Une pécore, dotée de forte
Personnalité, et de poitraille
Ne l’étant guère moins, à sa porte
Vient réclamer qu’enfin il porte
Attentions, plutôt qu’il ne braille,
 Sur ses sœurs… qu'en mâle il se comporte.

Il reçoit ce camouflet-là 
En grimaçant surtout que la poule,
En être ayant le goût délicat 
Du charretier en nid-de-poule,
Le hélait comme harengère en foule.
Le cochet s’en ouvrit au choucas,
Son seul ami parmi ces maboules.

Certes ce ne se serait demain
Qu’on verrait de folles cousinades 
En son enclos, n’ayant fait gamins
À quelconque oiselle en son chemin
Fût-elle vraie nonnette ou ménade
Mais c’était atteinte hors du commun.

Attristé, chagriné, désolé…
Dévasté pour vraiment bien dire
Le coq eut-là bois vert en volée
Qui son honneur a immolé,
Son autorité brisé,… Pire,
L’a laissé défait, inconsolé…

Sans fatiguer sa rage au sommet,
Le corbac’ affirma dans un rire :
« Tout déboire a le même fumet.
Dans la vie, moi, je ne perds jamais,
Soit je gagne,… soit j’apprends*. Au pire,
Ris-en, voire fais-t’en un plumet. » 

* D’après un aphorisme de Nelson Mendela (1918-2013)

mercredi 3 juin 2020

HAÏKU MAIS DIEN

Dans le cadre du déconfinement du pays, demain « Journées Portes Ouvertes » dans les maisons closes !

FATHER & SON*

Petite fable affable

« Père, Comment faire pour réussir dans la vie ?

- “Pour réussir sa vie”, mon enfant, tu voulais dire.

- Non ! je veux être riche et célèbre à l’envie !

- À qui sert la Nation, ce destin on peut prédire.

- Trop aléatoire : le sot peuple est ingrat…

- Fais des affaires. Rien ne vaut le négoce.
À travailler autrement on ne finit guère gras.

- Trop dur et pénible car la concurrence est rosse !

- Devient un savant qui le monde décille…

- Trop long et les études me fatiguent aussi !

- Alors, mon enfant, reste un parfait imbécile,
Aie d’utiles amis. D’aucuns vont loin ainsi ! »

* D’après Le jeune homme et le vieillard (I, 17) Jean-Pierre Claris de Florian (Fables, 1792)

lundi 1 juin 2020

HAÏKU NOIR

D’une coupe sombre ne naît pas la lumière !

ALLEZ FOUETTE, COCHET !

Petite fable affable

Avidité de mercenaires et fureur de sectaires,
Des jars ravageaient le beau pays des rongeurs.
Gens de sac et de corde, ces nobles vengeurs
Étaient partis pour une fort lointaine terre
Voulant perpétrer boucherie héroïque.

Était-ce la faute à ces braves héros stoïques
Si le royaume des rats est sur leur chemin ?
Pour réparer leurs forces de la route faite
Ils pillaient les champs, forçaient en un tournemain
Les filles, brûlaient le tout pour que la défaite
Des mulots, souris et autres campagnols soit
Totale. Recrutées au hasard des ruelles,
Levées au gré des tavernes, toutes ces oies,
Se prenant pour César, ont la tripe cruelle
Et le cœur de pierre cela va de soi.

D’un coquelet elles étaient stipendiaires.
Mais ces janissaires compensaient, certes mal,
La plus totale incompétence guerrière
Par leur enthousiasme meurtrier, Baal
M’en est témoin. Aussi, la crête qui leur servait 
De maître les méprisait-elle sans vergogne
Alors qu’elles fourbissaient, jabot énervé,
Leurs armes et versaient le sang pour cette carogne.
Elle confia ce dédain à son vizir.

Le dindon servant de Grand Ministre, à loisir,
Répandit la nouvelle et les jars tournèrent
Leurs dards contre leur tsar qui avait oublié
Que si tu ne veux pas que tes chiens te mordent,
Quand tu vas manger, nourris-les, et de ta main,
Cela garantira au moins ton lendemain.