Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

vendredi 3 octobre 2014

HAÏKU L’PABILITÉ

Beaucoup de gens sont comme les prêtres aztèques :
ils ont le cœur sur la main à condition que ce ne soit pas le leur !

PROCÈS AU SOMMET

Petite fable affable

Un instant, le bouquetin hésita
Sur le sentier le meilleur à prendre :
Il y avait là des cailloux en tas
Qui pouvaient, traîtres, son pied surprendre.
Hélas, il glissa et donc clopina
Mais d’un pas plus sûr, il reprit sa route.
Pourtant parmi les siens, on opina
Que choir était déchoir, déroute
Même et hésiter ainsi, une erreur
Qui insultait ses pairs jusqu’à leurs pères,
Tous fins et infatigables coureurs
Infaillibles à choisir leurs repères.

Aussitôt, on le jugea fort indigne
Des monts sur champ d’azur, cimes, chaos,…
Comme de conserver l’honneur insigne
De rester encore l’hôte, là-haut,
Des fières tribus de capricornes.
Il se rebella, refusa l’arrêt :
Douter, claudiquer, où sont les écornes ?
En vain. Il conclut, las de bagarrer,
La rage lui rongeant tout l’épiderme :
« Il vaut mieux suivre le bon chemin
En boitant que le mauvais d’un pas ferme* ! »
Puis, il partit au loin, le lendemain.


* Les bêtes lisaient encore Saint Augustin dans ces montagnes !

mercredi 1 octobre 2014

HAÏ(s)KU’L’TATION

Un bon vivant bien portant
est le cauchemar du médecin dépressif.

JE RONGE MON OZ JUSQU'À L'OVERDOSE

Cycle toulousain

Oc, j’aime le rose,
Couleur qui me cause
Comme tes vieilles briques pleines
Que l’on chasse et qui pleurent, sans haine,
Un hier révolu, cette chose
Qui mérite moins que de la prose.
Mais où sont tes roses,
Tièdes et roses
Comme ces beaux ciels d’automne,
En fin d’après-midi, qui étonnent
Et lavent le cœur de ses névroses
Et tout esprit las de ses nécroses ?

Suis-je seul à voir,
À encor’ savoir,
Ta douce couleur
Déclinée sans fin,
Et jusqu’à plus faim,
Ma ville en rumeurs ? 
Il y a longtemps,
Village occitan,
Qu’on te fait un teint
Qui te tue, t’éteint…

Oc, j’aime le rose,
Qui vous désclérose,
Comme à l’été la vie de tes ruelles
Qui, la nuit venue, se font cruelles
Pour les piafs pleins de sinistrose
Qui leur gosier par trop arrosent.
Me manque ce rose,
Si frais qui se pose
Aux joues en fleurs de tes jeune filles
Qui, toujours, ont les yeux qui brillent
Et n’ont jamais la mine morose
Même quand leur vient de l’arthrose.

Suis-je seul à voir,
À encor’ savoir
Ta tendre couleur
Déclinée sans fin,
Et jusqu’à plus faim,
Calmant mes humeurs ?
Il y a longtemps,
Village occitan,
Qu’en portant satin
T’es ville sans tain !

Oc, j’aime le rose
Froid, profond qui ose
Peindre les lauriers qui buissonnent
Aux parterres ou celui qui frissonne
Aux corolles des passeroses
Et passe aux balcons comme virose.
Mais tu perds le rose,
Ça c’est quelque chose !,
Celui d’aujourd’hui est factice
Aux façades de tes bâtisses,
Sauf pour tes clodos à couperose,
Ma ville devenue amaurose.

Suis-je seul à voir,
À encor’ vouloir,
Tes roses couleurs
Nuancées sans fin,
Pastel ou surfin,
Ma ville en douleurs ?
Il y a longtemps,
Village occitan,
Que te font catin
Des archi’ lointains.

lundi 29 septembre 2014

HAÏKU DEDANS

Désormais les Cent-dents veulent l’ascendant sur les Sans-dents !

LA FORCE DES CHOSES

Petite fable affable


“Un héron au long bec emmanché d’un long cou”*
Se tient planté, droit comme un « i », les pattes
Prises par le gel qui a, malheur, tout-à-coup
Embastillé l’onde, en a fait une boite
Dans laquelle tourne, et retourne, le fretin
Que n’effraie plus notre prédateur si hautain.

Figé comme statue, bêta cloué sur place,
Le Héron regarde s’enhardir le poisson
Qui va et qui vient, protégé par la glace,
Taquinant son pied, chatouillant sans façon
Ses griffes inertes. Cet affût, sans fin, dure
Autant que les affronts poissards qu’il endure.

Le froid, qui plus est, hélas, transit ses os.
Pour l’heure, c’est lui seul que son bon bec gobe ;
Ce froid, lourd et las, qui a saisi ses eaux.
Et les écaillés, rassurés, le snobent
Faisant chatoyer au soleil leurs couleurs,
Ne craignant de cet oiseau mort ni heurts.

Et le temps passe ainsi, mais le soleil qui brille
Élime et lime le miroir verglacé
Sous lequel, prenant un fort mauvais pli, frétillent
Vasards et vaseux qui, sans tant s’angoisser
Pour une impunité pourtant précaire, briment
Le bel échassier qui pourtant ne déprime.

Le taquiner devint un tic mais le climat
Radoucit et l’usage inoffensif d’offenses
Et d’avanies contre qui, avant les frimas,
Frimait s’acheva en un carnage dans l’anse.
L’habitude est, qu’on soit un sage ou un branleur,
Mère d’imprudence et conduit au malheur.

 * Jean de La Fontaine, Le Héron, Fable VII, 4.

dimanche 28 septembre 2014

HAÏKU RAIE DU NORD

Si certains ne savent pas ou plus ce qu’ils disent,
je dis toujours ce que je sais… et même le reste !

samedi 27 septembre 2014

HAÏKU LOMBIE

Je suis toujours désolé d’apprendre qu’un être
qui m’est cher ne vaut, en fait, pas grand chose.

EN BLANC

Face à ce Mont-Blanc
Où, sans faux-semblant,
La Mort va doublant
Les nues de fer blanc,
Je vais en meublant
De mots tout tremblants
Le vide accablant,
Mal me rassemblant.

Sans faire semblant,
Me voilà tout blanc.
C’est bien troublant ;
Pas très ressemblant
Parmi les culs-blancs
Où, sans faux-semblant,
La Mort redoublant
Porte l’âme au blanc.

vendredi 26 septembre 2014

jeudi 25 septembre 2014

HAÏKU TUE RAIE

L’Ordre n’use de ses forces que lorsqu’il est mal établi.

MISE EN BOÎTE

Petite fable affable

Toute génération compte en son sein
Sa ration d’imbéciles malsains.
La mienne semble avoir un nombre
Tel de ces doux êtres que, sans l’ombre
D’un doute, ceux prévus pour demain
Paraissent arrivés en avance.
Une fable apporte, en un tournemain,
L’humble preuve de ce que j’avance

Devant un de ces clubs à la mode,
Deux gros vigiles et leur chien
Veillent au grain, cerbères commodes
Pour circonvenir le plébéien
Qui se veut, au soir, patricien.
Soudain, sort du lieu un convive
Qui, sans un mot, mire sous la queue
Du clébard toujours sur le qui-vive.
Mécontent, il retourne aux aqueux
Cocktails du dedans, le mot visqueux.

Nos deux videurs restent sans mot dire,
Interloqués par cette sortie :
C’est l’entrée qu’il faut interdire !
Un autre fêtard, genre inverti,
Vint à son tour, qui put le prédire ?,
Soulever aussi, sans rien dire,
Le panache au toutou. Il repartit,
Marmonnant son dépit sans tendresse.

Nos deux portiers, quoiqu’abêtis
S’interrogeaient, tout à leur détresse,
Sur ce tout nouveau jeu d’abrutis
Dont leur clébard, simple enjeu, pâtit ?
Quand, hélas un autre joyeux drille
Vint pour admirer le fondement
Du cabot, dans ambages, un gorille
Lui fit : « Pourquoi ce comportement ?
- Le barman affirme vertement
- Que, juste devant la boîte, on trouve
Un chien avec deux trous du cul.
Donc, je suis venu voir. Et queue-d’louve ! »

Surpris, les deux gars, pas convaincus

À leur tour, regardèrent, corneculs,
L’académie de leur gentil fauve
Sans rien trouver qui, du banal, sauve !

Je crois, idée chez moi arrêtée,

Qu’il est des Hommes tellement bêtes
Que l’on a raison de les traiter
Sans plus de courtoisie ni courbettes,
Comme les animaux qu’ils sont :
Tout juste bons à bouffer du son !

mercredi 24 septembre 2014

mardi 23 septembre 2014

HAÏKU PRESQUE FRANC

« À être trop têtu, on peut finir buté* ! »


* Il semblerait que ce jeu de mots innocent, qui ne vise personne en particulier (j'ai eu un commentaire acerbe et une vaine querelle à son sujet… surtout lié à son titre) que je croyais “original”, se trouve aussi être une réplique de « la version abrégée des Chevaliers du Zodiaque » disponible sur Internet. Désolé de constater que parfois, les giocci di parole érigés en aphorismes par simple humour puissent froisser… et plus encore avoir déjà été faits par d'autres. Mais j'ai désormais rendu à César ce qui est à Jules…

QUESTIONS ANGOISSÉES D’UN GÉOGRAPHE DÉBOUSSOLÉ

Après Moye (74), Le Déluge (60) ?
Peut-on ériger Monacu (80) en « prinzizipauté » ?
 Peut-on jumeler Monteton (47) avec Seyssins (38) ?
Va-t-on souvent respirer le bon air de Notre Dame du Pé (72) ?
Doit-on avoir peur de Rambaud (05) ?
En France, on aime tellement la fête qu’on a deux Réveillon (51 & 61) ?
Rue (80) n’en compte-t-elle qu’une ?
Les cons prient-ils Sainte Verge (79) ?
Répugne-t-on au X à Seyssuel (38) ?
Était-on bien à Tendu (36) ?

lundi 22 septembre 2014

HAÏKU HIC

C’est encore avec les meilleurs crûs
que l’on prend les plus belles cuites.

dimanche 21 septembre 2014

HAÏKU PEU DU MON DEUX

Les fortes têtes ont souvent un petit cerveau.

UN GIBIER DE MONFAUCON ?

Petite fable affable

J’ai souvenance d’un espiègle,
Un pèlerin à plaindre, pauvret :
Ce faucon, qui en était un vrai,
Se voulait, et donc se pensait, aigle.
Tout ce qui brille était en or
À ses yeux, et le grand tort
De tous les Dieux fut d’omettre
Qu’il était “Grand“, de ne pas mettre
Plus en avant sa vie, lui
Dont même la plume luit…
Aussi ce veule, aux façons viles,
Mettait-il en scène sa mort,
Souvent, non sans quelque remords
Feint, de façon bien trop civile,
Quand on allait, vite, quérir
Des nouvelles ou le guérir,…
Ô combien de lassitudes
Naquirent de cette attitude ! 

Ainsi sous les feux de la rampe,
Seul centre de l’attention
De toutes les attentions,
Un bobo, une simple crampe
Devenaient ou blessure ou bris,
Ticket pour son ultime abri.
Sans la moindre déférence,
Il vous mettait à la souffrance !
Dol, mea culpa, pleurs et peine 
Lui coûtaient peu et touchaient prou :
Qu’on le blâme, ou tout en courroux,
Le tance, et c’était pluie pleine :
Il voulait périr au plus tôt,
Refermant sur vous son étau.
Il usait fort bien de cette arme
Que sont les plus sincères larmes !

Il finit dans la solitude :
L’inquiétude et la douleur
Ayant rongé, tout à leur heur,
Les siens, sans promptitude.
Son mal-être sans écho fit
Son paraître sans effet. Fi !
Le faucon se remit à geindre :
Il n’avait âme pour le plaindre !

samedi 20 septembre 2014

HAÏKU S’TOMISÉ

On parle plus volontiers de l’argent qu’on n’a pas - ou plus -
que de celui que l’on cache - en cash ? - ou possède.

vendredi 19 septembre 2014

HAÏKU ETCHE

Les gens impressionnables sont rarement impressionnants.

À CAMILLE

Un bateau, en papier plié, s’est échoué
Sur les rivages secs de mon vieux rimage,
Pleine d’humble talent malgré son jeune âge.
Venait-il y chercher un port ? Une bouée ?

Il n’avait pour mâts que des crayons, mais fort doués,
Une proue de pinceaux et, du meilleur trempage, 
Des voiles aux couleurs feuillage ou coquillage,
Une coque de traits qu’on ne pouvait que louer,…

Depuis un an, je vogue avec cet équipage
Discret et sensible, en rien dialecticien,
Qui, nourri de mes vers, m’en propose une image

Enchantant ces pages d’un dessein magicien.
Il est bien normal que ce blog lui rende hommage,
Ce blog qui, désormais, est un peu le sien.

Autoportrait de Camille Lesterle, avril 2016

mercredi 17 septembre 2014

HAÏKU & BLESSURES

Les femmes, ce mal nécessaire aux mâles nécessaires…

LE CHASSEUR SACHANT CHASSER…

Petite fable affable

Hier, ouverture de la chasse,
Le sport des crétins, en général.
 À les voir parader, je n’ai pas le moral
De fait, cette fable aussi, s’en passe
Et me montrera sous le jour fort bougon.

Plutôt qu’un vulgaire épagneul ou un braque,
Un viandard se choisit, las, pour second,
Un chien policier car, c’est pas des craques,
Il a de l’ambition. Pas le chien, 
L’homme, un de ces malfaisants qui, ce jour, traque
Un faisan lâché la veille qui, bien
Sûr, ne courait ni ne volait assez vite.
Notre oiseau est levé, le fusil aussi
Mais le chien à la fête s’invite,
Se retournant contre son maître. Voici
Pourquoi : dressé à protéger d’innocentes
Victimes, son instinct resté des plus sains,
Lui a fait s’en prendre à ce sombre assassin.
Destin sois donc cruel à ces fantassins !

lundi 15 septembre 2014

HAÏKU’ACH SPORTIF

Hier, dimanche, ouverture de la chasse :
trop de détentes tuent la détente !

COINS DE RUE

À chaque coin de rue
Se trouve une autre rue,
Où se traînent, se ruent
Inconnus incongrus,
Des ventrus, des bourrus,
Et même quelque grue
Qui, à peine apparus,
Ont déjà disparu
Du trottoir, ces verrues !

À chaque coin de rue
Se trouve une autre rue
Au calme ou bien en crue,
Où brus et malotrus
Côtoient des intrus
Ou de vieilles morues
Au corps las et recru
Et au cœur cru et dru,
À la portion congrue.

À chaque coin de rue
Se trouve une autre rue
À peine parcourue,
Où quelques fois parut,
En costard blanc écru,
Un passant membru,
Militaire recrue,
Aimant, en fin féru,
Les pavés peu courus.
Mâle coquecigrue !

À chaque coin de rue
Se trouve une autre rue…