Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

jeudi 11 février 2021

FILS DE FENOUILLET

Cycle toulousain

Moi, je suis un fils de Fenouillet,
Ce bled où désormais, toi, tu habites ;
Cette banlieue où vient fourmiller
Tout un peuple de cités en orbite
D’une ville rose déshabillée
De ses quartiers aux fins subites.
Finis la vieille brique gratouillée 
Et le galet grisé que Garonne débite…

Oc, je suis un fils de Fenouillet,
Le village de mes père et grand-père,
Endormi entre un canal trop souillé
Et un lent fleuve qui toujours espère
Se libérer de son lit où grenouillaient
Des souvenirs d’antan, de l’Autan compères.
Combien de bons coins où farfouiller
Ont servi à tout gafet de repaire ?!

Je reste le fils de Fenouillet,
Jadis mouvante terre à céréales
Aux tons dorés, ocrés voire rouillés,
Naguère sol de maraîchers de halles
Par tous les ciels printaniers mouillés.
Ici vaches paissaient, là cruciales
Corvées se passaient sans tant brandouiller :
Maïs, patates et vigne familiale.

Car je suis un fils de Fenouillet
Du temps où le parement qui déborde
Et les appartements où glandouiller
Ne dépareillaient pas tant les bordes.
Alors peu d’autos pour écrabouiller
Nos chats et prou usés, jusqu’à la corde,
Trois « châteaux » pour, las, un peu s’embrouiller
Au café d’un patelin sans discorde…

Quand on naît fils de ce Fenouillet,
On ne peut que regretter et les ombres
De ses rues aux noms qui vont vadrouiller
Dans ma mémoire, et la fraîche pénombre
D’une église vidée et verrouillée
Ou les noms oubliés, quoiqu’en bon nombre,
Des monuments aux morts tout grafouillés
Que personne ne regarde plus, l’oeil sombre.

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