Que sont nos haies devenues
Qui buissonnaient sous les nues ?
Ces brise-vent d’aubépines,
De sureaux, de genêts
Et de ronciers pleins d’épines
Ombraient fort, sans se gêner,
Les chemins creux par nos champs
Et nos prés à bords touchants.
Que sont nos haies devenues
Où gîtait le chant ténu
Des pinsons et des fauvettes,
Ou bien des chardonnerets ?
Pruneliers à la sauvette
Et noisetiers s’y livraient,
Pour y régner, hors mortaille,
Une secrète bataille.
Que sont nos haies devenues
Savamment entretenues,
Où dansaient quelques fougères,
Jouant à cache-ruisseaux
Et aux rues de rus, longères
Qui, s'ils faisaient leur gros d’eau,
Donnaient aux taillis noblesse,
Aux fourrés neuve jeunesse.
Que sont nos haies devenues
Au vert fouillis contenu ?
Halliers tirant à la ligne,
Nous toisant en galeries,
Ces bocages qui graffignent
Sont vus comme barbarie,
Témoin du temps archaïque
Des campagnes mosaïques.
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