Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

dimanche 7 juillet 2019

HAÏKU GENTIL

Faire les cent pas n’a rien de sympa !

VERS « L’ÂGE D’OR » ?

« Les Hommes passent la moitié de leur vie à se forger des chaînes
 et l’autre moitié à se plaindre d’avoir à les porter. »
Mirabeau

Puisqu’on vit dans « l’ère de l’argent »
Celui des vautours et des condors
Toi qui, là, rêverais de « l’âge d’or »
Qui ici peut être ton agent ?
Hier n’est mieux qu’aujourd’hui :
Les richesses et pouvoir des Nations
N’étaient que fruits de sujétions
Et de « valeurs » privées de sauf-conduits…

Puisqu’on connaîtrait des « années de plomb »
Celles des commodores matadors,
Pour ceux qui se rappellent « l’âge d’or »
Je m’interroge sur leur fol aplomb ?
Il n’y eut de « Belle époque » pour les gueux,
Seulement des temps de mieux parfois
Dans le pire de ces jours que la foi
En demain rendait supportables aux fougueux.

Puisque s’approche un nouvel « âge de fer »,
À qui me promet quand même « l’âge d’or »,
Je réponds tout net : « Crois-tu que là je dors ! »
Nous n’aurons rien au terrestre enfer
Que nous n’aurons arraché à tous ceux
Qui nous ont muselés, nous ont soumis,
Nous permettant, malgré notre infamie,
De pouvoir vivre et consommer. Chanceux !

samedi 6 juillet 2019

vendredi 5 juillet 2019

HAÏKU LAID

Pour un conjuré, pas de compromis !

LA PUCE & LE MOUSTIQUE

Petite fable affable

Sangsues, las, des plus sanguinaires
Mais parasites ordinaires
De nos champs et de nos maisons,
Ce, à nos plus belles saisons,
Dame puce et Sieur moustique,
Le verbe haut et emphatique
Comparaient là tous leurs exploits,
Même ceux de mauvais aloi.

Dame puce est admirative :
« J’aimerais tant être toi,
Et pas seulement comme toi
Qui d’une aile toujours active
Agace, frappe et, vrombissant,
Te moques fort comme en passant
De toutes tes pauvres victimes
Que, jusque dans leur plus intime,
Tu vampirises si bien
Plus que moi, le microbien ! »

Hélas, n’ayant que des petites
Qualités, et de maigres défauts,
Le maringouin, vrai ratite
Des bébêtes, qui fait la faux
Mais sous de torrides tropiques,
Se rengorge et la puce pique :
« Ça, je suis plus dangereux
Que vous tous, là, les culs-terreux :
Je sais la tique insaisissable
En ça la plus haïssable ! »

Mais à peine eut-il terminé
De jouer les cabots minets,
Que quelque odeur de citronnelle
Lui fit tourner de la prunelle
Laissant l’autre sans piper mot,
À repenser à tous ses maux
Et à songer qu’ici on passe
Une part de sa vie salace
À, par trop, se sous-estimer
Puis l’autre à, enfin, comprendre
Qu’on a surtout surestimé
Voisins et rivaux, à tout prendre…

jeudi 4 juillet 2019

HAÏKU DE GRATTAGE

Un pou en sa tonsure, question d’éthique, n’aime guère que sa moitié lui secoue les puces ou cherche la petite bête en toute chose.

mercredi 3 juillet 2019

HAÏKU’R PARTICULIER

Bien des potaches sont des potiches qui s’ignorent.

NOT’ SOPHIE

d’après Les sardines (P. Boutot) chanté par Patrick Sébastien
réécrite pour le 29 décembre 2018


Pour bien faire un aniv’ facile, facile,
Faut d’abord des bons hôtes habiles, habiles
Avec qui tous les jours, tu te prends bien la tête
Et qui n’attend’ qu'une occas’ pour te faire ta fête
Dans un trou, tu les rassembles, à 5, ou 10 ; 27 ?
Et tu les colles tous ensemble à t’chanter à tue-tête :
« Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
D’chanter en sourdine : “À quelle heure qu’on dîne ?”
Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
Que t’aies cinquante balais pour nettoyer la salle après !
Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
D’chanter en sourdine : “À quelle heure qu’on dîne ?”
Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
Que t’aies cinquante balais pour nettoyer la salle après ! »

Pour faire un vrai aniv’ facile, facile,
Faut jouer, volubiles, l’débile, l’débile
Pas venu pour penser, mais pour te faire ta fête
Boire, bouffer et danser, te rabatt’ la crête,
Oui toute l’assemblée : les 5, les 10 ; 27 ?
Et puis on s’amus’ ensemble en t’chantant à tue-tête :
« Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
D’chanter en sourdine : “À quelle heure qu’on dîne ?”
Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
Que t’aies cinquante balais pour nettoyer la salle après !
Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
D’chanter en sourdine : “À quelle heure qu’on dîne ?”
Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
Que t’aies cinquante balais pour nettoyer la salle après ! »

Et puis… pour respirer un p’tit peu, on aura c’est sûr tout demain
Et puis… Jusqu’à bon matin - une, deux ! -
On fait la, la, la, en chantant ce p’tit refrain :
« La, la, la, la ! »
La, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la,…

[Et maintenant, là, on se casse tous !… ("Non !" crie la foule) Bon, on se resserre, et maintenant qu’on la connaît, on va chanter en choral la chanson de Sophie ! Attention les yeux !]

« Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
D’chanter en sourdine : “À quelle heure qu’on dîne ?”
Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
Que t’aies cinquante balais pour nettoyer la salle après !
Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
D’chanter en sourdine : “À quelle heure qu’on dîne ?”
Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
Que t’aies cinquante balais pour nettoyer la salle après ! »

« Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
D’chanter en sourdine : “À quelle heure qu’on dîne ?”
Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
Que t’aies cinquante balais pour nettoyer la salle après !
Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
D’chanter en sourdine : “À quelle heure qu’on dîne ?”
Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,

Que t’aies cinquante balais pour nettoyer la salle après ! »

La, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la,…
La, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la,…

lundi 1 juillet 2019

HAÏKU’N

Que peut-on contre un condescendant remonté ?

LE RAT MAL LOGÉ

Petite fable affable

Un raton, des mieux vus en son monde,
Su comme fort honorable à la ronde,
Avait, prolifique, neuf enfants. 
Ils faisaient tout son bonheur, belles dames,
Mais aussi tout son malheur et son drame.
Car en sa vie le plus ébouriffant,
Était que las, quoique pas sans pécune,
Son clair logis était de plus étroits
Avec sa charge d’enfants. Trois fois trois !
Ces ratatons-là manquaient fort d’espace,
Mais aucun propriétaire, rapace
S’il en est, ne voulait alors louer
À tant de marmaille. Oui, on rejette
Ce bon rat, ses bambins et ses fillettes ;
« Ça salit et casse, ça. Madoué ! »
Pourtant il a de quoi payer loyer, charges,…
« Neufs marmots, z’y pensez pas. Faut êt’ barje ! »

Il aurait pu mentir, cacher la vérité
Pour s’en sortir mais ça le rebutait.
Alors il rusa : il lui restait une visite
Ultime à faire. Chez quelque blaireau,
 Logeur malengroin, soupçonneux, faraud,…
Alors pour convaincre un tel parasite,
Bailleur sachant bâiller, il ne prend qu’une enfant
Pour l’heur, sa petite aux yeux de faon.
L’hiver approche, il y a donc urgence :
Il envoie son épouse, pleine d’indulgences,
Et ses huit mômes, c’est la saison !,
Honorer par maints pots de fleurs l’Ancêtre
- Qu’on oublie le rest’ du temps, ‘faut l’admettre ! -
Et qui a une tombe pour maison.
C’est son va-tout, sa dernière chance
D’obtenir une nouvelle résidence.

Face au bourgeois et la petite en pleurs
 - Il l’a pincée ! - Il n’a l’air que douleur
Et tristesse en plaidant, lassé, sa cause.
Le bourgeois s’émeut, va lâcher l’appart’
Bien grand pour ces deux-là, et très smart
Aussi. Puis il demande sans plus de glose :
« Et madame ?… Tu as une maman,
               Petite ?!

                         - Oh oui ! dit-elle très poliment
Mais elle est, hélas, au cimetière…

- Avec ses frères ! » fit, comme en prière,
Son père. Le proprio’, lors, céda
Et leur octroya ce logement vide.
Quand fut parti ce grand grison avide,
Le rat raisonna : « Il faut, oui-da,
Toujours servir la vérité aux autres
Mais non sans l’asservir aux desseins vôtres… »

samedi 29 juin 2019

HAÏKU’N SEIL

Quoi de plus normal que de coincer la bulle dans un conciliabule ?

LES VŒUX DU JEUNE LION

Petite fable affable 

C'est trêve des confiseurs en la savane.
Tout s'alentit comme dans une pavane.
À l’occasion du proche avènement
D’une toute nouvelle année, simplement,
Un lion voulut la souhaiter fort bonne,
Heureuse et prospère, entourée de lionnes,
À ses bons et braves sujets d’alentour
Haute et basse cour, plumes ou poils en atours.

Notre roi qui avait chassé ses pairs du trône
Et croqué plus qu’à son tour en cette faune
Parla au blancs becs et aux vielles peaux
D’amour, de paix, de fraternité,… Propos
De circonstance, certes, mais des paroles
Qui sonnaient un peu faux car les fumerolles
De la révolte de ses manants, entamée
Depuis un mois sans vraiment plus l’alarmer,
Salissaient l’azur encore et sa police
Sévissait toujours non sans quelques délices.

L’heure du raout passé, les baisers aux joues
Posés, le peuple est à nouveau mis en joue
Car l’accoutumé et royal évangile
Ne pansait pas les plaies de ces proies fragiles ;
Or qui sème ici-bas la misère, en fruits
Récoltera colère, mais celui
Qui engraissera cette même colère
Connaîtra, tôt ou tard, les pires misères…

jeudi 27 juin 2019

HAÏKU’LPABILITÉ

On m’a ramené à la raison et elle était aussi mauvaise que ma conscience.

LES QUINTETTES

d’après Les sucettes (S. Gainsbourg) chanté par France Gall
réécrite pour le 28 décembre 2018

Sophie aime les quintettes,
Les quintettes jazzies.
Les quintettes jazzies d’Sophie
Donnent à ses soirées
Un air du passé.
Lorsque le spleen la guette,
Des notes très jazzies
Courent sous les doigts de Sophie ;
Elle est au paradis.

Pour ses cinquant’ bougies, Sophie
A promis d’jouer jazzy
Pour rendr’ ses invités heureux,
Heureux d’être plus de deux…

Sophie aime les quintettes,
Les quintettes jazzies.
Les quintettes jazzies d’Sophie
Donnent à ses soirées
Un air dépassé.
Lorsqu’elle a perdu sa langue
Et qu’il y a un piano
Faut qu’ell’ nous colle ses accords
Et les rejoue encor’…

Pour ses cinquant’ bougies, Sophie
A promis d’ jouer jazzy
Pour rendr’ ses invités heureux,
Heureux d’être plus de deux…
Lorsque le spleen nous guette,
Des notes très jazzies
Courent sous les doigts de Sophie ;
On est au paradis.

mercredi 26 juin 2019

HAÏKU’NVICTION

Tout orateur qui parle à demi-mots ne me verra qu’à moitié convaincu.

LES CAVES CANEM

Petite fable affable

En ce temps-là, que l’on dit « des plus reculés »,
Les bêtes qui vivaient là, parmi les hommes,
Se conduisaient et faisaient comme les Hommes,
Singeant leurs activités sans y être acculés.

Un chien, dit-on, était alors vigneron
- Il en est bien qui sont bergers en ce monde 
Ou, plus loin, des castors jouant les bûcherons ! -
Il était pour cela reconnu à la ronde.
Au point que ses ceps riches de raisins, aux champs
Comme à la ville, régalaient les gorges sèches,
Faisaient sur les lèvres naître nombre de chants
Célébrant l’amitié même dans la dèche,…

Son chai était plein, ses caves jamais à court
De satisfaire les connaisseurs et les avides.
Canem, notre toutou était donc le recours
Et le secours de chacun, aimé des impavides
Comme des livides. Or, un sinistre jour
Dieu, qui n’était alors que courroux et ire,
Fit s’abattre sur notre terrestre séjour
Des torrents d’eau en cascades… Si ce n’est pire.

Canem vit se noyer ses champs et, las perdue
La vendange à venir mais, encore optimiste,
Il pensa que comme les écureuils, glandus
Notoires déjà, il avait en ses registres
Des réserves encavées pour deux ans au moins.
Mais, hélas, après quarante jours de déluge
Elles avaient disparu. Le Ciel m’est témoin
Qu’il ragea ce chien sans bien ni refuge…

Noé le recueillit en son arche et apprit
De lui un savoir qui le rendit fort célèbre.
Quant à Canem, qui savait désormais le prix,
Du travail acharné qui vous rompt les vertèbres
Et d’une inutile prévoyance face au Très Haut,
Il se fit serviteur de son sauveur gouliafre
Et vécut selon un « Carpe diem ! », pas faraud
Pour deux sous, nous laissant du labeur tous les affres…

mardi 25 juin 2019

HAÏKU PROCHE

Lancez une sale rumeur et vous reviendra ma male humeur.

LES PIGEONS & LE ROSSIGNOL

Petite fable affable

Là, deux pigeons s’aimaient d’amour tendre
Sachant aller l’un à l’autre le jour
Et être l’un avec l’autre toujours
Quand la pénombre vient à tendre
Ses rets, s’iluner d’illusions
De passions à profusion.

Un rossignol voisin de ce couple
Se gaussait des attentions
Qu’ils avaient, sans variation,
L’un pour l’autre, le gosier souple
Et la voix las jamais endormie
Pour jaser de tout en fa, en mi.
Il leur reprochait surtout de taire
Cet amour si grand que rien l’un 
Sans l’autre ils ne faisaient, et qu’aucun
Chant ne célébrât ces amours austères
Tout en douceurs et fidélité,
Alors que, lui, sans vouloir se vanter…

« Et où est donc, l’ami, cette tant belle
Pour qui tu chantes amour à l’envie… ?

- Elle change selon le cours de ma vie !

- C’est là le drame, fit Colombelle :
L’amour qu’on vit en nos catalpas
Se prouve mais il ne se crie pas ! »

lundi 24 juin 2019

HAÏKU PIS DONC

Craignant moins les redondances que la culture, d’aucuns veulent que les langues mortes deviennent lettres mortes…

dimanche 23 juin 2019

HAÏKU QUI PORTE

À explosions de rire, éclats de voix.

LA TRAVERSÉE DE LA NUIT

Fatiguée comme peau de tambour,
Alors que, jà, s’obscurcit la brune,
Au mât de ce clocher, fière hune,
S’aparresse Madame la lune,
Vigie du bateau qu’est notre bourg.

Sur l’horizon et ses faubourgs,
Les constellations, une à une,
Dessinent de mystiques runes,
Dessus des monts devenus des dunes
Grâce aux ombres et à leur labour.

Loin de Marseille et de Cabourg,
Pour qui n’a ni grunes ni tunes,
Commence le voyage aux funes
Des vents aux parfums d’eau de prunes,
Le nocturne aller sans rebours…

samedi 22 juin 2019

HAÏKU DE L' AVENUE DE MILLAU

Combien sont « devenus » en n’étant que parvenus vivant en avenues quand de plus méritants pour cela ne sont pas advenus n’ayant pas assez de revenus…

vendredi 21 juin 2019

HAÏKU D’ŒIL

Ce qui pique la curiosité rend rarement aveugle.

BRAVE & VIVE CAVALE

Petite fable affable

À pleines foulées, brides avalées
La cavale a gravi et dévalé
Le revers si vert du versant, véloce.
L’avers fut tant couru à la féroce.
Cette jument fort caparaçonnée
Ne nous semblait même pas soupçonner
Qu’il y eût là un danger ou son ombre
Quand les périls, pourtant, étaient sans nombre.

Allant et venant, arme pour l’armée,
Elle était par la vaillance animée,
Toujours à la tête de toute charge,
Brillante. Héroïque,… Peut-être barje !

Mais on riait prou entre deux hoquets
Chez hongres et chevaux qui fort moquaient
Qui confond témérité et courage,
Bravoure et bêtise ou, pis, fougue et rage,…
Détestant que l’on fasse mieux qu’eux,
Ceux de selle sont des plus belliqueux
Et si les « on » en question sont « elles »,
L’affront là vous colle la varicelle !

Lassée de ces propos, la haquenée
Leur fit, œil dur et dents dégainées :
« La peur ne se fuit pas, bêtes de monte,
Mais, si on le veut, elle se surmonte ! »