Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

mercredi 17 juillet 2019

HAÏKU’DE PÉNAL

Pourquoi la Justice ne fait-elle jamais main basse sur un haut personnage ?

ANIMALEMENT VÔTRE

Petite fable affable

Sur les terres où s'ébattent mes bébêtes
Vivent des blattes bouffeuses de blettes,
Entre autres bestioles que l’on hait,
Que l’on boute - hélas ! - ou que pis l’on bute,
Tant ces nuisibles et nous sommes en lutte
Pour un  champ, une turne ou une haie.

Que l’on soit un bonze ou un simple gonze,
Des monts ocreux, aux creux saumon et bronze,
Aux forêts de grands pins forts ténébreux,
Nous combattons toujours ces parasites,
Qui osent, là, nous venir en visite,
Sans gêne, dans le moindre coin ombreux.

Puisqu’ils nous paraissent plus immondes
Qu’utiles à la marche de ce monde,
On en veut tous l’éradication,
Depuis que décéda Sainte Thècle,
Car on sait tous, depuis des siècles,
Qu’imprécation vaut moins qu’action.

Mais à chaque agonie du jour, l’Homme
Quels que soient son temps et son idiome,
Ne peut que constater qu’il faudra
Une résurrection nouvelle
Du soleil, entre sueur et morvelle,
Pour combattre encore ce choléra.

L’ami, quand tu te proposes de faire
Quelque labeur, d’abord avise-toi
Que ce ne soit une sale affaire
Qui te fera Sysiphe sous ton toit…

lundi 15 juillet 2019

HAÏKU’MPTÉ PAS SUR MOI

Les filles publiques ont-elles une vie privée ?

DIMARS, JOURN DE MERCAT

Cycle toulousain


Ah Diaple, l’été est là, pas celui 
De la Saint Martin, mais celui qui luit
Au ciel et fait sousquer comme poule glousse,
Celui qui, sans fin, te bougne le corps,
Qui te rougit et la teste et la trougne encor’,
Qui te désommeille avant ses aurores rousses,
Te fatigue dès l’aube qui la nuit trousse.

Alors de bon matin, ount il fait caut déjà,
On courra, ensachés, réveiller les goujats
Noun pas, pour rire, mais pour aller en carriole
« Directiu, lou mercat !… » Faz attentiu,
Les bestias appâturent en pensiu !
On ira en ville avec les vielhs et les droles,
Dans l’engin lent qui traversera les caroles.

L’« Afanoté droletta ! » de notre ancien
Presse le pas. Il ronne comme un Prussien
Contre les derniers bals, ceux de la veille
Et qui durèrent tant que dura la nuit,
A bisto de naz, foire aux pucelles, pfuit,
Où l’on voit moins de demoiselles, merveilles
Que de ces filles dont la vertu s’ensommeille…

Mais là, pour l’heure, on s’en vient tous pour partir
Al mercat et on y va pas comme des martyrs !
Chacun se presse, là. Pas besoin de redire
Même aux habits pétassés… Car, vaï, le marché
C’est notre joie, on irait même s’il fallait marcher :
Car il faut voir la foire que c’est entre les rires,
Les couleurs, les odeurs - qui ne sont pas des pires !,…

Les bruits te nous accaparent dès l’arrivée ;
Les voix qui s’interpellent « Boudu », « Puto », « »,…
Circulent entre les corps torturés des platanes.
Lo pépi, secouant la pousque du chemin,
(C’est qu’on n’est pas là, pitchounets, jusqu’à demain !)
Il fait plus le moure, tout à ses patanes
Qu’il faudra vendre avec les herbes et les œufs de canes.

Malgré sa verte vieillesse, il tire, jà, 
Au barricot, le vin du matin donnant le « la »
Au trabalh de chacun et accourdicit les heures…
Té, le Roger : « Adiu ! » - Es un con aquel ! -
C’est qu’on cause avec tout le monde. Macarel,
‘Faut profiter pendant que le ciel ne nous pleure
Sus - Es calq’un aquel ! - Tant de parfums t’effleurent.

On sue, on bosse, on bronzine come abelhas :
S’affairer est un devoir avec aquelhas
Femnas qui se parlan des nenes leurs qui brament.
Poupes à l’air, elles donnent poupou aux poupons
Qui, après, accrochés aux tchuques, pour de bon,
Dormiront. Se dépoitrailler ça a son charme :
On reluque. On range les cluques. Où est le drame ?

Oc, le temps file, millediou. Tu le crois ?
Qu’il astique, atisse ou pègue, le mot est roi.
On en a encore' plus que de mets à te vendre
Pour changer de la tute en son silence tassée,
Du mauvais temps, d’un ciel tristounet assez,
patraque ou pas, on lutte pour faire rendre
Gorge à un pays de cocagne pas toujours tendre.

Seule la montre enquiquine pour l’instant. On vend.
On achète. On maquignonne ferme même au vent.
Béret vissé sus la teste, mégot aux lèvres
On se tarabuste sans se trop se compliquer la vie
Es tounjourn atal amb vosautres ! L’envie
Presse de repartir et on cède avec fièvre,
Sans rancune, avant de repartir comme un lièvre…

Le jour s’en va, la nuit s’en vient, satin.
Alors on reprend le charreton qui, de bon matin,
Avait amené son monde par camis et caroles 
L’œil rêveur, le nez plein de senteurs et l’esprit
Tout farnouze de ce qu’on a là appris
Et surpris,… Ça fera la semaine des droles
- M’as coumprès ! - Et celle des grands aussi. Parole !

dimanche 14 juillet 2019

samedi 13 juillet 2019

HAÏKU D’INTERROGATIONS

C’est aux points que j’achève les phrases.

LES GUEUX

Petite fable affable

La pluie tombant toujours sur ceux qui sont mouillés,
Des loqueteux aux souliers fort fatigués
Et aux frusques trop rapetassées, brandouillaient
Appelant la moquerie des hommes du guet,
Aux livrées plus chamarrées que des papegais
Et à l’esprit moins affûté que leurs sagaies !

Or cette Cour des Miracles ne pipait mot
Aux mesquins envois et aux traits aux piqueux
Qui auraient chu dans la même purée si maux
Envoyés par Dieu étaient tombés sur leur queue
À eux. Lors pourquoi en vouloir à ces belliqueux 
Qui traînent leurs guêtres dans tout ce bran visqueux ?

Surtout qu’ils ont fourbi leurs armes ces gredins,
Représentent partout la loi de la cité,
Et garantissent sa paix, le gourdin badin.
Alors pourquoi chercher noise à ces excités 
Et pour quelque affront moins pensé que « récité » ?
« La raison du plus fort… » aimait-on à citer !

Or un beau soir, cette cohorte de nervis
Escorta un évêque qui nuitamment rentrait
En ses pénates et qui aux gueux, aussi, servit,
Près que sa garde eut amorcé sa bordée de traits,
Lazzis, brocard, railleries, quolibets outrés
Avec le dédain propre aux puissants mitrés.

Las, les claque-faim cette-fois-là ont riposté
Et, défaisant les gens d’armes, ont pris le violet vêtu
Qu’ils voulaient écharper sans vraiment s’attrister :
« Pourquoi, mes fils…  Vous vous êtes jusque là tus ?

- Parce que que la volée de flèches, vois-tu,
Très saint homme, seule la dernière tue ! »

jeudi 11 juillet 2019

HAÏKU DONNÉ

L’a priori est moderne pilori !

LETTRE À L’ÎLIEN

Désormais, tu as pour nouvelle adresse
Là où les alizés la peau caressent,
Où le jour est senteurs, hâle et douceurs
Là où même le temps a oublié l’heure
Et où tu peux redevenir penseur
Quand parfois, lassées de toi, les nues pleurent…
Tu as choisi pour séjour ces lieux
Où tu es inconnu même des dieux,
Où tu es toi, sans souci ni artifice
Où la nuit se donne à la nuit,
La nuit qui a, suave édifice, 
Saveurs, repos et langueurs pour fruits…

Tu demeures donc en ces antipodes
Tout d’indolence balançant entre odes,
Patience et silence, ce néant
De nos vies sans sel que l’on croit si « belles »,
Dans une île, oasis dans l’océan,
Navire dont tu règnes sur l’embelle…

Tu penses souvent à nous me dis-tu,
Toi qui qui as laissé ton rêve têtu
D’aventure te mener à ce monde,
Derrière le fil de l’horizon,
Laissant le reste de la mappemonde
À sa morne routine, à ses prisons…
Derrière ce fil sur lequel glisse
Un rideau d’azur tendu, où, complice,
 Le drap à peine froissé de l’océan
S’accroche, tu as laissé faim et guerres,
Bien pensants et mécréants céans
À leurs questions, tiennes naguère…

La fuite était donc solution ?
Allons, toi qui n’étais que passions !…
Je te laisse à tes paradisiaques
Beautés et retourne à cette laideur
Qui fait mes jours et rend insomniaques

Mes nuits, toujours plus seul et frondeur…

mardi 9 juillet 2019

HAÏKU TORDU

Qui dit faux mouvement panse vraie douleur !

BOUCLE D’OR & LES TROIS OURS

Longue fable affable

Vous n’êtes pas sans savoir que Boucle d’or,
Celle du conte qu’on lit quand on s’endort,
Avait sympathisé avec la famille
De trois ours qui nichait en quelque charmille,
Et qu’ils ne l’avaient pas prise en pitié
Mais, à tout le moins, en vraie amitié…
La drôlette qui avait les apparences
D’une bénédiction malgré son enfance,
A changé leur vie qu’elle trouvait gâtée :
Ces bêtes-là ignoraient « l’égalité »,
Principe sacré aux dires d’aucuns Hommes,
Dont l’absence est bestial archaïsme en somme.

Ce sont babioles et brimborions
En forêt, où pleuvent coups et horions
Sur le plus faible sans que cela , las, choque
Quiconque mais le Papa Ours à l’ouïr troque
Ses vieilles idées pour la nouveauté
Apportée au nom de la modernité.

La mâchoire carnassière et l’humeur
Prédatrice le voilà, malgré rumeurs,
Ris et moqueries, lui qui, à tout prendre,
Prit un grand soin, à l’école de la vie,
À ne jamais - non jamais ! - rien apprendre
Se rangeait, sans un mot, à cet avis.
Et les siens l’imitèrent un peu perplexes
Car la soumission leur était réflexe.

« Advienne que devra ! » devint sa scie.
« Demain est un autre jour ! » sa philosophie
Puisque selon l’enfant, dans ce bon système
Couchant l’injustice sous les chrysanthèmes,
Tout, pour tous, étant également prévu, 
Tous, en tout, seraient pareillement pourvus !
Ainsi furent mises à niveau les chaises,
Sans que le bilieux y trouve malaise ;
Remplies à l’identique les assiettes
De même soupe à nombre égal de miettes ;
Taillés à même dimension les lits
Sans ire ou criailleries, ni faire un pli.

Hélas, épines éparses et déquiétantes
Naquirent de l’expérience tentante
De prime abord : Petit ours n’arrivait pas
Assez haut pour bien prendre son repas ;
Les genoux de Papa Ours coinçaient sous la table.
L’ourson laissait des portions respectables,
Rassasié, quand contractions prenaient
Le gaster gargouillant du père à son nez.

La soupe tiède insultait l’art culinaire
De la mère pourtant ourse débonnaire
Et ne parlons pas du sommeil : Si petit
Ours s’effraie dans un lit trop grand, on pâtit
Chez papa d’étroitesse et de petitesse
De son grabat où la nuit il se blesse.

C’est la Maman Ours qui arrêta matin
Ce petit jeu, profitant sans baratin
Pourtant de celui-ci : bien assise,
Repue comme il sied, couchée à sa guise,…
Elle rappela qu’avant chacun d’eux avait,
En fonction de ce qu’il voulait et pouvait,
Assez de tout, à sa portée et à son aise…
Alors que là deux sur trois faisaient malaise
À prendre garde que chacun n’ait pas plus
Ni moins que l’autre : « L’humain est olibrius
Qui n’a pas compris qu’équité altruiste
Vaut mieux qu’égalité de rigoriste ! »

lundi 8 juillet 2019

HAÏKU RAI

S’il faut « souffrir pour être belle », j’en sais d’aucunes qui doivent être masochistes !

dimanche 7 juillet 2019

HAÏKU GENTIL

Faire les cent pas n’a rien de sympa !

VERS « L’ÂGE D’OR » ?

« Les Hommes passent la moitié de leur vie à se forger des chaînes
 et l’autre moitié à se plaindre d’avoir à les porter. »
Mirabeau

Puisqu’on vit dans « l’ère de l’argent »
Celui des vautours et des condors
Toi qui, là, rêverais de « l’âge d’or »
Qui ici peut être ton agent ?
Hier n’est mieux qu’aujourd’hui :
Les richesses et pouvoir des Nations
N’étaient que fruits de sujétions
Et de « valeurs » privées de sauf-conduits…

Puisqu’on connaîtrait des « années de plomb »
Celles des commodores matadors,
Pour ceux qui se rappellent « l’âge d’or »
Je m’interroge sur leur fol aplomb ?
Il n’y eut de « Belle époque » pour les gueux,
Seulement des temps de mieux parfois
Dans le pire de ces jours que la foi
En demain rendait supportables aux fougueux.

Puisque s’approche un nouvel « âge de fer »,
À qui me promet quand même « l’âge d’or »,
Je réponds tout net : « Crois-tu que là je dors ! »
Nous n’aurons rien au terrestre enfer
Que nous n’aurons arraché à tous ceux
Qui nous ont muselés, nous ont soumis,
Nous permettant, malgré notre infamie,
De pouvoir vivre et consommer. Chanceux !

samedi 6 juillet 2019

vendredi 5 juillet 2019

HAÏKU LAID

Pour un conjuré, pas de compromis !

LA PUCE & LE MOUSTIQUE

Petite fable affable

Sangsues, las, des plus sanguinaires
Mais parasites ordinaires
De nos champs et de nos maisons,
Ce, à nos plus belles saisons,
Dame puce et Sieur moustique,
Le verbe haut et emphatique
Comparaient là tous leurs exploits,
Même ceux de mauvais aloi.

Dame puce est admirative :
« J’aimerais tant être toi,
Et pas seulement comme toi
Qui d’une aile toujours active
Agace, frappe et, vrombissant,
Te moques fort comme en passant
De toutes tes pauvres victimes
Que, jusque dans leur plus intime,
Tu vampirises si bien
Plus que moi, le microbien ! »

Hélas, n’ayant que des petites
Qualités, et de maigres défauts,
Le maringouin, vrai ratite
Des bébêtes, qui fait la faux
Mais sous de torrides tropiques,
Se rengorge et la puce pique :
« Ça, je suis plus dangereux
Que vous tous, là, les culs-terreux :
Je sais la tique insaisissable
En ça la plus haïssable ! »

Mais à peine eut-il terminé
De jouer les cabots minets,
Que quelque odeur de citronnelle
Lui fit tourner de la prunelle
Laissant l’autre sans piper mot,
À repenser à tous ses maux
Et à songer qu’ici on passe
Une part de sa vie salace
À, par trop, se sous-estimer
Puis l’autre à, enfin, comprendre
Qu’on a surtout surestimé
Voisins et rivaux, à tout prendre…

jeudi 4 juillet 2019

HAÏKU DE GRATTAGE

Un pou en sa tonsure, question d’éthique, n’aime guère que sa moitié lui secoue les puces ou cherche la petite bête en toute chose.

mercredi 3 juillet 2019

HAÏKU’R PARTICULIER

Bien des potaches sont des potiches qui s’ignorent.

NOT’ SOPHIE

d’après Les sardines (P. Boutot) chanté par Patrick Sébastien
réécrite pour le 29 décembre 2018


Pour bien faire un aniv’ facile, facile,
Faut d’abord des bons hôtes habiles, habiles
Avec qui tous les jours, tu te prends bien la tête
Et qui n’attend’ qu'une occas’ pour te faire ta fête
Dans un trou, tu les rassembles, à 5, ou 10 ; 27 ?
Et tu les colles tous ensemble à t’chanter à tue-tête :
« Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
D’chanter en sourdine : “À quelle heure qu’on dîne ?”
Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
Que t’aies cinquante balais pour nettoyer la salle après !
Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
D’chanter en sourdine : “À quelle heure qu’on dîne ?”
Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
Que t’aies cinquante balais pour nettoyer la salle après ! »

Pour faire un vrai aniv’ facile, facile,
Faut jouer, volubiles, l’débile, l’débile
Pas venu pour penser, mais pour te faire ta fête
Boire, bouffer et danser, te rabatt’ la crête,
Oui toute l’assemblée : les 5, les 10 ; 27 ?
Et puis on s’amus’ ensemble en t’chantant à tue-tête :
« Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
D’chanter en sourdine : “À quelle heure qu’on dîne ?”
Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
Que t’aies cinquante balais pour nettoyer la salle après !
Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
D’chanter en sourdine : “À quelle heure qu’on dîne ?”
Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
Que t’aies cinquante balais pour nettoyer la salle après ! »

Et puis… pour respirer un p’tit peu, on aura c’est sûr tout demain
Et puis… Jusqu’à bon matin - une, deux ! -
On fait la, la, la, en chantant ce p’tit refrain :
« La, la, la, la ! »
La, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la,…

[Et maintenant, là, on se casse tous !… ("Non !" crie la foule) Bon, on se resserre, et maintenant qu’on la connaît, on va chanter en choral la chanson de Sophie ! Attention les yeux !]

« Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
D’chanter en sourdine : “À quelle heure qu’on dîne ?”
Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
Que t’aies cinquante balais pour nettoyer la salle après !
Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
D’chanter en sourdine : “À quelle heure qu’on dîne ?”
Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
Que t’aies cinquante balais pour nettoyer la salle après ! »

« Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
D’chanter en sourdine : “À quelle heure qu’on dîne ?”
Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
Que t’aies cinquante balais pour nettoyer la salle après !
Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,
D’chanter en sourdine : “À quelle heure qu’on dîne ?”
Ha ! Qu’est-ce qu’on est heureux, not’ Sophie qui boite,

Que t’aies cinquante balais pour nettoyer la salle après ! »

La, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la,…
La, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la,…

lundi 1 juillet 2019

HAÏKU’N

Que peut-on contre un condescendant remonté ?

LE RAT MAL LOGÉ

Petite fable affable

Un raton, des mieux vus en son monde,
Su comme fort honorable à la ronde,
Avait, prolifique, neuf enfants. 
Ils faisaient tout son bonheur, belles dames,
Mais aussi tout son malheur et son drame.
Car en sa vie le plus ébouriffant,
Était que las, quoique pas sans pécune,
Son clair logis était de plus étroits
Avec sa charge d’enfants. Trois fois trois !
Ces ratatons-là manquaient fort d’espace,
Mais aucun propriétaire, rapace
S’il en est, ne voulait alors louer
À tant de marmaille. Oui, on rejette
Ce bon rat, ses bambins et ses fillettes ;
« Ça salit et casse, ça. Madoué ! »
Pourtant il a de quoi payer loyer, charges,…
« Neufs marmots, z’y pensez pas. Faut êt’ barje ! »

Il aurait pu mentir, cacher la vérité
Pour s’en sortir mais ça le rebutait.
Alors il rusa : il lui restait une visite
Ultime à faire. Chez quelque blaireau,
 Logeur malengroin, soupçonneux, faraud,…
Alors pour convaincre un tel parasite,
Bailleur sachant bâiller, il ne prend qu’une enfant
Pour l’heur, sa petite aux yeux de faon.
L’hiver approche, il y a donc urgence :
Il envoie son épouse, pleine d’indulgences,
Et ses huit mômes, c’est la saison !,
Honorer par maints pots de fleurs l’Ancêtre
- Qu’on oublie le rest’ du temps, ‘faut l’admettre ! -
Et qui a une tombe pour maison.
C’est son va-tout, sa dernière chance
D’obtenir une nouvelle résidence.

Face au bourgeois et la petite en pleurs
 - Il l’a pincée ! - Il n’a l’air que douleur
Et tristesse en plaidant, lassé, sa cause.
Le bourgeois s’émeut, va lâcher l’appart’
Bien grand pour ces deux-là, et très smart
Aussi. Puis il demande sans plus de glose :
« Et madame ?… Tu as une maman,
               Petite ?!

                         - Oh oui ! dit-elle très poliment
Mais elle est, hélas, au cimetière…

- Avec ses frères ! » fit, comme en prière,
Son père. Le proprio’, lors, céda
Et leur octroya ce logement vide.
Quand fut parti ce grand grison avide,
Le rat raisonna : « Il faut, oui-da,
Toujours servir la vérité aux autres
Mais non sans l’asservir aux desseins vôtres… »