Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

mardi 31 janvier 2023

HAÏKU DOUBLE ?

J’ai perdu l’esprit quand j’ai retrouvé mes sens !

PRIS EN FLAG’

Pour « Le jour du drapeau » 2023…
avec un impardonnable et coupable retard.

Il est un grand drapeau qui me flotte au coeur
Un oriflamme de cousins et de sœurs,
Drap d’azur comme leurs nues qu’été rend pures,
Une bannière de liberté, râpure
Du passé pour cet Érable triomphant,
Rouge de tant de sangs… et parfois d’enfants.

Ce drapeau ciel qui gonfle d’espoir mon coeur,
Plus qu’emblème pour nos cousins et nos sœurs,
Qu’une croix d’argent cantonne ainsi, épure,
Comme neige d’hiver qui y vole au vent,
Défie l’Érable sans vergogne, souvent.

Ce drap bleu et blanc flatte le bon du coeur.
C’est l’oriflamme de cousins et de sœurs,
Fleurdelysé, et pas en simples guipures,
Symbole de Francité au droit de coupure
Qu’Érable veut mettre en berne, escamoter,
Quand il n’aime qu’à claquer et s’agiter.

Il est un drapeau fier qui me flotte au coeur
Noble gonfalon de cousins et de sœurs,
Refus d’une évidence contre-nature,
Cri de résistance d’une vraie culture,
Jamais résigné à pendre, là, bridé,
En province d’Érable veut affidée.

Levez haut ces couleurs qui me flottent au coeur,
Pavoisons-le, ici et chez vous, en choeur…



dimanche 29 janvier 2023

EN HAÏKU RANT

Hier, on travaillait au débotté ; aujourd’hui, on le fait d’arrache-pied.
Étonnez-vous que ça marche moins bien !!

HERBEILLONS !

Petite fable affable d’après un proverbe persan

Il serait juste que je vous peigne, là,
Des nues parées de célestes falbalas
Qu’on nomme, en notre belle langue, « nuages »
Quand on les voit habiller le paysage.

Courant le ciel, des blancs, des gris, des noirs,…
Indistinctement, paissaient l’azur en douar,
Broutant jusqu’à l’horizon d’une morne plaine,
Prêts à précipiter, la panse, jà, pleine.

Un cumulonimbus qui pacageait au loin
Toisait du plus hautain mépris, chafouin,
Ses pairs plus minces, et surtout bien plus maigres,
À qui, soudain, il lança d’un ton fort aigre :
« Stratus, hors de ma vue ! Va donc pâturer
Avec les nains qui osent défigurer,
Petits pisteurs audacieux, sans âme,
Le bleu et l’étendue de mes Cieux, Dame !
Tu ne sais noyer, inonder ni saucer !…
Je ne goûte pas qui à peine, hélas, goutte
Et dégoutte quand averse il faut verser…
Tant de vile couardise me dégoûte !

- Je n’en mouille pas moins, Votre Majesté,
Et, plus, fais contre moi bien moins pester…
Mais il est tout aussi vrai que la passoire
Morguera toujours les trous de l’écumoire ! »

samedi 28 janvier 2023

vendredi 27 janvier 2023

HAÏKU SUR LES DOIGTS

De nos jours « faire le tour de la question » est moins dangereux que de réaliser celui du pâté de maisons !

CES PEUS QUI FONT TOUT

Lorsque la nuit s’ennuie
Et que le vent de mes voeux gonfle
L’étendard de ma plume, ronflent
Vents et bruissent pluies,
M’offrant quelques mots pleins de grâces
Qui, ma foi, jamais ne me lassent.

Pour moi, ce peu qui est tout,
Venu de je ne sais où,
Me fait poser des mots doux
Et des mots roux bout-à-bout…

Ces petits riens qui se posent
Sur quelques traits incertains,
Donnent à mon âme son tain
Et, à mon esprit las, s’imposent
Prenant en un vil larcin
Au temps plus que son butin.

Comme mousse et pieds de lierre,
Tous ces peus, pour moi, sont tout,
Venus de je ne sais où,
Recouvrant mes murs de pierres…

Prunelle de mes cieux,
 Je les couche comme ils viennent,
Quoiqu’au jour levant il advienne,
En ramage audacieux,
Tous ces petits riens divaguent,
Écume fatiguée des vagues.

Pour moi, ce peu qui est tout,
Venu de je ne sais où,
Me fait poser des mots doux
Et des mots roux bout-à-bout…

Ces sels affleurent là où s’ouvre
La terre et là où l’air court
Le ciel sans retour.
Ces sons chantants qu’ainsi je trouve
Sont mes trésors, mes atouts,
M’incitant au lâcher-tout…

Comme mousse et pieds de lierre,
Tous ces peus, pour moi, sont tout,
Venus de je ne sais où,
Recouvrant mes murs de pierres…

jeudi 26 janvier 2023

HAÏKU SENS

Je n’entends plus rien à ce que l’on voit sur le petit écran… et, donc, j'ai du mal à le sentir de quoi qu’il parle !

mercredi 25 janvier 2023

HAÏKU LISSE

Une « basse besogne » peut-elle constituer un « haut-fait » ?

LE DÉPIT DE L’ERMITE

Petite fable affable d’après 
Du jardinier & de l’ours d’Ésope

Un ermite sur sa montagne aimait à jardiner 
Pour s’occuper et, plus, assurer son dîner.
Mais dans son désert, la solitude lui pèse
Quoique ce soit paradis pour penser à l’aise,
Jusqu’a ce soir où son ouïe est attirée
Par des geignements, des sanglots à vous tirer
De grosses larmes. Un jeune ourson  pleure sa mère
Tombée au ravin. Pertes et douleurs amères !

Il prit l’animal et l’éleva comme on le ferait
D’un chien si bien qu’amitié naquit, en vrai,
Entre eux : le jardin donnait assez de provende
Pour deux ventres, même celui sous houppelande
Brune qui forcissait beaucoup le temps passant.
En échange, elle apportait au vieux sa pesante
Chaleur la nuit et l’hiver ; l’été la pensante
Tête avait dressé son compagnon s’engraissant,
À chasser les mouches nombreuses et importunes.
L’ourson était adroit, pour sa bonne fortune.

Or, cet après-midi là, l’été harassant
Poussait à la sieste, la bête paressant
Non loin. Et donc, l’ermite à dormir s’abandonne.
Aussitôt, le gros velu accouru se donne
Un mal fou à traquer, comme à l’accoutumée
Le mouches venant son ami importuner.

L’une, hélas impertinente autant que retorse,
Veut déranger l’homme se reposant sur son torse
Ou voletant là si on la chassait d’ici ;
S’arrêtant sur son front et vrombissant ici
Quand on l’écartait de là. Elle allait fière,
Narguant ces griffes pataudes qui ne brassaient
Que l’air qu’elle pompait. Lassée, une pierre
Fut saisie par la patte et s’abattit, assez
Durement sur le nez du dormeur que taquine,
Cette fois, le diptère. Il en mourut. Mesquine,
Notre enquiquineuse qui fait en se marrant :
« Mieux vaut sage ennemi qu’ami ignorant ! »

lundi 23 janvier 2023

HAÏKU CASSE-TÊTE

Peut-on faire de son valet de pied un homme de main ?

SCÈNE

Sous des nues à la peine,
Entre deux chênes,
Ou peut-être deux frênes,
S'étend la plaine
Sans bête à lait, à laine.
S’y fait un domaine
Quelque vilaine
Rosse mise là, à la chaîne ;
Mauvaise graine
Que l’on promène.

Paissant à perdre haleine,
La voilà reine
Pour la semaine,
Hautaine comme humaine.

Pourtant ce phénomène,
Vraie châtelaine,
La panse plus que pleine
De marjolaine
Et d’herbe fort amène,
N’est las que haine
Pour sa prochaine.
C’est pour ça qu’on la mène
Et laisse en chaîne.
C’est ça sa veine,
L’hermine de sa traîne…

dimanche 22 janvier 2023

samedi 21 janvier 2023

HAÏKU Y ZINE & DES PENDANCES

Fantassin : Soda sans sucre.

VOLÉE DANS LES PLUMES

Petite fable affable d’après 
D’un faucon & d’une poule d’Ésope

« Vous êtes ingrates ! dit le Faucon aux poules.

- Nous ? répondit la plus excitée de la couvée.
Nous lui donnons œuf du jour et poussins en foule
Sans compter mie. Quel mal à ça peux-tu trouver ?

- Moi, le « sauvage », par lui je me laisse prendre.
Je chasse pour lui, gagnant d’une moitié
De mes prises ma pitance.  J’aime ainsi rendre
Hommage à sa tant caressante amitié,
À sa main qui donne à manger, m’apprivoise.

- Nous voyons que pour cet égoïste tu pavoises !

- Quoi ?… Je vois l’Homme vous chercher, dès le lever
Du jour, de quoi vous engraisser pour vous prouver
Son amour de vous Puis, la nuit, il vous prépare
Un lieu douillet pour dormir, sécurisé
Assez pour que votre bon repos de risée
Du genre aviaire ne soit pas, par les rares
Méchants qui oseraient s’opposer à l’humain,
Trop dérangé jusqu’aux lueurs du lendemain.
Pourtant lorsque le bipède de vous s’approche
Vous fuyez vite en vous tenant le haut des chausses !

- C’est que tu n’as jamais vu un de tes frères en broche :
Nos sœurs et mères ont fini à toutes leurs sauces ! »

vendredi 20 janvier 2023

jeudi 19 janvier 2023

HAÏKU Y

Aviateur : le zèle des ailes.

OSMOSE MOROSE

À notre tatie

Un linceul est tombé du ciel sur notre deuil.
Il a givré nos cœurs. Il a gelé nos larmes.
Là creux, ici bombé, il fige notre drame
Pourtant tout en noirceur par la prés, par les breuils,…

Voile blanc et léger habillant un cercueil,
Un linceul s’est posé, à l’ombre des vacarmes
D’un présent déposé par des heures sans charme
Désormais piégées, vêtant de pleurs leur seuil.

Pesant de silences, de mots qu’on n’articule,
Doucement lentement, il étouffe, nous accule,
Pour dire à sa façon : tu es de nos toujours.

Et lourd de souffrances, en trous ou en monticules,
Lentement, doucement, étoffe un crépuscule
Pour dire sans façon la force de notre amour…

mardi 17 janvier 2023

HAÏKU TRANSITIF

Le maître de maison ordonne au valet qui commande au chat… qui impose au maître de maison !

DES GENS INDIGENTS

Petite fable affable d’après 
Du père de famille reprochant à son chien d’avoir pris ses poules d’Ésope

Au temps jadis, dans une fort pauvre famille
On n'avait qu’une poule errant sous la charmille,
Rentrée et forclose le soir venu, choyée
Pour ce bel œuf quotidien qu’elle lui donnait.
La gardait le chien étique de la chaumine
Tout le jour, quoi qu’elle fasse, où qu’elle chemine.

Un matin la poule avait disparu. Malheur !
Emportée par quelque renardier prédateur
Que le cabot ne sut éventer durant son somme
Nocturne au sol si dur de la niche des hommes.
L’incompétent gardien fut alors accablé
De coups. Il eut beau arguer, ce sans se troubler,
Que le fermier n’avait pas bien fermé la porte 
Du petit poulailler la veille au soir, de sorte
Que le roué avait pu y pénétrer, dame,
On le frappa tant et plus qu’hélas il mourut
Sans que personne chez ces bonnes gens ne put
Entendre sa remarque. Il dit en rendant l’âme :

« Si tu veux, chez toi, des serviteurs diligents
Evite, Maître, de te montrer négligent ! »

lundi 16 janvier 2023

dimanche 15 janvier 2023

HAÏKU Y ZAN

Parachutiste : Conteste à terre.

LONG TEMPS ?

Ça fait longtemps
Qu’on us’ le temps
Qu’on y puise
De quoi s’aimer
Même dans l’ombre
La moins exquise 
De mai à mai
Hors les encombres
Qu'on y puise
Impénitents
À jeûn ou ivres
Des raisons d’vivre
Malgré l’Autan

Ça fait longtemps
Qu’on us’ le temps
Qu’on l’épuise
À tant s’aimer
Fors la pénombre
Les heures grises
De mai à mai
Dans les jours sombres
Qu'on y puise
Même au mitan
Des nuits de givre
L’envie de vivre
En même temps

Ça fait longtemps
Qu’on us’ le temps