Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

mercredi 11 avril 2012

AU CŒUR DU CHŒUR

Dessous la coupole,
Milles voix s’envolent.
Ces envois sans voile
Volent, voient Éole,
Frôlent et consolent
Même les étoiles
Font de la parole
Fines fumerolles…
Les mots malévoles,
Les phrases frivoles,…
Loin, ont mis les voiles ;
Dessous la coupole,
Milles voix s’envolent.
Nos cœurs se dévoilent
Foin de fariboles,
Fi des farandoles,…
Ces chants faits d’oboles,
Nés pour une idole,
Tissent une toile
De voies qui vous dolent,
Collent, caracolent
Et vous moulent la moëlle
Dessous la coupole.
Milles voix s’envolent…

IL ÉTAIT UNE FOI…

Il était une foi
Foi de bois de fer
Froid comme l’enfer
Qui de loi fut chaîne
Qui broie et qui croit
Et qui ne sait quoi
Dans ses joies ses haines
Se donnant tout droit
N’offrant que « Tu dois »
Dans une vie vaine


Il était une foi
Foi de poix de peu
De proie mise au feu
Pour toute fredaine
Pour un Dieu en Trois
Qui de tout fait toit
Et de l’Autre enjeu
Qu’il voie ou reste coi
T’offrant quelques fois
Paradis pieux


Il est d’autres fois
Fois de bois de fer
Froides comme enfer
De lois faites chaînes
Qui broient et qui croient
Qui ne savent quoi
Dans leurs joies leurs haines
Se donnant tout droit
N’offrant que « Tu dois »
Dans une vie vaine…

lundi 9 avril 2012

HAÏKU RUTCHETA

La Bidouze n’est bas l’ébouse d’un Babe !

IL EST TOUJOURS DERRIÈRE

Avec sa face de fesses
Et son pétard allumé, 
Elle est la grande prêtresse
De la poupe qui paresse,
Des amours faites fumée.
En bref, elle est sa maîtresse
Au tagada empaumé.

Distant envers toute chose,
Dans la lune, son amant
Est un amateur de prose…
De popotins, si j’ose.
Il défend sans tremblement
L’académie et, en glose
Ou la vante… non sans fondement.

Il est son joint de culasse.
Sans aucune prud’homie,
Il lui répète, et agace
D’une main jamais de glace,
Flattant sans économie :
« J’aime, ma mie, et ne m’en lasse,
Ta si accueillante anatomie ! »

On le voit, à leur démarche,
Qu’elle a toujours eu bon fond
Et qu’il prend le train en marche,
Comme dit son patriarche,
Trouvant séant, et profond,
De faire siège à cette arche,
Même si cela fessier, au fond !
Il n’est pas de ces faux-derches
Qui, tout haut et fort, alentour
Sur des principes se perchent
Qui pourtant, à tout coup, cherchent
À rester, non point autour,
Mais dans les anales… lerche !
À eux, la voie basse, sans détour !

Si pour vous, la croupe est pleine,
Comme pour eux, croupions-nous,
Et sans colère et sans haine,
Pour faire, à tous ,honte et peine
De tout cul que l’on a chez nous

Faisons un cliché qui mène,
Au poster rieur à choir… à g’noux !

MODERNE SOLITUDE

« Peu de gens savent devenir vieux »
(F. de la Rochefoucauld, M423)

À l’aube de sa vie, l’Homme, enfin seul, respire.
Comme à l’aurore de ses amours, il soupire,
Au matin de bâtir son empire, il transpire.
Au midi de toutes ses envies, il aspire
Mais le crépuscule  de ses jours lui inspire
Des peurs contre lesquelles, à la brune, il conspire.
Or seul, à nouveau,  au soir du pire, il expire.

Illustration : Camille  Lesterle, 21 septembre 2014

LE BŒUF QUI VOULAIT SE FAIRE AUSSI PETIT QUE LA GRENOUILLE

Petite fable affable
Le boeuf, de la grenouille veuf,
Fit d’un défi une bataille :
Lui, si grand et si gras, se voulut comme esteuf.
Aussi il se tasse et maigrit, vaille que vaille,
Pour rappeler l’œuf en grosseur,
Se tortillant comme un  pisseur.
« Encore quelques jours sans eau et sans tortore
À souffrir de la sorte et mon corps raplapla
Vous aura cet aspect qu’on vénère et adore
En court. »… Il mourut avant ça !
L’homme politique est, comme lui, bien peu sage ;
Pour plaire à la plèbe, et convaincre l’électeur,
L’éduqué se fait sot hâbleur,
Le bien-né feint l’humble trempage !

AU TEMPS DE CE TEMPS

Au pied de l’Horloge qui nous surveille
Mais qui m’a oubliée, je me sens vieille…
Remonter aux heures affadies, tout autant
Pour revenir au temps où j’avais tout mon temps,
Du moins, du temps, que pour revivre mes chimères :
Je voyais alors la mer dans le moindre étang !
Retourner aux sources de ces premiers printemps
Où le bien et le bon au meilleur s’agglomèrent,
Où il est midi à toute heure, Bonne Mère,
Où l’on attend  tant et tant mais jamais longtemps
Car, seul, le ciel parfois vous fait sale temps…
Je suis près de l’Horloge qui ensoleille
Mille vies et mes jours qui s’ensommeillent…
Repartir, c’est tentant, pour l’hier éclatant
Et revenir au bon vieux temps des passe-temps
Où l’on est pas conscient que tout est éphémère
Et vain : amas d’amis ou bien amours amères,
Conjugués à tous les modes et tous les temps
Jusqu’à devenir des moments, des contretemps !
Revivre ces heures que personne n’énumère,
Ce temps, qui ne se perd ni se gagne, Commère,
Où chaque minute prend son temps et s’étend
En instants insistants où le temps se distend…

Je reste au bas de l’Horloge qui veille
Aux heures que mes souvenirs monnayent…

samedi 7 avril 2012

GARE À L'HAÏKU RILLE

Énarchie ou Anarchie ?…
C’est le même bordel !

L'ÂNE DU VOLEUR

Petite fable affable

L’âne que le larron avait escamoté
À ceux qui l’avaient pris mais ne pouvaient s’entendre,
Ruait, frappait au débotté,
Pour un oui, pour un non. Il ne put donc le vendre,
Au marché, même pour deux ronds ;
Il le laissa non sans jurons.
Combien de fois, parbleu, sur des acquis bien minces
On s’imagine roi ou prince.
Pourtant à terme échu, on perd plus qu’on ne croit :
Ce qu’on convoite et l’honneur de surcroît.
Qui envie un bien avec gourmandise
Et le prend à d’autres par quelque roublardise,
N’est guère bien fin s’il n’en sort pas plus grandet
Que notre voleur de baudet.

LA BIBLIOTHÈQUE ROSSE

 Cette fois, c’est pour de vrai !
Nous voilà livrés aux livres,
Tortionnaires en livrée
- Le bon grain comme l’ivraie ! -
Dont le supplice délivre
Aux dires de ces pauvrets
De profs au poil mal poivré.
Le nôtre, un navrant Havrais :
Dit « Vous la fermez !… Vous l’ouvrez ! »…
Quand faut lire et « faire vivre »,…
À qui ça plaît pour dire vrai ?
Aux filles ? Aux désœuvrés ?
Il y en a que ça enivre…
Il faut être un peu givré !…
Moi, ça va : je suis sevré !

LIBREVILLE

Cette ville particulière
A de l’Afrique les passions,
S’agitant comme une volière.
Ses dimensions, ses vibrations
En font, ma foi, un’ fourmilière
En action, toute en sensations,
 Parée de couleurs cavalières,
En tension, en perturbations…
Cette cité hospitalière
Vit et bruit, sans complication,
D’activités irrégulières
Et d’une vraie insoumission.
Sa population singulière,
Malgré les mystifications,
S’amuse de sa muselière,
De la pression de l’oppression…

VAUDOU, VEAU D'OR

Tarot et horoscope divinatoires
Vous dévoileront tous leurs secrets sacrés
La magie noire sagesse des grimoires
Ouvrira votre esprit aux divins décrets
Vous êtes dans le doute je vous attends

Au sort de vos amours donnez plus de charme
Par talisman fétiche ou envoûtement
Et contre vos douleurs forgez vous une arme
Par le maraboutage ou un jeu d’aimants
Si des choses vous troublent je vous attends
Contre vos ennemis une messe noire
Pour un maléfice ou une invocation
Je sais l’alchimie potions et bassinoires
Je fais fuir les zombies les apparitions
Votre âme est en déroute je vous attends

jeudi 5 avril 2012

HAÏKU LEUR

Dire que « la porte est ouverte » est incorrect.
Il vaut mieux dire qu’elle est “toute verte”
même si elle peut être bleue, rouge,…

ABSTRAIT DE CARACTÈRE

           Quelques points deux trois lignes     Ça joue complémentaire
           Saccades dégradées                             Palette vernissée
           Un tourbillon de signes                      Aux teintes couleur terre
           Des touches encascadées                    Faisant comme un plissé

           Une spire en primaire                         Dans un tracé insigne
           Et des courbes esquissées                  L’ébauche d’une arcade
           Les rehauts secondaires                     Mosaïque maligne
           D’une pâte lissée                                De la toile évadée