Je me lave les mains de tout à tout propos mais jamais sans savon !
Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques
parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…
mardi 27 décembre 2011
UNE VIE DE RÊVE(S)
Dieu, si notre vie n’est qu’une trêve,
Que tout s’oublie comme après un rêve,
Et que, pour seul port, notre réveil
Nous conduit à l’éternel sommeil
Quand le voudra le vieux jacquemart
Pourquoi finit-elle en cauchemar ?
Si c’est un songe que notre errance
Et que nous ronge cette sentence :
À peine né, déjà condamné,
Alors que l’on n'a rien demandé
Où est le rêve, Temps charognard ?
Pourquoi finis-tu en cauchemar ?
Tout n’est que fumée, brume, illusion,…
Nos corps animés sont dérision
Pris entre éclosion et corrosion
Quand notre esprit va de la profusion
Des mots, des cris à la confusion
Et nos sentiments de la fusion
Au châtiment sûr de l’érosion ;
Quant à l’âme, elle n’est, en conclusion,
Que vent dans la ramée, élision,…
Même si tout lasse, casse et passe
Quoi que l’on pense et l’on amasse,
Si la Mort est de la Vie le sort,
Pourquoi ces maladies sans remords
Aux tentacules de calamar ?
Pourquoi ça finit en cauchemar ?
Dieu, si notre vie n’est qu’un bref rêve,
Pourquoi doit-on en passer, sans trêve,
À peine né, déjà condamné,
Alors que l’on n'a rien demandé,
Par ces maladies qui, sans remords,
En tentacules de calamar
La font s’achever en cauchemar ?

Illustration : Camille Lesterle, 23 décembre 2013
JAZZ TEMPO
Parfois la nuit rend amnésique
Et, trop de tournées, aphasique ;
Le jour est gris, tant il est las
Avec la smala, ses blablas,…
Mais Duke et Count donnent le “la”
Avec Oscar, Bud, Lena,…
Pas besoin de métaphysique
Quand résonne, ici, leur musique.
Parfois le chef, un narcissique,
Se conduit par trop en cacique ;
Le jour est gris, tant il est las,
Tout flagada ou raplapla.
Mais Lionel donne le “la”
Avec Benny, Art, Ella,…
Et c’est bien mieux que le « Classique »,
Aux sonorités jurassiques !
Quand tu ne veux plus être là,
Avec ces faces de nasiques
Aux idées et aux mots basiques,
Le jour est gris, tant il est las
Même ton cœur sonne le glas…
Parfois tu veux ceci-cela
- Bouffer de l’acide Prussique
Ou te barrer en « Autarcique » -
Louis et Scott donnent le “la”
Avec Oscar, Cole et Sarah,…
Et là, là, c’est jour de gala !
Le jour est gris, tant il est las
Quand tu ne veux plus être là,
Trop de blablas, mar’ des holà,
Mais Dave et Earls donnent le “la”
Avec Charlie, Mel, Prima,…
Le jour est gris, tant il est las
Parfois tu veux ceci-cela
Tout flagada ou raplapla,
Chet et Fats donnent le “la”
Avec Gerry ou Sinatra,…
Et là, là, c’est jour de gala,
Tequila, cola, tombola,
Bamboula sous la pergola
Voilà !
QUESTIONS ANGOISSÉES D'UN GÉOGRAPHE DÉBOUSSOLÉ
Homecourt (54) n’est-elle peuplée que de nains ?
La Brie est-elle une région protégée ?
Les arrêtes sont-elles plus aiguisées à Montégut (65) qu’ailleurs ?
Est-il hardi d’habiter Aurel (26) ?
Ne fait-on pas à Autruy-sur-Juine (45) ce qu’on ne voudrait pas que l’on vous fit ?
Le Bulletin Officiel de l’Education Nationale est-il édité à Boen (42) ?
Bollene (84) est-elle connue pour ses ânes ?
Est-il vrai que Fourmies (59) n’est pas prêteuse ?
Altagène (20) vaut-elle mieux qu’arrêt à Pise (Italie) ?
Anse (69) est-elle une ville portuaire ayant une guilde puissante ?
OFFRE D'EMPLOI : VICE-ROI DES BOIS
Petite fable affable
Vieillissant, le cerf convoqua
D’agasses en choucas,
Tous les commensaux de son bois
Sans faire du fracas
Et déclara : “Moi, votre roi,
J’ai soucis et tracas :
Je n’ai plus la foi d’autrefois
Pour traiter chaque cas,
Il me faut donc un vice-roi. »
Puis il leur indiqua
Qu’il ferait seul, comme il se doit,
Pour qu’on ne critiquât
Point, le plus judicieux des choix.
Nul besoin d’avocat.
Reprenant souffle et voix,
À ses hôtes, alors il cloqua
Une grain moins gros que noix.
« C’est une graine d’abaca.
Celui qui ferait de ce pois
Ce que doit, délicat,
Me côtoiera sur le pavois.»
Avec son reliquat
Chacun partit, qui joie, qui coit,
Car, au temps des muscats,
On reviendrait au roi en bois,
Seul ou en syndicat,
Pour qu’il élise un vice-roi
Le formât, l’éduquât,…
Matois, narquois, sournois,
Une pousse en certificat,
On se retrouve, au mois
Dit, qui avec un frêle yucca
Un gros chêne gaulois
Ou bien même un frêle ipéca,…
Le daim, seul, est pantois
Parmi tous ces indélicats :
« J’ai failli cette fois
Et je suis seul dans ce cas ! »
« Ta probité fait foi !
Aucune graine d’abaca,
Dit le cerf, ne pousse ici. Vois !…
Et pour moi : Eurêka ! »
dimanche 25 décembre 2011
MAMAN
Il n’y a pas d’âge pour se sentir orphelin…
Toi, petite fée du foyer
Aimée de tous plus que choyée,
Tu tenais ta maison, ta table
Ouvertes, le cœur charitable.
Tu étais, sans traînailler,
Toujours à travailler.
Et, plutôt que de nous le dire,
Tu nous montrais tout ton amour,
Sans affect et, mieux, sans atour
Dans un mot, un geste ou un sourire.
En femme simple et généreuse,
Sincère, et je l’espère heureuse,
Tu as, un beau jour, tout quitté
Pour venir ici où gîtait
Ton amour né loin de ta Somme.
Et tu fis un nid à cet homme,
Sans jamais oublier une journée
- Sans relâche, dure à tâche
Comme fidèle à toute attache -
Qui tu étais, d’où tu venais,…
Forte par le verbe et l’exemple,
Près de Dieu mais loin de son temple,
Fuyant ce qui bruit, ce qui brille,
Tu ne pensais qu’à ta famille
Elle qui était ta fierté,
La seule que tu aies montrée.
Ni intéressée ni coquette,
Toujours la première levée,
Toujours la dernière couchée,
Notre bien-être fut Ta quête.
Toi qui restâs toujours debout,
Contre et envers tout, jusqu’au bout
Tu voulais que, de corps et d’âme,
On se tienne droit dans les drames
Et le bonheur, sans prétention,
Sans morgue ni ostentation,
Toi qui a mis neuf mois pour naître
Dans la souffrance et la douleur,
Et qui, de souffrance en douleurs,
Mis neuf longs mois pour disparaître…
QUESTIONS ANGOISSÉES D'UN GÉOGRAPHE DÉBOUSSOLÉ
Pissote (85) est-elle jumelée à Chissa (20) ?
Mieux vaut être à Courchevel (73) qu’à court d’argent ?
Peut-on se satisfaire d’être toujours dans la Mayenne (53) ?
Puis-je aller demain à Yerres (91) ?
Sacré Salemagne (15) ?
Hauts Landais et Bas Varois sont-ils vraiment étrangers ?
Est-il vrai que le coiffeur de Seix (09) a débuté près de Fez (Maroc) ?
Canet-en-Roussillon (66) vaut il mieux que mourir en Languedoc ?
Fait-il parfois frais à Chaux (21) ?
Les fameux feux d’artifices de Grenade (31) sont-ils dangereux ?
POLICÉ EN VILLE, URBAIN AUX CHAMPS
Petite fable affable
Que la critique est aisée : celui qui brocarde,
Jusqu’à parfois jalouser, seulement regarde…
Une fois l’an, aux flocons,
Le citadin libéral
Invite à tenir salon
Le pittoresque rural.
Et c’est l’émerveillement :
Veaux, vaches, poules et faisans,
Charcutaille et condiments,…
Le folklore paysan !
Certes, on joue sur le flûtiau
Vach’ folles, moutons tremblants
Ou clônage des bestiaux
Mais le ton monte d’un cran
Quand vient le questionnement :
O.G.M. ?… Subventions ?…
Gaspillages ?… Abattements ?
Aides d’État ?… Pollutions !…
Puis l’urbain de rajouter :
Porcs fiévreux, poulets grippés,
Inquiet pour son assiettée,
Le porte-feuille crispé.
Le Rustique crie : « Assez !
V’nez au villag’ dans un mois,
Plutôt qu’à tant ressasser
Je vous vendrai mon Chez moi…
Abandonnez le plumier
Et com’ moi vous empocherez :
Puisq’ l’argent pousse en fumier,
Aussi ben vous l’enfourch’rez ! »
L’idée faisant des petits, c’est en famille,
Que le citadin partit vers les ormilles…
Mais terres, bêtes, saisons
N’attendent pas volontiers
De ce vantard, de cet oison,
Qu’il apprenne son métier :
Il ne sait par où commencer,
Quand nourrir un ruminant
Ou comment ensemencer
Mais proclame à tout venant :
« Tout ce que peut faire un plouc,
Je le pourrai,… au complet ! »
Sans mettre la chèvre au bouc
Il en espéra du lait ;
Il attendit des couvées
D’un tas d’œufs non fécondés
Car il avait achevé
Son gros coq qui l’excédait
À être aussi matinal…
Épuisé et, pis, ruiné,
Désespéré au final,
Il a tout abandonné.
L’urbain clamait : « Assez !
J’avoue : médire et envie
M’ont Raison cadenassée !…
La cambrouss’ c’est pas un’ vie :
Je m’en retourne en ma tour
Et laisse à ces péquenots
Leur boue et ses alentours :
Leur pognon pue les gogu'nots ! »
Il n’est de fruits sans labeur à qui veut faire,
Ni sueur sans odeur dans tout hémisphère !
AU BON VIEUX TEMPS DES BAINS DE MER
Au bon vieux temps des bains de mer,
Il y avait des heures saoules
Pour rendre mon sourire amer.
C’était plus calme, Saint-Omer,
Moins bigarré et moins maboule,
Au bon vieux temps des bains de mer ;
Sur l’onde voguaient des steamers ;
Qui aurait hurlé dans la houle
Pour rendre mon sourire amer ?
Juste entre gentlemen-farmers
On jouait au cerceau, à la boule,
Au bon vieux temps des bains de mer ;
Et pas de rouge ou d’outre-mer
Ni de nudités qui déboulent,
Pour rendre mon sourire amer.
C’était plus sain le bord de mer,
Quand il n’y avait pas la foule
Pour rendre mon sourire amer,
Au bon vieux temps des bains de mer !
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