Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

lundi 13 novembre 2017

ROMAINE SAGESSE

Souviens-toi, toi qui méprises les Belles Lettres
De Cicéron, ce fort noble et brillant ancêtre
Qui a théorisé, en son temps, tout ceci :

« Un le Pauvre bosse jusqu’à la mort sans sursis ;
Deux, le Riche exploite le un et sans vergogne ;
Trois, le Soldat défend les deux, les armes en pogne ;
Quatre, le Contribuable paye pour les trois ;
Cinq, le Vagabond se repose sur les quatre ;
Six, l’Ivrogne boit pour cinq sans guère d’effroi ;
Sept, le Banquier escroque les six, douceâtre ;
Huit, l’Avocat trompe les sept… et sans façon ;
Neuf, le Médecin tue les huit en vingt leçons ;
Dix, le Croque-Mort enterre les neuf et, tique,
En onze, de tous ceux-là, vit le Politique ! »

Depuis la Rome antique, ainsi le monde va,
Bon an mal an, sous les huées ou les vivats…

samedi 11 novembre 2017

HAÏKU D’GNOLE

Boire et reboire au ciboire pour vous imboire n’a jamais réduit vos déboires en pourboires…

IL EST MINUIT…

Va, il est peut-être trop tard
Pour rattraper tous mes retards
De sensations, de sentiments
Sans que ça fasse boniments
Car les heures filent si vite,
Tout apeurées que ne s’invitent
Quelques pauses ou un vrai silence
Poussant l’aiguille à la dolence
Ou à la somnolence.
Tuant toute relance
Dans nos tendres amours,
Notre horloge a usée
Les ans tout cérusés,
Patinant les toujours.
Et, sans un bruit,
Vint la mi-nuit ;
Le temps s’enfuit.
Sonne minuit,
Heure sans fruit…

Allez, disons-nous le sans fard
Entre habitudes, ennui, cafard,…
Nous avons plus de souvenirs
Chers à nos cœurs, que d’avenir.
Mais le pendule se balance
Entre indolence et vigilance ;
Nous guette un cadran presbyte
Aux minutes myopes vite 
Venues, encor’ plus vite
Reparties, où habite
L’oubli de nous, vieillis
Dans la sincérité
Et la fidélité
Qui n’a jamais failli.
On rêve et puis
Déjà, minuit.
Nos jours s’enfuient…
Il est minuit,
La vie nous fuit…

vendredi 10 novembre 2017

HAÏKU RÉGI

Il est des esprits jaloux et des cœurs fats qui, lorsqu’on louange un tiers jouant dans leur cour, jugent que c’est autant que l’on retranche à leur aura !

jeudi 9 novembre 2017

HAÏKU’RIR TOUJOURS HAÏKU’RIR

Le rêve, j’y songe, est une grève
Où la vie lasse se fait trêve,
Et que m’importe qu’elle soit brève,
Car l’espoir, son bon blé, y  lève 
Et jamais, tenace, ne crève…

LES TAS D’URGENCES

Petite fable affable

Un vieux bison besognait à brouter
Dans la prairie où il lui fallait router
En compagnie de la tribu de ces bêtes
À cornes dont il était le seul barbon,
Celui dont la sagesse appelle courbettes
Et qu’on évite de rendre furibond
À la rivière comme dans l’herbette.

Ce bon barbu barbant était affairé,

Toujours occupé à ci ou à flairer
Ça car Chef est position qu’on occupe
Mais qui, surtout, occupe, vous disait-il,
Ajoutant, parfois, pour tous ceux des siens, dupes
De son vain empressement, d’un air subtil :
« Tout ce qui compte ne peut pas toujours être
Compté… et ce qui peut être compté, traître,
Ne compte pas forcément ! » On opinait
Et on le suivait quoi qu’il dise ou fasse,
S’agitant tous en chœur par les épinaies,
Se bousculant dans la prairie où les traces 
Témoignaient de mille mêlées essoufflées,
De la précipitation insufflée…

Avec lui tout devait être fait pour la veille,

Et même avant, si c’était possible… Merveille
De la vie en groupe, il fallait vite agir
Mais en troupe et dans un fort parfait ensemble,
Ce qui n’aidait pas, ma foi, à réagir
Rapidement au point que le sol en tremble ;
Mais dans le troupeau, on se heurte sans fin
Alors que le danger est au loin, soit-il feint,
 Se bouscule et encore se piétine
Quand l’impératif est déjà dépassé…
Puis, dans l’instant, reprenait la routine,
Laissant le meneur de ces buffles angoissé,
Balançant entre, hélas, le courroux et l’ire
À voir ses pairs si lents et en plein délire…

Un jour, un chien de prairie agacé

Par cette houle rageuse qui effaçait
Tout au passage, lui rappela qu’à faire
Désordre et bruit, à courir en chargeant,
L’Homme n’avait pas de mal à la défaire :
« Parce qu’à force de s’occuper de l’urgent,
Vite, on en oublie l’essentiel, mes Frères ! »

mercredi 8 novembre 2017

HAÏKU MODE

Grâce à la société de consommation, les meubles de style sont désormais à un prix abordable pour tous. Les meubles de « style Louis Caisse », bien sûr !

mardi 7 novembre 2017

HAÏKU ÉTANT DU “ V”

Il ne se repose guère celui sur qui tout repose !

QUESTIONS ANGOISSÉES D’UN GÉOGRAPHE DÉBOUSSOLÉ

Comment appelle-t-on les habitants de Bransles (77) ?
À Brémoy (14), le déluge ?
Apatou (973) ne manque en tout cas pas de charme ?
On ne manque pas d’air à Culot (01) ?
Pourquoi ne pas jumeler, Madame, Pers (15) et Palaiseau (91) ?
Doit-on s’arrêter à Faux-Fresnay (51) ?
Allez Omblèze (26) ?
C’est pas la mer à boire, Bouyon (06), Godefroy ?
C’est si petit que ça Étréjust (80) ?
Comment sont les gens du crû à Cuis (51) ?

dimanche 5 novembre 2017

HAÏKU BILOT

Quoi qu’il le nie, tout opposant dit parfois l’inverse de ce qu’il pense pour ne pas se contrarier lui-même face à l’adversaire dont il veut prendre le contre-pied !

SAGESSE AMÉRINDIENNE

Petite fable affable

Un vieil indien, devant son teepee,
Explique sans se faire verbeux
À son petit-fils un peu merdeux
Qu’en chacun de nous et sans répit,
Deux loups se livrent, et se livreront
Toujours, bataille comme larrons :

« Le premier loup, un gros et grand gris,
N’est que gentillesse, amour et paix.
Il n’a pas la griffe rabougrie
Ni le croc aigri en son clapet.

L’autre est la bête noire et velue
Qui est peur, haine et avidité.
Aussi puissant, brute et goulu
Que son pair, sans ambiguïté.

 - Et lequel des deux est le plus fort ?
Dit le partisan du moindre effort.

- Mais celui que tu nourriras ! »
Fait l’Ancien en levant les bras.

vendredi 3 novembre 2017

HAÏKU LONG BOW, FILII !

Un auteur qui se livre c’est un peu comme un canard qui se confie !

SELF CONTROL

Les jours où j’étais un sal’ gamin
Je goûtais, aller-retour, aux mains
De mon père disant alors, et sans tendresse,
Qu’il n’est de mauvaise branche qu’on ne redresse :
« Si tu veux rester sous c’toit,
En tout lieu, modère-toi ;
En tout cas, contrôle-toi.  »

Mais j’ai continué mon chemin,
Et mêm’ connu d’heureux lendemains
Dans la chaleur des bras de mes maintes maîtresses
Puis j’ai rencontré Suzy qui m’dit, traîtresse
« Si tu veux m’mettr’ la bague au doigt,
En tout lieu, modère-toi,
En tout cas, contrôle-toi !  » 

J’ai fait la fête et le malin comme un Roumain
Mais le doc’ inquiet m’a fait un examen
Et m’a affirmé, avec un air de détresse,
Comme pour un fort triste oracle une prêtresse :
« T’vas finir comme un putois,
En tout lieu, modère-toi,
En tout cas, contrôle-toi !  » 

Dans cet hôpital au personnel inhumain
Je ne sais pas, l’ami, si je verrai demain
À l’heure où les Parques lassées, déjà, me tressent
Un’ couronne de fleurs pour ma future adresse
Je pense : « C’n’est pas courtois,
Les filles, c’est mêm’ matois
De m’laisser seul et pantois !
Puis j’m’dis, dans mon patois :
En ce lieu, modère-toi,
Dans ce cas, contrôle-toi !  » 

jeudi 2 novembre 2017

mercredi 1 novembre 2017

HAÏKU MEUH

La légèreté est souvent lourde de sens…

EN TOUTES CIRCONSTANCE, SACHONS GARDER LA MORALE !

Édito’ pour RuedesFables (mai 2017)


  Depuis l’exquis déluge d’éloges de mon précédent édito’, l’humble jongleur œuvrant dans la jungle des mots que je suis, balise de détresse : vais-je pouvoir être auteur à la hauteur des attentes, canadiennes et quechuas, qui vont être les vôtres au joli mois de mai, le mois d’aimer et pas des « mais » qui est aussi celui des mets de mémé en maie. Chai moi, verre de rouge valant mieux que vert de rage et verre de blanc que vert-de-gris, j’ai pris conseil en vain auprès d’autres rimeurs solidaires, troubadours du val d’Adour de mes connaissances et non de ma famille, ce groupe d’individus unis par le sang et désunis par leurs sens. Je laissai l’un d’eux, le troisième, moine authentique qui jouait les faux-frères, une fois n’est pas coutume, coi comme carpe : est-il si troublant qu'un trou noir trouble un trouvère ? Il est vrai que « chantre affamé n'a point d’oseille » et que mon alter ego poèmien, comme moi membre du syndicat des rimes, est plutôt du genre à préférer un saint ascète aux plantureux festins qui me font, en homme de tête ayant l’esprit de corps, « gros » alors que lui est « lourd ». C’est vrai que, délivré de l’ivraie des livrets, il a le corps sage du penseur pansu et le jeu de mots laid pour gens bêtes. Aussi me retrouvai-je, à l’aube d’une nouvelle gageure majeure, bête comme mes pieds, la morale dans les chaussettes !

  Sur quel sujet allais-je, la morale à zéro donc, soulager ma plume à défaut de ma conscience à la morale austère (Fred, bien sûr !) ? Reprenant ma respiration, plus rusé qu’Indiens en conspiration, la flemme n’étant pas l’avenir de l’âme - « à la couleuvre on connait l’alezan » - je me suis mis en quête d’une idée entre détroit (touché…) et hideux (coulé !). C’est un fait, foraine, inspiration et transpiration sont les deux mamelles de mes aspirations. J’ai cessé de frapper ma caboche contre les murs qui me murent et depuis murmurent pour taper sur mon clavier en homme azerty qui en vaut bien dieu ; « T’plante pas, le logiciel te plantera. » Depuis je trime plus que que je ne frime devant mon écran car je ne suis pas un dégonflé : mon tour de taille en atteste ! Je cherche toujours et encore quelque chose à dire qui ne lasse point les baladeurs et les baladins de la Ruedesfables car, « tout hâbleur vit aux dépens que celui qui l’écourte ». Et je crains que l’un(e) de vous ne ne clique ne pouvant me claquer surtout qu’« en toute prose il faut considérer le feint » et que votre humble serviteur préfère à celle-ci les beaux vers, assonances sonnantes et consonances trébuchantes parce que « la loi des métaphores est toujours la meilleure ». En effet, contrairement à la cigale de la fable, la rime, devenue riche, n'est point ingrate envers la fourmi, fourmi fourmi-dable, qu’est le rimeur, soit-il, solitaire. Oui, je suis un écriveur du genre commettre des rimes en série (hollorimes en bon français), mais aussi des rimes de guerre ou contre nature qui ne me font ni peur ni reproche, des rimes d’honneur ou contre l’Humanité, de celles qui astiquent le distique, qui font refrain d’un quatrain, martingale d’un madrigal ou d’une légère élégie,… Au nom des lais pas laids ou népalais, vous ai-je sonnet pour devoir entrer ainsi dans les arts sans faire bazar ?


  Rimes féminines ou masculines, je jurai, en pétard et in petto, qu’on me brime si je grime les choses, de trouver vite un thème que je ne puisse traiter dignement pour vous. Sachant qu’« il ne faut jamais prendre la pas de course qu'on n'ait mis pied à terre » et que « méfiance et rigueur, s’entend, font plus qu’idées retorses ni qu’outrage », je pouvais rebondir sur un commentaire de lecteur ; « pinaillez, donnez de la peine : c'est le foin qui manque le moins » ! J’aurais pu m’emporter, parce que déjà emballé, contre quelque erreur de syntaxe ou faute d’orthographe mais c’était crime trop facile quoique pas sans risque car « petit poison deviendra grand pourvu qu’au fiel lui prête envie. » Alors je me suis fait violence et suis parti vers la Vendée quémander non des terminaisons sans rime ni raison mais un motif sur lequel broder que je puisse triturer et triolet. Pour quoi le pays des Chouans, ventre-à-choux buveurs de chouchen ?… Car, là, Luçon (85) vaut bien un hommage ! Or comme « il ne faut point jauger l’urgent sur l’impatience », rien ne m’est venu avant que je ne quitte les fous du Puy… Ah, c’était plus facile dans mon jeune temps ! Mais évoquer les jours pluvieux de mon enfance ne nous rajeunit pas et ne fait pas avancer mon travail. Or, je ne voudrais pas qu’on me fasse crime de ne point tenir parole… un édito’ par mois pour moi, c’est le deal si je veux traîner encore un peu dans la Rue que vous arpentez. Alors, même si j’ai du mal, loyal envers moi même - la fidélité ne tient qu'à un fil de soi ! - je vais tenir parole ne sachant tenir ma langue quitte à pondre un texte prétexte car hors-contexte, écrire un chapitre pour chapitrer un chat pitre, tisser un canevas à dieu-va, proposer un exposé osé devenu  plus posé,…


  Acrostiche pour postiche ou ballade pour baladeur, tirer à la ligne à quoi ça rime ?… Certains matins, au milieu de mes meubles de style Louis Caisse, il n’y a pas de bon pied avec lequel se lever… ni de bon œil pour voir le monde : l’inspiration n’est pas venue quoique je me sois tancé et dit : « Rime ailleurs, rimailleur ! » avant que l’un ou l’une - sifflet de femme est pire que soufflet d’homme ! - de vous ne m’apostrophe : « Vous rimiez ? Qu’à Dieu ne plaise. Eh bien ! stancez maintenant »… Ce sera sous un ciel échauffé de préférence car n’ayant, en guise de plates excuses, que des rimes du même acabit à offrir et que toute plaine mérite solaire, avec l’âge, mon visage qui m’offre le plus doux des airs devient comme lui… à rides ! Bon avec tout ça, je ne sais toujours pas de quoi parler ce mois-ci mais, ouf !, j’ai fini mon papier… que l’on est prié de ne pas jeter dans la Rue où on l’a trouvée !


Amicalement et fabuleusement vôtre !

mardi 31 octobre 2017

HAÏKU NIE VENT

Quand le vent tourne il nous arrive d’avoir un pet de travers !

C’EST TOUT BÊTE…

Édito pour RuedesFables, septembre 2017


La fable, cafardeuse de nature quand on la singe, ne cherche pas la petite bête… Elle la trouve. Et, pas folle la guêpe, sans être toute bête elle s’embête à être toute en bêtes. Aussi sans prendre la mouche, elle apprend au vieux singe, aussi agile - à Paul, Pierre ou Jacques - soit-il, à faire la grimace sans payer en monnaie de songe jeunes loups et vieux renards pour l’heur copains comme cochons. C’est pour cela qu’elle est devenue la bête noire des uns et l’animal de bonne compagnie qu’aiment à domestiquer les autres dont votre insigne serviteur qui, authentique peau de vache malgré sa - presque - taille de guêpe, se veut grand discoureur de fonds dans le panier de crabes des marées marrantes et des vagues nettes. Oui, n’étant pas rancunier pour un sou, j’aime la Nature qui m’a si peu gâté comme les bestioles bonhommes qui la peuplent, bestiale espèce humaine têtue comme une mule comprise. Aussi, entre chien et loup, m’ennuyant comme un rat qui refuse de quitter son navire, je fais le singe avec des mots qui accouchent de souris et, parfois je l’espère, de ris. La mémoire maigre comme un chapelet, je fais, aussi, muet comme carpe, mon petit effet bœuf en donnant des perles aux cochons et de la voix au détour de cette RuedesFables animée par des animaux au poil et des hommes et femmes de plumes. À jouer mes tours de cochons sur l’air de « Qui vivra verrat ! », j’y serais désormais, selon jaloux et jaseurs, connu comme le loup blanc, à l’arpenter comme le ferait un éléphant dans un magasin de porcelaine. Mais je n’y suis pas venu à temps en juillet, et j'ai de même sauté août, mois - à défaut de vaches - sacré de cette ère de repos sur l’autoroute de l’année. Musicien de phrases, je n’y ai pas fait tout simplement l’âne pour avoir du son à plein volume moi qui me targue d’une mémoire - et d’un tour de taille - pachydermique que cela. Donc me voilà à fabuler après la mi-août comme chat perdu, à affabuler quand d’autres qui, lors, ont coincé la bulle ont repris leur collier préférant, mi chair mi poisson, ménager la chèvre et le chou : les chiens ne font pas, chez nous, des chats et nos années n’ont qu’un été pour étai ! Revenons à nos moutons à poil laineux - À poil, les nœuds, à poil… ! - alors que, dehors, il pleut comme vache qui pisse et que les touristes ne gueulent plus comme des putois contre l’autochtone qui roule comme un escargot quand eux courent comme des lapins. Il faudra leur reparler du lièvre et de la tortue. Car le tort tue. Oui, j’ai fauté : j’ai raté la marche de juillet et le palier d'août. Comment rattraper le coup à moindre coût sans se le rompre… le cou ? En effet, rat de bibliothèque plus que de cave, quoique ce soit kif-kif bourricot pour qui a une chauve-souris dans le beffroi, je me suis retrouvé fainéant comme une couleuvre quoique fort comme un boeuf. Ainsi, courant deux lièvres à la fois, le repos et le répit dans un été léthé, moi qui suis fidèle comme un toutou, j’ai posé un lapin à RuedesFables : soixante jours sans jacasser comme pie ou noyer le poisson dans un texte sans queue ni tête. Ils vont croire que je faisais ma tête de cochon ou bayais aux corneilles. Depuis, je me donne un mal de chien pour trouver une idée de départ qui n’arrive jamais. Le miroir aux alouettes de l’inspiration, respiration de mes aspirations, me laisse sans sa quotidienne ration. Ma plume fait le pied de grue… et moi, oiseau de malheur mal luné quand il fait canicule ou averse, avec. Me voilà donc ours mal léché par le miel alléché, pris en flagrant délire d’oubli et donc fait comme un rat et je pleure comme un veau sur ma bévue qui baisse pourtant ; cela fait que faute de grives, je mange plus souvent qu’à mon tour des merles. Avec mes yeux de merlan frit et ma langue de vipère, je vous en ai fait avaler des couleuvres sans qu’on ait eu besoin de me tirer les vers du nez alors pourquoi ne pas poursuivre comme un chien en appelant un chat un chat même si parfois minou serait préférable pour certains mistigris ? Et là, rien ! Bon. Cette histoire aura d’édifiant qu’un pigeon, même faisandé, ne doit jamais mettre la charrue avant les bœufs et qu’il faut prendre le taureau par les cornes plutôt que par les c… C’est moins risqué si on ne veut pas que notre entente, devenue cordiale, finisse en queue de poisson ou qu’on se regarde, à terme, en chiens de faïence ! Rassurez-vous, y’ plus d’lézard ni de quoi fouetter un chat, je reviens en farce RuedesFables avec des maux, des mots et démo’. Et ne vous demandez pas si c’est du lard ou du cochon, je suis aussi saint d’esprit que sain de corps et quoique que vous en disiez, ou pensiez, détracteurs de nos campagnes et contempteurs éclectiques de nos villes, n’oubliez jamais que la bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe… mais faites quand même attention à ce qui peut tomber de ladite oiselle. Pour les autres, derrière vos allures d’ours à l’extérieur, je vous sais dedans de vrais pots de miel, doux comme des agneaux, qui ne me recevront ni comme le fils prodigue ni comme un chien dans un jeu de quilles et les les vaches n’en seront que mieux gardées. Sans - ou cent - blague(s) selon vos goûts ! À vous tous, moutons à cinq pattes et autres merles blancs, bons entendeurs que j’ai rendus - un moment trop long je le sais - chèvre, avec ma tête de linotte à dormir comme un loir, salut ou plutôt bonjour puisque : « Coucou me revoilou ! »
Fabuleusement vôtre.

dimanche 29 octobre 2017

HAÏKU ESTÁ

Je donne libre cours à ma retenue !

CHANTE BEAU MERLE

Petite fable affable

Un gros merle a en a assez d’être chassé ;
Pas un bois, pas un pré, pas une chaussée,…
Où lui que les hommes disent nuisible,
N’a répit possible ni repos paisible.

Une pie, pas mieux lotie, lui a dit 

Que c’est sa livrée qui fait son discrédit :
Elle qui n’est pas d’un noir uni, Dame,
Déjà, à fuir toujours on la condamne,
Alors, lui, dans son uniforme… Hélas,
Ce ne peut être que pis : il sent le gaz !

Un cygne, qu’il croise un matin sur sa route,

Lui affirme que les chasseurs se déroutent
Pour admirer ses plumes immaculées
Et qu’aucun d’eux ne l’a jamais acculé.

Notre merle croit comprendre : dans la farine

Il se roule, se pane en blanc, et serine
À ses pairs qu’ainsi il peut vivre serein
Ne redoutant plus rien des Tartarin…
Hélas, ceux-ci, apprenant qu’il est un merle
Blanc céans, traquent jour et nuit cette perle !

Est fou qui, se plaignant de son destin,

L’échange pour un autre plus incertain :
Prévenir ce qui t’attend est plus facile
Sois-tu oiseau haï par des imbéciles !

samedi 28 octobre 2017

HAÏKU'R BATURE

Un esprit étroit aux idées larges est aussi sincère qu’un cul serré aux cheveux clairsemés.

vendredi 27 octobre 2017

HAÏKU’DE RAILLÉ

Ce n’est pas parce que je suis du genre « bonne pâte » qu’il faut me prendre pour une nouille !

DE FORTES TÊTES

Courir toujours, à en perdre la tête
Après ces choses à faire, l'agenda,…
On ne sait plus où donner de la tête,
C'est à devenir bonnement fada
Si on veut encore garder sa tête
Sur les épaules et, à tout, tenir tête…

Ce monde-là va cul par-dessus tête ;
On y est des "on",  des sauve-qui-peut,
D'anonymes passants se creusant la tête
Pour exister un brin ou être un peu,
Des silhouettes se cognant la tête
Contre tous les murs et qui, las, s'entêtent…

jeudi 26 octobre 2017

mercredi 25 octobre 2017

HAÏKU L’PAS BILITÉ

Tout ce qui ne nous tue pas nous détruit… peu à peu !

PÉTARD AU PRÉTOIRE

Petite fable affable

Un oiseau de passage, miséreux
Comme pas deux, las, se fait par la Rousse
Coincer puis serrer comme un cul-terreux
En geôle en un pauvre coin de brousse.

Les poulets l’ont rincé du peu qu’il a
Et le corbeau l’essorera du reste,
Au demeurant quelques frusques lilas
Et les haillons las d’une vieille veste,
Ce, pour faire passer, et illico,
À ce misérable le goût du lucre
- Car il dormait dans les coquelicots !
Et celui, on ne sait pourquoi, du sucre…
Peut-être parce qu’il me fault rime en -ucre !

Ainsi, notre chemineau se retrouva
Prévenu dans un procès sans surprise
Où un pauvre est coupable, où la Diva
Justice est partie chanter pouilles en Frise,…
L’oiseau noir peu d’épices en tirerait,
La Vérité n’y gagnait rien. Qu’importe !
La paix sociale est à ce coût, très
Faible pour qui voit midi à sa porte
Et pense que hors lui, rien n’importe.

L’oiseau se défendit seul, comme un bouseux,
L’avocat commis, étant triple buse,
Couvait un rhume plutôt que ses œufs.
« Accusé de vol, si je ne m’abuse
Vous serez pendu avant la nuit

- Je n’ai jamais rien pris à personne !

 - Foutaises, qui n’a prend à autrui !

- Pauvreté n’est pas crime, je moissonne
Ce que j’ai semé quoi que l’on chansonne.
J’ai appris de mes pairs qu’on peut railler
Cette loi qui de ma vie fut la trame :
Amour propre ne voudra pas payer
Ce qu’Orgueil ne veut pas devoir. C’est drame ?! »

mardi 24 octobre 2017

HAÏKU KUBALE

Mettre la puce à l’oreille d’un époux, n’est-ce pas chercher la petite bête un peu loin ?

lundi 23 octobre 2017

HAÏKU L’ŒUVRE QUE JE NE PUIS AVALER

Qui vient à  moi tout venin n’a pas à s’étonner de me trouver tout fiel !

PAR LES GAVES GRAVÉ

Cycle pyrénéen

Je vis au fil de l’eau comme un enfantelet
Au gré de gaves et de leurs chutes tonnantes,
Torrents errants comme vaches désattelées,
Sautant pareils à des droles dont les brillantes
Eaux nous éclaboussent telles de vrais goujats,
Bruyant et brouillant, mais, là, plus très frais déjà.

Je vis au fil de l’eau comme un enfantelet,
Là où l’onde se frotte aux cailloux, toujours lutte
Pour abreuver lo prat qui m’est un mantelet,
Ici où l’ombre joue, au souvenir des flûtes,
Avecque la lumière au long de jours plus courts
Que ceux après lesquels, dans ta ville, tu cours.

Je vis au fil de l’eau comme un enfantelet,
Toujours frais, encore vert, malgré ce grand âge
Qui me rapproche, au pied des cimes dentelées,
Chaque heure un plus près de celle du passage
Vers la morne plaine car le réveil est, lui,
Dans le rêve comme le ver est dans le fruit…

dimanche 22 octobre 2017

HAÏKU MAL À BILL

Pour la Fête des Pères d’aucuns se la se font faite sous prétexte qu’on ne s’était pas assez occupé de la leur !

samedi 21 octobre 2017

HAÏ(lu)KU COST

L’horreur est humaine !

LES DEUX ABBÉS

Petite fable affable

Un abbé de Cour fort bien vu et loti 
Toisait qui n’avait ni bagues ni frisotis,
Et arborait toujours, par les rues de la ville,
Comme au château, devant la plèbe ou sa civile
Majesté qui, elle, le tenait pour servile.
Dieu l’avait gâté et il ne lui manquait 
Que les puces  pour se gratter, foi de laquais !
Il se croyait fort, il se pensait libre,… Imprudence
Pour qui doit d’entrer et de rester dans la danse
À la faveur d’un roi plus qu’à la Providence

Un abbé des champs réduit à la portion
Congrue dans sa maigre domiciliation
Était la cible de ses piques et finesses
Car ce curé gardait de sa folle jeunesse
Une liberté de pioncer chanoinesse…
Pire, il ne montrait point de ce beau zèle obtus
Qui marque un sacerdoce et montre, à tous, Vertu,
Ce gage d’être, matin, de pourpre revêtu.

Pendant que l’un prêchait à courre, de dîners
En soupers, tartuffe prompt à se dandiner,
L’autre secourait son prochain en sa paroisse,
Quel qu’il fût, quoi qu’il crût, calmant peurs et angoisses
Du pauvre pécheur que courtise tant la poisse.
Quand son pair perruqué à tous vents sermonnait,
Lui, sans arrière-pensée, nourrissait damnés
Et condamnés entre deux siestes ; les pauvresses 
Et pécheresses, il rassurait à bonne adresse
Avant un somme, sans paresse mais sans presse.

Quand l’évêque dut se choisir un nouveau saint
Pour le diocèse, l’abbé de Cour assassin, succinct
En un prône assassin, rappela sa royale
Protection et ses racines familiales,
Dénonçant chez ses pairs actions déloyales.
Le mitré l’écouta avec attention
Et même opina avec ostentation
Puis sanctifia le cureton de campagne :
Dénigrant qui officie sans chercher de gagne
On ne brille jamais loin ni longtemps, Aragne !

vendredi 20 octobre 2017

jeudi 19 octobre 2017

HAÏKU D’EFFROI

Quand la grippe, ce grype, t’agrippe tout se grippe !

CÔTE BRISÉE

La vague frappe et cogne la falaise
Et ses rouleaux explosent leur malaise
En écume grondante, en embruns froids,
Qui vont se noyer dans le sombre abîme
Sans fin et sans fond d’un silence roi
Brassé de remous toujours plus infimes.

La canonnade attaque la paroi,
La met à sac et à ressac, victime
Des assauts de l’océan, simple proie
De fracassants allers-retours intimes,
De marées mitraillant du gauche, du droit,
Sculptée par tous ses violents caprices
Qui la feront s’effondrer et la broient
De nouveau. Sans cesse. Telle est sa croix.

Venu de l’horizon gris qui s’anime,
Ce simple creux est un Cheval de Troie :
Son galop porte ses forces à la cime
De sa crinière ; il fronce droit.
Et qu’au calcaire fatigué ne plaise,
Sa vague frappe et cogne la falaise…

mardi 17 octobre 2017

C’EST HAÏKU‘M PLIQUÉ ?

Comment fait un cul-de-jatte pour avoir un petit pied à terre ?

COLLOQUE ENTRE COLOCS

Petite fable affable


Dans la maison, la panique règne en maîtresse.
Ça sent, pour le maître des lieux, le sapin
Et sa fin de règne veut dire que, traîtresse,

La chatte qu’il nourrit de pâtés de lapin
Va se rabattre sur tous les rats en détresse
Qui ne savent comment, ces sombres galopins,
Quitter le navire sans que, griffe en grappin,
Elle ne leur tombe sur le dos, la bougresse.
Donc, les carottes étant, dès lors, des plus cuites
Les téméraires ont pris leur courage à deux mains
Et, dans le même temps, il est vrai, la fuite 
Sans donc attendre de plus chantants lendemains.

La bête invita les rongeurs restants à l’heure
Où le soleil d’été tombe de son plus haut
Et leur miaule, avec une larme qui fleure
La vraie compassion intéressée, des mots
D’amène amitié ; tout comme eux, elle pleure
Le défunt et propose à ces grouillants marmots,
Pour le bien commun, et prestissimo,
De prendre les rênes de céans. Ce, sans leurre.
Elle n’a de cesse de raconter sa vie
Et des salades aux rats, étonnée qu’ils acceptent
Sa régence qui pour prix aura, sans envie
Ni malice, un des leurs par jour. Rien d’inepte !

Ainsi fut fait en la maisonnée où chacun
Trouva à grossir sans grigner car sa grignote
Quotidienne se trouvait  au baldaquin
Ou partout ailleurs, et sans peur, qu’on soit mignotte
Rate ou p’tit raton. La chatte, l’œil faquin,
Ne maigrit pas avec le régime taquin
Qu’elle avait instauré. Certes pas de cagnotte
À ce jeu, mais un repas gras, sûr - et moral ! -,
Sans savoir à courir ou épier des caches :
Sous le dévouement à l’intérêt général 
Toujours quelque appétit personnel, là, se cache !