Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

dimanche 9 juin 2013

LE VIEUX MATOU & LES JEUNES SOURIS

Petite fable affable
Après Le vieux chat & la jeune souris, Livre XII, fable 5


Dans l’antre du vieux chat, qui est loin d’être immense,
Des souriceaux ont  vu combien la véhémence
De leur sœur fut vaine : Filouterie,
Attendrissement, raisons, ris,…
Ne vous épargnent ni souffrances
Ni mort car cette bête agit
Selon son humeur, ses envies…
Et sa nature, en tours féconde.
Repu, notre chat s’endormit
Les rongeurs crurent avoir un monde
Plus calme à leur portée pour quelques laps de temps :
À eux, enfin, les biens d’un lieu des plus tentants,
Sans la crainte d’être inquiétés ou attrapés !
Le danger semblant estompé,
Autour du vieux dormeur, on trotte, on saute, on court,…
Rusé comme un renard, le chat, ni sot, ni sourd,
Las, ne dort que d’un œil et c’est de bonne guerre :
Il a du travail sur les bras
Et… il en va de ses repas !
Sans un mot, griffes meurtrières
Et mâchoire dentée vont s’offrir dix trépas. 
Causante ou silencieuse, aimable
Ou mauvaise à souhait, il faut en convenir :
Vieillesse peut, sans hâte, à tout circonvenir
Car jeunesse est indécrottable.

IL NE NOUS MANQUAIT QU'UN GRAIN !

Texte proposé en présentation de l'Exposition OCÉANES
de MArc FALGAS & Ch. SATGÉ, Cauterets, juillet 2007

  Séparant le grain de l’ivraie, le grain de fantaisie délivré par un peintre, un vrai, s’est livré au grain de folie en livrée d’un rimeur désœuvré. Celui-ci osa mettre son grain de sel - et de sable cuivré - dans les rouages bien huilés de la peinture à l’eau du premier, le pauvret. Chacun de ces givrés ayant un grain, ils ont offert « UN FESTIVAL » de ceux-ci à un public qui veilla au grain et, pis, sans le moindre grain de bon sens, les poussa à de prochaines semailles. 
  Ce qui fut fait et café : énivrés par ces moissons frelatées, ils ont eu envie de manœuvrer pour moudre encore leurs grains au moulin à poivre d’une nouvelle exposition mais faite d’une autre farine à propos de quelques « REGARDS » épiés et d’autres jetés : il y eut un livret consanguin, de la musique à l’envi et des lecteurs pour donner vie à leur récolte de grains de pollen et de grains de grèle.
  Il ne manquait plus qu’un grain, un vrai qui rafale et ravage, de ceux qu’on essuie en mer et qui peuvent navrer ou naufrager. Sans trop se mouiller, ils vous l’offrent, ici et maintenant, en « OCÉANES » sur papier à grains, espérant qu’il soit un grain de beauté dans ce monde toujours sanguin mais jamais sans gains.
  Alors ouvrez vos yeux et découvrez les cieux de ces messieurs…

Illustration : Élisa Satgé, 2016-2017


vendredi 7 juin 2013

HAÏKU'L TURE À SION

La Bible est devenu le bibelot
des modernes bibliothèques.

BLUES BRÉSILIEN

Bonne nuit, Tristesse, mon amie
Tu peuples mes rêves
Jamais endormis.

Oui, Tristesse au sombre semis
De songes qui grèvent
La moindre accalmie.

Tristesse, tu ajournes mes nuits,
Instillant le doute et l’ennui.

Tristesse, ta fleur m’anémie,
Son parfum est glaive
Au sommeil de ma mie.
        
Tristesse aux épines ennemies
Accorde une trêve :
Mon âme s’émie.

Tristesse, tu ajournes mes nuits,
Instillant le doute et l’ennui.
           
Tristesse, ton poison est sève
Au repos qui fuit
Le long de tes drèves…

Tristesse, oublie donc mon amie,
Pour une heure brève,
Mon esprit soumis.

Tristesse, tu ajournes mes nuits,
Instillant le doute et l’ennui.

Tristesse, pars, même à demi,
Que l’aube se lève
Sur mes jours démis.
  
Tristesse, offre-moi une grève
Où dorment les nuits,
Où le cœur s’élève,…

Tristesse, tu ajournes mes nuits,
Instillant le doute et l’ennui.

EN ROUTE POUR… St GERMAIN D'APRÈS

À la terrasse, un stylo noir court,
Libéré, existentialiste,
Sur des feuillets toujours trop courts
Pour exprimer, maux pointillistes,
Les truismes des casuistes,
Des tondeurs d’œufs,
Des philosophes altruistes,…
Entre deux « bœufs ».

Au café, l’étudiant fait cours
Plus que court, tous ses mots s’envolent
Pour s’écraser en vingt discours,
Il finira vain essayiste,
Ou bien, romancier dadaïste,
Fera du neuf
Remettant en cause, acméiste,
Quatre-vingt neuf…

Autour des tables passéistes,
Bla-bla et bluff :
St Germain pond des maoïstes,
Futurs crân’ d’œufs,…

LE HÉRISSON AMOUREUX

Petite fable affable


Un hérisson suant beaucoup mais gagnant peu,
Pensait avoir l’âge de se trouver épouse,
Domicile fixe,… des mots lourds et pompeux
Quand on est jeune et beau et que l’on a du flouse.
Jusque là, point d’amie au-delà de la nuit :
« À quoi bon acheter, disait-il, une vache
Quand il n’y a, pour moi, qu’à passer, à minuit,
Sous la barrière pour avoir du lait, Babache ?! »
Il était bombance, joie, jeux, frivolité
 Et mille fredaines mais la réalité
Frappe au coin du miroir : le temps passe et file.
Il faut changer de vie. Devenir ce qu’on fuit.
Oui. Ainsi vont la vie et les jours qui défilent
Pour l’être nocturne jouant l’oiseau de nuit !

Donc, parmi les belles qui, jà, se pelotonnent
 Contre son paletot, il choisit de bon cœur
 La plus belle consœur parmi les plus atones
De caractère. Pas fou. Il craignait rancœur
Reproches et grands mots si, un jour, d’aventure…
Il n’était pas de bois ! Il en avait tant vu,
De celles qui se hérissonnent, la dent dure,
Qu’on ne le prendrait pas, c’est sûr, au dépourvu.
Il se fiance un jour. Il est bien plus rapide
Pour les épousailles. Finies les intrépides
Soirées, les beuveries de sa folle jeunesse
Avec pour tout butin, l’ombre d’une catin
Que l’on caresse un peu, que l’on aime en vitesse
Sans plus de finesse ni, Dieu, de baratin.

L’Aimée tout en jupons, l’air fripon, était belle.
Il l’aima durant des nuits qui ne dormaient pas
Mais faisaient la grasse matinée, tard, rebelles,
Et des jours paresseux faisant - mea culpa ? -
La petite sieste que l’on dit crapuleuse.
Le hérisson fut père en un hâtif tournemain.
Sa belle s’occupa de sa si populeuse
Marmaille, caressant son doux chéri de mots.
Ça laissait peu de temps à soi tous ces marmots ! 
Puis le quotidien - routine et habitudes -
Érodèrent l’ardeur ; le train-train, et pas plus,
Vient à tout attendrir, plus que la lassitude :
Si elle l’aimait bien, elle ne l’aimait plus !

mercredi 5 juin 2013

HAIKU CO.

Donner un baiser c’est offrir son cœur ;
offrir son cœur c’est souvent se faire baiser !

LES DEUX CANARDS & LA TORTUE

Petite fable affable
Après La tortue & les deux canards, Livre X, fable 2

La tortue qui lâcha un peu à la légère
Le bâton que tenaient dans leur bec ses amis
Canards ne redevint pas simple ménagère.
Elle avait vu trop de beautés et de pays
Depuis le ciel. La lippe amère
Le cœur lourd, elle a le dessein
Secret de repartir. Et, mieux, sait comment faire :
« On recommencera demain,
Fait-elle aux deux canards que l’idée rend sceptiques.
Je me tairai : nulle réplique,
Nulle exclamation - rien !… - quand vous me porterez
En tout lieu, en tout site où vous m'emmènerez.
Cela ne peut rater. L’expérience, naguère,
M’apprit qu’il fallait se défaire
Des penchants que la Création
Vous a donnés. Ce fut bien dur. Pour la Chine,
L’Amérique et Condé-sur-Huisne,
Certains sacrifices sont moins que rogatons. »
Voilà nos trois bêtes, toute à leur entreprise.
L’envol se passa bien et le voyage itou
Jusqu’à ce qu’un canard fut pris, là, d’une toux
Et donc, par malheur, lâcha prise.
La dame donc tombe. Poison
Que la grippe aviaire quand, fort loin du gazon,
On vole et que l’on n’a point d’ailes pour tribut.
Le plongeon de notre tortue
Dura un long moment. Mais tout étant bien fait
Elle chut sur la tête. Et pas la sienne en fait.
Sur celle d’un auteur, tragédien virtuose,
Qui mourut donc ainsi. Ça fit grincer des dents
Cette fin sans gloire, pour un homme si grand,
Digne des comédies ne valant pas grand chose.

Quand Thanatos sonne l’heure de se quitter,
Le destin a velléité,
Parfois, d’un humour bien peu sage
Que nul autre que lui partage…

EN ROUTE POUR… St GERMAIN-DES-PRÉS

Sidney semait ses p’tites fleurs
Dans les cheveux de la Gréco
Sublimant le noir, la douleur,…
Et Vian, à tous les échos
Y allait, go, de son écot,
Chantant Prévert
Jouant Louis, Count, Duke and Co
Entre deux vers…

Éluard oubliait sa douleur
Et Aragon ses bons cocos ;
Picasso rêvait en couleurs
Avec Jean, la clope aux chicots,
Songeant à son Jean, son loco.
On cause, ouverts
À Camus, à Freud, à Charcot,…
Avers, revers.

En cave, aux cafés, caracos,
Jeans et pull-overs,
Autour d’un drink ou d’un fricot,
Refont l’hiver…

Illustration : Élisa Satgé, 2016-2017

LE CRAPAUD

Cycle pyrénéen
Faux chant traditionnel bigourdan


La fille est assise au bord du gave.
La drolette garde ses moutons,
Songe à son goujat, un de ces Braves
Partis à la guerre en peloton
Par souhait de reine et vœu du roi.
À ces pensers son petit cœur cogne
Et ce chaud printemps lui paraît froid.
Il n’faut pas, la Belle, sans vergogne,
Faire des rêves plus grands que toi.

La pucelle, joues roses, front hâve,
Dans son petit cotillon de coton,
Rêve au gars parti chez les Bataves
Faire briller galons et boutons,
Les yeux humides de désarroi.
Elle en oublie le temps, sa besogne,
Le loup, l’ours et les oiseaux de proie.
Il n’faut pas, la Belle, sans vergogne,
Faire des rêves plus grands que toi.

Soudain résonne au pré un’ voix cave,
Ell’ vient de l’eau où un avorton
De crapaud, gros, laid et vieux, se gave
De bestioles avec l’air glouton
Et inspiré qu’ont parfois les cognes.
La bergère lui jett’ un œil sans émoi,
La bête reprend son chant d’ivrogne.
Il n’faut pas, la Belle, sans vergogne,
Faire des rêves plus grands que toi.

Elle ignore la bête qui bave
Sur ses attraits, sa min’ de chaton,
Et traverse alors le petit gave
En abandonnant son gueuleton.
Il arrive, piètre et maladroit,
Par-delà le torrent fou qui grogne
Jusqu’à quelque bloc de pierre étroit.
Il n’faut pas, la Belle, sans vergogne,
Faire des rêves plus grands que toi.

Parmi les sauges et les fleurs de raves,
Il lui offr’ des vers de mirliton
En couplets troussés, ceux qui vous lavent
Les yeux des chagrins à feuilletons,
Ceux des Don Juan qui se rencognent.
Elle abaiss’ ses yeux non sans effroi
Et, de prime, abord, dia, se renfrogne
Il n’faut pas, la Belle, sans vergogne
Faire des rêves plus grands que toi.

« Quand l’soleil revenu désenclave
Nos monts et libère les moutons,
Pourquoi chavirer comme une épave,
Le cœur à l’ancre pour un planton
Parti dans des pays de beffroi ?
L’hiver, dit l’autre vilaine trogne,
Ramén’ra ton goujat si adroit
Il n’faut pas, la Belle, sans vergogne,
Faire des rêves plus grands que toi.

Il est parti, libre et sans entrave,
T’oublier en faisant le zouave
Chez les Bretons ou chez les Lettons, 
Te fuir jusqu’en pays scandinave
Conquérir des mers et des détroits.
Filles et femmes, là-bas, y rognent
Des cœurs plus durs et des corps plus droits
Il n’faut pas, la Belle, sans vergogne,
Faire des rêves plus grands que toi. »

Puis notre crapaud de sa voix grave
Dit qu’un sort fit de lui, rejeton
Du roi de ces monts et de ces gaves,
L’horrible animal pleins de boutons
Qu’elle voit, puant comme charogne.
« Le baiser d’une Beauté comm’ toi
Me rendrait forme et vie, ma Mignonne »
Il n’faut pas, la Belle, sans vergogne,
Faire des rêves plus grands que toi.

De ses lèvres chaudes et suaves,
La fille embrasse le rogaton.
Elle l’a mis, des contes esclave,
Sur son giron pour faire bon ton,
Au chaud, au creux, de sa p’tite pogne.
Miracle : le crapaud, laid et froid
Reste un crapaud, ma foi, corps et trogne.
Il n’faut pas, la Belle, sans vergogne,
Faire des rêves plus grands que toi.

lundi 3 juin 2013

HAÏKU CASSE

Le succès est une girouette
qui préfère le souffle de la mode
au vent du talent.

PHILOSOPHIE DANS LA PRAIRIE

Petite fable affable
Sur une phrase de A. Comte-Sponville*

Un chien de prairie, un peu cabot,
Aimait à taquiner l’un ou l’autre,
L’autre et l’un, comme un sale marmot.
Il est des gens ainsi qui se vautrent
Dans l’espièglerie, un peu clabauds :
Quand d’aucuns ont un esprit vulgaire,
 Lui n’était grossier que par les mots.
Sa victime - on ne me croira guère ! -
Était Bison, bête en valant d’autres.

Bison était massif. L’œil bovin

Et l’air apaisé du roi des plaines
En faisaient un sage, et non un malin,
Qui argumentait à perdre haleine,
Dissertant sur tout et rien, en vain.
Vivant pour penser, cet herbivore,
Ne pensait guère pour vivre à plein
Des jours passant comme un météore.
Mais dès l’instant que la panse est pleine…
Chahuteur et un brin insolent,
L’enterré chinait le philosophe :
« Maître, la raison du plus pesant,
(Ainsi débutaient ses apostrophes)
Est-elle la meilleure ? ». Indolent,
Bison ignorait pareille insulte.
Mais le minuscule malfaisant
 Poursuivait : « Je crains de paraître inculte :
Maigrit-on quand la cervelle chauffe ?

Grosse bête a-t-elle gros cerveau ?

Le poids d’un argument est-il, Maître,
Proportionnel à celui de l’auteur ?… »
Et il continuait, faisant naître,
L’envie de lui creuser un caveau
Chez Bison, raisonneur si paisible,
Prenant tous, et tout, avec hauteur.
L’autre pensait que c’était risible.

Titillé, chahuté par ce chien

Fût-il de prairie, bête futile,
Le penseur pansu si chatouilleux,
Quoiqu’agacé, se tait. Est-ce utile,
De répondre à qui charrie si bien ?
Travaillant à l’instinct, il rumine…
Sa vengeance, animal sourcilleux :
Qui broute honte et fait bonne mine
N’asticote pas, non, mais mutile !

Or un jour, ce rongeur dépassa

Les bornes de toutes les limites.
Bison voulut brider le brimeur :
« Tu ne vaux guère plus qu’une mite ! »
Disant cela, son sabot passa
À un poil du museau de la bête
Qui s’amusait de sa mâle humeur.
Le chien, surpris, n’en perd pas la tête
Pour autant et, de la voix, l’imite :
« “Tu vaux ce que tu veux”, P’tit morpion !
Médite bien cela : tu t’amuses,
Blagueur, mais n’oublie pas - non jamais ! -
Que ta vie sera fille des Muses,
Celle d’Augustule ou de Scipion,… 
Tu n’auras pas la bonne fortune,
Quoi que tu fasses, d’être, jamais,
Un Bison pensant, quelle infortune !,
Car la vie vaut par ce qu'on en use. »

AMOURS CARIOCAS

Lui, il aurait vendu
Pour de la cachança son âme,
Et se serait perdu
Pour un cœur ou un corps de femme.
C’était un vrai mordu,
Un épicurien, pas l’infâme
Fils de Lucifer, de ses flammes.
Rien ne lui était du
Pas comme à ces glandus,
À ces tordus de monogames,
L’œil plein d’sous-entendus
Quand passe une fleur que l’on blâme,
Une gosse perdue
Qui fait craquer, pas une Dame,
Et croquer, don indu,
Le doux fruit défendu…

Mais notre Don João
D’favelas n’était pas guillaume :
C’était un vrai truand ;
Le Corcovado un royaume
On y vit en tuant.
Ipanema, dans son idiome,
Était l’lieu remuant
Où trouver, chat huant,
Toujours en concluant,
Et sans trame et sans drame
Des filles et des femmes,…

Lui, il avait vendu
Et il s’était perdu
C’était un vrai mordu,
Toujours tout feu, souvent tout flamme,
Sans boniments ni bleus à l’âme :
Faisant sa fame, d’belles dames
Et de gosses perdues,
Croquées, en dons indus.

Car notre Don João
Beau capoériste, et bonhomme,
Jamais tonitruant,
Au milieu des autres, ces gnomes,
Chiants, puants, gluants,
Lui, grand saigneur, était homme
Et seigneur influent,
Il tombait, remuant
Son corps souvent suant,
Sans lame et, mieux, sans came,
Mesdames, bien des femmes,…

Lui, a déjà vendu
Pour de la cachança son âme,
Pour un cœur ou un corps de femme,
Un épicurien pas un infâme
Comm’ de bien entendu :
Jamais d'inattendu
Ni de malentendu
Quand passe une fleur que l’on blâme,
Qui fait craquer, même une Dame,

Sans lame et, mieux, sans came,
Mesdames, toute femmes,…

Sans gamme mais pas sans flamme,
Des filles et des femmes,…

Et sans trame, et sans drame,
Mesdames, bien des femmes,…

EN ROUTE POUR… « UN BOEUF »

La trompette élève la voix,
Envoie la poudre d’escampette,
Loin des carpett’, porte au pavois
Des nuits qui s’perd’, d’entourloupettes
En démerde, faute d’pépettes
Pour le fricot :
Ici, c’est emmerdes à perpète,
Faute d’écot !

Envoi en sourdin’ puis grivois,
Un sax’ s’énivre et se la pète,
Lui fait convoi ou bien renvoi.
D’autr’ cuivr’ en coups d’escopette,
Font suivre des not’qui tempètent
À tout échos,
Font vivr’ des poumons qui rouspètent
À pleins chicots…

On improvis’ !… Ça vaut tripette,
Et c'est loco,
S’ils ont pour devis’ la compète,
Les musicos !

dimanche 2 juin 2013

HAÏKU'R THÉ

À un certain âge, la mémoire est notre seule médication
mais on en abuse tant qu’elle devient poison.

samedi 1 juin 2013

HAÏKU DIT CIL

L’aumône est la générosité des moins charitables.

LES PAONS AYANT JUGÉ LE GEAI

Petite fable affable
Après Le geai paré des plumes du paon, Livre IV, fable 9

Le peuple des paons avait tranché, sage :
Un voleur ça paie, a coda,
Que ce soit un des leurs, un geai ou un panda.
Il ne voulaient, dans leurs parages,
D’aucun crime impuni. Comment ?! Thémis flouée,
Bernée, bluffée par un roué ?!
Grand, petit larcin, fort menu fretin, qu’importe :
Droit et loi ne sont pas jouets !
Un beau jour, une pie se porte
Vers eux. Bonne taille, belle mise, œil qui luit
Et du bagout… Elle séduit. Et il s’ensuit
Un pillage des moins sommaires
Sans qu’on lui dise mot : ils sont nus à la nuit !
Grivèlerie paie moins qu' « affaires »…

LA CHANSON DES BUISSONS


 Sous les halliers…

Tremblants halliers,
Gamins roués,
On s’cachait, folle équipée.
Bruissants halliers,
On a joué
Et caché ce qu’on chipait,
Sous ces halliers.
Griffants halliers,
Branches fouets, 
Nous nous sommes dissipés. 
Amples halliers,
Loin des jouets, 
Tous deux, on s’émancipait,

Sous nos halliers…

Touchants halliers,
Amis joués,
Nous nous sommes arrimés.
Troublants halliers,
Amants floués,
On pleurait nos bien-aimés,

Sous les halliers…

À ces halliers,
Nous, bafoués,
On se froissait, se fripait ;
Profonds halliers,
On s’échouait
Quand tout v’nait à se gripper,

Sous les halliers…

Halliers alliés,
Pour s’avouer,
Nos secrets tout excipés,… 
Tendres halliers,
 On déjouait
Ce qui nous faisait riper.

Ô fous halliers,

Touchants halliers, 
Sans plus jouer,
Nous nous sommes enflammés.
Troublants halliers, 
Voeux ou souhait,
Nous nous somm’ aussi aimés…

Oui, fous à lier…

Tendres halliers,
On s’est noué, 
Promesses émancipées ;
Ô doux à lier, 
Cœurs tatoués, 
Oui l’un de l’autre chipés,

Sous les halliers.…

Obscurs halliers,
Nos cœurs voués,
Là, se sont désagrippés.
Frêles halliers,
Et dénoués,
Nos liens se sont dissipés.

Sous les halliers…

Touchants halliers,
Mus en fouée,
On s’est, las, désarrimés ;
Troublants halliers,
Mots en brouet,
On s’est fui, on s’est blâmé…

Puis aux halliers,

Traîtres halliers,
Fille rouée,
Un autre tu as aimé,…
Sous nos halliers.

FROTTONS L’ART ENSEMBLE

          L’art fait de la couenne mais pas aux artistes qui font de l’art. Cette activité est malade de son temps, un temps où rentrer dans l’art des autres, hommelets sans l’art, prouve que vous, vous avez du talent… et pas celui d’Achille.
     Mais l’art n’est pas de Cochin ! Bien que l’on rentre dans l’art comme dans les ordres; par vocation. Car l’art maigre, celui sans déclamation - Au diable, l’art de poitrine ! - est un tout que certains, bardés et lardés, ayant trop fumé l’art et humé l’air de la mode, se pensant à la tête de l’art, voudraient émincer en tranches, découper en dés ou débiter en morceaux.
     Gros ou petit l’art fait partie de ces choses qui sont une et indivisible. La vie est entière ; et l’art ça l’est aussi !