Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

samedi 23 juin 2012

PROVERBES IRRÉGULIERS

Montages et tirages sont les deux mamelles du prof’.

*

Il faut battre son frère tant que peut lui en chaut.

**

On ne disculpe pas les coups et les douleurs.

***

Petit poison deviendra grand pourvu que fiel lui prête envie.

vendredi 22 juin 2012

COMBIEN ?

Combien faut-il de mots futiles,
De serments volatils, du style
« Accents subtils », « foi inutile »,
Avant d’aimer
Et d’être aimé ?

Combien faut-il de tien, de mien,
De grands biens et de petits riens,
Pour qu’un beau jour se nouent des liens ?
Combien faut-il de rimes riches,
De mascarades et de triches,
Avant d’aimer
Et d’être aimé ?

Combien faut-il de jours et d’heures,
De charme, de fleurs qu’on effleure,
 De larmes, de peur et de leurres,
Avant d’aimer
Et d’être aimé ?

Combien faut-il de tempérance,
D’errances, de désespérance,
D’espoirs trahis ou de souffrances
Avant d’aimer
Et d’être aimé ?

Combien faut-il donc de passion,
De patience et supputations,
De tourments, d’interrogations ?
Combien faut-il, ma mie, d’écoute,
De doutes, de routes, de joutes,
Avant d’aimer
Et d’être aimé ?

Combien nous faut-il de rencontres,
D’un temps, pas pour nous toujours contre,
Et de courses contre la montre
Avant d’aimer
Et d’être aimé ?
Avant d’aimer
Et d’être aimé ?

jeudi 21 juin 2012

SOUVIENS-TOI

On allait et venait souvent,
Coursant les grands, toujours devant.
Galoper nous donnait des ailes :
Toujours nous partions avec plus de zèle !
Souviens-toi :
Il n’est rien que la jeunesse n’enjambe !
Souviens-toi :
Nous ne craignions pas les crocs-en-jambe !

Nos pas nous portaient loin devant
Et nous ne songions qu’aux suivants.
Nous avions la foulée rebelle :
On s’élançait pour bondir de plus belle !
Oh, souviens-toi…
Oui, souviens-toi…

Nous détalions par les ruelles,
Passant un peu comme le vent.
Repartant en se poursuivant,
Sautant toujours pardessus les marelles…
Souviens-toi :
C’était à l’âge où l’on court, où l’on flambe !
Souviens-toi :
J’avais alors, encore, mes deux jambes !
Oh, souviens-toi…
Oui, souviens-toi…

mercredi 20 juin 2012

MARATHON DE MOTS

Cycle toulousain

Oisifs tout l’hiver,
On fit, à couvert,

Gageure :
« Quarante-trois vers*
Peignant l’univers
Étudiant : l’envers,
L’endroit, les travers,…

Le tout, on essaime
En rime et poème »

« Ouvert,
Je suis de la crème
De ces forts en thème
Qui de fautes sèment
Leur mémoire même !

- Aimable gueusard,
Je suis un musard

Bohème
Inscrit aux Beaux-Arts,
Allant au hasard,
Faisant le lézard,
Foutant le bazar…

- Rangueil c’est gothique
Et « gore » authentique,

Falsard
À ras la boutique,
Alcools, narcotiques,…
Tels sont, sans critique,
Carabins en clique !

- Mon panorama :
 Prépa’ à Fermat !

Les mathématiques :
Chiffres en amas,
Calculs grand format,
Pi, Thalès, Sigma,…
Quel jouissif magma !

- Le droit je l’abjure ;
C’est ma foi, je jure !

Primat
De l’U.T. conjure
Ratés et injures
De ceux qui abjurent
La loi, la parjurent,

Oisifs tout l’hiver… »

* Je n’ai pas réussi à couper mon dernier vers à 0,195 pied !

mardi 19 juin 2012

PROVERBES IRRÉGULIERS

Mort dorée ne rend pas le trépas meilleur.

*

Il faut prendre des ronds pour prêche et sermons !

**

La cécité fait Foi.

***

Il n’y eut jamais de pot à Lyon bon marché.

lundi 18 juin 2012

SORTIE DE ROUTE

Tout doucement,
Je me retire.
Très lentement,
Sa main m’attire
Pour cet endroit
Où tu n’es pas,
Que j’entrevois
Là, pas à pas…

Un trait se tire,
Tout doucement,
Avant mon heure.
Et toi, tu pleures
Tout ton martyre.
Très lentement,
Ta main m’effleure
Et tu t’apeures,
Tu restes ici,
De jours noircis
En nuits blanchies,
L’âme endurcie.

Tout doucement,
Je me retire.
Très lentement,
Sa main m’attire
Pour ce détroit
Qu’est le trépas,
Goulet étroit
Et sans appas…

Je me retire,
Tout doucement,
Loin de ce nid
Que tu nous fis.
Sa main m’attire,
Très lentement
Vers l’infini.
Le jour unit,
La nuit sépare.
L’âme se pare ;
Elle s’en empare.

Tout doucement,
Je me retire.
Très lentement,
Sa main m’attire.
En quoi je crois ?
Je ne sais pas !
Le froid, lui, croît.
Je ne vois pas.

Je me retire,
Tout doucement.
Que feras-tu,
Seule, abattue ?
Sa main m’attire,
Très lentement.
La mort pattue
Nous a battus.
Je me retire,
Un trait se tire.
Sa main m’attire.
Par moi martyre.

Tout doucement,
Je me retire.
Très lentement,
Sa main m’attire
Mais ne me broie
Pas un seul doigt.
C’est sans effroi
Que je suis proie.

Je me retire.
Tout doucement.
Je pars sans toi
Pour une fois.
Sa main m’attire.
Très lentement.
Je n’ai, ma foi,
Aimé que toi.
Je me retire…
Très lentement…
Sa main m’attire…
Tout doucement…

dimanche 17 juin 2012

EN ROUTE POUR… UNE VIE DE COUPLE

Les jours se suivent, se ressemblent,
Ils ne sont qu'habitudes et train-train.
D'accord, on est toujours ensemble
Mais côte-à-côte, comme astreints
À poursuivre un chemin contraint :
Le mariage…
Je l’attends au quai, sans entrain
Tout le voyage.

Ce n’est plus pour moi que sa voix tremble,
Et nos dialogues sont restreints.
Vacances, enfants nous rassemblent.
Son boulot, pénible pétrin,
L’éloigne du temps des quatrains
De not’ bel âge.
Mais s’il est resté boute-en-train,
C’est d’l’habillage.

Me voilà, comm’ disent les lutrins,
Femm’ de ménage
Et bonn’ d’enfants par amour, train
Sans aiguillage…

samedi 16 juin 2012

ENTRE LA PLACE DES VOSGES & LA RUE DES PYRÉNÉES

Ici vit tout un populaire
Populeux de sous-prolétaires
En sari qui tait sa colère
Quand partout, tout n’est que clameurs ;
Les maigres salaires, les galères
Il s’en défend, quitte à déplaire,
Et ne sent jamais défait, jamais à terre
La rue se meurt sans sa rumeur.

Là, c’est la canaille en maraude,
Les bandes de vauriens qui rôdent,
S’encanaillent de chipe en fraude
Sur un pavé de souvenirs
Où, pépère, se baguenaude
Leur turf’, en gouaille finaude,
À l’heure où la journée s’érode,
Où le fleuve vient à brunir.
Ici, le bruit, les cris du monde
Valent moins qu’onde vagabonde,
Tout une faconde inféconde.
Pour l’authentique Parigot,
Casquette et face rubiconde,
Rien ne vaut un blanc, une blonde
Et quelques bistrots à la ronde
Tant qu’on peut téter son mégot.

Ailleurs un clochard, un transfuge,
S’arrime à son banc , son refuge.
Mais il va y avoir du grabuge 
Avant que ne vienne demain :
Un pochard qu’un apache gruge,
Épave à la dérive, juge
Sien le lieu et, pis, se l’adjuge…
Ah, l’écume du genre humain !

Non loin, sous un vieux réverbère,
Sombre et froid comme un cerbère,
Loin des Chambres où l’on délibère
Un trottin, catin décatie,
Attend un vieux rapin ibère,
Un rupin, un prince berbère,…
Qui soulagera ses lombaires
Ou la sortira des orties…
Déjà, se dessine la Seine
 Et ses ponts dont les bonds, à peine,
Font oublier qu’elle est la scène
Obscène, le temps d’un instant
De la fin de plus d’un proxène
Qui, un soir, croisa un Arsène,
Ou bien Jugea sa vie malsaine,
Perdue, l’espace d’un printemps…