J’affiche au compteur plus de 20 ans de cons et joyeux sévices !
Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques
parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…
mercredi 25 juillet 2012
GALANTERIE À PROPOS ?
« La moitié du ciel » est, pour le mâle,
Une inconnue, presque une anormale,
Avec laquelle, cet importun,
N’aurait que des transports en commun.
À son propos, toujours il s’étonne,
Il murmure ou bien en fait des tonnes
Et, non sans vaine futilité,
Fait des proverbes de vérités
Qui ne sont, la chose est bien commode,
Qu’ignorance, bêtise ou mode.
Et si, sous sa plume ou son pinceau,
Elle est sublimée par un saint sceau,
Il la déclare son inférieure
Oubliant, en bête supérieure,
Qu’il a vu le jour, qu’il doit la vie
À une femme… J’ai donc envie
De lui demander, là, ce qu’il pense
D’un être droit sorti de la panse
D’un être inférieur tant méprisé ;
Peut-on lui parler et le priser ?
Quoi qu’elle dise, ou fasse, elle est cible :
Elle est « sotte » quand elle est sensible,
« Fière » si elle forte ; « putain »
Ou « volage » quand, un beau matin,
Elle accède à tous ses désirs d’« homme »,
« Frigide » si elle reste comme
Une pomme quand il lui dit : « Je veux ! »
C’est un ordre mais ça reste un vœu
Si, d’aventure, elle fait de même ;
Ce n’est que comme ça qu’il les aime !
La femme, animal domestiqué,
Fidèle et dressée, « sophistiquée »,
N’approfondit rien, elle survole :
« Conne » qui réfléchit et « frivole »
Qui s’en abstient ; c’est très ennuyant !
Tout en devoirs pour le bon croyant
Qui n’a que droits sur cette « coquette »
Sa plus ancienne, et belle, conquête :
Utile, si on a su l’asservir,
Bonne à le soulager, le servir,…
Et elle ste étrangère aux sciences
- Marie le montra en conscience -
La preuve?… Les lois d’anatomie
L’ont faite « sexe faible » promis
À rester éternelle mineure,
Dévolue aux soins de la demeure.
Nulle en politique pour d’aucuns
- Mais Louise, Olympe,… à tout un chacun
Peuvent, sans mal, prouver le contraire -
Elle est condamnée à nous distraire.
Une inconnue, presque une anormale,
Avec laquelle, cet importun,
N’aurait que des transports en commun.
À son propos, toujours il s’étonne,
Il murmure ou bien en fait des tonnes
Et, non sans vaine futilité,
Fait des proverbes de vérités
Qui ne sont, la chose est bien commode,
Qu’ignorance, bêtise ou mode.
Et si, sous sa plume ou son pinceau,
Elle est sublimée par un saint sceau,
Il la déclare son inférieure
Oubliant, en bête supérieure,
Qu’il a vu le jour, qu’il doit la vie
À une femme… J’ai donc envie
De lui demander, là, ce qu’il pense
D’un être droit sorti de la panse
D’un être inférieur tant méprisé ;
Peut-on lui parler et le priser ?
Quoi qu’elle dise, ou fasse, elle est cible :
Elle est « sotte » quand elle est sensible,
« Fière » si elle forte ; « putain »
Ou « volage » quand, un beau matin,
Elle accède à tous ses désirs d’« homme »,
« Frigide » si elle reste comme
Une pomme quand il lui dit : « Je veux ! »
C’est un ordre mais ça reste un vœu
Si, d’aventure, elle fait de même ;
Ce n’est que comme ça qu’il les aime !
La femme, animal domestiqué,
Fidèle et dressée, « sophistiquée »,
N’approfondit rien, elle survole :
« Conne » qui réfléchit et « frivole »
Qui s’en abstient ; c’est très ennuyant !
Tout en devoirs pour le bon croyant
Qui n’a que droits sur cette « coquette »
Sa plus ancienne, et belle, conquête :
Utile, si on a su l’asservir,
Bonne à le soulager, le servir,…
Et elle ste étrangère aux sciences
- Marie le montra en conscience -
La preuve?… Les lois d’anatomie
L’ont faite « sexe faible » promis
À rester éternelle mineure,
Dévolue aux soins de la demeure.
Nulle en politique pour d’aucuns
- Mais Louise, Olympe,… à tout un chacun
Peuvent, sans mal, prouver le contraire -
Elle est condamnée à nous distraire.
ON D'MANDE PARDON
Sur une musique d’Anne MARCHAND-T0UJAS
Extrait du conte musical : « Faims d’enfance » (créé le 28 mai 2013, Prologue)
d'après Les enfants de Timpelbach de H. Winterfeld
Louise : Oui, il nous a fallu admettre
Qu’les Lascars avaient défait,
Les parents, qu’ils étaient maîtres
Du village qui étouffait…
Jeanne : Il fallait faire allégeance :
On était des “asticots”
Bons pour le silence, Charles,
Le service et le turbin !
Chœur des enfants : Il est vraiment fini le rêve !
Oui, c’est un cauchemar sans trêve.
On demand’ pardon, on n’savait pas
Que les Lascars ne nous aimaient pas !
Jeanne : Oui, il a fallu qu’on leur donne,
Tous, les clefs de nos maisons
Pour qu’ils les volent. Madone,
Ils n’craignent pas la prison !
Louise : Ils se bagarrent et s’égarent,
Jouent aux cart’ et au billard,
Ils boiv’ et fum’ des cigares,
Ces pillards !… On est bagnards !
Chœur des enfants : Il est vraiment fini le rêve !
Oui, c’est un cauchemar sans trêve.
Gaspard et les siens n’nous aiment pas…
On demand’ pardon, on n’savait pas !
LE HIBOU & LE PIGEON
Petite fable affable
Le Hibou qu’un pigeon presse,
Le lui dit, sans contourner :
« Arrête donc de tourner,
Et de t’agiter sans cesse :
Tu troubles mon doux repos
Tout le jour et me stresses
À la nuit à tout propos.
Mon arbre est-il un tripot ? »
Maître Pigeon lui rétorque,
Insolent comme un vrai sot,
Tout en bonds, en chants et sauts :
« Ah, aujourd’hui, je t’extorque
Donc quelques mots, pauvre pec’,
Et c’est pour faire ton Orque !
Si je joues du plat du bec
Et de l’aile, penseur grec,
C’est que le jardinier, hôte
Du lieu, a planté matin
Des petits pois au jardin
Quand le soleil qui picote
Aura, avec la pluie, en grand
Fait son labeur, notre ilote
Me chassera désirant
Bien accommoder ce bran…
Si le philosophe paresse,
Ou aime à tout ajourner
Et le passé retourner,
Pour que l’Avenir lui tresse
Lauriers d’avoir su musarder
Dans la nuit d’idées traîtresses,
Il oublie de regarder
Ce qui ne va pas tarder.
Mieux il fait la leçon, maître
De lui, mais si ce pompeux
Aimant tant à penser creux
Et, pis, à nous en repaître,
Savait combien il est court
Le temps du parcours, de naître
À mourir, il ferait court
Vivant tout, loin des discours… »
Mieux il fait la leçon, maître
De lui, mais si ce pompeux
Aimant tant à penser creux
Et, pis, à nous en repaître,
Savait combien il est court
Le temps du parcours, de naître
À mourir, il ferait court
Vivant tout, loin des discours… »
EN ROUTE … POUR LA DÉROUTE
Il fait tristesse et solitude,
Sous ce ciel à l’azur radin.
La ville, toute en lassitudes,
N’est que victimes et gredins,
Ombres et rêves de jardin
Que saucisssone
L’esprit badin des baladins
Et joies bessonnes…
Il fait mollesse et platitude
Quand le temps vous est un gourdin.
La ville, toute en foultitudes,
N’est plus que blondins et gandins,
Merveilleuses et muscadins,
Qui se façonnent
Courses, gadins, eau-de-boudin
Et polissonnent.
Qu’importe, pour le citadin,
L’heure qui sonne
Quand, anonyme et anodin,
Il n’est personne…
lundi 23 juillet 2012
D'UN AUTRE HAÏKU D'ŒIL
C’est un métier de tous les instants que d’être courtisan !
N’espérant de personne don, grâces, gain, faveur ni place,
Moi, j’aime mieux rester déplaisant plutôt que complaisant
Pour pouvoir encore me regarder dans la glace… en face.
LE FAISAN & LA BÉCASSE EN PROCÈS
Petite fable affable
Un vieux faisan et une bécasse
N’ayant rien d’autre qui les tracasse
Se disputent quelques grains tombés
D’on ne sait quel charroi trop bombé
Passant par leurs bois. Chacun refuse
À l’autre, entre insultes qui, las, fusent,
Une part de ce maigre butin,
Voulant le tout ou rien. Ce fretin
En appelle la plus haute instance,
Le tribunal des oiseaux, qui tance,
Punit, règle ou tranche, au jour, en grand,
Disputes, discordes, différends,…
Puisqu’il y a bisbille, la vétille
Est mesurée ; on pèse la broutille.
On entend les plaignants sur le cas,
On chicane entre les avocats :
Quand ça querelle au prétoire, on s’marre
Dans le public. On se brouille à la barre.
De chamaillerie en noms d’oiseaux,
Le grabuge gagne les roseaux,
Les petits fourrés ou les grands arbres.
Personne ne veut rester de marbre :
L’affaire qui agite tous les bons becs
Qui en oublient us, salamalecs,…
Chacun veut parler, se faire entendre.
Et le procès dure à tant s’étendre.
Il en coûte à nos deux belliqueux
Plus d’épices et de propos visqueux
Qu’il n’y avait eu de grains à terre.
Une grue, bête, au lieu de se taire,
Palabre, argumente, se dévoue,…
Et la bécasse, en tout, désavoue.
La grue, connue pour être une idiote,
N’était que bêtises et parlote.
Elle ne comprit pas que, ce faisant,
On punirait, d’autor, le faisan.
Le suffrage d’un sot, en toute affaire,
Fait plus de mal que s’il vient à faire
Des critiques sur le dit sujet,
Ou même à douter de son objet.
EN ROUTE POUR… MES PENSÉES
Appuyé au bar, tout en tares,
Je vois images cadencées
Et j’entends des sons qui m’effarent,
En accéléré, condensés,…
Quelques bouts d’idées dépensées
Mais déjà rances
À peine formulées, lancées
En abondance,…
Adossé au soir, je m’égare,
Absorbé à tout recenser,
N’espérant plus ni quai, ni gare…
Mon cœur ne sait se dispenser,
Comme mon esprit insensé,
D’être en vacance,
Embrumé d’alcools, offensé
D’intempérances…
Pendu au fil de mes pensés
Tout seul, j’avance ;
Perdu dans leur dédale ansé,
Je me balance…

Dessin : Camille Lesterle, juillet 2015
EN COURANT…
Et en réécoutant Nicole Rieu
En courant,
Plus vite et plus fort
Pour blouser qui, sans renfort,
Fait autant d’efforts,
Concourant.
En courant,
Plus haut et plus loin
D’hier, d’aujourd’hui, au moins,
De demain qui point,
Accourant.
Tu passes à côté
De tous et de tout,
En ombre, partout
Mais numéroté
J’ose dire,
Sans médire
Te prédire :
Qu’en courant,
Sans souffler un temps,
Pour jouir sans contretemps
Et suivre, longtemps,
Le courant,
Tu oublies ton cœur
Mais pas tes rancœurs,
Éternel vainqueur,
T’accomodes
De ces modes
Qui s’démodent.
En courant,
Tu fuis mes conseils,
Luttes et te bats du réveil
Jusqu’à ton sommeil,
Concourant
En courant,
Plus seul, sans remords,
Tu attends le mors d’amor
En hâtant ta mort,
Accourant.
J'ARRIVE
À moi, la gloire ! À moi, Paris !
C’est moi, j’arrive et je me lance :
Je serai star, j’en fais le pari !
J’aurai du succès, tout en stances
Et modulation de fréquence ;
Moi qui n’étais qu’un galapiat
Je serai Grand, ce sans nuance.
À moi la télé, l’Olympia !
Mes copains, cabotins, me prient
D’être une vedette… hors de France ;
Je bouffe des pâtes, du riz,
Condamné à l’intermittence.
Je joue, j’écris, je chante et danse ;
De ma sueur j’ne suis pas rapiat
Quand d’autres deviennent rances :
À moi la télé, l’Olympia !
J’ai bossé, me suis aguerri,
J’ai acquis talent et prestance,
Prêts pour les tubes, l’hystérie
Des foules qui m’aiment d’avance,
Qui m’attendent, à l’évidence ;
Meilleur que Brel, Astaire ou Piat
Je suis une idole en souffrance
À moi la télé, l’Olympia !
Producteurs, tourneurs, j’attends vos avances.
Voilà ma photo en sépia,
Participez à ma naissance…
À moi la télé, l’Olympia !
samedi 21 juillet 2012
HAÏKU DE COLLE, HÈRE !
Je ne respecte que les gens respectables
et ce ce sont, rarement, ceux qui disent l’être.
L'ABEILLE & LA GUÊPE
Petite fable affable
Sur une rose, une abeille œuvrait
Bourdonnante et butinante.
Toute à son labeur, rien ne sevrait
Sa soif de faire, étonnante.
Loin de ces choses, une guêpe, ivraie
Vrombissante et badinante,
Qui, par là, tournait et manœuvrait
Vint la voir, impertinente.
Hautaine, elle l’entreprit d’un ton
Tout mépris et suffisance :
« Que de travail, chez les tiens, fait-on
Pour gagner si peu d’aisance !
La moitié des fruits de ton labeur,
Et de celui de ta ruche,
Va au jardinier, ce vain gobeur
De mouches, tout aussi cruche.
Moi, je vis et vole en liberté ;
Toi, l’esclave volontaire,
L’éternelle prolétaire,
Tu t’abîmes au turbin, sans fierté.
Et moi, légère et brillante,
Toujours bien mise et jamais à jeun…
Toi, si terne et tournoyante,
Grasse et grosse, affamée de parfums,…
L’Homme fuit ma taille fine,
Respecte ma race à moi, mon dard,
Quant à toi, il te confine
Dans une boîte, ce vieux pendard ! »
Peu surprise des nuisances,
Lointaine, l’autre dit sur ce ton :
« Merci de ta complaisance
J’aime vivre en peloton
Et, sans crainte et sans embûche,
Me savoir au gîte où, sans aigreur,
J’ai, sans que l’on m’en débuche
Un jour, rôle et rang, Votre Grandeur ;
Ne fais pas de commentaire
Utile à tous, sans cesse alertée,
Je n’ai pas le temps de disserter,
D’être futile et de plaire.
Lourde et large, d’un vol peu bruyant,
De l’aube jusqu’à la brune,
Humble, j’œuvre, acte bienveillant,
À une cause commune.
Toi, si tu attaques de ton dard
Le mien me sert en défense :
Te chasser ou te tuer, Soudard,
N’est, sur ma foi, ni mal ni offense ! »
PROVERBES IRRÉGULIERS
Les bon cons font les bons zobies !
*
L’ennui porte sommeil.
**
L’Infâme est l’avenir de l’âme.
***
Cavité bien ondoyée ensemence la soie même.
MAUVAISE PASSE POUR UN CŒUR À MARÉE BASSE
Quand la mer qui écume de regrets et s’étire à son gré, se retire en dentelles de plumes et de remords, elle laisse après son départ, épars, des amas de larmes et de pleurs en flaques flottant à fleur d’un ciel à l’amarre. Ces mares de la mémoire, plaques d’impressions au fragile vitrage, où s’esquisse et s’efface un reflet de visage oublié, où affleurent des couleurs aux éclats d’instants, brillent au loin et, mirages chargés d’images et de parfums d’embruns, nous attirent, miroirs aux mouettes. Mais ce n’est que de l’eau…
Ces morceaux de moments né des éléments, ces soupçons de souvenirs pris aux vents s’évaporeront lentement, laissant parfois une ride fugace au cœur du sable, une marque de surface gravée tendrement sur la face de la grève perturbée que lisse, d’éternité, le perpétuel va-et-vient de l’onde sur un rythme que rien ne perturbe, et qu’asséchera un nouveau soleil.
Ainsi va la mer de la vie sur l’arène des temps, ainsi sont nos vies amères dans la traîne du temps…

Illustration : Camille Lesterle, 01 avril 2014
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