On apprend pour savoir mais qu’apprend-t-on de ce que l’on sait ?
Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques
parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…
vendredi 30 septembre 2016
jeudi 29 septembre 2016
LE CHATON FÉROCE
Petite fable affable
Un chaton se prenait pour un fauve,
De ceux dont l’ombre fait qu’on se sauve.
Par la couleur, pensait-il, il tenait
Du lion. Son air le maintenait
Dans l’illusion de majesté
Que nul ne pouvait lui contester.
Son cri l’apparentait aux panthères.
Il effrayait jusqu’au ver de terre
Quand il résonnait entre les murs
Lui faisant un gîte doux et sûr.
Son regard était celui du tigre.
Il lui suffisait d’un coup d’œil, et bigre,
On mourait ou fuyait au plus loin,
Se faisant dessous comme un sans-soin !
Sûr de son fait, la mine altière,
Il vaquait entre deux litières,
Semant la terreur dans la maison,
Des serpillères aux salaisons,
Terrorisant les géraniums,
Effrayant l’eau de l’aquarium,…
Puis, un jour, il se vit dans la glace,
Comprit qu’il n’était pas de la race
Des grands maîtres de sa nation.
Ainsi notre animal de boudoir
Sut qu’il n’est de pire miroir
Que sa propre imagination !
De ceux dont l’ombre fait qu’on se sauve.
Par la couleur, pensait-il, il tenait
Du lion. Son air le maintenait
Dans l’illusion de majesté
Que nul ne pouvait lui contester.
Son cri l’apparentait aux panthères.
Il effrayait jusqu’au ver de terre
Quand il résonnait entre les murs
Lui faisant un gîte doux et sûr.
Son regard était celui du tigre.
Il lui suffisait d’un coup d’œil, et bigre,
On mourait ou fuyait au plus loin,
Se faisant dessous comme un sans-soin !
Sûr de son fait, la mine altière,
Il vaquait entre deux litières,
Semant la terreur dans la maison,
Des serpillères aux salaisons,
Terrorisant les géraniums,
Effrayant l’eau de l’aquarium,…
Puis, un jour, il se vit dans la glace,
Comprit qu’il n’était pas de la race
Des grands maîtres de sa nation.
Ainsi notre animal de boudoir
Sut qu’il n’est de pire miroir
Que sa propre imagination !
mercredi 28 septembre 2016
mardi 27 septembre 2016
LA VÉNUS REBONDIE
D'après une étude de Camille Lesterle
Je leur sers de modèle à leur corps défendant.
Le noir crayon de ces anorexiques croque
Mes formes d'un trait fin et long, condescendant,
Que leur mine sèche rend rondes et baroques.
Boudin m'aurait aimée. Eux esquissent, prudents,
Rondeurs et sourire,… Mépris réciproque.
Je suis forte. Et alors ? Leurs regards impudents
M'habillent d'intérêt lorsque je me défroque.
Frileux, ils me feront moins pansue à dessein
Parce que honteux pour moi - Regardez leur têtes ! -
Moi, qui me plais ainsi, nue, toute en fesses, en seins.,…
Mes plis de replète leur seront un casse-tête.
Ma générosité nourrira leur dessin,
Tout en ombres, au fusain, en étude d'esthète…

Dessin : Camille Lesterle, 2016
lundi 26 septembre 2016
dimanche 25 septembre 2016
HAÏKU D’BEC
Ô combien de fils de marins, de fils de capitaines,
auraient préféré un père au quai qu’un perroquet !
DOCTEUR RENARD & PROFESSEUR HIBOU
Petite fable affable sur une idée de Françoise…
Un renard lassé de vivre chichement,
De jeuner souvent, d’errer constamment,
Décide d’ouvrir médicale boutique
Et d’y offrir panacée à sa pratique :
Incantations pour médication,
Passes, poudres, talismans, précautions
Superstitieuses,… Voilà sa médecine !
Et pour voir patientèle en son officine
Il fait partout savoir : « Pour cinq cents billets,
Je vous guéris, sinon je vais vous payer
Mille biftons et pas en monnaie de singe ! »
Ça stimule l’envie et les méninges !
Ainsi Goupil connut vite le succès
Au grand dam du Professeur Hibou, vexé,
Qui n’avait pas ce quidam sur ses tablettes
Et plus guère de clients, hors quelque ablette !
Notre oiseau de nuit voulut démasquer
L’imposteur et dénoncer aux bosquets,
Aux bois et aux champs, l’insupportable arnaque.
Il vint au charlatan, mine de macaque,
Et lui avoue avoir, las, perdu le goût.
L’autre lui fit boire le jus d’un ragout
Fait de fientes, bouse et lourd crottin,
Salés, poivrés, aromatisés au thym…
« Mais c’est de la merde, ça ! crie le rapace.
- Goût recouvré, cinq cents billets ! » place
Le médicastre l’air des plus goguenards.
Le bubo pesta contre le traquenard…
Il revint un jour à la renardière
Clinique, teint pâlot, mine peu fière.
« Mon cher confrère, vous seul pouvez m’aider :
J’ai perdu la mémoire et sot baudet
Suis devenu ! » Le renard lui propose
Pour remède son ragout mais l’autre explose :
« Non, je ne boirai pas cette saleté !
- Vos souvenirs sont de retour !… Acquittez-
Vous de cinq cents tickets sans plus d’ordonnance ! »
Le dépit pousse le duc à la vengeance :
Il retourne au cabinet de son rival
Affirmant perdre la vue par quelque mal
Tout à plein de lui déconnu. Ah, misère !
Le bluffeur lui offre liasse et rosaire
En lui avouant son incapacité
À soulager sa prochaine cécité :
« Voici les mille talbins promis, confère.
- Mais il n’y en a que cinq cents, mon compère !
- La vue vous revient. Vous êtes soigné !
Voilà cinq cent fafiots bien gagnés ! »
Fit-il en reprenant ses sous d’une patte
Prompte, l’oeil rieur et fait : « Sache, patate,
Qu’on ne gagne rien à ruser les roués
Car on sera jamais autant qu’eux doués ! »
samedi 24 septembre 2016
vendredi 23 septembre 2016
HAÏKU DIVIN
Le Créateur travailla six jours d’arrache-pied et le septième, en ayant marre, fit grève.
Dieu est donc français !
LE FATRAS DE NOS VACANCES
D'après une étude de Camille Lesterle
C'est là tout le fatras de nos vacances
Celui qu'il faut ranger à la rentrée : des habits,
Des souvenirs remisés en partance
Pour l'oubli, une chemise, un bibi
Ridicule,… tout pénétrés, par chance,
D'un sable qui s'enfuit comme le temps ;
Des jumelles aux images fugaces
D'un passé pas trop vieux pour l'instant ;
Une chaussure esseulée, hélas lasse
Elle aussi d'avoir dû quitter tout ça.
La chaise à les porter se fait forçat.
C'est là tout le fatras de nos vacances
Enfermées dans des albums de photos
Qu'on ne regardera jamais, déjà rances
Quoiqu'à peine développées. Tôt
Ou tard, la mémoire verra affluence
De flashes, de vestiges imprévus,
Comme le plaid fatigué des piq'-niques
Nous fera nous souvenir qu'il a vu
Du pays et de radieux tropiques
Dont le goût salé reste sur nos peaux,
Qui ont hâlé jusqu'à nos oripeaux…

Dessin : Camille Lesterle, 2016
jeudi 22 septembre 2016
mercredi 21 septembre 2016
HAÏKU PEDEGLASS
Pour conjuguer les sensations la musique se doit d’être émotion et les mots émulsions.
LES DEUX MENDIANTS
Petite fable affable
librement inspirée de L’aveugle & le paralytique
librement inspirée de L’aveugle & le paralytique
de J.-P. Claris de Florian (Fables, livre I)
Un aveugle et un paralytique,
Ne se connaissant ni d’Ève ni d’Adam,
Dans quelque cité asiatique
Mendiaient pour avoir du riz sous la dent.
L’un geignait de ne courir le monde
Et l’autre pleurait de ne rien en voir.
« Cécité est le sort le plus immonde !
- Sclérose est pire encore, il faut le savoir ! »
Ainsi passaient leurs journées, de larmes
Vaines en jérémiades sans fin.
Mais leur chagrin mettait en alarme
Le plus charitable porteur de couffin.
On les crut souffrants, en plus de leurs tares,
De bien plus inavouables maladies :
Leur sébile, comme le Tartare,
Restait vide, sèche et désolée, pardi !
Un jour, près d’eux, la robe d’un moine,
Vivant d’aumône aussi, vint à passer.
« Quand on est le plus gras des chanoines,
Lança l’estropié, sans s'lasser
Comme tu le fais, on peut sourire !
- Moi, qui n’ai et ne suis guère plus que vous,
Mon plaisir plaît, cela va sans dire,
Aux généreux donateurs qui se dévouent…
Et la charité réjouit l’âme !
- Donneraient-ils si tu étais comme nous ?!
- Oui, Frères Quêteurs, car votre drame
N’est pas vos maux mais qu’ils vous mettent à genoux ! »
Puis il partit, les laissant perplexes.
Le lendemain, notre aveugle s’écria :
« J’ai compris !… Se plaindre est un réflexe
Nuisible menant ennuis en noria.
Faisons un atout de nos problèmes :
je vais te porter, mon ami, sur mon dos
Et toi tu me diras tout des blêmes
Beautés de l’aube, des splendides cadeaux
Du soir, des couleurs mises en foules
Et des palais fort dorés des Grands.
Tu marcheras, je verrai, Ma Poule ! »
Ainsi firent nos deux clochards
Qui coururent toute la province,
S’émerveillant des champs, des buffles, des chars,
Des villes où, avantage peu mince,
Leur joie de vivre retrouvée achetait
Les cœurs de pierre et les doigts pingres
Montrant à tous, dodus et malingres,
Que de défauts peuvent naître qualité !
mardi 20 septembre 2016
HAÏKU‘MISSARIAT
Cuisinez un suspect, puis faîtes-le mijoter un long temps,
et il passera à table même s’il n’est pas dans son assiette !
lundi 19 septembre 2016
PETIT HAÏKU DE FIL HAUT ?
La Vérité et la Raison sont anonymes, sinon elles sont sujettes à caution.
L’Erreur ou la Faute sont toujours personnelles, donc imputables à d’aucuns.
LA NUIT PORTE SOMMEIL
La nuit porte sommeil
Mais notre ville veille,
Entre joie et bouteilles,
Entre noir et vermeil,
Moteurs et bruits d'abeille,
Nul n'y baye aux corneilles.
Qu'importent les conseils,
Que l'on claque l'oseille !
Pour vivre ici, on veille !
Tout est toujours éveil
En presse sans pareille :
Un rien te meut, t'éveille…
Avec ou sans soleil,
Ici toute arche est treille,
Magie, salsepareille,
Semblable pas pareil,…
Gaffe aux yeux, aux oreilles
Que la dope réveille…
Et gare à tes orteils
On file et fonce, ma vieille,
Dilapidant nos payes
Jusqu'à ce vil réveil
Où on jette en corbeille
Démons et merveilles.
dimanche 18 septembre 2016
HAÏKU TER
Entre un hier au papier froissé
Et un demain encore emballé c’est
À toi de faire au ruban des ans
Qu’aujourd’hui soit éternel présent…
samedi 17 septembre 2016
HAÏKU’TEAU DE GASCOGNE
Ma femme est un vrai cordon bleu… j’en suis persuadé depuis qu’elle devenue ceinture verte !
RESTONS SIMPLES…
Petite fable affable
La Fortune et le Hasard
Aux cieux font grand bazar
Car les Humains ne les craignent
Pas et pire, hélas, ils ne daignent
Plus leur ériger des temples.
C’était là le triste exemple
De ce souverain mépris
Qu’auraient ces êtres qui prient
Le Progrès ou les Sciences
Ne donnant ni conscience,
Ni âme, ni patience,…
Jupin leur dit : « Mes amis,
Ils ne trompent qu’eux… et mie :
Ils invoquent la Chance
Quand s’apaisent leurs souffrances
Et le Destin si, pour l’heur,
S’enfuit au loin le bonheur…
Ce sont là les noms modernes
Que vous donnent ces badernes
Qui croient vous avoir vaincus
Quand ils ont toujours vécu
Dans votre ombre, ces faux-culs !
Les Hommes, Janus eux-mêmes,
Simplets par nature n’aiment
Guère choses ayant avers
Un jour et, l’autre, revers ! »
vendredi 16 septembre 2016
jeudi 15 septembre 2016
EN ROUTE POUR… TÔKYÔ 1930
Finies maisons de papier,
Kimonos, bambou, rizières,…
Le progrès est un guêpier,
La modernité fondrière
Où malgré la foi, les prières,…
Quoiqu'épiés,
On entre, sans muselière,
De plain pied.
Et fini d'aller à pied…
Fumante comme théière,
La ville nous fait expier
Autos, fracs, melons, cuillères,…
Sans parler de nos rivières !
Vils taupiers
Hier ; demain incendiaires
Et troupiers.
La Terre sera poudrière,
Va-Nu-Pieds,
À nous pouvoir, puissance, houillères,…
Sans pépier…
mercredi 14 septembre 2016
mardi 13 septembre 2016
HAÏKU DES FORTS
La Vie est une piste où, coureurs de fond plus que sprinters, nous nous passons le relais de la vie…
GOUPIL & MAÎTRE COQ
Petite fable affable
Le gentil renardeau est comme un coq en pâte
Et Chanteclerc joue de l’ergot, de l’épate,…
Depuis qu’un jour le second a convié
Le premier à l’aider en son foyer :
Coq à crête n’étant plus maître chez lui,
À la lueur de cent réflexions d’une nuit,
Il décida, qu’à nouveau, ici, l’ordre règne
Parmi la poulaille arrogante comme teigne.
Tout englué dans quelque intrigue de sérail,
Son pouvoir sentait l’expiration de bail.
Tout était sujet de dispute et de rupture,
Cas de hérissonnage ou de déconfiture,
Objet d’insulte, cabale, accusation :
Chaque regard était une inquisition !
Dans ce poulailler-là, la paix était bien morte !
Il fallait que de cette impasse on se sorte,
Car ce vilain chaos fit naître le mépris
Des jeunes : un poussin osa, mais à quel prix !,
Dire son fait au coq, clamant que tout empire
Était le fruit de ruines. Peut-on dire
Cela sans fomenter, malin, un coup d’État ?
Aussi notre Chanteclerc ne s’escargota
Pas. Se cherchant un allié, mais de taille,
Il trouve un renardeau, pris dans une faille,
À qui il confie la police du lieu,
Laquelle il fit, aussitôt, et de son mieux,
Car il ne resta plus de toute la volaille
Que le coq dont le pouvoir est, lors, sans entaille.
Jusqu’à quand ?… Un vrai renard, ça grossit sans faim,
Surtout si son ambition touche à sa fin…
On dit de certains choix - car les faits accusent ! -
Que le résultat seul compte voire l’excuse.
Ne peut-on se demander, blanc bec ou doyen,
Jusqu’où la fin justifie-t-elle les moyens ?
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