Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

samedi 21 novembre 2020

L’ESCARGOT DANS L’ARROSOIR

Petite fable affable

Condamnable régime que l’humidité
Fade : l’eau, ma foi, ne convient qu’aux grenouilles 
Et aux escargots. C’est une vraie vérité
Que nous allons ici contrecarrer, Gribouille !

Un gastéropode harassé trouva refuge, 
En temps de canicule, où ce triste transfuge
Avait du mal à se traîner, mat et soir,
Au fond d’un arrosoir. Certes en ce déversoir
Il n’y voyait goutte mais l’ombre toujours fraiche
L’humidité constante faisaient de la crèche
Un véritable Eden, soit dit sans nuancer.
Pourquoi ses frères n’y avaient-il point pensé ?!
Cons comme leur pied, leur cerveau de mollusque
Les condamne à la mousse et aux vertes lambrusques !

Brusquement, notre caracole est secoué,
Semble s’élever aux cieux. Est-il jouet
D’hallucination ?! Le bigorneau de terre
A donc le mal de mer et puis, ça l’atterre,
Boit copieusement la tasse : on le noie 
Sous une averse torrentielle qui croît
Son tout petit corps dans un fracas de tonnerre.
On balance et on remue cet être ordinaire
Avant que de libérer de sa prison
D’eau. Mais à peine a-t-il soufflé que, sans raison,
La torture reprend, et qu’encore et encore
Il est baigné jusqu’à suffoquer. Albacore
N’est pas plus mal traité ! Expirant, il songea,
Désappointé, qu’il n’est ici-bas de goujat,
Même envers les plus froissées et ternes coquilles
 Et les yeux tatônneurs qui fort peu se quillent,
Qui ne transforme un petit puits de bonheur
En un vaste abime de douleurs à son heur.

vendredi 20 novembre 2020

HAÏKU’RPS PERDU

J’aimerais bien vous montrer ce que j’ai dans le ventre mais j’ai peur de vous couper l’appétit…

jeudi 19 novembre 2020

HAÏKU’TATION

Les spéculations intellectuelles nuisent au porte-feuille autant que la spéculation boursière le fait à l’âme.

« QUOI QU’IL EN COÛTE »

Comme il y eut des « Indésirables »,
Mendiants et autres misérables,
On a donc des « Non Essentiels »
Pour notre Homme Providentiel.

N’étant pas de simples tiroirs-caisses,
Qui font sens et lien social
Dans un monde qui déjà encaisse
Que « l’Humain », ce n’est pas crucial,
Ce sont les colporteurs de culture,
Tous les artificiers des arts,
Ces fauteurs de bazar, ces lézards,…
Qu’assassine toute dictature,
Les petits commerçants qui ont tort
De ne pas être grands. C’est retors !

Ce sont les tenanciers obscènes
Des derniers lieux de liberté
Et, pis, de convivialité,
De rencontres sans mise en scène,…

C’est aussi vous, et c’est aussi moi,
Qui regardons avec quelque émoi
Qu’on ne doit plus filmer la Police
Quand elle dérape, elle glisse,…
Sous prétexte de la protéger
Quand c’est elle, armée, qui va charger
Et qui blesse ici, et là, mutile
Le enragés ou les inutiles,…
Le terrorisme et la pandémie
Ont bon dos et pas, las, qu’à demi.

Comme il y eut des « Indésirables »,
On est donc des « Non Essentiels »,
Sauf pour payer et voter, Ciel !…
Il faut raison garder, que Diable !

mardi 17 novembre 2020

HAÏKU DÉCA’ CE RÔLE !

À force de nous faire naviguer entre foutaises et foutoir, Capitaines, nous, les matelots et autres mousses on finit pas s’en foutre !

LE PLUS ZÉLÉ DES AILÉS

Petite fable affable

Dans la ramée d’un chêne, sans répit,
Ça aubade jusqu’à l’aurore et, pis,
Sérénade jusqu’à la brune. Concours
Que ces récitals qui, hélas, ont cours
Depuis des jours : Sieur Rossignol,
Dame Grive assourdissent campagnols
Et mulots ; si Frères Moineaux donnent 
Fort haut de la voix, Don Loriot sonne
Clair dans ce grand concert improvisé.

Mais quant à Dame Fauvette, avisée
Chanteuse, au bon Monseigneur Rouge-gorge
Elle répond, à faire trembler tout l’orge
Des champs voisins en plus de la feuillée.
En sus Compère Pinson s’égosillait
 Pour surpasser ce Messire Troglodyte…
Pour  les dieux, Apollon et Aphrodite,
Il gagna au jeu mais sa renommée
Fut écourtée, tout net, à point nommé.

Le fermier du coin, irracible bonhomme
Ne pouvant faire sieste ni somme
À ces chants trop permanents, le fusil
Sortit et mit un terme à la frénésie,
Tuant de ces gêneurs le plus bruyant
Qui s’avérait, là, être le plus brillant

Qui chante le plus fort dans toute bande
Est, las, le premier que l’on descende !

dimanche 15 novembre 2020

HAÏKU VERTURE

Fermer les yeux sur une affaire permet, paradoxalement, de la laisser en sommeil.

TRAQUE D’HIER (Chapitre 2)

« On serait mieux à biscotter les coureuses
De remparts à la bordellerie  de la Magne
Tour au lieu de là courir par les aventureuses
Frondaisons après ce bougre. C’est un vrai bagne
Que ce boulot qui fait de nous de vils coquards.

- Ne parles pas cotes, cotillons ou cotelles,
Foutredieu ! En servantaille, Mon Lascar, 
Des étuves, une godinette aimant coutelle
Entrée jusqu’à la garde m’attend. Elle fait
Ma jouvence et mon plaisement, cette mignotte !
C’est pas loudière culetant tout son faix
Pour paillarder à tout va, Mordiable ! 

- Je note !

- Et ce grippeminaud, ce pendard prou pitable,
Qui nous embrenne tant, dès que je te le vois,
 Si, par malaventure, ce punais rat d’étable,
Je le clouficherai au grand arbre sur la voie
Qui mène au castel comme on le fait d’une louve.

- Laisse-moi l’esmoignoner avant, Mon ami,
À cet houlier, pleutre putie. S’il le trouve
Mon mâtin sa ventraille s’offrira, vrami !

- Cessez avec vos ribaudes et pucelles !
Vos vanteries et maldisances,  Mordieu, 
Donnent mal de cabaret comme chant de sarcelles
À vous ouïr, lacrimables marauds !… L’odieux
Rapineur va s’esbigner. Cinglez de la langue
Moins que d’escorgne ou la mienne va licher
Votre dos esnué ! » fit lors dans sa harangue
Le Châtelain juste arrivé pour s’afficher
Avec cette cohorte de vains chasseurs d’homme
Devenue, ainsi, ost pour une seule proie !

En mantel et juché sur sa roncine, Pomme,
Qu’il toquait des éperons, riflant son flanc droit,
Il voulait aller à la curée. Il ajoute :
« Mortissons ce musardeau, s’il nous advient
Malencontre, et comme au temps de nos grandes joutes
Nous ripaillerons, en preux hommes de bien,
Sur les os de ce nuisant. Mais là, pour l’heure,
Ce vil valdenier vivrait en tapinois 
Dans ces bois sombres ou viron. Mes Gens, qu’il pleure
Faim ou soit en auguste vêture j’entrevois
Sa fin. Rien ne nous fera pitoyer !… En selle »

Mais le luron réussit à tous les lober
Les laissant tous chapons maubec, universelle
Malechance, valant poix de poisse. Dauber
Ou être moqués tel est le notre sort en ce monde.
Les poursuivants plutôt que de s’avouer
Bredouilles dirent, en chœur, avoir vu la dépouille
Du caïman croquée à demi par quelque loup
Et, pis, mangée à vers sa tête de fripouille
En fourrés ombreux Ainsi finit ce filou…

Fin (provisoire ?)

samedi 14 novembre 2020

HAÏKU’VERCLE JAUNE

Il n’est pas d’idées nouvelles.
Dans le domaine de l’esprit, comme dans celui du déchet, on recycle beaucoup.

vendredi 13 novembre 2020

HAÏKU PEU RAIE

Il est des Grands mal élevés comme il est de petites gens qui mériteraient une position plus haute.

LAVANE DE LA SAVANE

Petite fable affable

Par libéralité, Sire lion convoque
Ses sujets et sans équivoque :
C’est un ordre. Chacun donc se presse, inquiet,
À l’assemblée voulue, et ce du plus niais
Des gnous au plus futé et digne
Des éléphants. Le roi ne dit mot ni ne fait signe
Puis s’exprime, solennel :
« Nous vient une crise des plus criminelles.
Disette et famine nous guettent.
Aussi j’ouvre mes greniers, abolis impôts et quêtes,
Jusqu’à la fin de ces temps durs
À tous, quoi qu’il m’en coûte. Ainsi je veux, c’est sûr ! »

On applaudit Lion. Chacun repart en brousse
Avec plus de joie que de frousse,
Saluant la mesure évidente du roi
Lequel ne courut plus ses proies.
Il y perdit ses forces, hélas, et bientôt son trône
Est menacé tant on l’étronne.
Mais les plus mauvais jours s’éloignant à grand train,
Il voulut, certes sans entrain,
Qu’on revînt aux vieilles coutumes de sa terre.
Il fit annoncer, autoritaire,
Une réunion plénière aux sujets
De son pays et, là, en précisa l’objet.

Nul ne vint au jour dit. Pas même quelque termite
Ou une fourmi chattemite.
Le souverain conçut alors, sa vanité
Froissée, avant le proche été,
De nuire aux jouisseurs de toutes ses largesses,
Dictées par la seule Sagesse,
Qui refusent, après, de retrouver rôle et rang
Dans l’Ordre dont il est garant :
« La foule se presse où l’on donne,
Mais où l’on a donné, l’on ne voit plus personne* »

* Antoine Houdart de La Motte, Apollon, Mercure & le berger (Fables nouvelles, II, 10)

mercredi 11 novembre 2020

HAÏKU ORBITAL

Le coût d’une fusée est astronomique !

TRAQUE D’HIER (Épisode 1)

Par un ajour de geôle, on voit, en son affublement
Sanglant, affûtiaux dignes de l’équipage
De la Mesnil, le maton qui, visiblement,
A échappé à un attentement. Son visage
Tuméfié, en cet aven reprend donc vie.
Il lance à cor et à cris un appel. L’alerte
Est ainsi donnée. La garde, mais sans envie,
S’est avoier vers la poterne encore ouverte
Pour bailler la chasse à un sombre fugitif.

Ce bast, gibier de galère et cuir de lièvre,
Aurait bataculé le gardien sans tif ;
D’autres, expéditifs, disent, une moue aux lèvres,
Qu’il l’a tué. Bigre donc, cela se paiera !
Le guet qui a dû abandonner les bagasses
Et bordières pour courir sus ce scélérat,
Ne lui pardonnera pas cette cagasse.
Qu’importent donc les cliquailles économisées :
Battre le velours est volupté en plein carême !

Ah, la truandaille, pourquoi l’emprisonner ?
La troncher ou la toster rebattrait les brèmes.
Mais faut le faire une fois pris !… Le chat fourré,
Boursemolle avéré, ne songe qu’aux épices ;
Le tourmenteur coquebert patenté, qu’aux traits
Qu’offriront les familles pour que, sous ses auspices,
Les affres de la fin du condamné soient soulagées.

On court sur le pavé. On jure. Il est introuvable
Ce bric, Cornebouc. Et la nuit, c’est à gager,
L’a avalé. La pilule est désagréable…
Le gens d’armes se retrouvent bien sottards.
Demain vilipendés par Monseigneur l’Évêque,
Moqués par les folieuses et les moutards,
Ils ne feront plus ni les farauds ni les quèques. 
Il en seront fort grimauds et tout chaffourrés.
Hier héros. Ce jour zéros. Moins que maroufles.
Que dira le Seigneur du lieu, tout fourré
Ou patte à miel comme on veut, qui fait baroufle
Dès que l’on lui fait mistoufle dans son bourg ?
Il va mander qu’on continue les poursuites…

Et ainsi fut. On dut lors quitter les faubourgs
Vitement, et dès potron minet, à la suite
Du nuiteux fuyard, fort bellement armés
Pour ne point délayer l’arrêt de la justice 
Divine envers qui baille à mal, et désarmer
Le féal du Malin. On passa les bâtisses
De cette menuaille vivant hors les murs,
Les chaumines des manants, de buisssonades
En champs et communaux, sur des chemins durs
Puis par des laies n’invitant pas aux promenades.

À suivre…

mardi 10 novembre 2020

lundi 9 novembre 2020

HAÏKU’ILLOTINE

Bourreau bourré se fait bourrin bourru.

LA ROSE & L’AZURÉ

Petite fable affable d’après La Rose &  le papillon
d’A. Houdar de La Motte (Fables nouvelles,  II, 7)

Dame Nature se riait du Printemps
En offrant douceur sereine à tout instant.
Flore y dispensait ses faveurs odorantes,
Pomone et Cybèle promettaient cent rentes
Dans ce grand jardin où roseraie, éclose,
Donne à la fable qui suit ses faits et causes.

C’est là qu’un frais bouton de rose éclata ,
Prêt à s’ouvrir à tous desiderata
Des nues d’azur,  pétales serrées encore.
Au papillon aux ailes de ciel bordées
D’hermine que rien, jamais, n’édulcore, 
Brillantes comme des soleils en cordée,
Elle s’offrit. Sous l’adresse de ses caresses,
 L’ingénue, rosissant prou, s’épanouit ;
Ce premier venu procura l’allégresse
À Rosie et l’extase de celle qui jouit.

La rose en rougit car on est plus pudique
Que lubrique en son si bel et bon pays.
Puis le galant va courtiser, épisodiques
Passades, d'autres fleurs et ainsi trahit
L’aimée du matin. Changeant comme un caprice
Et léger ô combien, l’infidèle passa
Sa journée à batifoler sans avarice.
Au soir, il retourne à sa belle qui lui dit ça :
« Je t’ai vu butiner qui çi de nobles têtes,
Qui là de rustiques corolles, l’Ami.

- C’est que j’ai le goût sûr, étant un esthète.
Et je vous reviens. Flatteur, non, Ma Mie ?!

- Est-ce tout l’Amour que vous éprouvez, traître
          Goujat ?!

- Il vous sied d’user de ce maître-
Mot, Ma Rosie, car Mignonne dîtes-moi
De quelle abeille refusâtes-vous l’hommage ?
Ma frivole, quelle mouche, tout émoi,
Ne vous a-t-elle piquée ?… Est-ce dommage
Qu’une séductrice soit si gracieuse ?
Que non pas !… Allez, donnez-vous sans compter
Et point je ne viendrai vous en conter
Car c’est dans l’ordre des choses qu’un volage
S’éprenne d’une coquette et l’épouse en partage ! »












Illustration : Elisa Satgé, printemps 2020

dimanche 8 novembre 2020

COULEUR HAÏKU À ROT

Hier, ce trompeur de Donald trompettait que Biden ferait un bide ou prendrait une bonne trempe et, aujourd’hui, ce bidet de Joe se bidonne que le premier se soit condamné lui-même à « la trempette* » ou à devenir a tramp.


* Allusion réservée aux fans de carotte et de lapins animés… et très excités.


samedi 7 novembre 2020

ÇA VAUT PAS UN HAÏKU, PEC !

Beaucoup, prétendant mettre la main à la poche, la disent trouée !

POÈTE À L’ŒUVRE

Guernesey, 1856

À l’heure où la mer à elle seule remplit la nuit
De ses bruits menant, lancinant roulis, à l’ennui,
Le vent frémissant lui souffle force idées. Le poète
Prend une plume qui, dans le feu d’un frisson, feuillette
Ses pensées où perce l’humain , et que berce une main
Inspirée. Là tout son esprit, mutin, jusqu’à demain
Courra sur le lutrin pour draper du noir de son encre
La virginité d’un feuillet où comme, ferait un cancre,
Il a fait de quelque goutte tombée une araignée,
Et lui a offert, en traits, pour abri un châtaignier.

L’âme vagabonde en sillons réguliers où il sème
Des mots, fait germer des images qui sont autant de gemmes,
Et lever des phrases, des locutions moissonnées
À la faux de sa calligraphie qui, vers à sonnets,
Seront mis en gerbes de quelques livres, tome après tome,
Laissant au pauvre glaneur retrouvant sa dignité d’homme
Le plaisir de les ramasser et de les amasser
Pour se rassasier et étancher sa soif d’ « assez » :
Il n’est paysan plus généreux que celui qui cultive
Son jardin pour le bonheur de ceux qui par trop mal vivent…

Et ce poète laboure le velin pour cela,
Pour ouvrir l’esprit du sot, pour défatiguer le las…
La plume fertile partie à l’aube à l’assaut de pages
Immaculées chaloupe encore quand c’est l’éclairage
Qui soutient la lumière du soir pour achever
Un vers retouché, illuminer une strophe au chevet
De laquelle notre chantre en lapidaire se penche,
Pour la tailler, la polir sans que le calame flanche
Car le plus dur reste à faire après avoir colligé
 Le chant des muses il faut maintenant, là,  le corriger.

vendredi 6 novembre 2020

HAÏKU BLESSANT

Avenir prédit, demain contredit !

HAÏKU DE MEAUX

Je passe ma vie entre aphorismes, sentences peu ou prou mortelles, proverbes plus ou moins réguliers, dictons blancs ou rouges, maximes de gens qui ne portent pourtant pas ce prénom, adages hors d’âge ou morales de fabulistes : comment voulez-vous que je ne finisse pas par créer mes propres citations jusqu’à (con) paraître. 

jeudi 5 novembre 2020

HAÏKU : PAIX CABRI OLÉ !

Ce n’est pas parce qu’on ne roule pas carrosse qu’on ne doit pas faire diligence.

LES DEUX SONGES

Petite fable affable librement inspirée  de Les deux songes
d’ A. Houdar de la Motte (Fables nouvelles, II, 5)

Rêve et Cauchemar ayant, las, partagé 
La même nuit, le même lit, à l’aube
Se rencontrent, harassés d’un labeur viager
Qu’on sait naître au crépuscule et qui se dérobe
À l’aurore. Tous deux se crêpent le chignon,
Imbus jusqu’à l’obtus de leur propre importance.

« C’est moi qui, tourmentant l’âme comme guignon,
Nuisant au plus reposant sommeil, tout d’instances
Et d’insistances, suis le seul maître du jeu,
Faisait celui qui était plus mauvais que teigne.
Mes délires, entre orageux et marécageux,
Hantent à l’obsession. Parfois, le jour ne daigne
Ou n’ose éteindre les feux follets de mon règne…

- Fi donc ! réplique alors le plus doux. Pour ma part,
Je vais, consolant d’un bonheur certes fugace,
 Des malheurs du jour, ou du moins de la plupart, 
Entre féérie et espoir, offrant sagace
Inspiration au poète le moins en verve. Hélas,
Je suis instant vite oublié. De passage…

- C’est bien ce que je te disais : ton damas
Ne vaudra jamais mon crin, sois-tu le plus sage !

- Que l’un vaille mieux que l’autre, à mon avis,
Qu’importe. Car tous les deux êtes indispensables
L’un à l’autre, donnant tout son sens à la vie,
Intervint le lit qui leur servait de sac de sable.
Si l’un rappelle que l’on n’a rien sans dol,
L’autre nous dit que l’on peut toujours prendre envol ! »

mercredi 4 novembre 2020

HAÏKU PLAIT

Caressez une belle idée longuement et elle finira par devenir vôtre alors que pénétrer un monde, sans son aval, vous en interdira à nouveau l’accès. C’est un viol de la conscience.

mardi 3 novembre 2020

HAÏKU DE POKER

Mieux vaut jouer aux cartes que jouer Descartes.

MASCARADE

À la Saint-Guy (12 juin)

Chantons dansons rions
Vient le temps des roses
Alors levons nos proses
Chantons rions dansons
Au diable couperose
Sinistrose et sclérose
Chantons dansons rions

Dansons rions chantons
Laisse-là tes névroses
Et ton faux-air morose
Dansons chantons rions
Fous-toi de ton arthrose
N’attends pas la nécrose
Dansons rions chantons

Rions chantons dansons
Vient le temps des roses
Alors levons nos proses
Rions dansons chantons
Fous-toi de ton arthrose
N’attends pas la nécrose
Rions chantons dansons

Chantons dansons rions
Au diable couperose
Sinistrose et sclérose
Dansons rions chantons
Laisse-là tes névroses
Et ton faux-air morose
Rions chantons dansons

dimanche 1 novembre 2020

HAÏKU D’HYMEN

Amants véloces, mariage précoce.

LE ROI SINGE

Petite fable affable

Un singe se voulant monarque intelligent,
Ayant connu écoles en renom chez ses gens,
Et sage, car époux qu’une vieille guenon,
Pour circonscrire un mal devenu le menon
Des jours de ses sujets inventa, pour les protéger,
Un “reconfinement”, in fine, fort léger.
Presque « déconfiné ». Demeuraient grand ouverts,
Contre toute logique, alors que venait l’hiver, 
Écoles et bureaux où  la contamination
Allaient son meilleur train, et, sans passion,
Marnaient les usines où le virus vérolait
Tout, comme on se bousculait encore aux allées
Des temples de la consommation du temps
Et du lieu où il régnait, fort insistant.

Il entendait limiter, chez lui, le second assaut
Du ce mal répandant la terreur chez les sots
Comme chez les savants, ce Mal que le Ciel,
En sa fureur, inventa avec plus de fiel
Que les habituels  fourriers du noir Acheron.
Il voulait faire la guerre à ce vil Charon
À coup de demi-mesures pour que les Dos
Argentés de la Finance, avec moults cadeaux,
Lui tressent des lauriers donc tuait petit
Commerce ou culture ; et là où soif et appétit
Peuvent être satisfaits, hors promiscuité,
Assassinait toute convivialité.

Il provoqua ainsi l’exode de certains
Et la panique chez bien d’autres crétins.
Tous se bousculaient pour mieux se protéger,
Et ils se contaminèrent à tant s’agréger
Pour mieux se fuir… Aussi, ce qui aurait du
N’être que seconde vague, certes ardue,
Devint un terrible tsunami ravageant
La forêt des primates, aux airs si engageants,
Et ce peuple dont le roi n’a jamais compris
Que préserver à tous leur vie n’a pas de prix
Et ne sait pas plus que ce ne sont pas les gens 
Qui servent l’économie, en simples agents,
Mais que l’éco’ doit servir, et pas en meneur,
Des êtres, en factrice du terrestre bonheur.