Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

vendredi 11 janvier 2013

HAÏKU'R REPORTÉ

Depuis que l’on fait des pédagogues des démagogues
Le savoir est à la synagogue et la culture aux gogues !

EN ROUTE POUR… PARIS


Paris pressé, Paris stressé,
Paris gris, ne m’a pas ri.
Paris froissé, Paris lassé,
Paris qui fuit n’m’a pas surpris
Dans ses bris, ses bruits et ses cris.
Costard pincé,
On y a peur d’être un débris,
Vite évincé.

Paris glacé, Paris gazé,
Paris m’a pris, n’m’a rien appris.
Paris la nuit, Paris sorties,
Paris pourri des sans-abri
Qui prient, qui plient, face au mépris.
Regard coincé,
On y voit pas le noir de vies
Dénuancées.

On s’fuit et on s’nuit à Paris !
Gens déplacés,
C’est cuit, il fait pluie sur Paris :
N’faites qu’passer !

mercredi 9 janvier 2013

HAÏKU DANS L'EGOLAND

Méfions-nous de l’humilité quand elle est un artifice de l’orgueil.

ENTRE RÊVE & RÉALITÉ

Autoportrait pour traits…

Pierrot lunaire,
Fendu cœur et corps, sans choir ni avoirs,
Quadragénaire,
Pris entre le vouloir et le pouvoir
En laminaire,
Mon esprit va de falloir en devoir…

Pierrot lunaire,
Rendu entre rêve et réalité
Sans partenaires
Autres que pensers et velléités,
À l’ordinaire,
Je médite tout jour, toute nuitée…

Pierrot lunaire,
Pendu entre hier et demains gouailleurs,
L’âme binaire,
Comme on dit allant du pire au meilleur,
Pierre ordinaire,
Je roule entre l’ici et mes ailleurs…

Pierrot lunaire,
Tendu entre cette terre et cents ciels,
Sans luminaires
Autres que pieds pluriels et vers sériels,
Imaginaires,
Je m’offre aurores et arcs-en-ciel…

 Pierrot lunaire,
Rendu pas loin qu’à mon premier jour,
Pas doctrinaire,
Pris entre vos jamais et mes toujours
En mercenaire
Je suis ma voie, en voix, en ce séjour…

Pierrot lunaire,
Vendu à des peines et à des espoirs,
Sans congénères
Autres qu’écrits du soirs, dits de boudoir,
L’air sanguinaire,
Je stance au mouchoir comme au tranchoir…

lundi 7 janvier 2013

HAÏKU R'D'IDÉES

On trouve du mérite à qui a de la fortune
plus souvent que la fortune ne vient à qui a du mérite !

L'OUTRECUIDANCE PUNIE

Petite fable affable

Au pays des chiens s’affrontent
Deux camps qui, jadis amis,
Sont devenus, chose prompte,
Des clans vraiment ennemis.

Un chiot, égaré sans doute,
Tombe aux griffes des rivaux
Fats de sa meute en déroute
Qui fuyait, par monts et vaux,
Après l’énième bataille
Qui devait, sans délai ni faille,
Entre ces coteries-là,
Sonner des guerres le glas !

De gausseries en menaces,
Le captif joue le rodomont
Provoque tous ceux sur place,
Insulte, houspille en démon,…
Il n’épargne pas Cerbère,
Le chef des geôliers, sévère,
Qui, sans dire un traître mot,
Lui brise le dos, chameau.

Le chiot meurt, glacé d’effroi,
Et l’autre rit à se tordre :
« N’aboie jamais, sur ma foi,
Que la bête qui  peut mordre ! »

samedi 5 janvier 2013

BON HAÏKU

Fesses-Mathieu, offrez des conseils : 
cela ne coûte rien… et n’engage pas plus !

LA CHASSE AU PAPILLON

En écho à Tonton Georges…


Une fillette échappée d’une cage
De la vill’ voisine, sans un frisson,
Partit courir - Mais qui donc l’encourage ?! - 
Après le vol vain d’un beau papillon…

Dans un bois, au-delà des pâturages,
Elle chasse l’azur et le vermillon
D’une aile qui luit, soleil volage, 
Traquant l’errance de son papillon.

Sait-elle que des filles de son âge,
Du temps des bottillons, des cotillons,
Avec les beaux garçons de leur village
Chassaient comme elle les beaux papillons ?!

Mais les gars d’aujourd’hui sont peu volages :
Il n’ont guère d’égards et d’attentions 
Que pour leurs écrans, pas pour les feuillages
Qui accueillent, un temps, des papillons !

L’amour y perd ses jeux, dans le sillage
Des fleurs des prés et du chant du grillon,
Qui font voir aux filles, dessous l’ombrage,
La feuilles à l’envers et des papillons !

C’est pour ça que les filles sont plus sages,
Jusqu’à ce qu’elles perdent dans les sillons
D’un amour de passage ou d’un mirage,
La belle innocence des papillons.

Dieu, que lui durent ces enfantillages,
Avant que ne viennent les “trop mignons”,
Ces marchands d’illusions ou de nuages,
Mais tout autant tueurs de papillons !

Que ne reste-t-il encor’ des bocages,
De tendres bosquets, des bois sans larrons,
Où l’on peut faire à deux, un doux voyage
Après le vol vain d’un beau papillon ?!


Illustration : Élisa Satgé, été 2019

jeudi 3 janvier 2013

HAÏKU DE BLUES

Mieux vaut se laisser voir tels nous sommes,
plutôt que ce que nous voudrions être.

UN HOMME EN SOMME…

Petite fable affable… pas si jeunette

Un jour d’automne où la gelée était blanche,
Un bûcheron sans âge sciait la branche
D’un arbre s'élevant au-dessus d’un lac. 
Soudain, maladresse. La scie tombe à l’eau
Dans un grand fracas qui fait fuir les corbacs.
L'homme, tout en pestant d’être si ballot,
Pleurait sur les malheurs venant au galop
Dans une vie où, sans entrain, les joies marchent
À vous : sans scie, la faim lui f’rait vite une arche !
Une belle ondine, touchée par tant de larmes
Apparut, offrant à sa vue tous ses charmes.
Elle le questionna sur son désespoir ;
Il lui dit la vérité, aussi nue qu’elle.
Elle plongea et remonta, sans surseoir,
Une scie à lame d’or noir pour laquelle
Plus d’un sot se damnerait mais à laquelle
Il n’aspirait pas : « Dame, elle est pas à moi ! »
Le bûcheron refusa, sans plus d’émoi,
La seconde qu’elle lui tendit, à lame 
D’argent gris, mais accepta, la paix à l’âme,
Le troisième outil, tout de fer et de bois,
Car il était sien. Qu’il fut aussi honnête
Toucha l’ondine qui lui offrit les trois
Objets sans prix de sa lacustre cueillette.
Et, aussitôt, disparut la blondinette.
Le bûcheron put rentrer, heureux, chez lui
Sous un ciel qui pleut mais où le soleil luit.

À quelques mois de là, longeant la rivière,
Le bûcheron vit tomber, comme une pierre,
Dans les eaux, sa femme qui l’accompagnait.
  Lui, ne sachant pas nager, pleura la perte
De son aimée, en s’arrachant, par poignées,
Les derniers cheveux dont sa tête est couverte.
L’ondine apparut, sa nudité offerte
Aux nues encore, et le questionne à nouveau.
L’homme lui répond en pleurant comme un veau.

Elle plongea dans les flots froids. Puis l’ondine
Lui ramène une beauté adamantine
Sur la berge. Le bûcheron applaudit
Qu’elle lui ramenât vite, saine et sauve,
Son épouse chérie par l’eau engloutie.
« Comment peux-tu me mentir, sale vieux chauve !
Tu sais ma bonté mais je peux être un fauve !
C’est ma cousine, d’un remous élevée :
Comme la première fois, je t’éprouvais !
- Si je t’avais refusé cette sylphide,
Une autre serait venue… Et puis, Perfide,
Tu m’aurais redonné ma femme, pas vrai ?!
Comme la première fois, à ma garde
Tu aurais laissé les trois. Je ne l’pouvais :
La polygamie rend la loi furibarde…
Et j’n’aurais pu les nourrir. Vois mes hardes !
Voilà pourquoi j’ai préféré te mentir !
- Toi, pauvre ?! Mais, par Dieu, je vais t’engloutir
Qu’as-tu fait de l’or et de l’argent des lames
Données jadis contre tes larmes et blâme !
- N’as-tu remarqué tous les lourds bijoux
Dont ma femme est ornée ? Ses habits de fête ?
Et si tu voyais les meubles d’acajou
Qui ornent notre maison toute refaite ?
Non, je n’aurais pas pu, je te le répète
 En entretenir trois comme celle-là.
Voilà pourquoi moi, si probe, j’en suis là ! »

La morale de l’histoire, Enfer et flammes, 
C’est que les Hommes, eux, ne mentent jamais
Que pour de très honnêtes raisons, Mesdames,
Logiques et compréhensibles. Ah, ça mais !

Illustration : Élisa Satgé, 2016-2017

mardi 1 janvier 2013

HAÏKU CHERIE

Nul ne connaît une femme… hors son lit ;
et encore, si elle lui daigne fidélité !

EN ROUTE POUR… LE CLICHÉ

Telle est prise qui croyait prendre.
Entre nous, une mise au point
Pour éviter de se pourfendre,
Qu’on se révèle aigres au groin,…
Tu nous cadrais, nous deux, avec soin.
Pourtant si j’ose :
C’était trop d’épreuves et de foin
Sur film morose…

Telle est prise qui croyait prendre.
La chambre noire, en ses recoins,
Garde trop d’images peu tendres,
Prtraits exposés, disjoints
D’un bonheur en négatif. Loin.
Aux amours closes
Restent photos et flashs, appoints
De jours peu roses.

Ton objectif : garder de nous, au moins,
Deux ou trois choses ?
Mais ces instantanés, chafouins,
N’étaient que poses !

lundi 31 décembre 2012

POUR FAIRE HAÏKU'R

Le vrai talent, qui déteste l’exhibition,
n’a pas besoin de public pour s’exercer !

EN ROUTE POUR… LE KIVU

Le Kivu bout. Le Kivu meurt.
De l’aurore prourpre à la brune,
Semeurs de morts et écumeurs
Ont teint en rouge la fortune,
En carmin la joie importune,
À l’opinel
Au fusil, sans haine ni rancune :
C’est pulsionnel !

Le Kivu roue. le Kivu meurt.
Du soir vermeil au levant prune,
Dans ses humeurs, dans ses rumeurs,
On peint de cramoisi chacune
Des cases, d’incarnat les dunes,
Au shrapnel
Ou à mains nues pour quelques thunes.
C’est du véniel !

Meurtre écarlate à l’opportune
Froid, rationnel,
Dans le silence nu des unes.
Coi. Criminel.

samedi 29 décembre 2012

jeudi 27 décembre 2012

L'HAÏ(dé)KU PEU

La vraie coquette dénonce l’afféterie de ses pareilles
pour mieux prouver qu’elle n’en a pas !

LES AVOINÉES DE L'ÂNE

Petite fable affable

L’âne d’un colporteur, plus têtu qu’une mule,
Se fait tancer et disputer
Par son maître, excédé, comme dit la formule.
Moins active qu’un député,
Voleuse et sournoise, plus que le vendeur même,
Cette graine était « de pendu »,
N’obéissant aux ordres jamais qu’au cinquième.
Chaque jour, il chapitrait
 Ce mauvais compagnon, gras comme un chanoine,
 Là menaçait de le cloîtrer,
Le sermonnait ici, lui flagellait la couenne,…
Mais, las, jamais rien n’y faisait :
Sans fin, il l’interpelle et toujours le querelle,
Sans guère d’amélioration ;
Il le menace s’il traînasse sous la grêle,
L’autre ignore la sommation ;
Il le réprimande tout bas pour qu’il s’amende
L’âne, fin, feint le repentir ;
Il le houspille s’il roupille, le gourmande
Quand ce gourmand, à s’abrutir,
Pille les haies, les champs qu’ils longent sur leur route,
Oui, il l’ignore à chaque fois !
S’il a dressé cet âne c’est contre lui, sans doute,
Tant l’autre est de mauvaise foi
Et pis, de plus mauvais vouloir, à chaque étape.
Qu’il proteste, l’air agressif,
Ou insinue, l’œil vers les nues : quand il l’attrape
L’autre se fait sourd et passif.

Cette anecdote-ci, qui n’a rien d’historique,
Nous montre qu’à vouloir vraiment
Laver la tête drue d’une sale bourrique,
On perd sa lessive,… et comment !

mardi 25 décembre 2012

POIL HAÏKU

Invité par hasard et, sûrement, par erreur à un pince-fesses aixois,
J’y ai rencontré du « beau linge », ces gens qui pètent dans la soie :
Ce n’étaient que faux-culs indécrottables et merdeux culs-bénis
Souffrants de diarrhée verbale… Je m’y suis fais chier. Et ce sans possible déni.

dimanche 23 décembre 2012

HAÏKU PONT COURT

Les coups de foudre allument des feux
dont les braises mettent, souvent, longtemps à s’éteindre… 
sans, parfois, n'arriver jamais à s’étendre.

À DOS RÂBLE

Donnons dos, non !

  Plus docile que docte, sans dauber qui que ce soit, car je ne suis pas du genre à parler dans le dos de quiconque, je l’avoue : je suis pour… « le développement du râble ». Oui, là, je parle non du nez mais du dos, Minot !
  Car, même si on fait le dos rond, il vaut mieux l’avoir développé, entendez par là «large », le dos, à force de devoir le courber, le ployer, le plier,… devant les dos d’ânes et les cahots de l’éco’ qui nous mènent au chaos avant qu’on ait le dos tourné. Ah râble, quand tu nous tiens !
  Que nous en ayons plein le dos, ou pas, de se laisser manger la laine sur le dos, nous finissons toujours par l’avoir dans le dos à l’inverse de certains nantis, pépères et dolents, dont déjà les pères avaient le dos au feu et le ventre à table et sont sur notre dos du berceau à la bière !
  Eh oui, il n’est de dominé, même le dauphin dodu, qui ne soit flexible à moins de faire, non le dodo, mais le gros dos. Même si ça fait froid dans le dos, la réalité nous prend, à tout propos, par la peau du dos, et nous casse du sucre dessus, renvoyant dos à dos nos rêves et nos espérances… auxquels on apprend trop vite à tourner le dos.
  Alors le dos au mur, pour ne pas se mettre à dos d’aucuns capables de vous y frapper ou pire, de vous y faire un enfant, on met sur le dos d’autrui - et pas avec le dos de la cuillère - nos problèmes dès qu’ils nous sautent sur le râble. Do…mmage !

vendredi 21 décembre 2012

HAÏKU DE SANG

Je vous aime beaucoup, belle nuque !


Dessin : David Sanjaume, 15 janvier 2011

TRISTESSE

L’absence est toujours là…

Plus d'un an a passé. Je sais.
Pour d’aucuns, c’est histoire ancienne.
On préfère, sans se lasser,
Les récentes qu’on fait antienne.
La poussière d’hier s’oublie ;
La cendre de suaire aussi.
Au seuil de ce siècle aux silences
Cadencés, aux mots costumés
Et à l’impuissance assumée,
Rien ne console mes vers, mes stances.

Certaines pensées ne fleurissent
Jamais au temps, ni autant,
Qu’on veut et ce n’est pas caprice
Quand ces fleurs tourmentent longtemps.
Au terme de tes jours d’errance
Tu sommeilles loin des souffrances
Insatiables qui consumaient
Jusqu’aux nuits de désespérance
Où tu aspirais aux délivrances
Qu’offre une fin toute embrumée.

Couchée non loin du cyprès, dalle
Parmi les dalles, qu’un rosier
Caresse d’une ombre loyale,
Ton nom est travail de bronzier,
Toi, Roseau que l’Universelle
Volonté, celle qui harcèle
Ou bien soutient jusqu’au cercueil,
Mena, sinueux sentier ou onde,
Sans secret, à cet autre monde
Où il n’est plus de vaste écueil…

Si la vie n’est qu’un passage,
Entre sol et ciel, sable et nues,
Pourquoi la quitter avant l’âge,
Sans douceur mais à pas menus ?
Tu as sué dans cette lutte,
Injuste, inégale et si brute.
Ombre aspirée par le néant,
Tu susurres encore en ma tête
Bien que tu ne sois que miettes
Et gis en l’immense océan…

mercredi 19 décembre 2012

HAÏKU'R DES MIRACLES

On est toujours plus compétent et efficace
pour l’emploi qu’on espère et mérite
que dans celui qu’on occupe !

lundi 17 décembre 2012

C'EST BIEN HAÏKU MODE

Combien de jours sombres succèdent à des nuits claires ?!

LE COUCOU & LE HIBOU

Petite fable affable sur un aphorisme de Francis B.

Il est des vieux fossiles,
Toujours donneurs de leçons,
Pour qui tout est facile
Et le disent sans façon.

Un vieux et gras coucou,

Authentique parasite,
Sans se gêner beaucoup,
Prétextant une visite,
Un certain mois de mai,
S’invita à jamais
Chez un voisin néophyte
Qu’il prenait pour bêta,
Blanc-bec, béjaune et bleu-bite,
Hibou de son état.

Notre imposant jésuite,

Ayant là gîte et couvert,
Dicte à l’autre conduite
À tenir ; à bec-ouvert,
En tout, il le conseille,
Pour tout, il le surveille.
Et, sublime travers,
Pour rien, cet égoïste
Ne l’aide : été ou hiver,
En rien, il ne l’assiste.

Pendant ce temps, son hôte,

Traquait le ver et l’épeautre
À se rompre les côtes,
Lui offrant, pour tout patenôtre,
Une mine coincée
Ou une moue pincée.
« C’est que le travail des autres,
N’a jamais fatigué
Personne, Mon bon apôtre ! »
Expliqua le pas gai
À bout de patience
Quand l’autre oiseau se plaignit,
Non sans inconscience,
D’une telle compagnie !


samedi 15 décembre 2012

jeudi 13 décembre 2012

HAÏKU ANNE DU PORT

Certains, pressés, jurent « sur l’Honneur »,
Et puis l’on découvre, avec horreur,
Qu’ils s’engageaient sur ce qu’ils n’ont pas.
Car ce faire ne coûte rien, Fat…
Et ne contraint guère plus, d’ailleurs !

PAYSAGE ASSOUPI

La résille du gel couvrait la lande.
En pointes de cristal léger,
Aux genêts nus, pétrifiés, des guirlandes
Pleuraient, tout en larmes figées, 
Retombant en dais  affligés.

Là, le givre, en frêle et fine dentelle,
En saupoudrage sur la croix,
Se noyait dans quelques tombes sans stèles,
Ces flaques où se mirait, roi,
Le silence gris d’un ciel froid.

Sous le ciel engourdi, linceul de brumes
D’un air morne, lourd et froidi
Sur le sol durci, en manteau d’écume,
Rien ne réveillait l’écho endormi,
Par les frimas endolori.

Au miroir d’acier poli des ornières,
Au marbre des terres froissées,
Au granit de l’église des Bruyères,
Aux rideaux des perles glacées, 
Le vent murmurait, comme étouffé.

Prises aux rets d’une mort papillonne,
Aux lacs de nuages cireux,
Les nues se déplumaient, là, monotones,
De leur duvet blanc et soyeux,
En lents ballets cérémonieux.

La lande, hélas emprisonnée de neige,
Drapée de sons tout assourdis
Aux pierres assoupies, dormait, grège.
Tout s’est assoupi, aujourd’hui,
Et le temps nous devient un puits.

dimanche 9 décembre 2012

HAÏKU DERRIÈRE L'EN-TÊTE

Notre intelligence nous élève ;
la bêtise des autres aussi !

LA HURE EN BURE

Petite fable affable

Une truie mauvaise et sale, car sans soin,
Grasse d’esprit et crasse de jugement,
Grosse de préjugés et crosses au groin,
Voulait qu’on la jugeât, sans emportement,
Meilleure qu’elle n’était et, l’habit faisant
La moniale, mit la bure à son pesant
Embonpoint.

Vraie caricature, de sa race au moins,
Ayant tout raté de sa vie, espérant
Racheter ce que Dieu, ce vieillard chafouin
N’a pas voulu lui offrir - estime et rang -,
Elle priait en contrefaisant la ferveur,
Louait le Très Haut pour avoir des faveurs
En appoint,…

Elle donnait le change à tous, néanmoins,
La sultane en soutane rapidement,
Se lasse du calice loin des témoins
Et délaisse le cilice prestement,
Pour revenir à sa bauge et, ce faisant,
Aux bains de boue qu’elle trouvait bienfaisants.
Deux bons points !

L’ayant surprise un jour, l’âne du lieu,
Moins bâté que ses frères, dit, l’air pieux :
« On ne peut sortir de farine, l’Amie,
D’un sac de charbon… même à demi ! »