Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

dimanche 19 mai 2013

HAÏKU'D BARRE

Il y a plus de beauté dans la bonté
que de bonté chez les beautés !

C'EST POUR TOI


Librement inspiré de “Rien que toi” chanté par Dick Rivers
Adaptation française par Jean-Claude Annoux de
« You’ll never walk alone » d’Oscar Hammerstein & Richard Rodgers


Rien que Toi
Toujours Toi
Encore Toi
Rien que Toi
Tu m’as 
Tant donné 
Pardonné

Et voilà
Qu’aujourd’hui
On est là
Réunis
Toi et moi
Dans la joie
D’une vie
Quinze ans
Qu’on est Deux
Oh quinze ans
Pour nous Deux
Pour le mieux
Et l’bien
À prendre
Je T’aime
oh oui
Je t’aime
Même si
Tu ne crois
À plus rien
J’veux crier
J’veux crier
Qu’à jamais
Pour moi
Tu restes là
Parce que
 Je T’aime
Oh oui
Je T’aime
Au-delà
De tout
Car pour moi
Dans ma vie
Il n’y eut, ah
Que Toi
Et n’y a
Que Toi

Rien que toi
Toujours toi
Encore toi
Rien que toi
Tu m’as
Tant ‘pporté
Supporté

Nous voilà
Aujourd’hui
Toi et moi
Si unis
Mêm’ pas las
De  not’choix
De not’vie
Quinze ans
C’est si peu
Plus quinze ans
Si Tu veux
Sous Tes cieux
Je veux bien
Les prendre
Je T’aime
oh oui
Je t’aime
Même si
Tu n’ l’vois
Plus très bien
J’veux prier
Pour qu’à jamais
Pour moi
Tu restes là
Parce que
 Je T’aime
Oh oui
Je T’aime
Au-delà
De tout
Car pour moi
T’es ma vie
Et il n’y’a
Que Toi
N’y aura
Que Toi

Rien que toi
Toujours toi
Encore toi
Rien que toi
Tu m’as
Tant donné 
Pardonné

QUEL ENGIN !

          Échin nain échoué en pays maraîchin, j’ai une roue trouée qui geint et, quoique plus sain que saint, une couleur pruneau d’Agen roué que l’on appelle « daim » chez certains. Je suis un engin cloué sans tain, un truc grand teint éboué, un machin à Malin floué dont le baragouin, souvent vain, est proche du Salishen quand il sagit de coucouer en plein. Quelque chose d’indéterminé à la fonction tout aussi indistincte et à l’utilité relative. Bref, moins un jouet qu’une créature de la Création, frangin de vagin d’un pingouin pas plus gros qu’un doguin. Votre prochain. Format nain.
     Sous le brouet d’un crachin au goût sauvagin, dans une brouée sans trouée, je suis né du béguin d’un chercheur sanguin adoué à un sagouin qu’attirait l’appât du gain, un Espingouin aimant s’ébrouer dans des liens consanguins comme tous les margoulins et autres mange-sans-faim entre deux bains. À l’époque du regain, ce surdoué libertin, que l’on louait, fut rabroué comme un importun puis écroué pour s’être renfloué en maints lieux, et autant de mois, autrement qu’à houer… métier opportun qui brise les reins et ne rapporte guère que pain dur comme travertin et chemises de lin.

LE JEUNE PIGEON & LA VIEILLE CHOUETTE

Petite fable affable d’après un mot d’Alphonse Karr

Un jeune pigeon, un jour d’été
Avait pris un petit coup dans l’aile
Il n’y a pas de quoi s’alerter :
Au bar du village,
Sous la tonnelle, il a fêté,
Avec ses amis, une bagatelle
Où les bouchons aiment à sauter.
C’était de son âge. 

Mais en rentrant dans son pigeonnier,
Il avait réveillé la chouette
Qui squattait là depuis l’an dernier :
Une vraie chieuse
Qui critique tout, l’air chicanier
Et souvent pour des cacahouètes,
Le merle, l’alouette, l’ânier,…
La vieille brailleuse !

Bec crochu et œil noir du maton,
Elle lui vola donc dans les plumes :
« Beau Spectacle !… À peine vole-t-on
De ses propres ailes,
Que l’on pèche et faute. Mais croit-on
Agir mal sans y laisser des plumes ?!…
Ah, l’Armée te ferait changer de ton.
La jeunesse est belle !

Le duvet tombé, adieu vertu !
Finies valeurs, aile protectrice.
Repens-toi, jeune inconscient obtus,
N’as-tu donc point honte !
Ne t’offrant ni place ni statut
La dissipation te fait Jocrisse ;
Tes travers sont un ravin pentu !
Rends-toi un peu compte !

- On appelle vices les plaisirs
Qui, à votre âge, nous fuient, Doyenne,
Et vertus, si on en a loisir,
 Les infirmités qui nous adviennent ! »

samedi 18 mai 2013

DRAGON D’HAÏKU MODO

Est-ce que ça n’est pas mal vu qu’il y ait
une pièce aveugle dans un hôtel borgne ?
Moi, je trouverais cela un peu… louche !

vendredi 17 mai 2013

HAÏKU BAILLE

J’ai longtemps rêvé au bonheur
avant de me rendre compte que le bonheur
était de pouvoir rêver…

LA CHANSON DU FABULISTE

Étant, par définition,
Souriant et bien aimable, 
Je bulle, assis, à ma table
Avec pour seuls compagnons,
D’éprouvantes éprouvettes :
Lions, vaches ou crevettes…
Même toi !

L’oeil grand ouvert et rivé
Au microscope du monde,
J’affabule sur l’immonde,
Dis jusqu’où ont dérivé
Lions, vaches ou crevettes,
Lamas, éléphants, fauvettes,…
Et puis moi !

Je moralise à tous vents,
Paroles vite poussives,
Pleines de poussière, hâtives,
Pour édifier - bien souvent
Pas les enfants ! - sur civette,
Lions, vaches ou crevettes…
Dans leur soie !

Je n’oublie rien ni personne,
Je fustige à tour de bras
Vices, travers scélérats
Ou défauts que nourrissonnent
Lions, vaches ou crevettes…
Montrant d’un doigt droit, louvette
Et puis rois !

Je me penche sans juger
Et goguenard, je raisonne
Sur quoi, parfois, déraisonnent,
À force de préjugés,
Lions, vaches ou crevettes…
Amassés à la sauvette.
Puis je vois… !

Esprit ocieux, plume en l’air,
Je m’épanche au fil de contes
Sur ce qu’on croit à bon compte,
Adages et courants d’air,
Vérités que croient divettes,
Lions, vaches ou crevettes
 Et puis oies !

Et j’y reviens sans fléchir,
M’efforçant de faire rire,
Ou, humble, du moins sourire,
Cela fait mieux réfléchir
Lions, vaches ou crevettes
Que tailler vaines bavettes !…
C’est vrai, quoi ?!

Oui, blanchi sous ce harnais
Qui ne m’a pas fait affable,
Puisqu’on n’écrit pas des fables
Ni jeune con ni bien né,
Je plaque pour la buvette,
Lions, vaches ou crevettes…
Et puis bois !

EN ROUTE POUR… LE NARCISSISME


Une glace de magasin,
Une vitrine me suffisent
(Tant pis si s’y trouve un voisin !)
Pour que j’admire, au mieux, ma mise :
Col, cravate, dents ou chemise 
Pour le beau gars ;
Rouge, brushing, jupe insoumise
Pour la ganga.

Pour les jaloux et les zinzins,
C’est vanité et balourdise
De se mirer jusqu’au bousin
Alors que c’est, au plus, exquise
Volupté, un plaisir qui grise
Et rend gaga.
C’est qu’il y à voir, Marquise,
Dans le bergat !

Il est conquis, elle est éprise,
Grandeur méga,
Par une image qui - surprise ! -
Est leur, Aghas…

UNE HISTOIRE DE COU !

Petite fable affable

Une girafe se monte le cou,
Se le cassant peu pour parler aux autres.
Par ici, souvent, quand on a du cou,
Ce n’est pas pour jouer les bons apôtres,
- C’est le cas de le dire, pour le coup ! -
En se le mettant par dessus tête.
Elle ne s’occupe que de son cou,
Car le grand animal n’est pas si bête,
De peur que ça lui en coûte la peau.
Elle agit, dia, en reine du troupeau.

Si elle ne bouge jamais son cou

Pour autrui, qu’il ait besoin de quelque aide
Ou d’un secours, elle remue du cou
Dès que l’on palabre ou que l’on plaide.
Le levant et le montrant tout à coup
Elle donne ses avis (qui indiffèrent)
Et offre conseils. Quelle casse-cou !
Elle prétend, alors, devoir le faire
Ayant certaine hauteur de vue
Sur tout et donc l’impose, m’as-tu-vu.

Comme elle pense plus haut que son cou,

Qu’on en a plein le cou de ses paroles,
On ne l’écoute guère, ou pas beaucoup,
En tout cas moins que la souris dont le rôle
Est celui que voudrait avoir ce long cou
Qui la toise. Car, quand vient une engueulade,
Dans le troupeau, nul ne lui colle au cou,
N’parle à son cou, sa tête étant malade.
Pourtant la girafe sait grec et droit
Mais l’autre est un conseiller si adroit.

Il faut donc crever l’abcès un bon coup

Pour le bien du troupeau, sa bonne marche.
Dame girafe en tombe sur le cou
Lorsqu’on réunit pour cette démarche
Le Grand conseil des Sages. « Et mon cou ?! » 
Aurait-elle-dit quand les nobles juges
 Tranchèrent en faveur, quel terrible coup,
De la souris. Elle, on la déjuge :
« La girafe a plus d’esprit que de cœur,
Que sa modeste et si petite sœur !

- C’était fatal que je l’aie dans le cou,

Affirma-telle à qui voulait l’entendre :
Cet insigne rongeur n’a pas de cou :
Il a donc le cœur, pas toujours si tendre,
Près d’un petit cerveau qui, pour beaucoup,
Ne vaut guère n’ayant pas fait d’études.
Sa bouche n’est donc, las, qu’un trou du cou.
Le réveil pour certains va être rude ! »
Comme la sagesse n’est pas le savoir
La rigueur ne peut droiture valoir.

mercredi 15 mai 2013

HAÏKU À LISSION

La plupart des anonymes affirment aspirer
à  la célébrité quand la majorité des célébrités
disent souhaiter un peu d’anonymat !


DEMAIN IL FERA JOUR

Ami un jour tu verras
Toutes les nuits s’estomper
Les cauchemars s’enfuir
Comme autant de scélérats
Et ne plus jamais tromper
Ni troubler le tendre fuir
De rêves sans embarras.

Ami un jour tu verras
Une aube se faire enfin
Aurore puis clair matin
Prélude d’un jour où Râ
Préservera à la fin
Tes heures de ces confins
De maints et vains baratins
Que le destin envoie.

Ami un jour tu verras
Les nuages en allés
Le soleil en matinée
Le meilleur présagera
Loin des regrets ravalés
Souvenirs rembobinés
Sans sommets ni Sahara

Ami un jour tu verras
Midi en faste et splendeur
Sonner à ta porte à toi
Et nul malheur n’adviendra
Tu n’auras pas en plaideur
À Choisir comme autrefois
Entre peste et choléra.

Ami un jour tu verras
Une après-midi passer
San hâte ni air traînant
Où chaque heure est un carat
Loin de regrets ressassés
Et des remords aliénants
Sans guère plus d’apparat.

Ami un jour tu verras
D’un crépuscule affairé
Naître un soir  tout étoilé
Qui là te rassèrénera
Et puis la nuit s’éclairer
 Sans soucis pour cabaler
 Sans illusion en fatras.

Ami un jour tu verras
Du levant jusqu’au couchant
Tu ignoreras peurs pleurs
Questions ou et cetera
Ta journée sera un chant
Et pas un champ de douleurs
Ce jour le jour tu verras.
Dessin : Camille Lesterle, 26 décembre 1013

EN ROUTE POUR… UNE SOIRÉE ARROSÉE

Je bois… pour tout, pour rien, pour moi,
Pour briller, pour qu’on me regarde,
Pour oublier je sais trop quoi…
Je bois à cette vie vacharde,
À ma femme, écharde criarde,
À ce gamin
Qu’elle dit mien, cette jobarde
D’seconde main.

Je bois… partout, par lien, par mois,
Pour exister, pour faire barde,
Pour croire être un autre parfois…
Je bois, en garde ou par mégarde,
À ma pocharde qui se farde,
Qu’aujourd’hui, demain,
Se feront, ah la gaillarde !,
Firmin, Germain,…

Je bois aux lumières blafardes
De jours communs
Je bois à ces nuits qui flemmardent
Sur mon chemin.

LA RÉVOLUTION DES PIGEONS

Petite fable affable

Le peuple des pigeons crie sa faim
- Des dames pigeonnes devrais-je, en fait, dire -
Qui demande aussi qu’il soit mis fin
Très vite au règne d’un monarque à maudire :
C’est un tyran, un accapareur,
Affameur d’enfants, ce bouffeur de brioches,
Qui ont fait la sienne, use de terreur
Envers les plus faibles : femmes, vieux, mioches,…
Donc on manifeste, peste et hue
Par les cours, sur les toits, dans la rue,…
Partout ce n’est qu’un cri, de douleur, de rage,
Venant de femelles enragées : « Dégage ! »

Ce roi n’aimait pas les concessions

Et encore moins les discussions.
Ainsi font, souvent, ceux qui règnent longtemps
Qui frappent fort quand plus rien n’appâte,
Oubliant qu’un carcan insultant
Tient moins, parfois, que du carton-pâte !

Elles réclamaient du pain, des grains

- Le sexe faible est engeance prosaïque ! -
La rumeur s’enflait. Le roi, chagrin,
Lui, répondit à coups d’ukases, de trique.
Rien n’y faisait : il ne fait plus peur.
Un ramier sortit de sa torpeur
Et réveilla les mâles à coups de harangue,
La rue fut en courant continu.
Aussi le roi dut s’enfuir. Habile en langue,
Le ramier, quoique nouveau venu,
S’affirma des idées neuves héraut
Et de la Révolution héros.
Que voulez-vous donc que l’on réplique
À qui inventa la République ?

Il mit au pas, et sans compassion,

Un beau sexe privé de passions…
Mais les cachotteraites pensaient, bonnes pâtes,
Qu’un jour nouveau chassait le vieux temps
Et qu’elles étaient, là, entre de bonnes pattes,
Qu’ainsi allait la course du temps…

Partout et toujours, ce sont les femmes,

Quoi que l’on dise et quoi que l’on croie,
Qui font les révolutions, Mesdames,
Le cœur gourd, las, porter leur croix.
Le malheur veut que ce soient les Hommes
Une fois chassé, banni l’Odieux,
Oubliant les Croqueuses de pommes,
Qui écrivent l’Histoire, et s’en font dieux.

lundi 13 mai 2013

HAÏKU LAPSUS

Contrairement à ce que pensent d’aucuns,
une femme peut parler dans sa barbe…
mais cela requiert d’elle une grande souplesse !

LA MAXIME DU HIBOU

Petite fable affable

Un vieux hibou ratiocinait toujours
À ses élèves, car il était maître,
Qu’il fallait veiller, la nuit et le jour,
À ne jamais, oh Dieu, non jamais, être,
L’artisan de son sort, de son malheur.
Il répétait, juché dessus son hêtre,
Que le temps fait oublier, ô douleur,
Qu’on est par trop souvent, sans le paraître,
À l’origine de sa propre mort
Ou, du moins, que sa chute l’on fait naître
D’un mot qui, pour les marmots, sonnait fort :

« Mes fils, de la fiente de la grive
Naît le gui, parasite absolu,
Avec lequel on fera la glu
Qui permettra… de prendre la grive ! »

LE BOULIER


Que l’on traîne ou l’on déboule,
Notre vie n’est qu’un boulier,
Et chaque jour une boule…
Quoi que vous disiez ou vouliez
Sage, rebelle ou maboule,
Glissant, lent comme un roulier
Vient une nouvelle boule
Jusqu’à ce que vous couliez.

Dans la boue ou la ciboule
Notre vie est un boulier,
Chaque jour est une boule…
Oui, quoique vous chambouliez
Même à en perdre la boule,
Les deux pieds en même soulier,
Toutjours s’ajoute une boule
Sur la tige du boulier…

Anorexique ou bouboule,
 Notre vie est un boulier,
Où une autre boule aboule…
Quelque sol que vous fouliez,
Pas de sortie, de traboule
Suivez votre voie, rouliers,
Les mains pleines de camboules,
La tête loin du boulier…

Fils de tours ou de piboules,
 Notre vie n’est qu’un boulier,
Et non pas un passe-boule.
Et si vous le blackbouliez
Pour que son train-train s’éboule  ?!…
Pour quelqu’ dieu que vous rouliez,
Il faut suivre l’autre boule,
Sur la barre du boulier !

D'UNE SOLITUDE À L'AUTRE

Seul, face à la meute,
Sans craindre l’émeute,
Le verbe en couperet 
Mais  le dos au mur.

Vérité à vendre

Et justice à rendre,
Sanctions ou arrêts,
L’air un peu trop sûr.

Toujours dans l’arène,

Sans rien qui les freine,
Qu’idées bien carrées,
Qu’un ton parfois dur.

Savoir en partage,

À trente dans la cage ;
Devoirs pour les purs
Que noie la marée.

Seul dans cette meute,

Un peu piot ou peute.
Élève peu « mûr »,
Je me tais, taré !…

dimanche 12 mai 2013

samedi 11 mai 2013

HAÏKU ASSOCIÉ

Notre fortune et, parfois, notre talent
dérivent au fil de notre humeur…
et pas que pour leur bonheur !