Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

lundi 13 février 2017

LA PLUS PETITE DES PETITES FOURMIS

Petite fable affable

Elle était la plus petite de son groupe,
Et pourtant elle avait mangé de la soupe.
Cette fourmi qui n’avait pas inventé
L’eau tiède était connue pour ses frasques
Dont elle n’avait pas besoin de se vanter
Pour que sa colonie en fût, par bourrasques,
Informée ce qui lui donna, à la fin,
L’aimable et doux caractère d’un biffin :
Naine parmi les siens, on n’avait guère
Besoin de chercher la p’tite bête, hélas,
Pour la trouver prête à vous faire la guerre !
Et là, on ne pouvait espérer, c’est class’,
Que des coups bas si on la mettait en boîte
Parce que qu’elle y rentrait la maladroite…

Petite, hargneuse, cette fourmi-là

Était naïve, la dupe d’entourloupes,
La godiche que de moquer on n’est las :
Plus, vaine, elle s’énerve et moins on la loupe.
Cet insecte était donc un parfait pigeon !
Une nigaude simplette offrant gorgeons
Parfois à des niais se gobergeant d’elle.
Mais que la gobeuse ait quelque doute ou soit
Autrement informée et c’est la querelle,
La peignée jusqu’à la saignée entre soi !

Lasse des pugilats, la majesté-reine

Qui avait le goût de la gloire et, pour les rênes,
Celle des populacières idées,
Convoqua un matin ce sujet de troubles
Qui crut, ma foi, qu’on allait intimider,
Si au trône elle pouvait plaider sa cause,
Ses tourmenteurs. Ah, la crédule ingénue !
On lui signifia l’exil et ses clauses :
humeur agressive et raisons saugrenues
Justifiaient cette sanction amère.
Elle ne put dire que : « C’est iniqu’, ma mère ! »

La reine, piquée au vif par ces propos,

Répliqua, tranchante : « J’agis, fille indigne,
Comme on le fait en pareil cas, pas de pot !,
Dans la société des Hommes, si digne
Et raisonnable, qu’on la dit bien mieux
Que celle des bêtes, animaux odieux,
Chez ces êtres toujours sages donc qui tant
M’inspirent, on prétend, ce n’est pas factice :
“Pour la paix sociale garder longtemps,
Il vaut mieux, parfois, petite injustice
Que grand branle-bas et général chambard,
Vains freluquets manquant moins que galabards !” »
Illustration : Élisa Satgé, été 2019

samedi 11 février 2017

HAÏKU’MPLOTISTE

François Fillon reste le « Plan A » des la droite républicaine…
Avant que les électeurs n’en fassent un « planté » !

POURQUOI BÂTIR DES CHÂTEAUX DE FABLES ?

Édito pour RuedesFables, avril 2016


           Pourquoi bâtir des châteaux de Fables ?

     Souvent poétiquement incorrecte, la fable est une histoire courte qui en dit plus long que n’en raconte d’épais opus qui prétendent offrir la saveur du savoir ou vendre l’essence de la connaissance. À ce titre, cet affable genre littéraire considéré comme mineur par d’aucuns qu’il touche alors qu’ils ne sont même pas visés, parmi les plus anciens et les plus prisés que nous connaissions, nous propose une foultitude de nouvelles universelles. N’en déplaise au plus banal sens commun, elles ne sont pas spécialement destinées à l’édification des jeunes générations de France, de Navarre et autres lieux circonvoisins – Que pareil sort soit épargné à mes humbles bluettes ! – ni propres à un hier totalement révolu : il est un moyen agréable d’ouvrir les yeux sur le monde et ses entours pauvres d’atours, le monde de toujours, le nôtre dont le fond change, souvent hélas, moins vite que la forme.

     Rimeur solidaire et tourneur-phraseur plus que juge ou censeur, conscient des difficultés que cela suppose, sans pédanterie ni cuistrerie, mais non sans plaisanterie voire rosseries, je me suis donc proposé, modestement mais sûrement, d’emprunter le sinueux et buissonneux chemin des écoliers pris par les fantasques et fantastiques auteurs d’apologues des siècles passés, afin d’offrir une série de chroniques terriennes sans prétention sur notre ineffable monde , tout en philosophie de conteur.

     Parce que « la fable est la sœur aînée de l’Histoire » (Voltaire) dont elle suit et souffre les aléas, sous vos yeux j’aime à voir s’écouler les grains de fables de mon fablier. Parfois cruels comme la vie, les objets de mes coupables faiblesses prêtent à rire et donnent à penser, « un fabuliste étant par définition, souriant / Et aimable », comme l’écrivait J. Anouilh (Le fabuliste improvisé, Fables, 1962). Ces gestes souvent agrestes se veulent donc autant de sketches impertinents sur notre société que de saynètes pertinentes de notre époque… avec un style d’un autre temps car


« le monde est vieux, dit-on. Je le crois – Cependant
Il le faut amuser comme un enfant »
(J. de la Fontaine, Le pouvoir des fables, Fables, VIII, 4).


      Il est donc bon que « Rue des Fables » qui vous livre des textes d’aujourd’hui avec des mots d’hier et, parfois, de la veille, ou des textes d’antan qui semblent d’une actualité brûlante existe. Ce site qui a eu la bienveillance d’accueillir l’obsédé textuel que je suis, vaut mieux qu’un opuscule qui se voudrait bréviaire moralisateur, il témoignage écrits sur écran d’un quotidien pas toujours très « moral » sans fausse pruderie ni pudibonderie surjouée. Car ces paraboles et métaphores, professeurs de vie et précepteurs de nos jours, ne « font la leçon » à qui que ce soit, à moins que ce ne soit, un peu, à tout un chacun, à commencer par les humbles serviteurs de cet art antique parfois porté au rang d’art scénique, qui convient sans véhémence dans le discours ni brusquerie dans l’attaque, au savant le plus érudit comme à celui dont on dit l’esprit engourdi.

      Fabuleusement vôtre…

jeudi 9 février 2017

HAÏKU DE PLUS

C’est clair : un Blanc qui est noir est plus sombre qu’un Noir qui est gris !

LE VAUTOUR & LE TIGRE

Petite fable affable après Le Tigre & le Vautour

Le Roi patiente hélas de fort longue attente :
La colère, chez lui, décuple la détente
Et ce vautour moqueur finira par tomber,
Se casser ou s’excuser pour avoir tant bombé
Le torse devant lui… Sa Jungle est mécontente !
Il en est pour ses frais : il ne peut que tourner,
Et retourner, sans fin, toute la journée
En usant sa salive en vaines invectives,
En condamnations qui seront effectives
Demain… ou après. De ça, il fait des fournées !

Le vautour, fort serein, persifle de plus belle

Battant très mollement et lentement des ailes,
S’envolant parfois plus haut, et jamais très loin,
Pour faire enrager plus le tigre. Est-ce un besoin ?
Le fauve est un ogre et à son renom fidèle,
Aussi Sa Majesté, tout courroux, s’entêtait,
Guettant le moindre faux pas de son adversaire,
L’inattention ou l’erreur. Là, il macère. 
Sans manger mie. Prêt à s’en tuer la santé.

Se casser les dents sur ce tas d’os l’insupporte,

Lui qui n’est que noblesse et force et se comporte
Avec grâce et souplesse à la ville et aux champs.
Ce charognard si laid n’est que le plus méchant
De ces prédateurs de viscères qui, à sa porte,
Mendient leur pitance, à lui, le roi de ces bois 
Et de ce qui l’entoure, lui qui met aux abois
Et l’Homme et l’éléphant, qui ne craint, formidable,
Ni le dieux ni les diables, fait sa table
De tout animal… et de ce piaf pourquoi pas !

Notre vautour, d’une voix posée et pesante,

Lui dit sans ambages : « Vois comme est plaisante
La Vie qui permet à un oiseau lourdaud
De faire la leçon à un roi en bord d’eau
Même si je suis d’une espèce peu causante.
Tout souverain qu’on soit, pester ou menacer,
insulter ou jurer de faire trépasser
Est inutile, futile et puérile :
De peur de rendre à jamais ton crédit stérile,
Ne promet que ce qui va, non peut, se passer ! »

mercredi 8 février 2017

mardi 7 février 2017

À TOUS LES HAÏKUS

Le meilleur endroit pour se retrouver ?
Mais « la salle des pas perdus », pardi !

CHERCHEZ LA FABLE…

Édito’ pour RuedesFables, janvier 2017


… Mais pas trop loin, car elle loge et se balade ici, RuedesFables dans laquelle vous venez d’entrer pour flâner un instant ou pour l’arpenter un moment. Car, avec des hommes affables et des hommes à home, metteurs en scènes et saynètes, on les y trouve toutes ou presque : fables de bon aloi, ma mère l’Oye, fables affables et qui sont parfois chants tournés en dérision ou ineffables fables. Jeunes, vieilles, éternelles, sur le retour,… il y a en pour tous les goûts et toutes les couleurs. On y croise même la fable de César* qui, aussi coquette et élégante soit-elle, même nue comme la vérité et volage comme l’ineffable air du temps, ne doit pas être soupçonnée… Si vous êtes à déambuler sur ce pavé c’est que vous connaissez auteurs et poètes qui ont souvent, jalousant peut-être les Anciens, disserté sur le genre littéraire que défend ce site. Ainsi, F. Hegel, dans son Esthétique (1818-1829) prétendait que « La fable est comme une énigme qui serait toujours accompagnée de sa solution », alors qu’il n’est pire mystère pour l’homme, aussi liant soit-il, que la fable à laquelle il est attaché parce qu’uni à elle ; surtout si c’est une maîtresse-fable ou une fable fatale, voire une de ces fables de Caractères (1688), s’il en est, si chère à J. de La Bruyère, adhérente au Mouvement de Libération des Fables. Son émancipation reste, moins acquis qu’acquêt, un combat qu’il faut chaque jour (re)mener haut la main et gagner d’aussi haute lutte même si, depuis les années 1960, chacun sait que « Moulinex libère la fable ». Et dès lors la fable, même si elle ment comme elle inspire, aussi galante qu’une fête, voit son empire total sur nous à la fois égérie et préceptrice… Car si l’homme propose, la fable, elle, dispose et ce que fable veut, Dieu le veut ; une simple fable étant l’égale de tomes : selon A. Houdar de La Motte (1672-1731), que cite J.-P. Claris de Florian dans la préface de ses Fables : « Pour faire un bon apologue, il faut d’abord se proposer une vérité morale, la cacher sous l’allégorie d'une image qui ne pèche ni contre la justesse, ni contre l’unité, ni contre la nature ; amener ensuite des acteurs que l’on fera parler dans un style familier mais élégant, simple mais ingénieux, animé de ce qu’il y a de plus riant et de plus gracieux, en distinguant bien les nuances du riant et du gracieux, du naturel et du naïf. » Aussi la fable de lettres ou d’esprit, sage et belle quand elle est jeune, est souvent incomprise aujourd’hui. Le genre s’étiole sans disparaître - sauf du catalogue des éditeurs - car la fable moderne existe et elle est fidèle autant que jalouse. Enfin celle que son époux, fort marri depuis, n’a pas pris pour une fable à tout faire alors qu’elle est fable d’affaires… et d’action, mot qui, lorsqu’il a la côte, est pluriel. Ce ne sont pas là histoires de bonne fable, ni de fables fortes bien entendu. J. Ferrat chantait qu’ « une fable honnête n’a pas de plaisir… » quoiqu’elle en offre, fable de bien comme fable de cœur, qu’elle soit de chambre - Ah, le ballet des fables ! - ou du monde. Bien sûr on pouvait m’arguer, pour me narguer, que l’un prétendit que « souvent fable varie, bien fol qui s’y fie », et qu’un autre, non moins péremptoire affirmait, trois siècles plus tard, « La chaire est fable et j’ai lu tous les livres ». C’est là, pour ceux qui ne veulent voir midi qu’à leur porte au lieu de le chercher à 14 heures, mépriser la fable qui est moins “de ménage” que “de méninges” - on parle alors de fable de tête ! - et la compter au rang des fables de peu, voire des faibles fables. Pourtant la plupart sont de saintes fables, même les petits bouts de fables, jolies fables qui deviennent si vite de ces “Fleurs du mâle” (1897) qui émouvaient tant Ch. Baudelaire. Les fables libres n’ont jamais bonne réputation, c’est pour cela qu’elles font tant d’histoires et posent des questions de morale ; en effet, « pour le fabuliste, il y a d’abord une moralité et ensuite seulement l’histoire qu’il imagine à titre de démonstration imagée, pour illustrer la maxime, le précepte ou la thèse que l'auteur cherche par ce moyen à rendre plus frappants ». (Claude Simon, Discours de Stockholm, 1966) Parce que « la plus belle fable du monde ne peut donner que ce qu’elle a », la fable parfaite, ou pire idéale, surtout si elle a la vertu court-vêtue et la morale élastique comme seules savent l’avoir les fables faciles, n’existe pas… quoique, peut-être pareille ingénue pourrait bien se cacher ici dans son plus appareil. De vers vêtue, veux-je dire !… Saurez-vous la trouver hors de l’école des fables ? Pour mon humble part, toujours un petit peu fable d’esprit, qu’on le veuille ou non, qu’on le reconnaisse ou pas, quand les Muses m’usent je ne peux que donner raison à L. Aragon, devenu pour le meilleur et pour le pire Le fou d’Elsa (1963), « la fable est l’avenir de l’homme » ; alors je mets mes mots sur les maux du monde. C’est là, bien évidemment, remède de bonne fable, mais efficace ô combien. Très fables en tout cas, de celles qui bien roulées sont tout aussi bien troussées, en espérant qu’elles ne soient pas comme les chemins, battues. Fabuleusement vôtre… car comme le chantait Julien Clerc : « Fables, je vous aime ! »

* Ça marche moins bien avec celle de Panisse ou d’Escartefigue !

dimanche 5 février 2017

SE HAUSSER L’HAÏKU ?

Qui a le front bas et le verbe haut ne voit souvent pas plus loin que le bout de son nez !

LE MEILLEUR DES POTEAUX

Petite fable affable à François F.

« Un droit et fort honnête piquet
Ne saurait être de vers piqué ! »
Un fils de bon poteau, fort pieu, 
Criait tout haut à la calomnie
Lui, presque un mât, « véreux » ? Que nenni ! 
De bonne foi, est-il si vieux ?
C’est là cabale de barbelés, 
Un coup du clan des clous, cavaliers
intrigants, des lombrics annelés
Et du fil de fer, leur allié !

Il n’est ici bout de bois plus sain
Pour servir, diriger et cadrer :
Gourdin planté par l’homme à dessein !

Les vaches ne peuvent l’encadrer ;
En ligue, elles complotent, c’est sûr !
Vouloir le bien d’autrui malgré lui
Fait naître factions et menées
De bêtes sans honneur ni Q. I.,
De gens voulant prendre ou malmener
Le bien de leur proche voisin,
De rôdeurs ayant l’âme au complot,
Aux ruses, aux coteries, au bousin,…

Jalousie, ragots,… c’est là son lot.
Fi de ces perfides rosseries
Sa vie n’a rien d’une infâmie ;
Foin d’injurieuses menteries 
La rumeur rongeant jusqu’aux amis !

Que cessent dès lors ces vilenies
Et que se taisent ces calomnies :
Il fut manche de pioche et puis
Bâton !… Certes, il est là reclassé
L’épieu et l’ont affaibli les pluies
Mais il fait face, sans se lasser,
Aux rumeurs comme au froid du vent
Même si ça le démange ici
Et le gratte là, bien plus  souvent…
De là à faire vers de ceci !

Las, qui veut l’évidence nier
Fait de lui-même son ennemi
Et passera vite pour niais
Surtout s’il est roide et pas que mie !

samedi 4 février 2017

HAÏKU’R TILIÈRE

L’espoir est moins loquace mais plus tenace que le désespoir dont, à la fin, ne reste que traces lasses !

vendredi 3 février 2017

HAÏKU’RÈGES

Un homme de tête peut-il avoir, aussi, l’esprit de corps ?

FI D’ELLE ?

Petite fable affable à Geno…

Le cours du Temps se prélassant un instant,
Deux pigeons s’aimèrent d’un amour fort tendre
À l’avers, au revers des verts du Printemps
Quand sève et rosée ne peuvent, las, attendre.
Lui protecteur, aguerri prit sous son aile
Cette belle oiselle encore demoiselle
Et après quelques moments d’amitié
Elle devint, comme on dit, sa moitié.

Ils se firent un nid douillet de leurs heures
Dans la chaleur de leur geste de douceurs
Pour couver, ici, là, un bonheur sans leurre 
Et faire éclore la vie loin des censeurs
Malgré la jalousie, l’envie ou les dires.
Elle prit la plume pour mieux en rire,
Pour voler des vers aux vents, d’exquis mots 
Tombés de la dernière pluie contre ses maux,…
Sur des feuilles, elle gardait ces traits modestes
Glanés en secret aux chants, le grain germé
De paroles envolées, d’écrits qui restent,…
Pour en faire des fleurs, continuer d’aimer.
Mais le fil du Temps redevint soudain preste :
L’hiver a frappé l’amant. Finis les mai.

La jeune veuve au trépas a cru le suivre
Mais le verbe, en humble sauveur, a soustrait
La Belle à ce sort, comme on dit dans les livres.
Depuis sa plume court de lettres en traits,
Par eux, sans fin, elle ouvre et déploie ses ailes :
Comme jour et nuit se succèdent avec zèle,
La mort peut n’être en rien un renoncement
Car de toute fin naît un commencement.

mercredi 1 février 2017

HAÏKU’ELLE

Halte à la médisance contre les rongeurs !
Contrairement à une mesquine idée reçue chez les fesses-Mathieu, je connais des rats - au diable, les varices ! - qui ne sont pas pingres pour deux sous !

SON AMÉRIQUE À LUI (Donald’s Song)

Car il n’y a pas eu, malheureusement, Trumperie sur la marchandise !
D’après Mon Amérique à moi (Philippe Labro, Eric Bouad & Johnny Hallyday)
 dit et chanté par J. Hallyday

Son Amérique à lui est pays sans Peaux-Rouges,
Ni noires, ni jaunes, ni latinas,… Nenni !
Il n’a en mémoire que des ombres qui bougent :
Celles d’esclaves fuyant des encapuchonnés aux mains rouges,
Lynchage et croix en feu, près du Mississippi…

Son Amérique à lui
Où rien ne reluit !

Son Amérique à lui est blanche, Dieu du Ciel !
Pas celui des Muslims, des Juifs, des Catholiques,…
Le Seul, le Vrai qui donna cet’ terre de miels
Aux Pères Pèlerins, citant Danyel ou Ezéchiel,
Bible à la main, charrue et fusil,… barda basique !

Son Amérique à lui,
Prosélyte et nuit !

Son Amérique à lui hait les lesbienn’ et homos.
C’est un pays ivre de bière et de guerre,
Où le mâle se fait obéir d’un seul mot,
D’un seul geste, où la femme, épouse et mère, est servile ou guère
Plus qu’objet sexuel, Eve fautive et maux.

Son Amérique à lui,
N’est pas d’aujourd’hui !

Son Amérique à lui, est celle du « Veau d’or » :
Du fric et du bling-bling, des seules apparences,…
Où le pauvre est vil parasite des cadors,
Le chômeur, fainéant qui met vos impôts en souffrance,
Le looser, un raté qui sur ses rêves dort,…

Son Amérique à lui,
N’offre pas d’appui !

Son Amérique à lui, elle fait du tintouin :
Pauvres aux salaires de misère ordinaire,
Vieux sans retraite ni toit, malades sans soins,
Fonctionnaires en moins et plus de flics tortionnaires ;
Plus de lois, pas de droits et prisons de sagouins,…

Son Amérique à lui
N'est que fureur et bruits !

Son Amérique à lui bannit l’esprit et les arts !
Ainsi est devenu un cauchemar, « le rêve
Américain » ; cette terre d’asile, hasard ?,
Risque les scissions, les sécessions plus que les grèves :
Leur « Freedom » se vend dans un pays fait bazar !

dimanche 29 janvier 2017

HAÏKU’RS, FORREST COURT !

On peut, paraît-il, difficilement concilier la tête et les jambes.
Tout être prenant les jambes à son cou est conscient du contraire !

LA FILLE DE LA GRENOUILLE QUI…

Petite fable affable après et d’après La grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf, 
J. de la Fontaine, Fables, Livre I, fable 3

Dame Grenouille fit un veuf
Quand la sotte voulut et ce, vaille
Que vaille, se grossir autant que le vieux boeuf.

Le pauvre, s’entend, éleva seul à la baille,
Leur fille comme ferait un censeur 
Disant : « Jeune a besoin d’un fesseur
Quand, ne manquant pas d’air, ell’ coince bulle encore !
- Nenni ! - Que fais-tu donc ? - Je m’éclate ! - Halte-là !
- Vous me reprochez tout ! » Pour être moins accore,
Il narra à cette diva
La si peu sage vie, et la mort, au passage,
De sa mère… qu’elle imita comme une sœur !

Il faut toujours du Livre dévideur
De souvenirs sauter des pages !

vendredi 27 janvier 2017

HAÏKU DEUX

Les « Grands Tournants » de l’Histoire ont souvent été préparés par d’anodines situations et déclenchés par des événements jugés alors insignifiants…

QUINTAINE

Capitaine, oh mon Capitaine,
Foi puritaine ou âme hautaine
Mais l’ambition sacristaine,
J’ai versé dans la Fontaine
Étant enfant,
Piaffant,
Voire échauffant.
Une bonne Samaritaine,
A éloigné ce bel infant,
En guère plus d’une huitaine,
Des ciboires et des patènes.

Capitaine, oh mon Capitaine, 
Loin des futaies ou des futaines
Et des folies ultramontaines,
J’ai puisé à La Fontaine
Des éléphants
Des plus bluffants,
Des loups, des faons
Et des animaux, par vingtaines,
Bouffant, trottant, crottant ; bouffant,…
La chose est avérée, certaine,
Même si l’histoire est lointaine…

Capitaine, oh mon Capitaine, 
Oui, j’ai pris à La Fontaine,
En rien un croquemitaine,
Et un peu à l’ancienne Athènes,
Un olifant
Ébourriffant
Et triomphant,
Et ce goût pour la turlutaine,
Dans des monde et temps étouffants
Où on prend moins gants que mitaines,
Valant sagesse tibétaine

Capitaine, oh mon Capitaine, 
Courant toujours la  prétentaine
Dans les bois et forêts d’Aquitaine,
Qu’a-t-il gardé de La Fontaine
Ce vieil enfant ?
Mots fieffants
Et vers chauffants
Qui habillent de tiretaine
Sa vie châtaine, Ma Fanfan,
Faite de mille jours quétaines,
Avec leurs heures en pantène.

Capitaine, oh mon Capitaine,
Sur ce, ici, je vous rends l’antenne !

mercredi 25 janvier 2017

HAÏKU D’ELLE

Dis papa, comment les avions ils font pour voler sans battre des ailes ?

PILE DANS TA FACE

Petite fable affable pas tirée par les cheveux

Depuis qu’il se faisait des cheveux, 
Il les perdait, le vieux Léonce.
Et l’un d’eux, coupé en quatre, nerveux
Qui traîne sur son épaule, y pionce,
Ne voulant pas finir chiquenaudé
Grimpe, poil à poil, dedans sa tonsure
Pour sans complexe y baguenauder.
Lui, il ne craint pas les mots à morsure
Des tifs  en touff’, ses pairs sprirituels,
En bataille, comme à l’habituel.

Depuis qu’il se faisait des cheveux, 
Il en avait plus d’un dessus la langue,
Léonce. À faire rire les morveux
Qui en ont un dans la main, tout en gangue.
Ces cheveux d’ange, eux aussi, ont migré,
Sur le luisant dégarni de son crâne.
Il en eut mal aux cheveux, mais bon gré,
Mal gré, traita à l’ébouriffé d’âne
Ceux qui crurent à l’abus de cachaça
Quand il nous raconta, au café, tout ça.

Alors que ce chauve sourit aux fables,
De ce conte qui t’a pas emballé
Quelle serait la leçon indispensable ?
On ne cache jamais mieux un galet
Que dans une rivière et du sable
Que sur la plage, Petit Gringalet !

lundi 23 janvier 2017

POUR HAÏKU’PEZ L’APPÉTIT ?

Nuisant à ma bonne fame, infâme, ma femme m’affame…

VOEUX VERTS

Vieux comme l’hiver, 
Je fuis l’univers,
Ses soucis divers,…
Là, vide comme mon verre,
Je m’épanche en vers,
Rime à mots couverts
Comme, jadis, les trouvères.

Ce sont maux ouverts,
Avers et revers,
Que je mets, être larvaire,
À nu comme un ver
Ou à découvert.

C’est, sans vouloir m’être sévère,
Mon moindre travers,
En rien pervers,
Sauf que j’y persévère,
À cœur entrouvert,
D’ombres recouvert :
Viens voir mes joies, mes calvaires,
Vue de leur envers,
Comme par devers.

samedi 21 janvier 2017

HAÏKU’PURE DE PRESSE

Pourquoi les souvenirs, surtout mauvais, inlassablement nous rattrapent-ils même si on veut, à marche forcée, aller de l’avant ?

LOUP GRIS, LOUP PRIS

Petite fable affable d’après Le loup ermite d’A. de Blanche

Dans son piège, un loup se lamentait
Car la peur de l’avenir le hantait :
L’homme qui l’avait pris en chausse-trappe
Allait le faire pelisse, chaussons,
Trophée, collier de crocs, griffes-en-grappe,…
Son compte était bon. Il n’est de chanson
Qui célèbre, au bas monde, de la Chasse
La magnanimité comme une grâce !

Entendant venir l’être, le Gris geint,
Se plaint de n’être encor’ que sauvagin
Et bien que l’humaine vindicte
Lui veuille cent douleurs et mâle mort,
Il aurait aimé, son devoir le lui dicte,
Servir au saint berger de matamor,
Lui devenant chien docile et fidèle
Et se tenir coi comme un modèle.

À ouïr ça, le chasseur est surpris :
Il espérait fort tirer un bon prix
De cette peau-là mais le bénéfice
Serait plus gros, si la bête est dressée !…
Elle ferait à plus d’un bon office,
À vil coût. Le voilà intéressé.
Il rassure l’animal qui, là, tremble,
Le tirant du trou, des rets tout ensemble.

Aussitôt le fauve reprend du poil
De la bête et croque le Ratapoil
Qui n’a pas plus le temps de dire « flûte »
Que « crotte », hélas, expirant donc en paix.
Il aurait dû savoir que, dans toute lutte,
Qui est forcé n’a pas l’esprit épais,
Que le plus sot des loups tombé en fosse
Est prêt aux conversions les plus fausses !

jeudi 19 janvier 2017

HAÏKU’RTISAN

Prendre une femme à la légère s’avère souvent lourd de conséquences !

Y’A COMME UN HIATUS !

Anecdote tirée des aventure de Frère Sourire

Défenseur de cette saine honnêteté 
Dont il se dispensait avec chasteté,
Ce sérieux qu’on appelait « Frère sourire »,
Prêtant le flanc, nous donna un jour à rire :
Il fut pris un matin, sans plus de simagrées,
D’une crispation de la mâchoire
À force de risettes ?… C’est vinaigré !
Le voilà qui grimace, rictus sur la poire…

Le voilà dents limées et bouche en biais
À béer comme mec au moucharabieh :
Un virus s’est invité chez cet aimable
Objet de mon attention inestimable !
Lui qui méprise petits et bactéries
Et n’apprécie pas plus ces autres diphtéries 
- Les lampistes, les sous-fifre et les sans grade
Qu’il voit microbes ou amibes en rade -
Le voilà obligé de vivre avec un mal,
Né d ‘un germe ou d’un bacille qui fascine
Comme pourrait le faire quelque animal,
Tous les plus grands pontes de la  Médecine…

Devenu, malgré son animosité,
Objet d’étude et de curiosité
Celui qui était si perfectionniste
- Pour autrui ! - face au mal expansionniste
Se résout à la modeste humilité
Du patient qui attend la Bouchère
Mort mais il est si mauvais en vérité
Qu’hélas c’est le virus qui creva, ma chère !