Petite fable affable
On m’a conté une histoire édifiante
Par deux fois et chose rare, et peu riante,
Avec des fins différentes qu’il me faut,
Ici, vous raconter avec ce défaut.
Un hérisson qui ne faisait pas son âge
Mais que son âge, lui, hélas, défaisait,
Donnait la leçon à sa portée : « Je gage,
Disait-il, que mes mots vont vous aviser
Des dangers qui nous guettent nous, les petits
Êtres qui croient par trop à leur carapace.
Elle est trompeuse, mes fils, je vous le dis :
Elle ne protège guère des rapaces,
Des crocs du renard, de la pique au gitan
Ni des cours d’eau que l’on croit vaincre à la nage.
Alors soyez sur vos gardes tout le temps :
La prudence m’a rendu fort vieux et sage !
De la fouine, au hibou et au sanglier,
De la chouette aux détritus et ordures,
Tout nous est péril, parfois bien maquillé,
Comme ces chats et ces chiens à la dent dure.
J’ai tout connu, moi qui ai tant voyagé,
Croisant, et partout !, ces ennemis immondes
Qui nous épient à l’orée des potagers :
Ils n’attendent qu’un faux pas puis, sur nous, fondent ! »
Croyant ses petits convaincus, l’animal
Les abandonne pour reprendre sa route
En plein cœur d’une nuit qui ne veut de mal
À personne. Un charroi, las, au sol le cloute…
Le premier qui, un beau soir, me l’a narré
Ajouta pour à la morale conduire :
« Une vie ne suffit pas, et j’en suis navré,
Pour faire le tour de tout ce qui peut nous nuire ! »
Le second conclut à pareille aventure
Qu’il ne faut jamais suivre les bons conseils
De qui est incapable, sans imposture,
De se les appliquer. Soit-il ton pareil.
Quelle est la maxime la plus opportune ?…
À vous, dès lors, de pencher pour l’autre ou l’une !
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