Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

mercredi 27 avril 2011

POUR HAÏKU PET NET

Souvent quand on bout… on les met !

C'EST BEAUCOUP - ET PEU - DIRE !

      Ce n’est pas pour dire mais on a beau faire, on a beau dire (même à voix basse et en privé), Monsieur le Directeur, on ne trouve pas toujours les mots pour le dire. Pour bien dire j’entends. Et, quoi qu’on en pense, quoi qu’on en dise, pas besoin d’audit, comme qui dirait. Vous dîtes ?…
  Voilà. La sagesse populaire disait - car mon petit doigt m’a dit (c’est ce qu’on appelle une confesion auriculaire) que cela ne se dit plus - : « Bien faire et laisser dire » ; mais quand le mal est fait, hein ?… Il va sans dire, ni me dédire, que j’ai à dire mon opinion et à redire par la même occasion quand bien même voudrait-on me l’interdire…  C’est vous qui le dîtes… et vous ne croyez sans doute pas si bien dire !
  Ah, on se dirait au printemps et dire que votre temps est précieux !… Bon, résumons : c’est-à-dire que - pour ainsi dire ! -  même si toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, dit-on, j’ai ouï-dire, qu’à heure dite, certains bandits du bureau naviguent de non-dits - on peut maudire sans mot dire - en on-dits sur mon compte. Qu’on ose me contredire, je prédis le pire - c’est dire ! - car je sais ce que je dis, si j’ose dire… et qu’on se le tienne pour dit ! 
  Autrement dit, je me suis laissé dire que, pour tout dire, pour eux dire n’étant guère aisé, ils préfèrent médire de mes dires. À vrai dire, je ne vous dis que cela ; il faut bien le dire… Certes, je ne crains nullement le qu’en dira-t-on et c’est vrai que lorsque j’ai des choses à dire, je ne l’envoie pas dire : aussitôt dit, aussitôt fait, mais quand même : on a bien su me le dire
  Bref, je tenais, sans dithyrambe, à ce que cela soit dit, et carrément, comme on dit ! C’est fait car je sais dire son fait, dame, à tout quidam de macadam !… Qu’avez-vous à en dire ?… Qu’est-ce à dire ?… Cela ne vous dit rien qui vaille ?!… À qui le dîtes-vous ?!… « Qui dit froid écrivain dit détestable auteur » ?!… Je ne vous le fais pas dire. Ah, ça vous ne l’envoyez pas dire, vous. Et qui dit cela !… Boileau ?!… Non merci, c’est dit, je préfère le brandy. Avec de la glace… Comment ?! Je parle pour ne rien dire ?!… Vous m’en direz tant !… Monsieur, soit dit en passant, entre nous, dirait-on, tout est dit… de Nantes, bien sûr !… Qui l’eût dit, dis donc ?! Je me disais aussi,… mais je ne me le ferais pas dire deux fois : Adieu, pardi… J’ai dit, Monsieur !

BRAME AU PAYS DE BRHAMA

Petite fable affable
D’après une phrase du Mahatma Gandhi

« Ô Père, hurle une aigle dans l’antre de Brahma,
Ma couvée, dénichée, en sanglante escalope
A été transformée par quelque lycanthrope.
Que Ta justice soit, car tel veut le karma !

Ma couvée, dénichée, en sanglante escalope…
J’exige l’œil pour œil, vengeance au maxima,
Puisque ma descendance, en amas, en magma,
A été transformée par quelque lycanthrope…
J’exige l’œil pour œil, vengeance au maxima !
 - Veux-tu que le monde n’ait que peuples cyclopes,
Aveugles, au pire ?… Serais-tu donc myope ?!
- Puisque ma descendance, en amas, en magma,…
 - Veux-tu que le monde n’ait que peuples cyclopes ?
- Non Père, dit l’aigle, je n’ai pas l’estomac
D’un brahmane qui craint ta loi et ton primat
Aveugle, au pire… Serais-tu donc myope ? »

D'OR & DE SANG

Cycle historique


Je me souviens : c’était lundi, jour de marché
Et, sur les flancs chaulés des murs blancs échaudés,
L’ombre légère de Maïtena marchait ;
Sa tête était pleine de rêves échafaudés…

La peine remplaçait la plainte 
La fatigue chassait les larmes
Dans les consciences si fières
De cette obscure terre sainte
Que nulle lutte ne désarme
Que personne n’a mise en bière

Je me souviens : c’était lundi, jour de marché.
Dans la tiédeur ombrée des murs blancs échaudés,
Maïtena, allant d’un bon pas, s’approchait
Et, dans son sillage, mille espoirs qui rôdaient…

La foule endimanchée bourdonne
En senteurs en bruits en palabres
 On négocie on vend on donne 
Ici le jour au jour succède
Mêm’ si le pays se délabre
L’habitude à rien ne cède

Je me souviens : c’était lundi, jour de marché.
Riant, tout au long de ces murs blancs échaudés
Notre Maïtena, de son pas déhanché,
Arrivait en ville sans se baguenauder.

Le jour et le soleil faillirent 
Quand d’un coup les condors jaillirent
Leurs charges fondirent si viles
Broyant cette ville incivile
Figeant dans un cri l’âne et l’âme
Baignant dans les flammes hommes et femmes

On s’en souvient : c’était lundi, jour de marché
Sous un bloc arraché aux murs blancs lézardés,
Maïtena, l’enfant si seule, s’est couchée
Alors qu’autour d’elle, partout, l’Enfer ardait…

Et puis se furent le silence
Des fumées montant en panache
Et cette odeur de pestilence
Qu’offre la victoire indécente
Au crime commis par des lâches
À Guernica aux fleurs naissantes

Qui s’en souvient ?… C’était lundi, jour de marché,
Aux morceaux entassés de murs blancs enfumés
Maïtena, sans vie, on a du arracher,
Petit corps calciné aux doux yeux embrumés…

La douleur torture ces ruines
Qui des mémoires se retirent 
Mais son sang si innocent bruine
Sur tous les autres territoires
Qui subissent un pareil martyre
Charniers des damnés de l’Histoire

lundi 25 avril 2011

HAÏKU PERSO'

Si j'ai le souffle court, je ne manque guère d'inspiration !

À MON PETIT ANGE

Mon Cœur, dans mes bras,
Sieste brève,
Tu pars pas à pas
Pour des rêves
Où Papa n’est pas…
Quand l’astre se lève
Un Morphée sans sève,
Amant délicat,
Vient, t’enlève
Sans plus de fracas…
Longue trêve
Lourde d’embarras.

Tout ne vaut que fèves
Et basta
Tous mes anciens rêves :
Tu es là !…
Et si l’on endêve
À me voir gaga :
Chacun de tes pas
T’éloigne, m’élève ;
Tu seras
Toujours cette sève
Qu’enfanta
La plus belle des Ève…

Blottie dans mes bras,
Tu élèves
Mes jours de combat
Et relèves
Mes nuits sans grabat.
L’enfance si brève,
Si vite s’achève :
Ses ors, ses carats
Qu’ôte, enlève,
Un temps fier, ingrat,
Nous soulèvent
Jusqu’au noir trépas…

Mais aux heures brêves
Tu fuiras ;
Pour de grèges grèves
Tu partiras,
Courant d’autres rêves,
Car tu grandiras
Et embelliras
Pour devenir l’Ève
D’un bêta…
Moi, déjà, j’en crève :
Ça m’abat
D’être sous ce glaive !

LE REPRÉSENTANT DU PEUPLE

Cet élu du peuple
Aux airs césariens
Que fait-il des cris
Du sort des proscrits
Cet élu d’un peuple
Qui ne lui doit rien

LE SENS DE LA MARCHE

Il faut bien avouer qu’on a fait des progrès
Depuis les obscurs premiers âges,
Ceux du bois, du silex gris, du galet de grès,
Pour arriver aux alliages
De bronze, fer et acier, degré par degré…

Et ce malgré les simagrées
De ceux qui aiment à dénigrer !

Il faut bien avouer qu’on a fait des progrès
Pour arriver jusqu’à l’atome
En passant par la poudre, degré par degré…
Pour détruire toujours plus d’Hommes,
Oh oui, c’est fou ce qu’on en a fait des progrès !

LA BOURRIQUE ÉVOQUANT UN CONCOURS

Petite fable affable

Un zèbre fuit son enclos.
Sa course le mène auprès de quelque cour
Où s’était déroulé un certain concours :
 Un grison, rétif et sot,
Un bardot, bête entêtée,
Et la mule, qu’on dit reine en Papauté,
Causaient avec le baudet du Gâtinais
Et Mulet, pis qu’âne bâté,
D’un grand titre de beauté
Qu’un Pur-sang étranger y avait glané.
Bien soigné, fort entraîné,
Ce vainqueur méritait d’être rejeté !

Le bon Maître bourricot
Faisait aux portefaix jaloux un vrai cours,
Tenant, sans qu’on puisse le prendre de court,
Que la splendeur, c’est idiot,
Quand on est bête montée.
Le titre était donc usurpé et gâté ;
Seul un animal stupide et bien borné,
Pourrait se féliciter
D’en être ainsi bâté
Et de l’avoir volé aux âmes mieux nées.
« Son prix, et ses haquenées,
Il les doit à on ne sait quelle bonté ! »

Le zèbre leur dit franco :
« Mes Bêtas, ce n’est pas un bien grand secours
Que de tenir ainsi d’aussi vains discours.
Moi qui porte un vieux tricot
De bagnard, la Vanité
Ne m’a ni aliéné ni affété :
N’ayant au cou ni charrue ni charretée,
Je suis mieux nourri qu’un ânon de l’année ;
Sans licou, jamais monté,
Mieux que vous je suis côté
Et à l’abattoir ne suis pas destiné…
Votre cheval, Grands Benêts,
N’est pas mieux loti que vous, en vérité !
Peste soit de l’envie et de tout envieux
Qui ne voit jamais, dans les rangs de ses semblables,
Que privilège injuste et chance discutable.
Que notre ciel soit de soleil ou pluvieux
Nous guettera toujours une faux comparable ! »

samedi 23 avril 2011

HAÏKU ARDISE

La superstition ?… Jamais : Ça porte malheur

Dessin : David Sanjaume, 22 janvier 2011

PETIT ÉCHO DE L'ÉCOT DE L'ÉCO'

Le champagne accompagne les tournants
Que connaît ma vie
Le champagne accompagne incontinent
Les cours de la Bourse
Qui montent à l’envi
Sans finir leur course
Le champagne accompagne les tournants
Que connaît ma vie
De gagnant ordonnant

Si les contrats s’additionnent
J’dis méfions-nous de demain
Et je me sucre copieux
Si ça aide et subventionne
J’ai la sébile à la main
Ventre creux et larmes aux yeux
Et puis je me barre en Suisse
Et joue de la cuisse

Le champagne accompagne les tournants
Que connaît ma vie
Le champagne accompagne prévenant
Les cours qui s’effondrent
Quand lui prennent envie
Je peux virer tondre
Le champagne accompagne les tournants
Que connaît ma vie
De gagnant permanent

Quand ça casse la baraque
Je licencie m’enrichis
D’un mouvement de sourcil
Quand ‘y a un clash que ça krache
Je m’augmente et remercie
Quoi que tous les autres en chient
Et puis  je fais ma valise
Et délocalise

Le champagne accompagne les ponants
Que subit ta vie
Le champagne accompagne rayonnant
Tes dilemmes tes problèmes
Soucis et survie
Sans rendre mes matins blèmes
Le champagne accompagne les ponants
Que subit ta vie
De perdant de stagnant

Le champagne accompagne les tournants
Que connaît ma vie
De mâle dominant
Le champagne accompagne les ponants
Que subit ta vie
De pauvre ruminant