Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

dimanche 31 mai 2026

HAÏKU DE PUB’ ?

Cessez de juger la valeur d’un livre à sa couverture… médiatique !

RIEN À FAIRE

« Mais tu ne t’ennuies jamais dans ta cambrousse
À admirer, là, sans fin, des heures rousses
Aux heures plus blanches la course du Temps.
Y passer, je ne dis pas, de temps en temps
Mais y rester !… Faut que t’aimes faire malaise,
Qu’à t’emmerder, tant, et plus tu te plaises :
Il n’y a rien à faire et pas plus à voir ! »

Rien à faire ? Comment peux-tu le savoir ?
Je cours les bois, couvre leurs sentiers et sentes
Et sous les arceaux de branches, aux innocentes
Ronces je donne des bouts de mes habits
Et aux orties des parts de peau lors rubis.
J’écoute d’où vient le vent comme les trilles
Des oiseaux, le murmure des rus qui brillent.

Rien à faire la belle affaire, Pauvre Sot !
Je passe par les prés et aux labours fais un saut
Pour voir les nues désembrumées qui s’aurorent,
Et leurs nuages qui s’empourprent ou se dorent,
Pour suivre les voies invisibles qu’ont pris
Quelques coups d’ailes, de me savoir, surpris.
Les cieux changent tant à qui, là, les regarde.

Rien à faire ! C’est parole de Vieille Garde.
Je poursuis ces insectes si insignifiants
Qui vivent leur petite vie de ruffian,
Aussi empressés, oui, que toi avec la tienne
Toute aussi vaine et aussi pleine d’antiennes.
Je contemple des décor qui suivent la saison
M’adosse à des arbres qui me survivront.

vendredi 29 mai 2026

HAÏKU POST ALE

J’ai plus de plis au front que dans ma boite aux lettres.

LE MALE BUISSON

Petite fable affable d’après Lockman

Un malingre buisson dit au jardinier : 
« Ah, si quelqu’un, comme d’un bananier,
Prenait soin de moi, me plantant au centre
De son clos pour que j’y fasse mon antre, 
M’arrosait, me cultivait mêmement
Qu’un autre, mon ombre, certainement,
Serait courtisée, mes fleurs feraient vases
Et mes fruits de belles et bonne brunoises. »

 Le maraicher le prit et le ficha
Au milieu du jardin, en bonne terre,
 Qu'il fuma à grand frais comme en gros tas.
Et pour faire taire l’argumentaire,
L’arrosait deux fois par jour. Jamais moins .
Les branches du buisson allèrent au loin,
Forcirent, se fortifièrent d’épines
Alors que s’enfonçaient ses racines taurines.

Bientôt le beau jardin fut tout à lui,
Ne laissant à rien le moindre réduit.
Toutes les fois qu’ une aide on te demande
Réfléchis qu’au bien, un mal on ne rende,
Car ainsi vont les sournois, les méchants
Qui pour nuire prennent toujours du champ.

mercredi 27 mai 2026

HAÏKU DE P.C.

Plus l’ordinateur est petit, plus il se fait grand ordonnateur.

LEVER DE LUNE

D’après une photo de Marc-Yvan Custeau, 22 septembre 2025

Un berceau de lune enfin se dessine,
Un frêle arceau de lumière plongé
Dans le puits de cette nuit qui nous fascine,
Sereine, où l’ombre émue sst prête à songer
Sous la voûte étoilée où elle prend racine.

Le soir est empli de souffles et de frissons.
Il n’a rien de l’huis sombre, clos de silence,
D’une tombe pour les buis et les buissons.
Ses pâles ténèbres fuient la somnolence
Dessous ces lueurs timides en écusson.

Ce calme infini appelle à la quiétude.
C’est depuis les champs qu'on voit le mieux les cieux
Aux obscures harmonies, dans la solitude
Reposante d’un astre au contour gracieux
Qui mène un rêveur à la béatitude.



lundi 25 mai 2026

HAÏKU DANS LE PIF

Ce qui pend au nez des gens n’est jamais très propre !

LE GLOUTON COURTISAN

Petite fable affable d’après Jean de La Bruyère

Les gens de mérite ont, las, peu en marmite.
Les médiocres bâfrent comme faux ermites.

Un lynx austère et droit en prend son parti,
Pas un glouton ne manquant de réparti
e
Qui, chaque jour, dit, à tous, car il le pense
Qui’l faut moins nourrir son esprit que sa panse.


Notre goinfre alla donc voir le roi puma
Et lui fait, en préface, avant les frimas,

Un ample hommage, une longue dédicace
Où la gloire du félin côtoie sa grâce,
Sa libéralité appelant respect
Et quelques révérences au parfum bien suspect.

Puis entre mille autres caresses verbales
Il jure ses foi et soumission totale 
Au fauve, afin de, sans être son égal,

Avoir un beau rang dans le règne animal.
Elle méritait d’être ouïe cette chute
Quoi qu’elle vînt après de longues minutes.


Il est certains rois à qui cela convient
Mais ils sont rarement hommes de bien.
Bonnes gens comme nous, à d’aucuns Auguste,

Ça froisse les oreilles, courbe le buste ;
C’est le cas de notre souverain bien roux,

Et là, hélas, c’est l’ire ou c’est le courroux.


« À ma cour, point de pension et pas de poste
À qui fait du plat de la langue, Anagnoste !

C’est pire qu’injure ordurière, à bon droit,

Qu’un éloge aussi puant et maladroit. »
Il croqua celui qui voulait sans ambages,
Manger bien gras et tout à son avantage…

dimanche 24 mai 2026

samedi 23 mai 2026

HAÏKU DE TIMBRÉ

Une lettre que l’on écrit est une page arrachée au livre du temps.

D’UN TEMPS À L’AUTRE

En hommage à Joachim du Bellay (1522-1560)

Mais où s’est donc enfuie cette douceur de vivre
Qui m’a fait, naguère, mes saisons consumer
À ce plaisant labeur de toujours costumer
La prose en vers comme on le fait dans les vieux livres ?

Je m’usais à ce vain jeu, quitte à écumer,
En priant que jamais, non, nul ne m’en délivre :
Écrire était, pour moi, une raison de vivre,
Et le meilleur de mon âge ainsi fut plumé.

Ai-je eu le tort, Ami, de tant et tant poursuivre
Les muses des mots comme autant de chimères, ivre
De coeur et d’esprit mais sans jamais m’enfumer ?

La raison venant sous mes cheveux gris qui givrent
Je suis le chemin lors tracé, bien assumé,
Chantant et enchantant notre monde embrumé…

vendredi 22 mai 2026

HAÏKU COMPTE TRIPLE

Peut-on être simple d’esprit et agent double ?

FIN JANVIER 2026

À Pauline & Thibault

Là, au milieu de nos pluies de soucis,
Au cœur du grain que sont tous nos ennuis 
S’est glissé une lueur d’éclaircie,
Un frêle espoir d’azur et de merci
Déchirant des nues entre noir et gris,
Désembrumant l’horizon obscurci,
Des jours s’acharnant à être affadis.
Et nous voilà de bleu comme étourdis.

Ce rai a chassé, sans bruit et sans cri,
La grêle que le crabe par sentes et lacis
Nous envoie, âme rancie, coeur rassis.
Les averses de nos traverses, endurcies,
Les orages qui valent tant de récris,
 Ne nous seront plus que bruines aussi :
Comme dit Victor, depuis ce jeudi,
« Le cercle de famille s’agrandît » !

jeudi 21 mai 2026

HAÏKU DE VERS

Les lunettes à double foyer sont faites pour ceux qui ne peuvent pas voir les choses simplement.

TEL VA LE DELTA, TELS VONT NOS PETONS…

Petite fable affable

Dans la province de Camargue d’antan,
Au ramage des guêpiers, tout en nuances,
Un groupe de flamants fait ses révérences
Et ses danses, dans la douceur du beau temps
Et, pis, l’indifférence de la Nature.
Nul ne vient voir ces gracieuses créatures
Pour qui un vent voleur fredonne sans fin…

Nul n’écoute les chants, ne goûte aux parfums.


Soudain, naseaux au vent, quelque cheval passe.
Sauvage. Hennissant et piétinant l’eau.
Tout s’arrête et, là, chacun devient badaud.
On se croit au champ de bataille, l’espace
D’un instant. Ensuite, l’oreille aux aguets
Et l’œil où luit la frayeur, comme sagaie,
On file et fuit loin de ces éclats terribles
Dont les éclairs pourraient vous choisir pour cible.


Il vaut toujours mieux le bruit et la fureur,
Soit-on seul, pour se faire écouter du monde
Quand la beauté et la douceur, ses deux sœurs,
Restent inconnues, hélas, de tous, à la ronde.

mardi 19 mai 2026

HAÏKU DE LIGNES SUPPLÉMENTAIRES

Ce n’est pas parce qu’on lit en vous comme en un livre ouvert qu’on est obligé de s’arrêter sur toutes les pages.

NOSTALGIE

Souvenirs, vous qui emplissez mes jours
Et revenez à moi, à contre-jour,
Vous hantez mes nuits, souventes fois,
Témoignant que j’ai été. Parfois.

Car vous êtes ce qui reste de moi,
Rappels de joies, stigmates d’émois,
Je vous invoque comme des reliques
Et je vous évoque, boulimique.

Souvenirs, je reviens vers vous toujours
Pour donner à la solitude ajours.
Passé qui ne passe, quoi qu’on fasse,
Laisse ses traces et mie ne nous lasse.

Que vous soyez cendre ou bien débris,
Peu m’importe, vous m’êtes tant ris
Que pleurs, regret, remords, cicatrices,…
Certes ombres mais jamais, non, caprices.