Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques
parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…
lundi 31 octobre 2016
L’OGRE & LE ROUTIER
Et grinçait de tant souffrir de la mâchoire.
Or un croquant passa alors qu’il geignait
De vivre un enfer inconnu des grimoires.
Et ce pauvre bougre grondant, notre errant
Lui proposa de le soulager très vite
Du grand mal rongeant ses chicots. Sidérant !
Mieux, que ça soit carie ou gingivite,
Lui, il connaissait un remède parfait
Qui ne lui coûterait, vrai !, pas un centime.
Mais il devait rester secret car la fée
De qui il le tenait, chose légitime,
L’a exigé ainsi !… C’était là son faix.
Notre goinfre éploré le crut sur parole
Et il accepta tout sans discussion
Car l’Insupportable, hélas : ce n’est pas drôle !…
Donc, le manant, sans précipitation
L’aveugla d’abord, lui bandant les yeux,
Et quand il fut sûr que le cavernicole
N’y voyait mie, lui brisa, geste odieux,
Le râtelier, sans autre protocole…
Rougi, l’ogre rugit, brisant les tympans
De la nuit mais le chemineau rapide
Avait fui en criant, vil chenapan,
À l’édenté : « Souviens-toi là, stupide
Gros tas, de mes fils que tu gobas en combe :
Nos vieux péchés faisant de longues ombres,
Le passé s’invite hélas toujours un jour
À notre tablée avant que l’on ne sombre
Dans la nuit de notre tout dernier jour. »
dimanche 30 octobre 2016
HAÏKU RABLÉ
samedi 29 octobre 2016
PENSÉES EN DIALOGUE
Lui - El’ m’aime un peu, beaucoup,… ell’ veut qu’on se lie
Au lit ?… Passionnément, à la folie,…
J’effeuillerai plus que la marguerite,
J’vais m’éclater avec c’t’bomb’, c’t’Brigitte !
Car cette fille m’aime, je le vois
Là, aux inflexions de sa douce voix
Même si elle n’en montrera rien
Devant mes copains et devant les siens :
Son corps frémit de n’être point enlacé,
Ses lèvres tremblent, veulent être embrassées,…
Elle - Ce type-là, les gars, c’est un vrai boulet,
J’ai beau être un canon, bien roulée,
Il va s’tirer pas m’tirer, le Grand Maître,
S’il s’croit mordu, tu vas voir quand il va l’être !
Pas d’bol, je n’attire que les cornichons,
Les jeunes lourdauds et les vieux cochons?
Il pue, est peigné comme un dessous de bras,
Fringué de frais, tentures Conforama !
Lui - Les femmes, les gars, ne me résistent pas,
Et veul' toujours me présenter à leur papa…
Elle - Ce bellâtre de bazar croie me draguer…
Avec moi, les mecs font tous ça, sauf les gays !
Lui - Pari : dans une heure, j’suis son Roméo…
Et je te dis pas, après, le rodéo !
Elle - J’préfèr’ plutôt crever que de lui céder…
Mais oh, il est à gifler cet obsédé !
Lui - Je vais la jouer “latin lover”, “pour la vie”,…
Les crooners ça leur stimule l’envie !
Elle - Oui c’est ça, j’te crois… Cours toujours mon lapin :
Œil de velours et sourire de tapin !
Lui - Je vais lui faire Julio quand il chante…
Elle - Il m’prend pour un’ vieille !… J’vais êt’ méchante !
Lui - Ouais, elle a de l’humour, vas-y Don Juan !
Elle - Fou !… Là, il devient franchement puant !
Lui - Je le sens bien, là, elle est à point…
Elle - Avanc’ le museau tu vas voir mon coup d’poing…
Lui - Faut être un peu psychologue avec ces grues…
Elle - Tu vas voir qu’il va m’peloter, c’est couru !
Lui - Ce soir, bingo-banco : j’en ai une à moi !
Elle - T’as vu, tordu ?!… Là, tu vas chanter un mois
En mod’ soprano… Bien fait, Frankenstein !
Lui - Putain, la garce, d’un coup, elle m’a éteint !
Et moi qui la croyais un peu réservée,
Elle frappe direct là où s’abreuver !
Elle - Ça lui va bien les yeux écarquillés…
Mais je crois qu’il n’ait' pas les oeufs brouillés !
Lui - Final’ment pour l’tête-à-tête c’est râpé :
Tête-à-queue !… Enfin , mêm’ pas… Loupé d’loupé !
Elle - Insiste encor’ et j’te refais le dentier,
Façon piano à queue, partie clavier.
Lui - Si t’étais un gars j’te péterais la gueule
Mais j’suis galant et même pas je t’engueule…
J’l’savais les moches, c’est cabot : des divas !
Elle - Eh, t’as joué, t’as perdu, Casanova,
Et au plaisir de ne jamais te revoir.
Lui - J’vois pas c’qui allait pas. J'suis beau à voir !
Elle - L’a vraiment un’ tête à se faire avorter,
À préférer les fill’… même à emporter.
Tant pis pour lui car je suis du genre « bon coup ».
Lui - Elle m’aime pas un peu, me déteste beaucoup,…
Passionnément… Pas d’transport en commun
Ce soir !… À la folie,… Et j’rente seul comme un…
vendredi 28 octobre 2016
jeudi 27 octobre 2016
LA CICOGNE SUR L’OLYMPE
Devenus courtisans jamais à court de courbettes.
En leur monde, les rendra durs et sots comme roches ! »
mercredi 26 octobre 2016
mardi 25 octobre 2016
HAÏKU’PIN COPINE
GRAVIDE
lundi 24 octobre 2016
dimanche 23 octobre 2016
HAÏKU D’QUE
LE SIMIESQUE SYCOPHANTE
Comme l’a le plus simple voleur d’écus
- Engeance plutôt rare sous ses tropiques -
Jalousait son prochain, cocu ou vaincu,
Et mouchardait à tous vents par quelque pique
Blessante ou de vexantes allusions.
Lassés de son jeu, les siens lui tombèrent
Un beau matin sur le dos comme naguère
La petite vérole, dérision !,
S’abattait sur le bas clergé de l’Europe.
Dieu avait alors l’humour misanthrope !
Notre singe a l’esprit qui vole si bas,
La chose avérée, ne méritant pas débat,
samedi 22 octobre 2016
HAÏKU’RSE VOUS DÎTES ?
vendredi 21 octobre 2016
ABIGAËLLE
jeudi 20 octobre 2016
HAÏKU Ô COMPTOIR !
mercredi 19 octobre 2016
CONTRE L’ARA QUI RIT
Les seconds ayant la plume écolière
mardi 18 octobre 2016
HAÏKU’D’CLAIRON
lundi 17 octobre 2016
HAÏKU’ZCO
POUR VIVRE AVEC MON TEMPS…
J’ai décidé, néanmoins, de me faire
Quand même quelques amis, moi le plouc,
En usant, pour mener à bien l’affaire,
Des méthodes utilisées par ces trucs
Modernes qui offrent à nos jours leur suc.
Le matin, qu’il pleuve ou soleille, qu’il vente
Ou neige, je raconte au chaland passant,
Par le menu, mes repas, mes captivantes
Soirées-télé et comment je me sens,
Ce que, sur tout et rien, moi je pense ;
Ce que j’ai fait, vais faire ou bien dépense.
Je narre mes craintes, soucis, ennuis,…
Montre à tous et chacun, le jour, la nuit,
Vidéos drôles de la chatte à ma femme,
Et photos de mon auto, de mon chien,…
J’interromps, et sans le moindre état d’âme,
Toute conversation, pour faire lien,
D’un bref « j’aime » que l’on ne me demande
Pas plus que l’on n’attend ou mets à l’amende,…
Sans un clic ni un bit ça marche au mieux :
J’ai déjà là quatre « amis » qui, Mon Dieu,
Me « suivent » et semblent fort m’apprécier
Tant que leur complaire me devient drogue :
Un psychanalyste, deux policiers
Et, pour « m’étudier », un bon psychologue
Qui voit en moi un vrai « cas d’espèce » :
« Handicapé » ? « Asocial » ? « Brute épaisse » ?
dimanche 16 octobre 2016
samedi 15 octobre 2016
UN MODERNE ACCOMMODEMENT
En toute entreprise un allié !
Parce qu’il perdait la mémoire
Dans son coin de laboratoire,
Un ordi’ alla voir, infamie,
Un éléphant de ses amis :
« Aide-moi, je vais perdre ma place :
Puisque l’on dit que ceux de ta race
N’oublient rien, tu me souffleras
Si j’ai des trous. Goutte, on n’y verra ! »
Topant là, les deux firent la paire
Et agissent comme deux compères
Malheureusement pour le P.C.
L’éléphant est causeur à l’excès :
Il cause d’hier et de naguère
À tout propos, raconte ses guerres
Le passage des Alpes, les Romains,…
Et narre la jungle et ses chemins,…
De tout sauf des trucs, chose fâcheuse,
Intéressant les têtes chercheuses.
Leur tromperie faisant donc long feu,
Nos acolytes se font suiffeux
Mais les ingénieurs les jettent,
Hors de leur beau labo’ et sans pincettes.
Quelle morale tirer de ça ?
Je ne sais, n’étant point forçat.
Si tu en trouves une, bien lisse,
Porte-la au poste de police ;
Dans un an, elle sera sous ton toit…
Si nul ne la réclame avant toi !
vendredi 14 octobre 2016
jeudi 13 octobre 2016
LES FORÇATS DE L'ART

mercredi 12 octobre 2016
HAÏKU’MPTEUR TEMPS
mardi 11 octobre 2016
PENDEZ-LE HAUT HAÏKU’RT
LE RAT DES MOISSONS & LA SOURIS DU CHÂTEAU
S’est fait comme copine
La souris qui vivait, sans façon
De vols et de rapine,
Dans le château, là, au bout du champ.
C’est, en voisine,
Amie, presque cousine,
Qu’il l’invita dans son nid, méchant
Éteuf, et tout en herbes :
« Mais ta bicoque est turne et taudis !
Fit-elle. Beuh, j’en gerbe !…
On ne peut vivre, je te le dis,
Dans pareille piaule
Fragile, ouverte à la pluie, aux vents,…
C’est pas très mariole !
Viens donc faire un tour plus avant,
Là où moi je crèche,
Allons, fuyons ta dèche ! »
Au manoir, le rat est ébloui :
La fort grande demeure,
Construite au temps du roi Louis,
Offre, et c’est gageure !,
Chaleur, couvert et sécurité.
« Ô bien belle cabane !
- Serais-tu donc un âne ?
Dit son hôte avec alacrité,
En croquant une pomme.
- Et depuis quand ce toit est à toi ?
- Mais c’est du travail d’hommes…
Et, pas bête, J’y loge en matois
Car, sans nulle vergogne,
J’ai fait de ce lieu mon chez moi ! »
Le rat dit, malentrogne :
« Pour combien de temps ? deux ? trois mois ?
Ma maison me dure
Même s’il fait froidure ! »
Puis, trois jours plus tard la souris
Revient et, là, pleure :
Au château, un chat on a pris,
Finies ses belles heures !
Alors, toujours sur son quant-à-soi,
Notre glaneur d’épeautre
Rappelle à l’autre apôtre
Qu’il vaut mieux un petit chez-soi
Qu’un très grand chez les autres !
lundi 10 octobre 2016
HAÏKU’PULATION
dimanche 9 octobre 2016
CUICANI ?
samedi 8 octobre 2016
HAÏKU SUR LA LUNETTE
vendredi 7 octobre 2016
LE COQ DEVENU GIROUETTE
« Je règne, hélas, sur une poulaille qui ne mérite
Que mon bel ergot, pas mon ego, car elle m’a ôté
Toute patience. Oui da, cette bande d’hypocrites,
Sale, ingrate, vulgaire, désobéit à loisir
À mon ordre moi qui, d’un seul cri, tous les matin, ordonne
Au soleil de se lever tôt car tel est mon bon plaisir :
J’ai dressé le roi du ciel qui encor’ ses faveurs me donne
Et pas ces pécores qui n’ont et ne me font que soucis,
Jamais contentes qui, sans sursis, maugréent sur ça, sur ci ?! »
Lui, qui s’usait à régler les différends et les problèmes,
Par des compromis qu’on jugeait toujours insatisfaisants,
Enviait son bon cousin du clocher voisin, un blême
Emblème, à jamais impavide, le grand monde toisant :
Sans dire mot, il donne une direction à suivre
Sans que personne ne crie à l’infamie et si d’avis,
Il change, nul ne lui conteste l’aura de son cuivre,
Ni ne proteste quoi ou qu’est-ce. Et ainsi va la vie
De ce si haut souverain si altier que même l’Homme
Regarde avec respect. Notre coq l’envie il faut voir comme !
N’y tenant plus, un soir, il grimpe sur le toit du clocher
Qui lui fait de l’ombre et son grand frère de fer il renverse.
Ah, il fait moins le fier le déchu dont, sans flancher,
Il prend la place !… Notre coq domine enfin, sous l’averse
Ou le soleil, le monde et tous ses aléas avec tant
De hauteur qu’il ne les voit pas plus que sa si chère glèbe
Et, pour que ses plumes restent au poil, il prend l’air du temps.
C’est ça « gouverner » : être si grand qu’on ne voit plus la plèbe
Et plutôt que “prévoir” ou “choisir”, tourner son cul au vent.
C’est ce que nos bons dirigeants font de plus en plus souvent !
jeudi 6 octobre 2016
mercredi 5 octobre 2016
HAÏKU DEUIL RAPIDE
À LA UNE !

mardi 4 octobre 2016
lundi 3 octobre 2016
HAÏKU D’INFOS
Y'A PIRE QUE LA TAPIR
dimanche 2 octobre 2016
HAÏKU TROP LONG ?
samedi 1 octobre 2016
FICHUE, LA FABLE EST FINIE ?
Depuis le siècle dernier, défuncté, celui des CD, la fable serait décédée. Tragique nouvelle.
Un éditeur, Parisien de son état, piteux au demeurant, et sans doute péteux, navrant bien plus que navré, me l’avait affirmé haut et fort alors que je proposais à qui voulait bien le lire, le fruit artisanal de ma coupable industrie. Pour lui rendre les derniers honneurs, cette carogne m’a affirmé sans ambages ni vergogne que ce genre n’était que bluettes désuètes, anachroniques chroniques, prose prosaïque ou strophes archaïques,… C’était sa conviction ancrée à défaut d’être encrée : dans l’ombre lugubre, la fable moribonde que j’aime en vers et contre tous, aurait été rongée par eux, victime du temps qui ne nous passe rien et trépasse tout.
L’oubli la guettant, ensevelie dans la tombe de mépris où l’on tient nos aînés, la cadavérique Faucheuse l’aurait cannée après une agonie sans lustre de plusieurs décennies. Elle n’était plus, insista-t-il, plus affligeant qu’affligé, que dépouilles et rouille de citations tout justes bonnes à faire de sinistres recueils à valeur de cercueil. Pourtant, quand « la Poésie n’était au premier âge qu’une Théologie allégorique, pour faire entrer au cerveau des hommes grossiers par fables plaisantes et colorées les secrets qu’ils ne pouvaient comprendre » (P. de Ronsard, Abrégé de l’art poétique français, 1565) on inventa l’apologue lequel, pour un fantôme, avait, encore de beaux restes. Mais « l’oraison du plus fort… » comme disait, tristement, ma momie !
D’après ces sources, qui ne sont pas de la plus pure eau, je l’avoue, cette accorte compagne nous aurait quittés en nos vertes campagnes et en ses blanches années dans une solitude longue comme l’éternité, plus personne ne la visitant. Tous les fabulistes sont morts et enterrés (sic)… donc il était normal - et moral - qu’elle le soit aussi. Or personne ne m’a convié à la mise en bière ni en terre de la défunte. Pourtant, à bonne adresse, on la croise encore le long de certaines lignes qui n’amènent guère de transports collectifs, sans cesse ni presse. Cette pseudo-absente qui erre aussi sur les routes pavées des meilleures intentions et carrossées des plus infernales rosseries, flâne par les chemins de traverses de nos travers et les sentes les moins décentes de nos montées au créneau. Bien vive par la mémoire, et fraîche pour le ton et le teint, elle y fait toujours livraison de ses déraisons sans rime ni raison. Sauf le respect que je ne dois pas à cet embaumeur de livres, je ne lui ai vu en rien l’aspect d’un spectre, chère Électre. Là, non plus, on n’a pas dû recevoir de faire-part cerné de noir au nom de la chère disparue. Même si je ne fais pas profession du métier d’écrire l’affable et l’ineffable, il me semblait difficile d’en faire mon deuil : il n’est d’épitaphe sans feu !
Pas d’avis de décès non plus dans la presse. Peut-être parce que je préfère les crêpes moins noirs que sucrées, je n’ai pas trouvé à la rubrique nécrologique : « Après plusieurs siècles de bons et joyeux sévices, Acta es fabula. » Cette soldate méconnue d’une guerre qui est toujours à refaire, n’a pas eu droit à un bouquet final ni à la couronne au ruban moiré qui conviendrait mieux à sa royale majesté. Pas non plus de funérailles nationales en grande pompe, au milieu de compassés et d’autres restés dans leurs petits souliers. Si j’avais su le drame de cette disparition, au lieu de revenir à mon petit tas de fables à chaque plage de temps libre que submerge le linceul d’écume de jours semblables à eux-mêmes, bordés de pas grand chose et de petits riens, j’aurais versé un tombereau de roses sur son tombeau et prononcé quelques mots de circonstance,… Mais, au fait, la tombe qu’il faudrait creuser à ce monument littéraire où est-elle ?… Auriez-vous incinéré feue la fable, damné Croque-Mort, vous qui l’avez condamnée plutôt que de lui ériger le mausolée qu’elle méritait ?!
Quand cela adviendra, si jamais pareille mésaventure nous échoit, ossuaire funeste du dernier soir, rat de cave plutôt que du caveau, je graverai au burin du mépris sur le marbre froid de la stèle dédiée au souvenir de ce docte éditeur :
« Si la vérité vous offense,
La Fable au moins se peut souffrir :
Celle-ci prend bien l'assurance
De venir à vos pieds s’offrir,
Par zèle et par reconnaissance. »
(Jean de la Fontaine, Le lion amoureux, Fables, IV, 1).
Que cet être, plus désolant que désolé, qui ne sera jamais une personne à mes yeux d’humble mortel, soit donc promis par son fatal arrêt à un macabre sommeil aussi éternel que son monde de néant. Je me ferai fort de ne pas être de son cortège funèbre ; il n’y a que le premier trépas qui coûte. Avec cette humeur que j’ai, grâce à lui, aussi mauvaise que la vue, je saluerai ainsi du chef la longévité de celle qui, quoiqu’il en dise ou pense, témoigne, en vraie originale plutôt qu’en fosse commune que, partout et toujours, les heures sont troubles et les mœurs à deux roubles. Qu’il se souvienne, avec des regrets aussi éternels que le somme sus-mentionné, que mes recueils vils et vains ne m’apparaissent point d’inutiles cercueils. En ce bas-monde, mon style fait plus, je le concède à perpétuité, Styx et stèle que stuc ou stocks, voire possède un petit air d’outre-tombe qui n’est pas en odeur de sainteté. Doit-on stipuler à cet ectoplasme, et à ses semblables, qu’un stylo peut offrir aussi bien strass que stress et laisser stries et stigmates au stipendiaire, quelque statut stable il ait ou quelque statue de stalle il haïsse, quand l’esprit de ce dernier n’est que stratus en strates ou, pire en l’occurence, steppe stérile.
Les lecteurs de ce recueil, de ceux qui l’ont précédé ou de leurs pareils, car il en est, prouvent que « la chronique d’une mort annoncée » par ce fossoyeur pressé est plus celle de son officine qui n’a pas compris que notre temps, qui court moins qu’il ne claudique, sauf pour ce qui est de courir à sa perte, et là avec fracas, a plus que jamais besoin de valeurs et de repères, de bon sens et de sourires en coin. Et puisque l’asile poétique ne leur sera pas donné dans son catalogue que votre bibliothèque, repère de saveurs, leur soit toujours repaire de valeur. À la vie, à la mort !
Fabuleusement vôtre…