Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

dimanche 11 juin 2017

HAÏKU’LABLE

Que faisait Dieu avant la Création ? Il s’ennuyait.
Et depuis ? Il regrette…

VAL D’AISE

Cycle pyrénéen

Je me perds dans l’horizon et ses échos… 
Rosé de glaïeuls, dans ce trou de verdure,
Comme au temps de mon aïeul, le temps me dure…

Je me perds dans l’horizon et ses échos…
Point de nuées sales ni de ciel blême
Écumant comme on râle. Tout est problème
Entre vos murs prison, et maux en écot,
Au galop des autos toujours en cavale
Qui embrument au plus tôt vos tours, les avalent.
Je me perds dans l’horizon et ses échos…

Jetant l’ancre sous un soleil monotone,
Je mets à l’encre un automne point atone
Et me perds dans l’horizon et ses échos…

vendredi 9 juin 2017

HAÏKU’PÉCABRIOLÉ

Le but de ma vie ?… Que son terme n’arrive pas trop tôt !

L’AUMÔNE

Petite fable affable

Un vieux beau ayant fait bonne fortune
Dans le chiffon, et jamais à court de tunes,
Après un repas dans un grand restaurant,
Offre un tout petit pourboire au chef de rang.

Ce sont picaillons tenant du symbole
Que ces quelques pièces, oui c’est obole
Qui, ainsi donnée, ferait d’aucuns déchoir
Et pousse le pingouin sombre au grinchoir.
«  Qu’est-ce à dire, mon cher ami, un problème ?

- C’est que, dit notre bon larbin des plus blêmes,
Votre fille, hier, me laissa dix fois plus !

- C’est qu’elle est, fit-il à cet olibirus,
Le cher ange brun de l’homme le plus riche
Du coin, alors que moi, c’est dit sans triche,
Je suis celui d’un simple coupeur de bois.
N’oublie pas d’où tu viens ni, que d’aventure,
Tu pourrais y retourner, et sans vêture ! »

mercredi 7 juin 2017

HAÏKU’RÉE

Parfois combat en brave qui est trop lâche pour fuir.

BUCOLIQUE MÉDITATION

Couché, dessous une feuillaison de saison,
À mille lieues de tout toit, ed toute maison,
Quand le sol chauffé n’est plus qu’un lourd manteau d’ombres,
Quand le ciel n’est plus pris dans  un torride étau
Et que l’aurore, matin, va se lever trop tôt,
Je m’enveloppe de silence t de pénombre,
L’âme partie ailleurs
Vers un monde meilleur.
 
Je rêve sous le soc d’un croissant de lune
Qui, sans fin, laboure, avec cent fortunes,
Des ciels obscurs semés, comme à la volée,
De petit clous dorés qui dans l’infini plongent,
Dessinant un sillon fertile où tous mes songes
Éveillés voguent plus loin que souffles envolés.
Mon esprit vagabonde,
Fait sauter toute bonde.
 
Sou l’horizon, un troupeau clochette son refrain
De claires sonnailles au néant noir, sans entrain.
La chair fraîche de la nuit m’offre une trêve.
Point de ces bergères de nos vieilles chansons
Et pas de chevrière pour mes doux frissons.
Séléné, sans orbe, donne la seule sève
De ce soir nu, sans voix,
Que je vis, où je vois.
 
Mais j’entends les échos de quelque fête affreuse,
Funèbre fanfare qui, las,  se croit heureuse
Mais qui sanglote comme ces filles qui ont
Bien plus d’amants qu’elles n’ont de printemps, pauvrettes !
Sur ma couche de fougères, point d’amourette,
De désirs à la légère, ni d’aiguillon,…
Yeux levés, je voyage ;
Dans les cieux sans âge.
 
Dans ses parfums, et dans ses sons, l’été est là.
Dans mon esprit vaquant il est nu, sans falbala,,
Je suis une rimeur échoué sur son rivage.
Sans chavirer, j’ai déjà atteint, reposé, 
L’heure où tous nos plaisirs sont enfin apaisés.
Et je savoure d’autre bonheurs, plus sauvages
Ou pas, et goûte aux joies
Boudées par nos bourgeois.

mardi 6 juin 2017

lundi 5 juin 2017

HAÏKU HAÏKU

Ne rêve pas, Ma Fille, les êtres aimants s'attirent comme les amants satyres ça tire !

FABLE & POÉSIE

Édito’ pour RueDesFables (Avril 2017)


          Pour d’aucuns J. de La Fontaine est aujourd’hui, d’Anvers à Vancouver, le plus connu des poètes français du XVIIe siècle. Pourquoi ce fabuliste fabuleux, virtuose du verbe serait-il seulement le plus grand poète d’un seul siècle alors qu’il a anobli un genre universel  ?
     Le pauvre rimeur en vers sots que je suis, modeste écriveur d’écrits vains à césure/césure-trente environ, et plus si affinités, est persuadé qu’il l’est sans restriction en ces verbaux écrits, vers beaux et cris. Car la fable, cet espace vert ouvert, où vagabondent les muses qui s’amusent et parfois m’usent, est poésie même si on en propose, rose ou morose, en prose. Avec eux et leurs zélateurs, sans rime ni raison parfois, au diable veaux, vers, cochons,… !

     Aussi, si écrire c’est « faire un papier », rédiger une fable c’est « faire un papier de vers ». Des vers de rage et de peur, des vers revolvers ou galants, des vers de jalousie, des vers divers ou d’été,… mais des vers et des vers à pieds, ciselés. Comptés s’entend. Car l’apologue n’est qu’une somme de vers, tout en nuances, mais vers de l’amitié - souvent du genre « eunuque décapité » (sans queue ni tête, si vous préférez !) - et vers de contact qui ouvrent grands les yeux entrouverts et décille les autres, vitreux. Ces vers de trouvère se veulent moins correcteurs que loupe de nos travers même s’il faut pour cela mettre un animal, soit-il vêtu de vair, ou pervers, au vert.
Donc si, en ce bas-monde, de haute main, on peut prendre quelqu’un sans vers, il n’est de bonne fable - du moins de celles qui restent ancrées à peine encrées - qui n’ait quelques vers d’éther prompts à l’envol, des vers qui s’entrechoquent pour fêter la bestiale Humanité, honorer, envers et contre tout, l’humaine animalité… ou la consoler. Mais il semblerait qu’aujourd’hui le vers porte malheur, comme en la médiévale obscurité, alors il porte beau au revers  - car l’avers tue ! - de mon queue-de-pie… vert. On le fuit alors que, quoique libre, la fable se veut encore vers sur l’envers de nos décors mais, que la rime soit riche ou pauvre, continue à prôner, par-devers elle, la fraternité. Ça vaut salement le coup, et pas seulement d’œil !

Bien sût on n’a pas toujours de vers à soi. Il se peut que l’on ait des vers qui ne soient que boiteux. Qu’importe. Après s’être abreuvé aux vers consignés par J. de La Fontaine ou s’être rassasié des vers salutaires de Florian, on suit les pas de ces deux maîtres, deux maîtres cinquante à eux deux. En chancelant à force de vers en vain, en titubant (quand le vain est titré il fait le croire), en tombant sur des vers blancs mais en se relevant pour faire de ces pas-là des historiettes d’impalas, des fabulettes pour koalas en Fabulon qui craint le vert-de-gris de certains uniformes, le vers ballon des footeux mais qui sait le vert tige de ces fleurs aux senteurs de vétiver. La poésie n’est pas que rime, elle est aussi rythme et s’arrime aux Cieux ocieux, aux Dieux odieux,…
Que fait le fabuliste, encore vert pour son âge, qui persévère RuedesFables ? Quel qu’il soit, les auteurs du site peuvent en attester sur l’honneur, à propos d’un mot ou d’un fait divers, besogneux convers, il recompte ses vers et les paie content lors des longues soirées d’hiver, ou les recycle, vers clairs ou vers froncés, dans d’autres bluettes quand il le juge opportun, l’importun. On aura beau lui souffler le vers, lui seul saura le tourner car il a la fibre du vers qui en impose alors qu’il se pose et sera cinglant comme volée de bois vert. Mais il saura parfois y intercaler - Patron, c’est ma tournée ! - un vers profond, pas de ces vers d’eau dans lesquels naissent les tempêtes où d’aucuns se noient, mais un de ces vers chauds qui vous sont, à l’hiver, comme ces pull-overs qui vous font le col et le cou vert et pas découverts. Vive cette laine de vers dont j’ai tout un alphabet : vers A, vers C, vers E, vers 0, vers P, vers U,… !

Ne déduisez pas, hâtivement, lecteurs vernis qui arpentez la Rue comme on mise sur tapis vert, de ce qui précède, que j’ai quelques vers dans le nez quoique vous auriez sans doute plaisir à me les en tirer. Mes vers parfois opaques sont bien éduqués, du cristal de poème : jamais neutres, certes grossissants, ce sont les vers du parfait honnête homme, en un mot, les vers des polis. J’espère qu’ils ne sentent pas le vers de trop à la table ni les raisins trop verts de la fable laquelle, en général, vaut un univers et, en particulier, par le regard que vous porterez sur elle ou ses vers, sans arrière pensés. Voulant lire les maux immondes que nos lyres font mots du monde.
Alors profitez bien de votre petit vagabondage dans cette RuedesFables si chère à mon cœur, j’arrive au bout de ma ligne sans qu’un ver ne s’y agite alors je vais, l’œil roux-vert, m’en jeter-un, de verre, derrière la cravate. Pardon ?!… Comment ?!… Non !… C’est du thé… vert, comme il se doit car, chez moi, vers à citer sert aussi à boire quand lombric the road !



Fabuleusement et amicalement vôtre !

samedi 3 juin 2017

Ô D’HAÏKU’LOGNE

Le con nu, cet inconnu !

GEL TARDIF

Là, le corps gourd, l’âme grise
Et le cœur crêpé de noir
Un bras de branche se grise
Comme au tableau de Renoir
De givre, de froid qui brise,…
Et se fige au vent qu’il prise.

Solitaire et las, dolent,
Un bourgeon s’embourgeoise,
Son vert habit insolent
Espère que le pavoise
Un printemps qui se fait lent
À venir dans ce deuil blanc.

Mais la gelée est morsure
Ou brûlure pour le geai
Et, pour le bouton, mort sûre.
Jamais vent doux et léger
Ne bercera, chose sûre,
Ses parfums sans censure…

jeudi 1 juin 2017

J’SUIS HAÏKU’R DE TOUT

Une mauvaise blague fait rarement un bonne farce…

LE MELON & LA PASTÈQUE

Petite fable affable

« Nous sommes proches parents, voisin,
Cousinons céans  ! dit la Pastèque
Au melon qui, lors, lui fait bousin.
- Nous sommes bien cousins, l’Aztèque 
Mais voisinons loin ! Répondit-il.
Je n’aime guère tous ces obèses
Qui font par trop d’ombre à mon pistil.
Cela me met l’humeur en malaise…

- Oh, avouez que vous jalousez
Le vert de ma robe et ce bon poids,
Oui da, que l’on n’atteint sans blouser.
- Fi donc, vous n’êtes qu’eau et poix
De sucre quand je suis tout délice
Et saveur. N’ayant rien en commun
Foin de jaserie et de malice.
Si fait ?… Coupons-là, gros importun ! »

Bien des Hommes sont comme ces courges
Qui voient un être fort différent
Dans leur semblable et, plus sot que bourge,
Poussent leurs rencontres au différend.

mercredi 31 mai 2017

CHARLES HAÏKU’LON

Je m’inscris en faux contre la mort sur laquelle j’ai fait une croix !

PAS DE BANQUET SUR LA BANQUISE

Petite fable affable

Une petite bande de pingouins
Ne prenant pas facilement la mouche
D’où, comme on dit dans leur baragouin,
« Une belle maigreur de queue de louche »
Ou « Tire-lire plus fendue que bouche »,…
Cafardent sur leur banquise amoindrie.

Alors, jusqu’à satiété, ça cause
Jamais repus et contredits…

Mais gloutonner de l’air est triste chose :
On ne becquette que jours uniformes
Et heures monotones, à l’unisson,
Au lieu de grain grenu ou d’informes
Grenouilles. Et quant au dernier poisson…
On a l’âme en brume et le cœur à l’ombre
Quand chaque jour vous construit le suivant
À son image, tout en faims sans nombre
Et en disettes, planté face aux vents…

Las d’un régime peu alimentaire,
Nos drôles d’oiseaux vers quelques humains
Veulent se tourner : « Eh, sur cette terre,
Ils sont seuls à prévoir leurs demain,
Stockant « au cas-où » ou bien « parce que… »
Foin de privations, de dénuement,
Fi de famine avec ces verruqueux
Qui ne sont qu’entraide et, plus, dévouement. »

Aussi grincheux que moustachu, un morse
Les arrête. Parant d’humilité
Son orgueil, ce gros faraud un peu torse
Fait, ton poseur : « La générosité
N’est que le fort des estomacs plus vides
Que vos têtes ne sont creuses ! Moi, dont 
La qualité première, impavide,
Est la modestie vous le dis, Dindons !

- Quoi ? Qu’est-ce à dire, Grasse Créature ?

- Quémander à l’homme est risque et péril :
Contentez-vous de ce que la Nature
Vous offre ou vous finirez au gril ! »

Un de ces pingouins réplique à l’Énorme :
« Quand t’as panse pleine, éléphantiforme,
Que t’as pas à compter tes rations,
Il est aisé de prêcher, dans les normes, 
La sagesse et la modération ! » 

lundi 29 mai 2017

L’P’TIT HAÏKU’INKOUIN

Les pires idées avancent parfois sous le masque de bons mots.

MOINS DE TINTOUIN

Je suis un sain secret
Face au noir tintamarre
De tout pieu simarre
Qui s’oppose à qui crée.

Marre de la rumeur,
Du ramdam, du chambard,…
Du temps de sale humeur
Qui passe ors et tabard.

Je suis un bref soupir
Dans votre vain vacarme,
Un silence un peu carme
Fuyant le décrépir.

Assez des grondements, 
Du barouf, du raffut,… 
De ce temps qui ment
À la Mort à l’affût.

Je suis et pause et temps
Dans cet urbain tapage
Qui dévore l’instant,
Me vieillit avant l’âge…

samedi 27 mai 2017

HAÏKU DE BALAYETTE

Si « aimer c’est s’oublier », c’est pour cela qu’on parle de ménage dès qu'on est en couple !

S’EN REPENTIR SANS MENTIR ?

Petite fable affable

Revenu de tout et prêt à y retourner,
La chose était, las, de notoriété publique,
Un renard confessait tout des défauts innés
Et tares acquises dont cette république
Des forêts, jalouse sans doute, le disait 
Des mieux pourvus, ma foi. Ses ruses et mensonges
À côté, passaient dès lors, quitte à défriser,
Pour les plus nobles des qualités. Qu’on y songe !

Le roué qui courait deux lièvres à la fois
Plus souvent qu’à son tour, à faire ça, espère- 
T-il rien moins qu’on le pardonne ? Point. Je crois
Qu’il se modèle ainsi sur ces gens, fils ou pères,
Qui avouent leurs mauvais penchants à tous les vents
Pour s’exonérer, de fait, de ne jamais faire 
Aucun effort pour les corriger, quand souvent
Si on faisait comme eux, ça ferait sale affaire !

jeudi 25 mai 2017

HAÏKU’IN DE RUE

Il n’est de jaloux qui n’envie jusqu’au malheur des autres.

SOUVENIRS DE MAI

Point de paix et plus d'épais,
La Révolution va tout happer.
Fini le règne des « P » :
Pasteurs, Professeurs, Prêtres encapés,
Parleurs, Parques occupées,
Patrons, Patrie et Pères huppés,
Pistonnés par trop dopés,
Possédants, Policiers d’épopée,
Petits chefs sur canapés
Et Philosophes au savoir râpé.

Point de paix et plus d'épais,

La Révolution va s’les taper.
Fini le règne des « P » :
Pontifes, Préfets et fils de Capet, 
Populistes, Prophètes à couper,
Pachas et Prudes au pas chaloupé,
Parrains jamais agrippés,
Passe-droits, Particules fripées, 
Princes, Pontes, Peoples et Pépées,
Et Pairs ne faisant que nous biper,…

Point de paix et plus d'épais,

La Révolution va les tchaper.
Fini le règne des « P » :
Prud’hommes et Poseurs rechapés,
Président déjà pépé,
Patriciens, Parlementaires huppés,
Psy’, Pédants désoccupés
Politiques prêts à nous duper
Préposés, Plaideurs sapés,
Et nul ne pourra en réchapper !

mardi 23 mai 2017

METTEZ-VOUS D’HAÏKU’R !

Comme il est du faux qui fait vrai il y a du vrai qu’on veut faux !

CELLE QUI NE S’ÉTAIT PAS CRUE CUITE…

Petite fable affable d’après Olivier Clerc, écrivain et philosophe

Imaginez une marmite remplie d’eau
Froide dans laquelle nagerait une grenouille
Très, très tranquillement. On allume, crado',
Le feu et l’eau chauffe doucement sous l’andouille.
Le bain est bientôt tiède et l’amphibien
Le trouve agréable. Il nage encore et encore,…
La température continue, c’est bien,
À grimper. Les degrés font vite de hauts scores…

L'eau est très chaude, et même un peu trop maintenant.
L’animal n’apprécie plus. Plus vite il se fatigue…
Mais pourquoi s’affoler ?… Certes son contenant,
C’est désagréable, est brûlant mais, là, cézigue
Est affaibli. Et quand la chaleur devient
Insupportable pour ne pas dire bouillante
Il est trop tard : aucun souffle ne parvient
Plus à ses lèvres. Elle est cuite, la cliente !



Si on l’avait plongée, la raine, directement
Dans de l’eau trop chaude, elle aurait, d’un coup de pattes,
Sauté au plus loin immédiatement
Et aurait eu la vie sauve. Ça vous épate ?
Cette expérience montre qu’un changement

Lent et long échappe hélas à la conscience
Et, la plupart du temps, ne suscite vraiment

Pas de réaction. Gouverner est science !

Saint-Augustin disait qu’à force de tout voir,
On finit lors par tout supporter en ce monde
Donc à tolérer tout, hélas, même à savoir ;
Pis, qu’à tout tolérer, on accepte l’immonde
Puis à l’approuver, sans guère s’en heurter !