Aux lueurs du ver luisant je préfère le brillant du verre de blanc !
Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques
parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…
dimanche 11 septembre 2022
LES PUCEAUX & L’ARBRISSEAU
Petite fable affable
Trois jouvenceaux se gaussaient d’un vieillard
Qui plantait quelque fruitier, pas même arbre.
Riaient et plaisantaient nos égrillards
À voir ainsi suer l’ancien si près du marbre.
« À ton âge il vaut mieux se reposer !
Pourquoi faire un labeur si inutile ?
Bâtir passe encore, mais c’est osé
De planter, pour ne pas dire futile.
Tu auras beau soigner et bien arroser
Ton arbuste, ni ses fruits ni son ombre
Ne te réjouiront avant que Pénombre
Saisissant tes yeux ne t’envoie aux Cieux !
- Moi, je fais, jeunes ocieux audacieux,
Pour que mes enfants, et les leurs, jouissent
De mon passage, temps bref et précieux,
Sur cette terre. Point de sacrifice
Dans mon geste qui n’a rien de spécieux :
Qui, hélas, à ses seuls besoins mesure
Son travail et à l’aune de vie
Seule agit, a vécu jusqu’à l’usure
Pour peu et, pis, n’aura à rien servi… »
samedi 10 septembre 2022
vendredi 9 septembre 2022
ODE AU BEL INCONNU
Extrait de Belize (Pièce en V actes et en vers) écrite en juillet 2021 (Acte IV, scène 12)
Bel inconnu, soit bienvenuEn mon grand cœur et en mon âme,Sauve-moi du convenu ;Freine ton pas, je le réclame.
En mon grand cœur et en mon âme,Je t’espère et je t’attends.Ta discrétion est ton sésame,Suspendons ensemble le temps.
Je t’espère et je t’attends,Viens effacer ma solitude,Suspendons ensemble le temps.Écrivons-nous des habitudes.
Viens effacer ma solitude,Viens redorer mes jours ternis,Écrivons-nous des habitudesQui donnent à tous le tournis.
Viens redorer mes jours ternis,Viens colorer mes nuits si fadesQui donnent à tous le tournis ;Il n’y aura point rebuffade.
Viens colorer mes nuits si fades,Ombre propice. Viens à moi.Il n’y aura point rebuffade :Nuit complice offre moi émois.
Ombre propice, viens à moi.En mon grand cœur et en mon âme.Nuit complice offre moi émois.Freine ton pas, je le réclame.
Freine ton pas, je le réclame,Sauve-moi du convenu.En mon grand cœur et en mon âme,Bel inconnu soit bienvenu…
jeudi 8 septembre 2022
mercredi 7 septembre 2022
HAÏKU’LTE
La différence entre une Catholique et une Orthodoxe ?
La première dira « Vade rétro, Satanas ! » quand la seconde préférera un « Va au bistro, Stanislas ! »
AU NOM DE LA CROIX & DU ROI
Extrait de Belize (Pièce en V actes et en vers) écrite en juillet 2021 (Acte IV, scène 12)
Que n’ai-je fais, au nom de la croix et du roi ?
Briser, garotter, navrer, dépêcher, occire,
Nuire, immoler, noyer, canoner ou détruire,…
Au nom de mon bon droit, au cœur de ma vraie foi,
J’ai défeuillé, avec rage, tout le décalogue,
Mis à bas mes valeurs de façon analogue.
Pour le triomphe de ma foi, la gloire du roi
J’ai pu, partout, laisser libre à mon ire ;
J’ai su piller, j’ai du massacrer ou réduire
Et m’en enorgueillir sur la croix, par le droit
Dans un infernal et durable dialogue
Avec l’horreur qui n’eut point d’heureux épilogue.
Sur le sang chaud de ces gens et de leurs enfants,
Résonnaient en chœur nos victorieux olifants,
Nos cris de joie, nos prières, vains monologues,…
On en fit, hélas, des chansons et des églogues.
Sur des corps écrasés, déchiquetés, brûlés,…
On construit un nouveau monde fait pour durer,
En oubliant sages leçon et apologues.
Notre grandeur naquit de ce maudit prologue…
mardi 6 septembre 2022
lundi 5 septembre 2022
POINTS DE VUE & POINTS DE VIE
Petite fable affable
« À chacun son petit coin de parodie
En ces temps d’apories, de palinodies,… ! »
Se murmuraient quelques-une de ces bêtes
Que je convie dans mes vers, en tête-à-tête.
En la savane, s’érigeait l’altière
Demeure de Dames fourmis, ouvrières
Au travail tout en trouvailles, qui navraient
Qui ne se peut dépêcher, à dire vrai.
Face à ce grand dôme, une termitière,
Babélienne maison, cimetière
Des règles et logique architecturales,
Poussa en deux heures, aux lueurs vespérales.
On s’en émut chez les premières venues :
Ces voisines allaient les laisser à nue
Car leur colline était, ma foi, aussi riche
Que l’autre semblait miséreuse et en friche.
Fort sur ses gardes, la reine convia
Sa fille au sommet : « Ne sois pas à quia !
La vie est plus belle vue d’ici, Princesse,
Mais ce tertre ennemi n’aura las de cesse
De fort nous hanter car sa proximité
Ne signifie qu’abysses de peur, de pertes,…
Tant Pauvres envient, cruelle vanité,
Ce qu’ils n’auront jamais? Reste en alerte ! »
Le roi des termites, ayant eu vent de ça
Fit de même avec son fils, un vrai poussah :
« La vue est plus belle vécue d’ici !… Pense
Que ce sommet offre de quoi remplir panses
Et greniers, et bien mieux que tout,
Nous donne un horizon, une vraie espérance,…
Quand Riches qui ont, eux, tant craignent de tout
Perdre et mènent une vie angoissante et rance ! »
dimanche 4 septembre 2022
LES AUXILIAIRES
Petite fable affable
Pour mener le troupeau, un bélier
Voudrait se trouver deux bons alliés,
Bêtes sages et sensées, qui puissent
L’éclairer dans les choix, son office
De chef lui pesant par trop. Souvent.
Une chèvre accepte. Esprit savant,
Elle doute de tout. Et du reste
Aussi et, surtout, elle est fort preste
Pour le faire savoir à grands cris.
Un âne fait de même. Il écrit
Et lit mais gobe hélas, cette andouille,
Tout ce que prétend le niquedouille
Comme l’érudit, et n’en démord
Jamais, bourrique jusqu’à la mort.
Le bélier regrette que pour ses fèdes
Décider, trancher ou diriger
Il n’est qu’êtres n’apportant pas d’aide !
Comment pouvait-il donc ménager
Une qui à rien ne fait crédit
Et un qui croit tout ce qu’on lui dit ?
samedi 3 septembre 2022
vendredi 2 septembre 2022
jeudi 1 septembre 2022
LES DEUX FRÈRES
Petite fable affable d’après une idée de Marc-Yvan Custeau
Ti-Noir, un félin chat,
Croisa la route d’un carouge,
Le toisant, en pacha,
Qui sait que si l’autre ogre bouge,
Ses ailes seront secours
En ultime recours.
Mais selon les gazettes,
Sans élan, sans allant,
Ce griffu qu’a b’en d’la jasette
Causa lors en galant :
« Ah, n’étais-tu un porteur d’ailes,
Et cousin, las, de l’hirondelle,
Nous serions amis ;
Et, sûr, pas qu’à demi !
Car, c’est là un céleste signe
Tous deux nous partageons,
La même livrée d’un noir digne
Comme des frères de sang
Et parlons, quiescents.
- C’est un peu court, jeune homme !
Vivre en même lieu,
Avoir même couleur, en somme,
Serait pour toi, Dieux,
Gage d’amitié pérenne ?!
Il faut partager plus que ces graines
Pour prétendre à ce mot
D’où naissent tant de maux ! »
mercredi 31 août 2022
FLORALIES D’ORDALIE
À Robert Desnos
Errez-y dans l’hérésie qu’est la poésie,
Et Offrez-nous de l’Orient tout l’or riant,
Ou à dessein le dessin d’un sein. Errez-y,
Faiseurs de lais, bouffeurs de mythe à l’Orient
De notre monde de Raison sans fantaisie !
Errez-y, vous, forçats forcenés et fourbus,
Petits buveurs de vain et autres grands si vils,
Offrant aux nuits nues force nez fort imbus,
Décrivant nos beaux jours si ternes en mots civils
Pris à la citerne d’une langue au rebut.
Errez-y en vers dans le vair de vos hivers,
Faîtes-y donc la somme, autre addition
Aux traditions, de tous vos sommes sous vair,
Jongleurs de sons, bousculeurs de traditions
De notre bon temps qui voudrait vous mettre au vert !
Errez-y, futurs prisonniers toujours
Pendus au chêne sans gland car pris au niais
Perdu aux chaînes, sanglant, la nuit, le jour
Pour avoir, las, cherché des crosses, et en paniers,
Aux rosses teneurs de crosses au divin séjour.
mardi 30 août 2022
lundi 29 août 2022
HAÏKU DE BOB
Ceux qui veulent se faire une place au soleil à tout prix… souvent finissent à l’ombre.
L’OISEAU CAUSEUR
Avec ses métèques couleurs,
Son accent rastaquouère,
Qui voit toute la douleur
De cet oiseau de malheur
Offert en dot ou en douaire ?
Il sent l’étrange étranger,
Ce drôle d’oiseau des îles
Dont les yeux orangés
Sont pleins d’horizons fébriles,
D’un équateur perdu, changé
Pour nos rivages stériles,
Que viennent déranger
Ses pairs si volubiles.
Mais ce bigarré squatter
Dans sa livrée si criarde
Né, comme son bon pater,
Pour une cage de fer
Qui voit ses pleurs sous ses hardes ?
Esclave de son juchoir
De bois noir, ce volatile
Épice, comme un claquoir,
La vie d’un gueulard débile
Et de sa bigote, au soir ;
Et ces podagres en jubilent.
Il leur tient le crachoir
Sans avoir plus en sébile.
Ce voyageur malgré lui,
Si loin de ses antipodes,
Parle pourtant ennui,
Malheur,… jusqu’à la nuit
Qu’entendent-ils à ses odes ?
Sous des soleils de néons,
Sur des plages de bitume,
Vers des lointains de béton
Aux abois de nos saisons
Qu’égayent son beau costume
Cette voix de la raison
Rend, malgré bruine et brume,
"Exotique" une maison…
dimanche 28 août 2022
HAÏKU DE VERS BRISÉS
La poésie n’est pas un genre puisque l’impaire serait mère des plus beaux vers !
samedi 27 août 2022
HAÏKU DE LA TROTTEUSE
Le temps est un fugitif que nos horloges cherchent, depuis longtemps, à incarcérer.
SECONDE SÉRÉNADE À ANA
Extrait de Belize (Pièce en V actes et en vers)écrite en juillet 2021 (Acte III, scène 12)
Dame, comme il est doux de vous aimer !
Fuyons, ma mie, le temps des « si », des « mais » ;Vers l’éternel printemps partons, Madame !À deux nous ne manquerons jamais d’âme ;Revivons ce jeune âge tant aimé !
Étreignons-nous malgré les comméragesDe ceux que plus rien ne peut enflammer !Embrassons-nous quitte à être blâmésDe qui n’est, toujours, que rage et orages !
Ma dulcinée, même d’eux condamnéBanni, damné,… je ne veux profanerL’espoir qui luit en tes yeux d’amoureuse.
Oui, mon amante, même abandonnéDe Dieu, même de mon fief détrôné,Je n’aspire qu’à tes lèvres heureuses
Dame, comme il est doux de vous aimer !
vendredi 26 août 2022
jeudi 25 août 2022
MARQUE-PAGE
Ah, j’en ai corné des pages
Au livre des souvenirs,
Ceux du temps de mon bel âge
Bien plus que, pour finir,
J’ai peu sauté de chapitres
Ou, pis, raturé de maux.
C’est ma vie, celle d’un pitre
Qui jongle et se joue des mots
En costume de poète,
Feuille volante et plume au vent,
Mais rêvait noce et nonnettes
Sans carême ni avent…
mercredi 24 août 2022
HAÏKU DU SORT
Le succès des armes m’alarme et me désarme…
Car il est aussi, souvent, celui des larmes !
mardi 23 août 2022
PREMIÈRE SÉRÉNADE À ANA
Extrait de Belize (Pièce en V actes et en vers)
écrite en juillet 2021 (Acte III, scène 10)
Ah, Dame Anna, écoutez la complainte
De Don José charmé par vos attraits,
Qui veut qu’on brosse de vous un portrait :
Celui d’une beauté jamais éteinte !
Vers son cœur, Cupidon lança des traits
Qui, loin, de le remplir de peur ou de crainte
L’ont enflammé, lui sans passion, distrait,…
Ah, Dame Anna, écoutez la complainte
D’un cœur épris qui fut âme défunte,
Chez qui, las, jamais le soleil n’entrait !
Oyez donc le chant fou, l’heureuse plainte
De Don José charmé par vos attraits !
Ombre de votre ombre, on l’a rencontré
Rêvant de marcher seul dans vos empreintes,
Lui, frêle brindille dans un cotret,
Voilà la teneur de cette complainte…
Beauté comme vous ne fut mie dépeinte
Vous, ange si prude, si en retrait,
Vous qui finiriez, bientôt en sainte,
Si Don José en votre vie n’entrait.
Qui imaginait que passion naîtrait
Entre un tel homme et une étoile étreinte ?
Que Flore en hiver réapparaîtrait
Pour au songe l’inviter sans contrainte ?
Ah Dame Anna !
lundi 22 août 2022
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