Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

lundi 9 février 2015

À JEAN-MARIE

Avec toute ma tendresse à ses épouse, filles & petite-fille

  Un linceul de neige s’étend sur la montagne.
Il protège celui qui, las, vient de partir,
Celui que l’on pleure en ce pays de cocagne
Qui lui ressemble tant mais qu’il vient d’engloutir…
Les souvenirs m’engluent comme une toile d’aragne.

Je marche sur la nuit dont les ombres me gagnent
Avec cet homme-là, toujours prêt à bâtir,
Dévoué, dur à la tâche et discret sans faiblir :
Il était un homme de convictions, à poigne,…
Son petit sourire au coin des yeux m’accompagne.

Un linceul de neige s’endort sur la montagne ;
Je marche sur la nuit dont la pénombre est bagne.
Il me revient sa voix : son ton met des rondeurs
À cette fermeté qui faisait sa puissance,
Dans un silence lourd qui ressemble à l’absence.

Sa vie eut des sautes de boussole : laideurs,
Dépits et déceptions étaient tus par décence,
Comme ses sentiments, enfouis par pudeur.
Il est parti loin de ses amours et compagne
Qu'un linceul de neige attend, là, sur la montagne.

dimanche 8 février 2015

HAÏKU KURIKU

Pourquoi vouloir créer de « l’intelligence artificielle »
alors que l’on n’a pas encore éradiqué la bêtise naturelle.

samedi 7 février 2015

HAÏKU LIÉ

Si la main tient la laisse, c’est le chien qui la mène.

AUX CHARLIE’S ANGELS (Je suis Charlie)

MAKE LAUGH, NOT WAR !

Bulle ou balle qui est la plus agressive ?
Quand on veut mourir debout, le verbe haut,
Plutôt que la crainte bouffant vos gencives,
 De vivre à genoux, on ne pense pas faux.
Ceux qui sont tombés, en vagues successives,
Nous ont fait lever. Salutaire sursaut !

Hier, le sang a coulé plutôt que l’encre !
Des bulles sont en berne et des traits tirés.
Oui, le sang a coulé tachant plus que l’encre.
On a fait expirer des gens inspirés,
Libres comme l’art, l’humeur jamais à l’ancre ;
Des dessins ont fait des défunts, déchirés,
Morts de rire… La faute aux fous et aux chancres !

Ce sont des armes de dérision massive
Que plumes et crayons, feutres et stylos !
Leurs mines sont plus persuasives
Que celles, anti-personnelles, des salauds
À qui manque une case, cette répulsive
Engeance par trop fêlée sous son calot.

Trop de sang a coulé et pas assez d’encre ;
Vils coups de feu pour quelques coups de crayon.
Et ce sang qui a coulé plutôt que l’encre,
C’est case blanche et carton noir en rayon :
L’humour de Dieu n’est pas accessible aux cancres,
Aux Charlots qui, fanatisme pour haillons,
Ont tué Charlie. Mais nos rires s’échancrent…

Sur la planche à dessin par trop expansive
Ils ont fait un carton à dessein, Fléaux.
« Une satire et ça tire ! » Expressive
Bêtise quand d’aucuns se la jouent, falots
Entre « J’accuse… » et « J’excuse… » en cent missives
Tweetés voire, pire, en haine compulsive.

Car le sang ayant coulé plutôt que l’encre ;
Son odeur tous les charognards attirait.
Hier, le sang a coulé plutôt que l’encre !
Mais quels que soient les conards qui ont tiré,
Le sang ne se lave pas, bande de cancres,
Avec du sang mais avec de l’eau tirée
Aux larmes de ceux qui saignent plus noir qu’encre.

Une nation passive, presque poussive,
Rejette un terrorisme qui n'est, Pélots
Ni religion - soit-on saint ou novice - 
Ni idéal sauf pour les sots, les ballots,… ;
Qui a rallumé une flamme offensive
En ouvrant le feu pour tirer le gros lot.

NOT AFRAID !

vendredi 6 février 2015

HAÏKU PÉCABRIOLÉ

L'alcool est mauvais pour la circulation. La preuve ?
Les ivrognes ont souvent des accidents de voiture.

jeudi 5 février 2015

HAÏKU PÉDROI

Le tissu cellulaire est une étoffe qui tient bien au corps, fabriquée en prison par les détenus.

POMMES DE DISCORDE

Petite fable affable

Dans la sombre cuisine du logis
Deux pommes, l’une fruit, l’autre de terre
Discutent. Enfin, sans démagogie,
Le fruit soliloque et l’autre se terre
Dans le silence et, parfois, lui répond :
« Tu n’es qu’un vil cul terreux, eh patate !,
Répétait-il, n’importe quel sol pond
Des tonnes de tes pareils à la hâte :
Sans forme et sans grâce, sales et laids.
Alors que le pommier, au ciel, étage
Haut ses branches pour me bien poteler
Une rondeur parfaite aux vents sages.

- Si fait ! Vous êtes si lisse et belle, et…
- Et, de vous parler, bien bonne pomme !
- Oui da, je n’suis qu’un légume grelet…
Pas une grosse légume, un lipome.
- Alors que, moi, je suis mieux : je suis fruit,
Le premier de la Création sur Terre !
- Et t’avoir croqué nous fait bosser ! » Bruit
L’économe agacé qui, plus, atterre :
« Je vous ferai sort égal, jacasseurs ! »
La pomme faillit tomber parmi les siennes :
Ce couteau, haut comme trois de ses sœurs
À genoux, coupait court à son antienne.

« Vulgaire et bas, j’étanche bien la faim…
Osa, timide, le fruit de la terre.
- Mais on garde le meilleur pour la fin !
Coupa la pomme… Devrais-je le taire ?
- J’en conviens mais je vous tranche pareil !
- Que non pas : moi, dessert, noblesse oblige,
Suis quartiers savourés, elle, appareil,
Finira petits cubes ou longues tiges !
- Pauvre pomme ! Tes mots sont moins sucrés,
Doux et tentants que ta chair. Je t’explique :
Avant que tu ne sois toute ridée,
Comme une des aînées de ta clique
Tu seras, las, toi aussi, liquidée.

Oui, ingérée puis digérée sans faute
Tu n’y couperas pas : mourir sera
Aussi pour ta pomme, et tu seras l’hôte
Du même étron, fait la lame au fil ras,
Que celle que tu dénigres et méprises
Ayant partagé le même repas.
Il faut, pour qu’une chose soit comprise,
En savoir la finalité, n’est-ce pas.
Ce que tu fais te fait : Sois avec l’autre
En n’oubliant jamais ta fin, l’apôtre ! »

mercredi 4 février 2015

HAÏKU AU MORAL

Commencer coûte moins que ne pas finir,
terminer ce qu’on a débuté étant la seule chose payante…
quoique pas toujours gratifiante.

mardi 3 février 2015

PAROLE HAÏKU PET

Méfions-nous : l’apideux panse beaucoup !

LES ENFANTS DES KORÊS

D’après Te pedia tou Pirea
(Manos Hadjidakis & Nikos Gatsos)

Noyés de larm’ sur le sol grec
Un clodo, deux badauds, trois métros
S’en vont en rangs.
Voulant vivre un peu moins à sec,
Un clodo, deux badauds, trois métros
Vont s’affairant.
Par les ruelles jouent du bec
Un ado', deux bedeaux, trois landaus,
À tous les vents,
En rêvant que tous soient, sans dec’,
Un votant, deux votants, trois votants
Changeant leur temps.

Bon sang, que viennent
Des lendemains qui chantent
Au peuple qui déchante
Loin des “Aubes dorées“ !
Bon sang, que viennent
De juteuses vendanges,
Loin des bourses de change,
Aux enfants des korês…


J’rêv’, qu’ici aussi, s’lèv’ un jour,
Un votant, deux votants, trois votants,…
Comme ces gueux
Pour faire naître un nouveau jour
Pour elle… ou pour lui,… et pour ceux qui ont peu ;
Qu’nos valeur soient, sans embarras,
Plus qu’un mot, un remède à nos maux,
Et jour heureux
Car le peuple, pas si ingrat,
Dira son mot,
Sa voix n’résonnant plus creux…

Bon sang, que vienne
Devenue attachante,
L’Europe qui enchante
Et l’Espoir en orée !
Bon sang, que viennent
Des idées, des échanges
Sans fous, ni fric, ni fange,…
Avec koroïs et korês,…

dimanche 1 février 2015

HAÏKU CHCULOTT

Mon style c’est le stylo qui me l’instille haut ;
un stylet me l’aurait distillé !

LITANIE ORIENTALE

Le ciel se fissure et la ville tremble,
« Le croissant fertile », notre Berceau,
Est devenu stérile linceul. Ensemble,
On ne peut y vivre sans ces sursauts
Qui crevassent notre monde à la ronde,
Qui craquellent en secousses et en ondes
Une Humanité sortie du ruisseau.
Bien, Mal, vice ou vertu, plus rien n’encombre
Nos maîtres qui vont faire, assassins,
Comme il leur incombe, la part de l’ombre
Sur notre destin que la Mort, las, ceint.
Pourquoi sont-ils foreurs de catacombes ?
Pourquoi doit mourir tout ce qu’ils surplombent
Quand la loi ou la foi sont leur dessein ?

La nuit se lézarde, ses échos grondent,…
Une pluie de fer et de feu sur nous
Tombe par cette brêche et, là, féconde
Les maux semés par qui met à genoux,
Récolte la mort, engrange la haine
De sa violence : il a mis aux chaînes
Tout ce qui faisait que nous étions « Nous ».
Dès l’aurore, la pénombre obombre
Notre soleil aux rayons froids, défunts
Qu’on soit l’été ou pas, qu’ils soient en nombre
Ou non : ils n’atteignent plus nos confins ;
Ce n’est plus qu’hécatombes dans la combe.
Thanatos en trombe toujours nous plombe,
Et laisse partout, chez nous, son parfum.

Sur l’horizon félé, le sol s’affaisse
Sous nos pas qui titubent car, ici,
Tout bascule, tout s’écroule ou s’abaisse ;
Les nues qui s’effondrent laissent leur scie :
Le jour n’est qu’un trou ouvert sur nos tombes,
Décombres sous lesquels, las, on succombe.
Pourtant il n’en fut pas toujours ainsi…
Des cités qui tremblent, des vies qui sombrent
Et mettent par trop l’hiver dans mes vers,
Et l’autre rive de la vie, si sombre,
Devient espoir de repos, univers
De paix quand tombent oliviers, colombes,…
Quand demain, avant d’éclore, succombe
Dessous les bombes, avers et obvers,…

samedi 31 janvier 2015

HAÏKU REND CONTINU

Puisque « le temps travaille pour nous », pourquoi se fatiguerait-on ?

PETIT SOUVENIR DE PARIS (11 janvier 2015)

Sur Le petit cheval
(Paul Fort & Greoges Brassens)

Ce gamin dans ses mauvais temps,
Qui n’étaient que hargne et rage,
Se rêvait déjà président :
Tous derrière !
Tous derrière !…
Se voyait notre président :
Tous derrière et lui… devant !

Quand il eut passé cinquante ans,
À tant vendre son image
Et son amitié, de temps en temps,
Las derrière,
Las derrière,…
Oui, son amitié de temps en temps,
Las derrière. Pas devant.

Ambitieux et mécontent,
C’est lui qui fit le sillage.
La lippe, l’œil et le mot méchants,
Tous derrière,
Tous derrière,
La lippe, l’œil et le mot méchants,
Tous derrière… et lui devant.

Ainsi, il devint président,
Cavalant dans les sondages.
Alors il fut enfin content :
Tous derrière !
Tous derrière !
Oh oui, il en prit du bon temps :
Tous derrière et lui… devant !

Mais rien ne dure longtemps :
Des électeurs des plus sages
Le renvoyèrent au néant ;
Oui derrière,
Loin derrière,…
Oui, le condamnèrent au néant.
Lui derrière… Un autr’ devant !

Depuis, s’agitant, par tous temps,
Il trouv’ toujours le courage
De se remettre au premier rang.
Pas derrière.
Plus derrière.
Y’a qu’au tribunal, qu’c’battant,
On n’le voit jamais devant !

jeudi 29 janvier 2015

HAÏKU’N VÉNIANT

Avec mon nouveau crédit je dépense l’argent que je n’ai pas ;
avec son taux, je perds, aujourd'hui, celui que je gagnerai demain.

DES FOUS

Sur Les loups sont entrés dans Paris
(Albert Vidalie & Louis Bessières)
chanté par Serge Reggiani

Et si nous venait la nuit
D’une fraternité enfuie,
D’un coup, sans bruit,
Pour nous offrir l’enfer
Ou une fin des temps,
Aujourd’hui…
Des chiens hurlent
Qu’ils regrettent les Croix de Fer
- Béjaun’, bas bleus
Ou vieux cons les plus divers -
La France tremble…

Des hommes s’amusaient de tout,
Des fous, des beauf’, des sots surtout
Et leur traits fustigeaient les fanas
Qui, connards, se croient tous les droits
Mêm’ d’revenir au Moyen-Âge
En faisant partout des ravages… Et donc

Des fous ououh ! (Ououououh !)
Des fous vivent près de Paris
Au Nigeria et en Syrie,…
Des fous vivent près de Paris.
Ire et dir’ ont pris leur tire,
Des fous vivent près de Paris.

Ça enflamme les banlieues,
De flinguer au nom d’un Dieu
Qu’est pour rien dans un’ bataille
Où, en morceaux, on vous détaille
Pour quelques écrits mal perçus
Ou pour des dessins mal venus… Car donc…

Des fous ououh ! (Ououououh !)
Des fous sont entrés dans Paris
Dans Toulouse, Londres et Madrid,…
Des fous sont entrés dans Paris.
Et leur délir’ fit des martyres,
Des fous sont entrés dans Paris.

Chez Charlie, à l’hyper casher,
Ils ont ensanglanté l’hiver,
Assombri les ciels d’Occident,
Parce qu’on y est indépendant,
Qu’on n'y voue pas à l’abattoir
La Différence sans déchoir… Et donc

Des fous ououh ! (Ououououh !)
Des fous ont tiré à Paris
Et en Lybie et au Mali…
Des fous ont tiré à Paris.
Finis les rires et les satires,
Des fous ont tiré à Paris.

Partout ils ne sèment que deuil.
Ils n’ont pas d’couleur les cercueils
Qui pouss’ hélas à leurs semelles,
Et ont tous les Dieux pour modèles
Les morts que font tous ces nervis
Qui voudraient nous voir asservis… Et donc

Des fous ououh ! (Ououououh !)
Des fous ont tué à Paris
Comme au Maroc et à Bali,…
Des fous ont tué à Paris.
Pour que chavire not’ navire,
Des fous ont tué à Paris.

C’est la goutte de trop. La Droite
El la Gauche s’uniss’ à la hâte :
Quand, à nos valeurs, on s’en prend
L’Égalité retrouv’ ses enfants :
Charia, fatwas, burqas,… atterrent
Tout ceux qui ont les pieds sur terre… Oui, donc

Des fous ououh ! (Ououououh !)
Des fous endeuillent Paris
L’Algérie, l’Irak, la Syrie,,…
Des fous endeuillent Paris,
La hont’ ces sbir’ sur eux attirent.
Des fous endeuillent Paris.

Le sang de tous ces innocents
A souillé la Nation, la glaçant,
Et la Républiqu’ partout en France :
La Démocratie a une autr’ chance
De se retrouver, de se relever ;
Liberté et Fraternité… Car donc

Des fous ououh ! (Ououououh !)
Des fous ont fait bougé Paris,
Et le monde à eux s’en est pris,…
Des fous ont fait bouger Paris.
Vivent les rires et les satires,
Des fous ont fait bouger Paris.

mercredi 28 janvier 2015

mardi 27 janvier 2015

HAÏKU NU À CETTE ADRESSE

L’Académie : Quarante qui ont posé la leur
et ne pensent qu’à rente… et pas qu’à demi !

LE BERGER VISITÉ

Petite fable affable

Un berger faisait paître son troupeau 
Au fin fond d’un pré, jouant du pipeau.
Surgit, auréolé de poussière,
Un gros quatre-quatre que rien n’effraie :
Ruisseau trop boueux, buissons bien fourrés,
Fondrières du chemin de pierre,…
L’auto s'arrêta près de ce berger ;
En descendit celui qu’elle hébergeait.
Un citadin, peu urbain, dont la mise
Sentait le bel et bon goût garanti
Tel que le conçoivent les mercantis
Et ceux qui ne mouillent pas leur chemise.

« Dis-moi mon brave, apostrophe l’arrivé,
Peut-on jouer avec toi en privé ?
- Dia ! puisqu’on ne peut l’éviter, j’écoute.
- Si je te dis, là, combien de moutons
Tu as dans ton troupeau, Vieux croûton,
Ai-je le droit d’en prendre un pour la route ? »

Le berger opine, sûr de son fait.
L’autre part à sa voiture, en défait
Tout un gros arsenal informatique
Et,  fol et fier, tape ça, rentre ci,…
« Vingt-quatre brebis, fit celui-ci,…
Y compris la vieille paralytique. »

 Notre berger doit s’avouer vaincu
Et laisse à l’autre, contre nul écu,
Le soin de choisir lui-même la bête
Gagée et gagnée dans ce bref pari ;
Il semblait plus amusé que marri.
Puis le pâtre reprend le tête-à-tête.

« Eh, si je devine votre métier
Me rendrez-vous mon animal entier ?
- C’est requête que j’aurais pu prédire ! »
Persuadé que l’Ancien ne pourra
Jamais y arriver sans embarras
L’autre homme accepte, cela va sans dire.

« Vous êtes un “expert” et, partout, sur tout,
Faîtes des audits. » dit notre risque-tout.
L’autre est pantois : Comment est-il possible
Qu’un vieux cul-terreux dans un bled paumé
Ait pu le démasquer et l’empaumer ?
Le pasteur eut un rire irrépressible.

« Mon jeune ami, c’était facile, en vrai :
L’arrogance imbécile pour livrée,
Vous débarquez sans qu’on vous y invite,
Vous prétendez une réponse m’apporter.
Ai-je question posée, sans vous heurter ?
Mieux j’en savais la solution et, vite
Ai pu voir que vous ne connaissez rien
À mon boulot : vous avez pris mon chien
Pour trophée au lieu d’une des ouailles !
La lumière va plus vite que le son,
Aussi certains brillent comme un tesson
Jusqu’à ce qu’ils ouvrent grand leur bouche :
Là, on prend la plus froide des douches !  »

lundi 26 janvier 2015

HAÏKU RIGER

Les livres de cuisine sont pour moi une énigme :
ce sont des livres de recettes qui poussent à la dépense !

dimanche 25 janvier 2015

HAÏKU MENSAL

Je trouve que, de mon vivant, la vie est dure.
M’y ferais-je mieux après ?

UN VRAI PETIT CANARD !

Petite fable affable 

Couard, le canard, pour le coup, resta coi ;
Lui, si bavard, ne savait plus dire quoi.
D’ordinaire, il meublait toujours le silence
Par le néant de ces réflexions qu’on lance
Pour monter ce qu’on sait et doit ignorer…
Ou ce qu’on ne sait et peut subodorer.
Ce sot avait causé au coq de ses poules,
Qui cherchaient aventure ailleurs, ces maboules !
L’autre qu’un rien émeut mais qu’un peu atteint,
Visé par des propos qui, fût-il hautain,
Ne touchaient pas que lui en rougit de rage :
C’était, à sa virilité, un outrage !

Les jalousies, au poulailler, se nourrissent
De peu mais ne digèrent rien, prédatrices.
Le coq rossa d’importance le cancanier
Qui jura que ces mots étaient les derniers.
Sauf et le coq au loin, il joue des rectrices,
Le bec décloué, prêt à se renier,
Il se plaint haut et fort qu’on le muserolle :
« Il me donne tort d’avoir raison. Sagouin !
- Si tu ne peux, fit une oie, tenir parole,
Dieu, sous peine de mors, tiens ta langue au moins ! »

samedi 24 janvier 2015

vendredi 23 janvier 2015

HAÏKU LÉGIEN

Le sourire n’est pas qu’un simple sous-rire,
même s’il n’est pas entendu !

C’ÉTAIT HIER

Je suis verni :
Tu fuis le nid ;
Bon et mauvais
Ou zizanie
À l’agonie
Sont arrivés.
Passé terni,
Amours jaunies,…
On s’en dévêt.
Le temps béni
Sans atonie
Trop éprouvé
Est bien fini,
Vraiment fini…

Essuie tes yeux
Ça te va mieux.
Oui, le temps tue
Tous les bonheurs ;
Même abattue
Par trop de heurts,
Tu vas lutter,
Briser le charme,
Fourbir tes armes,
Jouer fûtée,
Malgré tes larmes
Et dire aux tiers :
« C’était hier ! »

Tu me honnis,
Tu me bannis,
Plaies ravivées,
Acrimonie
En litanie
Vont se graver.
On se punit,
On se renie,
Pour se prouver
Qu’on s’désunit
Sans félonie,
Pour se relever.
Que c’est fini,
Vraiment fini !

J’essuie mes yeux
Ça ira mieux.
Vois, la vie tue
Notre bonheur ;
Même abattu,
Par trop de heurts
Il m’faut lutter,
Mais sans vacarme,
Que j’me gendarme,
Parle flouté,
Malgré les larmes
Et dire, fier :
« C’était hier…
C’était hier… »

jeudi 22 janvier 2015