Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

samedi 23 décembre 2017

LA VÉRITÉ SUR LE PÈRE NOËL

Petite fable affable

Eh, Le père Noël ne passera pas
Cette année à la fin de votre repas.
Réveillonnez, amusez-vous en famille
Riez sous le gui et le houx en ramille,
Allumez votre cheminée à grand feu,
Il ne viendra pas, au cœur du silence,
La ramoner, bousculer le pare-feu
Au pied du sapin qui fait vigilance,
Pour déposer ses cadeaux et ses présents
Ses rennes n’sont pas pourtant agonisants…

Oc, le père Noël ne passera pas,
C’est sûr. Ne laissez donc pas à ce sherpa
De quoi se restaurer, là, ni même boire,
Les souris en useraient comme pourboire !
Il ne serait malade ni en prison
Mais aucun de ses nains fidèles n’arrive
À le faire revenir à la raison.
Plus les jours vont, plus il va à la dérive.
La fête sera fort triste cette année ;
Son absence peut même la condamner.

Si notre vieux Noël ne passe pas
C’est qu’hélas les enfants… n’existeraient pas.
Enfin plus. On le lui a dit. Sympathique !
À quoi bon traîneau, jouets, froid ou éthique,… 
Il refuse ainsi de faire sa tournée,
D’offrir du rêve aux uns, aux autres une trêve

En transpirant dans sa barbe chantournée
À la suite de cette nuit trop brève
Qui, s’il le faut, est mensonges et menteries
Aussi. Oui, c’est fini la plaisanterie !

Non, rassurez-vous Enfants de tous pays,
Ce texte est une fable. Nul n’a trahi
Votre lourd secret et c’est bien dommage :
Tant qu'un "Grand" croira que vous existez, 
Là, on continuera à vous fêter,
Ailleurs, à retrouver votre bel âge !

jeudi 21 décembre 2017

HAÏKU BANCAIRE

Le crédit est le plus moderne de nos instruments de torture : plus les taux se resserrent, plus la souffrance dure !

GREEN SPLEEN

Mon Dieu, que c’est triste un ciel bleu sans nuages
Posé sur un si verdoyant paysage
Quand on n’y voit que reflets et lueurs de faux.

Mon Dieu, que c’est triste quand le goût vous fault
Au doux chant des oiseaux, que le cœur vous manque
Au parfum des fleurs. L’esprit à l’échafaud
Tout mon être est là, lourd et las, comme en manque.

Mais ce beau tableau champêtre qui me flanque
N’émeut guère le poète-saltimbanque :
Son soleil me laisse froid et ses nues… nu.

Insensible à ce bucolique voyage
Des sens auquel m’invite, sans retenue
L’horizon, tout seul, je dérive au sillage
Du temps, vers de sombres pensers bien connus…

mardi 19 décembre 2017

HAÏK(l)U CHETTE

Certains chanceux du Loto ne sont même pas dignes de décrocher le grelot !

AU CAFÉ DE MON PASSÉ…

Au café de mon passé,
Je ne fais que repasser
Pour rafraîchir ma mémoire,
Me soûler de souvenirs
Défier le Temps, les Moires,
Et trinquer à l’avenir…

Au café de mon passé,
Je bois, sans outrepasser,
Mes hiers en fond de verres…
Il est bon de revenir
S’humecter les salivaires
Pour debout encor’ tenir…

Au café de mon passé,
Le bon vieux temps dépassé
Me revient à pas pressés,
Ou au zinc, ou en terrasse,
En creux de vies empressées
Où le temps se fait vorace…

Au café de mon passé,
Quand quelques heures sont passées,
Je me ressers ces histoires
Dont je n’ai pas à rougir
Mais qui n’ont pas fait ma gloire,
En lampées sans m’assagir…

Au café de mon passé,
Avant que de trépasser,
Venez, c’est ma tournée !… J’offre !…
On boira ensemble et sec
À tout ce qu’on garde au coffre,
De nos succès, nos échecs,…

Au café de nos passés
Qui, la mine compassée
Reviennent oppresser,
Le cœur, au zinc, en terrasse,
Et mâtin, nous compresser
L'âme sous d'infimes traces

lundi 18 décembre 2017

DES HAÏKUS VERTES ?

Les mythes ont été inventés car la culture, bien plus que la nature, a horreur du vide.

dimanche 17 décembre 2017

HAÏKU M’PAS GNON

Il est des gens qui ne manquent pas d’air mais ne peuvent s’empêcher de me pomper le mien !

LES PIERRES

Hélas, les pierres volent à nouveau
Car un vrai fou a mis le feu aux poudres,
Pierres tombales mises au caniveau
Des espoirs de paix entre bons rivaux
Pour une terre de caillasses, plus sèche
D’amour qu’un désert, que l’on dit pourtant 
« Sainte » et où on se déchire le temps
De vies trop vite, trop courtes, qu’assèchent
Des hommes tuant au nom de leurs Cieux,
 Des dogmes que l’on dit nés des Dieux…

Oui, les pierres volent à nouveau
Car un fou qui n’en a rien à foutre
Et ne se soucie, las, que de divots
Ou de guerrière foudres, passant outre
Des vies qu’il méprise et, pire, des gens
Qu’il entendrait éradiquer sans peine.
Il fait un piédestal à la haine
À coups de petits cailloux, l’indigent
Auprès des saints rochers de cette terre
Où roulent ces pierres qui tout enterrent.

samedi 16 décembre 2017

vendredi 15 décembre 2017

HAÏKU’RUPTIBLE

Il n’est d’incorruptible que le vendu à qui on n’a pas proposé le juste prix… celui auquel il s’estime !

VIS VENT !

Courbe le dos mais lève la tête…

Lutte, mon fils !… Lutte contre les mauvais vents
 Et les tempêtes qui hantent, hélas, ta tête
Brouillent ta vue, hurlent et s’agitent trop souvent,
Quand ils déferlent en ton âme et, parfois, t’entêtent,
Quarantièmes rugissants, Cinquantièmes hurlants,
Balayant des solitudes faites habitudes,
Ces terres où l’esprit s’égare, où à cœur ballant
Meurent certitudes, naissent inquiétudes…

Lutte, mon fils !… Sois, face à tout mistral, gagnant.
Si, las, ouragans, moussons et typhons se cachent
Aux alizés, des parfums vont accompagnant
Force foehns et flux quand, d’aventure, ils se lâchent.
Rêve au simoun, au chergui et au sirocco,
S’il te plaît, ou souviens-toi de la Tramontane
Tout en senteurs courant sur les coquelicots,
De l’haleine du cers en sa danse gitane.

Lutte, mon fils !… Lutte pour retrouver l’accent
De l’Autan et la chaleur de la Balaguère
Face aux brusqueries de bourrasques allant par cent :
Il n’est de flots, de rafales de bonne guerre !
Viendra le zéphyr de l’envol, des envolées,
Même si, sans en avoir l’air, parfois la brise
Se fait bise, va, ne te laisse pas aller ;
Bats-toi contre le suroît, ne lâche pas prise.

Lutte, mon fils !… Il n’est pas de terrible grain
Qui à force de patience ne faiblisse,
De blizzard tournant à l’harmattan sans chagrin,
De fous tourbillons qui en risée ne finissent,
 De noroît qu’on ne puisse mater,… Et,. souvent
Un souffle tue le Pampero aux froids bruires.
Autant qu’il en amène, en emporte le vent !
L’Aquilon te bercera bientôt de rires
Et de soupirs… Vis au-dessus de tout vain vent !

jeudi 14 décembre 2017

HAÏKU DU SORT

La vie est préférable à la mort car un merveilleux mensonge vaut mieux qu’une triste réalité…

mercredi 13 décembre 2017

HAÏKU’R À SUIVRE

Grâce aux orthophonistes qui nous bassinent on va passer de l’enseignement prêt-à-porter au cours sur mesure… à 35 par classe !

LE CHAUSSEUR SACHANT CHAUSSER

Petite fable affable d’après une histoire du folklore juif

Un chausseur sachant chausser
Donnait à sa clientèle,
Sans jamais ses prix hausser
- Ce n’est pas là bagatelle ! -
Deux paires, oui j’ai dit deux,
Aux nantis comme aux merdeux,
À chaque commande faite
Auprès de son magasin.
Et chacun lui faisait fête
D’être aussi peu sarrazin !

Mais un jour, fort en colère,
 Le rabbin du quartier
Vient voir ce séculaire
Comme pour le châtier.
« Ah, quel cadeau inutile
Que des chaussures de style
Trop petites !… Car, Mani
Ainsi ta seconde paire
Se trouve être. Tu le nies ?

- Ainsi le voulait mon père
Qui me disait que c’est là
La seule façon au monde
D’oublier, quand on est las,
Qu’on a soucis à la ronde :
Des souliers trop étroits
Tout un jour, pas deux ni trois,
Tu ne penses à rien d’autre !
Mon cadeau, en est un vrai,
Pas fierté où je me vautre,
Car je m’en trouve pauvret. »

Ne juge pas ce qu’on t’offre,
Au l’aune de tes besoins
Et garde au secret d’un coffre
Qu’autrui a du bon sens !

mardi 12 décembre 2017

HAÏKU LAID

Nombre de femmes reprochent à leur mari de ronfler pour ne pas avouer qu’elles les blâment de s’être endormis les premiers !

lundi 11 décembre 2017

HAÏKU’AROSSERIE

Qu’importe le nombre des Sapins de Noël que la vie vous apportera pourvu qu’elle vous épargne de rencontrer un platane !

L’AIR DU SOUPÇON

Si je suis en retard
Ou bien en avance,
Si j’rentre tôt, ou tard,
C’est que j’ai connivence
Avec quelque jouvence :
Tout t’permet racontars !

Tu es chicaneuse
Pour le moindre rien :
J’suis un propre-à-rien
Quand t’es soupçonneuse

Je ne peux pas causer
À une jeune fille
Sans te voir exploser,
Aller jouer aux quilles
Ni, au bar, arroser
Un truc, sans m’exposer !

Tu es vénéneuse…
Je me sens vaurien,
Futur galérien,
Quand t’es raisonneuse.

Je ne peux regarder
Quelqu’un, ni lui sourire,
Sans vit’ sentir darder
Sur moi tes yeux ou, pire,
Sentir ma joue harder
Car ta main l’a trouvée !

Tu es chicaneuse
Pour le moindre rien :
J’suis un propre-à-rien
Quand t’es soupçonneuse.
Tu es vénéneuse…
Je me sens vaurien,
Futur galérien
Quand t’es raisonneuse.

Si tu es haineuse
J’suis un acarien,
Presque bactérien
Quand t’es bougonneuse…
Tu es chicaneuse
Pour le moindre rien :
J’suis un propre-à-rien
Quand t’es soupçonneuse…

Tu es ronchonneuse
Si t’es soupçonneuse,
Ou bien raisonneuse.
Tu es débineuse 
Quand t’es soupçonneuse
Ou bien raisonneuse.…

samedi 9 décembre 2017

HAÏKU’R D’EXCUSES

Dyslexie, dyscalculie, dyspraxie,… À entendre nos chers spécialistes médicaux, tous les élèves, de nos jours, sont tous dys- quelque chose, alors que la plupart des vrais problèmes de ces chères têtes blondes, brunes ou rousses s’appellent « distraction » et « discussion »… voire « dissipation » !

UN NOUVEAU DÉPART…

Petite fable affable

Un grand dadais, fort boutonneux, s’exclame 
Voyant un docu’ sur « la fin de vie »,
Avec sa mère : « Quiconque te blâme, 
Ne me laisse pas, je n’en ai pas envie,
Mam’, à la seule merci de machines,
Vivre dans un état végétatif…
Je ne veux pas, même si on te chine,
Être branché, béat, contemplatif,
À des fils pour me faire vibrer l’échine.
Débranche tout : je préfère mourir, 
Que de me sentir peu à peu pourrir ! »
Après cela à quoi bon discourir…

La mère se leva sans mot ni phrase
Et débrancha l’ordi’ et la télé,
Le lecteur dvd sans plus d’emphase,
Puis le MP3, la WI-FI et la Play,…
Vite elle s’est désabonnée du câble,
A arraché du téléphone les fils
Elle lui a même pris son portable…
Il fallait voir la face et le profil
De ce gamin des plus insupportables :
Là, ce jeunôt a bien failli mourir
Oublieux qu'deviser sans réfléchir
C’est tirer sans viser, ni coup férir.

vendredi 8 décembre 2017

jeudi 7 décembre 2017

HAÏKU’R INTÉRIEUR

Il est des êtres bas de plafond qui, en plus, n’ont pas les pieds sur terre.

ENTRE MO' & MOI

Ton travail a-t-il besoin de moi,
Quand tu y mets tellement d’émois  ?
Alors pourquoi je serais grimaud ?

L’œuvre nécessite-elle mes mots
Quand elle conte tant de tes maux
Et finira peut-être chez moi ?

Tu laboures seul depuis des mois
Et sèmes au vent de futurs charmoies
Aux sombres et inspirants rameaux.

Nous voit-on comme des gens normaux,
Un peu créateurs, et forts marmots,
Dans nos deux univers siamois ?

mercredi 6 décembre 2017

mardi 5 décembre 2017

HAÏK(r)U & BOULONS

Combien  de gens que l’on croit déjantés ne sont, en fait, qu’en roue libre !

D’UN QUI PÈLE PAS FIGUE…

Petite fable affable

Devant un un grand concours de curieux,
Un magnat reçu une rebuffade
Qui mortifia ce prétentieux,
Le pire salonnard à la vie fade
Qu’on eût connu au pays des Mondains,
Avare d’argent mais pas de dédain.

Il était emprunté, pas comme ce hère

Qui pleurait misère au coin de sa rue
Sans secours du quidam ni du rosaire,
Mais qui gardait sa fierté à la crue
Digne et non pas fat, sage sans faconde
Ni donneur de leçon à tout le monde.

Matin, le pacha lui dit : « T’es heureux

Ou quoi ? Tu ne cesses de me sourire
Alors que tu possèdes pas un creux
De poêle usée où mettre un œuf à frire.
Que faire sans l’argent qui nous rend libre 
Alors que précaire est ton équilibre?

- Qu’ai-je à perdre ?… Rien ?… Qu’ai-je à gagné ?… Tout !

La vraie richesse est de ne rien attendre
De personne : un gueux n’est pas un toutou ;
La vraie liberté, pourras-tu l’entendre, 
Est de ne rien devoir à personne !
Et penses-y toi que tout hérissonne… »


Dessin : Élisa Satgé, automne 2015

lundi 4 décembre 2017

COUP D’HAÏKU DEUX

S’il est des vérités qui ne sont pas bonnes à dire,
il en est plus encore qu’il vaut mieux ne pas croire !

dimanche 3 décembre 2017

HAÏKU D’SIRÈNE

Ce peut être le même vent qui souffle la bougie et attise l’incendie !

QUESTIONS ANGOISSÉES D’UN GÉOGRAPHE DÉBOUSSOLÉ

Peut-on voir les troncs de l’église de Chilleurs-aux-bois (45) ?
C’est pas trop merdique Ichy (77) ?
La Bénisson Dieu (42) a-t-elle si besoin que cela d’un divin secours ? 
Est-il vrai que Larchant (77) ne fait pas le bonheur ?
Qui voudrait aller jusqu‘à Malemort (19) ?
Village, hameau ou bourg c’est quand même mieux que Nonville (77), non ?! 
À Saint-Céré (46), poitrines opprimées ?
Pourquoi ne pas faire Noël à St Sylvestre (87) ?
C’est pas si cool que cela Tendu (36) ?
Vinsobres (26) n’est-ce pas un lieu paradoxal ?

samedi 2 décembre 2017

vendredi 1 décembre 2017

HAÏKU NIVENCE

Elle m'est tombée dans les bras, m'est restée dans les mains et désormais je l'ai dans les pattes ou sur le dos !

TANT & TANT DE TEMPS

Petite fable affable

« Non, mon ami, ce n’est pas parce que je m’appelle 
Prosper, que je le suis réellement ! » rappelle
Un bourgeois bouffi et étoffé au mendiant
Qui, là, sur son pas de porte, vit d’expédients.
« Beau ou mauvais, tu vis - quand tu cesses enfin de geindre -
De l’air du temps, et comme le temps c’est de l’argent,
Pourquoi, tout le temps et par tous les temps, te plaindre ?  »
Rajoute le nanti cousu d’or à l’indigent.

« Moi, conclut l’opulent cossu, avec emphase,
Je n’ai, qu’importent le jour ou la lune et ses phases,
Le temps de rien car, vrai, en un rien de temps, 
Ces derniers temps, ceux-ci courent et filent autant
Que malandrins devant le guet… Comment puis-je
Rattraper ce temps perdu et les sous envolés
Avec lui comme les feuilles d’automne voltigent ?
Moi qui ai fait profession de foi de gagner
Du temps, donc des pécunes, sur tout et par poignées,
Me voilà marri… Je ne peux le temps prendre
Car il presse, utile ou non. Veux-tu l’Ami, m’apprendre
À jouir comme tu le fais tant du temps présent, 
Composé ou pas ? » termine le nanti dans un rire.
Le maigre miséreux, loin d’être médisant,
Répond malgré quelques dents en moins au sourire :

« Fils de Crésus, je mesure ma chance ô combien :
Veux-tu échanger ma place contre tes biens ?
Non pas ?!… Et je le comprends mais pourquoi tu moques
Ma détresse et te joues que je ne sois que loques ?
Je crois, Milord, que tu oublies qu’ici bas
Nous n’avons pas le même temps mais aurons, Diable,
 La même fin et, toi, tu te perds en débats
Sur le temps que tu tues et qui me tue, serviable !  »