Tableau : Elisa Satgé, avril 203
Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques
parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…
samedi 7 mai 2022
LE LAC D’ÉLISA
Sur un cadeau de ma fille préférée
De toute sa hauteur le ciel bleu se jette
Dans les profondeurs d’azur d’une eau oubliée,
Et se noie de trop s’y mirer, fou à lier.
Narcisse, pour moins de beauté, perdit la tête…
Un écrin sylvestre, à la pénombre distraite,
Pare ce vaste miroir d’un déshabillé
D’ombres festonnées qui nous le fait plus briller
Parmi les verges d’or de ses berges quiètes.
Sur eux veille un mont livide, une vue d’hiver
Alors que, jà, point la vie de printemps en plaine,
Souveraine majesté que rien n’émeut.
Les veille ce mont candide, qui fait revers
Aux vents mauvais dont se meurt la fétide alène
Où toujours, pour moi, cette eau placide se meut…
vendredi 6 mai 2022
jeudi 5 mai 2022
L’ARAIGNÉE & LE MOUSTIQUE
Petite fable affable
Il me revient en écho, des couloirs du temps,
Où j’erre parfois, un vieux conte d’antan.
Paumée dans sa pampa, une araignée sommeille.
Ayant plus de pattes que d’esprit et clopant,
Elle gobait, cachée dans la salsepareille,
Moins qu’un moine en carême, le cœur fort épais.
Un moustique, sacré loustic, lui faisait brusques
Brocards et quolibets de son infirmité
Quand déjà, disait-on, ses frasques et ses frusques
Conspiraient, par trop, à la tant discréditer.
« De la tête qu’on a, on n’est pas responsable !
Répliquait lors notre épeire, l’air pitoyable.
- De celle qu’on fait, si ! » fit le picanier
Qui avait bu la paix à tous les sangs du monde
Mais était niais on ne peut, las, le nier.
Compassion n’était pas en terre féconde
Chez l’insecte, un brin daubeur, un rien moqueur.
La fileuse ne bronchait pas, sans aucun doute,
Car elle ne pouvait attraper ce rieur
Et qu'il mettait, sans fin, sa toile à vauderoute.
Elle soupira : « L’éclopé raille le boiteux
Qui morgue le cul-de-jatte plus souffreteux ! »
mercredi 4 mai 2022
mardi 3 mai 2022
PAS DE CLÉMENCE POUR LA DÉMENCE…
Certes depuis longtemps la Guerre,
Hélas, n’offre - gloire et honneurs
À nos héros de naguère ! -
Que des douleurs et des malheurs,…
Mais encore en ce temps la Guerre
Rassasie des bas appétits
De fous sans aucune empathie
Pour qui votre vie ne vaut guère,
De raisonneurs, grands ou petits,
Jouissant fort de qui s’indigne
De ces chimères dont on meurt,
De la folie et des horreurs,
Au fumet de chairs mises en lignes,
Dans des fumées jugées insignes.
Ça fait si longtemps que la Guerre
Anime les cœurs querelleurs
Et les peuples à terre atterre,
Dans les peurs et dans la terreur…
Et pourtant encore la Guerre
Salive au son sourd du canon,
Se déchaîne à tort sur un nom
Et massacre un peuple vulgaire
Ce, pour un oui ou pour un non ;
Ainsi de bien sombres Guillaume
Feront lors, à force de sang
Semé, leur moisson d’innocents
Et, pis, d’ombres peu économes,
Ne s’en croiront que plus des « Hommes ».
Mais depuis bien longtemps la Guerre
Produit de ces funestes champs
Sur lesquels meurent des grégaires
Médaillés de funèbres chants…
Depuis si longtemps, las, la Guerre
Abreuverait le ciel et ses dieux
Lesquels s’effarent, point odieux,
De tous ceux qui tant s’affairent,
Sur le crime peu scrupuleux,
Aux carnages et aux pillages
De multitudes de damnés,
Violentés et affamés
En fuyant le mortel sillage
De troupes entrant aux villages.
Depuis trop longtemps, oui, la Guerre
Sur des corps de mères et d’enfants,
Et sous ses beaux arcs triomphants,
Fait des profits… et ses d’affaires.
lundi 2 mai 2022
dimanche 1 mai 2022
LES TISSERINS
Petite fable affable
À l’école de la vie, le peuple de tisserins
Dont les nids pendent mollement aux hautes branches
Des acacias ne vit pas dans un calme serein.
Il fut jadis exterminé par le bec qui tranche
Et la serre qui lacère de l’épervier
Ou du faucon. Nul ne sait plus en nos foyers.
Trop gourmands et trop bruyants au goût des rapaces
Qui aiment tant à ce qu’on file doux devant eux,
Et ne toléraient plus ces passereaux. Mais le temps passe
Et comme encore le serinent nos vieux :
« Aujourd’hui “lauriers” et demain “cyprès”,
Roche Tarpéienne étant du Capitole si près. »
Jouvenceaux impudents réchappés du massacre,
Des petits tisserins, imprudents, revenus
Au pays où antan leurs aïeux eurent des acres,
Avec pour magot leur ego, mirent à nu
Le ciel des couvées de toutes les engeances
Qui s’y trouvaient en tirant glorieuse vengeance.
Ce n’étaient pas les nichées des fils d’assassins
De leurs pères mais qu’importe. Ils se firent un empire
Là où ceux-ci avaient un royaume, un bassin
De vie, avec une cruauté de vampire,
Lavant le sang avec le sang et non pas l’eau,
L’excuse des morts d’hier absolvant ce « boulot ».
Hélas, si le présent nous saisit, dit le Sage,
Le passé nous tient et, pire, on n’apprend pas
De ses douleurs ou de son malheur, de quelque âge
Il date, condamnant son voisin au trépas…
Illustration : Elisa Satgé, été 2019
samedi 30 avril 2022
vendredi 29 avril 2022
LA MONTRE DU GRAND-PÈRE
Petite fable affable
Un père, sur son lit de mort, dit à son fils :
« Vois-tu, notre couronne et notre fleur de lis,
À nous tous, Plèbe de la glèbe, est le travail…
Et nos qualités qui ne sont pas choses à bail.
Pour payer mes obsèques vends donc cette montre,
Elle était au grand-père… il n’aurait pas été contre ! »
Le brave fils s’adresse à quelque usurier
Qui, las, lui n’en aurait donné que cinq deniers,
Mais un horloger lui propose en sonnantes
Monnaies dix sols non rognés, quand une éminente
Collectionneuse voit l’objet. Elle, aussitôt,
Offre trois livres d’argent et pas sous l’manteau…
Le jeune homme le vend à cette bonne dame
Qui le met en cabinet sans plus d’état d’âme.
Lors, il retourne à son père. Avant d’expirer,
Il dit : « Ah, je ne pouvais mieux désirer :
Ainsi, tu sais, où que tu sois, quoi que tu fasses
Que le travail seul ne sort pas le petit de sa crasse :
Si tu veux qu’on reconnaisse ta vraie valeur
Adresse-toi donc au bon interlocuteur ! »
jeudi 28 avril 2022
mercredi 27 avril 2022
QUAND UN IMBÉCILE DÉSILLE
Petite fable affable
Un gros ours, aimant vaux et vallons, hantait
En pattu pataud, notre bon coin de terre.
Pas assez d’esprit pour bien parler,
Ni assez de jugement, las, pour se taire,
Il était un de ces êtres uniques comme on
En rencontre des milliers par nos monts.
Mais c’était un être selon mon cœur : prospère
- Youp, la boum ! - et heureux, vivant en pépère,
Ayant de quoi dévorer voracement
Selon sa seule envie… donc à tout moment.
Il croise, un soir noir, une martre intelligente
Dont la flatterie n’est pas, las, le fort.
Ayant lu l’Homme de façon diligente,
Elle le citait fort comme un sage renfort :
Changeant de patron selon la circonstance,
De référence suivant l’occurence,
Elle n’était, dans ses conversations,
Que formules toutes faites, citations,…
Courtaud et pas courtois cet animal aime
À dégoiser sur tous, à créer problème.
Le placide plantigrade interpellé
D’un « Voilà ce que produit la sottise
Quand Madame Nature se laisse aller :
Un gros goinfre lourdaud tout en balourdise ! »
Ne répondit mie ni miette au bandit.
L’autre s’enhardit : « Voyez, quand la paresse
En ce monde vous gouverne : la faiblesse
Vous fait baderne et objet de moqueries ;
Et même un nain d’un géant ainsi se rit ! »
L’adipeux, tout dédain, sort de sa réserve :
« Bah, sornettes !… Même si elle t’énerve,
Se battre avec de la bouse, même un peu,
C’est risquer l’éclaboussure, Guenilleux ! »
mardi 26 avril 2022
lundi 25 avril 2022
CHAT EN POCHE ?
Petite fable affable
Un jour, Jupiter faillit perdre son Olympe
Car une harpie, tout en fiel, sous sa guimpe,
Voulut l’en chasser pour, d’autor, y installer
Sa tyrannie à elle depuis ces hauteurs
Et son château. Elle est prête. Il faut y aller :
Quand l’envie de l’envol est bien là, point de peurs !
Lors, toute en chatteries mais prête à la châtaigne
Pour châtier ou, pourquoi pas, châtrer cette teigne
Qu’est un Dieu devenu imbuvable aux siens,
À l’affût d’un effet, elle chatoie. Elle grimpe
Et tutoie, habileté de circassien,
Les sommets de ce tant convoité Mont Olympe.
Minaudant, elle se rapproche et donc Jupin
En devient chatouilleux : Quoi perdre son trône ?
Voir son règne chavirer ? Le coup du lapin
Ce serait alors. Que, Dame, elle le ronronne,
Ce ne sont là que fruits de sa froidure à lui,
De son dédain et de sa morgue le produit.
Finalement, les croyants, entre eux deux, tranchèrent
Conservant leur ancienne foi pour une ère.
D’aucuns disent, désabusés plus que narquois,
Pour expliquer au monde aujourd’hui le pourquoi
De ce retournement presque extraordinaire :
« Elle n’est que haine qui ôte à tout son prix
Alors que lui n’en n’est encore qu’au mépris ! »
dimanche 24 avril 2022
L’ÉTROIT HAÏKU
Au théâtre, il vaut mieux éviter les actes manqués… sinon on vous fait vite une scène !
samedi 23 avril 2022
LE GALANT & LA COQUETTE
Petite fable affable
Un ridicule de cour, des plus grotesques
Au demeurant, croise par les grands jardins
Du palais une vraie volage toute en dédain
Et pour le rang et pour le sang de ce presque
Marquis, le seul à qui, elle qui tant a
La passion du plaisir, vile inconstante,
S’est refusée, un jour. Il en fut à quia
Mais, là, mu par quelque perfidie combattante
Née d’une jalousie mesquine, il tient
Sa revanche vengeresse : cette légère
Badine avec un quelconque chrétien !
Le chafouin, malengroin, lui déblatère :
« Il vous est des serments qui coûtent moins
À violer qu’à faire avec vos besoins !
- Mais ici, chacun me connait ; qu’ai je à craindre ?
Qu’aurai-je donc, moi, à cacher ou à feindre ?
Si nous n’avions point tares ou défauts
Nous n’aurions, hélas, pas la joie immense
De passer au fil tranchant de notre faux
Ceux, moins grands et moins gros, des autres, je pense ! »
vendredi 22 avril 2022
jeudi 21 avril 2022
L’ASILE ACCUEILLANT
Petite fable affable
Un renard et un loup, compères affairés,
Tenaient en leurs vils crocs la campagne, atterraient
Les poulaillers. Ni basses cours ni clos de ferme
Qu’ils ne terrorisaient… et razziaient, à terme.
Un marchand de poulets accueillait volontiers,
Sans compter la paille ou le grain, en toute amitié,
Les rescapés de leurs pillages, les victimes
De leurs carnages par conviction intime.
Quand on a bon cœur, qu’importe l’âge ou la plume,
Il accueillit canard, pintade, dindons ou bien paons,…
Ne faisant que dans la galline, de coutume,
Mais aucun malheureux n’allait à ses dépens !
Ayant consciencieusement la volaille
Détruit et, pis, anéanti toute poulaille,
Hors celle gardée par les mâtins du volailler,
Nos larrons s’en prirent aux garennes et clapiers,
Aux lapins jusque là épargnés. Cette faune
Se pressa chez le fermier bienveillant, béjaunes
Traumatisés, vieux rescapés, de tout privés.
Les laissant hors, au péril de leur vie, rivé
Sur ces principes : « Moi, je fais dans la plume ! »
L’homme les envoya donc ainsi à la mort
Et aux envies des fripons, sans regret posthume
Et, las, même sans l’ombre du moindre remords.
« On ne peut accueillir toute la misère du monde »
Se disait ce sot jusqu’à donc s’en rendre immonde,
Oubliant que les lapins n’ont qu’un temps, s’entend,
Et que molosses peuvent perdre leurs dents…
mercredi 20 avril 2022
mardi 19 avril 2022
RÉVÉLATION
Petite fable affable
Née coiffée, régulièrement peignée,
Cette girafe-là aimait à régner
Sur toute une cour de dames à fort long cou
Qui pourtant, dit-on, ne l’aimaient pas beaucoup.
Répétant en paradant en son troupeau
Que, très souvent, sous un petit buisson,
Un gros phacochère gîte, obscur propos
S’il en est, elle allait générant frissons.
Cette tête frivole au goût volage avait
Appris quelque chose et se mordait les joues
De ne pouvoir, las, partager ce bijou.
Elle qui n’était que migraines et vapeurs,
Voire insomnies ou douleurs, faisant toujours
Montagne de taupinière, n’a pas peur
De prou déblatérer, arguant tout le jour,
Que des non-dits viennent tous les on-dits
Qui démasquent secrets les mieux ourdis.
Elle avait glané, au matin, au marigot
Que chez les gnous, il paraîtrait qu'il semblait…
Et, foi de nombre de commensaux du cours d’eau,
Il fallait taire le mystère d’emblée.
Partout hélas, petite cachotterie
Fait naître aussitôt de grandes causeries;
Ne sachant qui croire ni que résoudre, chacun
Y allait fort de son extrapolation.
La girafe disait savoir d’un faquin,
Drôle de zèbre ayant claudication,
Ministre du roi de ces vains bovidés
Ayant une cervelle que corvidé,
De ces choses que seule une intime sait.
« Je tais son nom, faisait notre infatuée,
Mais ses confidences je peux vous répéter
Mânes de la savane peuvent me tuer
Si je ne dis pas la stricte vérité ! »
Alors que la Sybille allait dévoiler
Ce qu’on dissimulait tant, et ses tréfonds,
Sachant les arcanes que l’on cabalait
Retentit un “Pan !” effrayant girafons.
« Qu’est-ce donc ? Fit la parleuse malengroin.
- Le jugement des âmes qui te sont témoins !
- Douterais-tu de mes informations ?…
J’ai dit de qui le tenir, rayé boîteux !
- Je suis celui-là et ne te connais point !
Fit-il et lui montra, en moins de deux,
Son dédain et son cul, disant en appoint :
Plus que ses craques c’est, las, la vanité
Qui perd, tôt ou tard, le menteur patenté… »
lundi 18 avril 2022
dimanche 17 avril 2022
HAÏKU’N SCIENCE
La science des cœurs : l’Amour est une affaire de chimie mais l’attirance une question de physique… Alors est-ce si étonnant que, dans le domaine sentimental, les échecs soient souvent aussi maths ?!
ORIENTALES FÂCHERIES
Petite fable affable
Au Pays du Soleil levant, grues cousinaient.
Et comme chez l’Homme, dès que ces paires d’ailes
Vont par deux, voire plus… l’un veut l’autre dominer ,
Être chef sachant cheffer, réclamant le zèle
Et la soumission sans discussion.
Celle qui s’en croyait et que l’on ne détrompait
Pas sur ce point voulut l’expatriation
Des siennes vers des horizons plus huppés :
En premier lieu, le Pays du matin calme
Puis le Céleste empire - qui vaut la palme ! -
Celui qui est sis au milieu du monde,
Ils se nichent tous deux, là-bas, par-delà l’onde.
Pour la première fois de sa courte vie,
L’une dit « Non ! » à l’auguste supérieure.
Que fit la fate au caquet qui, quoiqu’asservie
Lui mit, là, son paquet d’un mot ? À cette heure
Rien. Elle la relégua. Un point c’est tout.
Mais l’autre annonça son désir de tout quitter,
De partir pour vivre sa vie de son côté,
Seule s’il le faut sans avoir à s’acquitter
D’obéir à une tyrannie. Culottée !
« Je suis un être entier, et c’est la mon moindre
Défaut et l’avais quand à vous je vins m’adjoindre :
Quand je donne, je donne tout, fort généreuse ;
Quand je reprends, je reprends tout, c’est chose heureuse !
- Une lâche se cherche une excuse, toujours,
Quand au pied du mur on l’ose mettre un jour.
Tu as peur, notre grand voyage te panique
Frissonnant de frousse malgré l’esprit clanique…
- Il y a une différence entre “abandonner”
Et savoir, harassé, que l’on a “trop donné” ! »
samedi 16 avril 2022
vendredi 15 avril 2022
HAÏKU MUSCLÉ
Depuis qu’on m’a dit que les efforts étaient payants je limite les miens : j'ai peur de n'en avoir pas les moyens !
DE SERMENTS EN SERMONS
Petite fable affable
Deux écureuils, Albert, Le Brun, et Gaston, Le Roux,
Se disputaient avec courage et courroux,
De belles phrases en bons mots, quelque gros frêne
- À moins que ce ne fut un hêtre… ou un chêne ! -
Que chacun entendait prendre et gouverner
Pour un épais faisceau à venir d’années.
Voulant être choisi pour l’un, à réélire
Pour l’autre, c’est à chaque jour moults grands dires,
Maints propos malveillants, on-dit et rumeurs
Chez l’autre comme chez l’un : c’est la grandeur
Des démocraties des Bois que l’assurance
Que tous ces vains et vils concours d’éloquence.
Il ne leur coûtait rien de payer de mots
Ceux qui, nourris de peurs, accablés de maux,
Allaient trancher, pour que vive mieux ce chêne
- Qui tenait du hêtre… ou peut-être du frêne…
Qu’importe, là n’est guère notre propos ! -
Entre cent vérités et piques assénées
Et foi engagée avec verve effrénée.
« Jà, tu as régné, reniant tes promesses ;
J’ai le parler vrai ! faisait le prétendant.
- Mais la pensée fausse ! répliquait sans cesse
Le sortant, avec cette feinte sincérité
Dans ses accents qui vous font plébisciter.
- Ton méprisant et verbe affecté ! rajoute,
À bout d’arguments, contradicteur en joute.
Tu palabrais sans faire quand tu régnais…
Sans bagou, elle fait bien plus l’araignée !
- Comment “sans faire“ ?!… Tout était à refaire
Au hêtre,… - chêne… ou frêne - la belle affaire ! -
Et l’ai fait ?
- Quitte à tout défaire et refaire !
- De maximes et sentences, tu t’enferres :
Au début était le verbe, l’action
A suivi !
- Avec discours et réflexions
Laissez-moi, Amis, parfaire mon œuvre :
On ne change pas pilote à la manoeuvre.
De vous en satisfaire vous aurez lieu.
- Ce serait forfaire car il est, Tudieu,
Urgent besoin aux bêtes d’avoir un homme
- J’ose le mot - qui ne les prenne pour pommes,
Oubliant demain ce qu’il a dit hier
Et qu’il leur doit tout, un élu pas fier
Qui sache ses devoirs, ses limites, son rôle,… ;
Bête non de parlotte mais de parole
Qui sache, d’abord et surtout, les servir
Sans se servir ni, surtout, les asservir ! »
Par une révolution, ces jacteurs
Du chêne - ce n’était ni hêtre ni frêne,
Je sais maintenant ! - arbre de bonne graine,
Furent renvoyés, tels de mauvais acteurs,
Au cri de : « De la politique on se lasse
Quand les Politiques, hélas, la plèbe harassent ! »
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