Tous les lâcheurs ne sont pas des lâches.
Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques
parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…
lundi 8 mars 2021
dimanche 7 mars 2021
À L’OUEST D’ÉDEN
À l’heure où, de tout mon corps j’étais, las, confiné
Sous un ciel qui grisait quand il ne pleurait,
Prisonnier d’écrans où peurs et mort affleuraient,
Mon coeur là-bas, en ce paradis, retournait…
Là-bas, à Bormes, où les pierres s’endorment
Sous le soleil de Midi en points scintillants,
Petits éclat d’or relevant le gris dessous les ormes,
Animant l’ocre de traits chauffés et brillants.
Mes pensées caressaient, sortant de mon triste cadre,
À fleur, la serpentine moirée qui encadre
Ces portes entrouvertes qui ont l’accent d’antan,
Que gardent des heurtoirs de bronze d’un autre temps.
Là-bas, dans ces moments-là, même l’ombre est sèche,
Au pied de façades aux couleurs d’Italie
Appuyées sur l’azur où aucun souffle ne crèche.
Par les venelles en lacis c’est hier qu’on lit,
Et dans ce dédale de ruelles montantes
Et tournantes, enlacées, on sort. Enfin on tente,
En se posant aux cuberts ici encombrés,
Et là, en paliers descendants, pénombrés.
Là-bas, résonnent de couleurs fleuries ces voûtes,
À l’heure où les volets repoussant la chaleur
Sont croisés, où tous les balcons sont à l’écoute
Du moindre courant d’air que solaire pâleur
Hypnotique, rend à l’esprit hypothétique.
Les fenêtres l’ont compris, baignées d’aromatiques
Essences embaumant jusqu’aux pierres nues,
Jusqu’aux cadrans solaires griffant l’air ténu.
Allant de figuier en mûrier, je paresse
De placette en fontaine, suivant d’un pas lent
La route de l’eau, celle qui, ici, loin de la presse,
Chante la vie facile et tant pleine d’allant,
Que rythment les jours de marché et les cigales
Quand la mer, là-bas, de vos étés martingale,
Vous fait tant vous amasser dans tous ces bruits
Que vous appelez « Vie » et qu’ici je fuis…
À l’heure où nos vies et le temps se déconfinent
Enfin, ces vers embourbés que je chantourne,
Moi, je chante ce là-bas où, joie séraphine,
Mimosa et jasmin veulent que je retourne…
samedi 6 mars 2021
vendredi 5 mars 2021
DU RÉGAL AU FRUGAL
Petite fable affable
Grande sauterie chez les sauterelles :
On invite même les criquets à en croquer !
Mais sans bruit car pinsons et tourterelles,
De bosquets en buissons, lors du plus simple hoquet,
Peuvent vous becqueter, mes bons amis, en masse
Et nul ne veut finir gobé comme limace.
On vient de loin pour se retrouver en frairie,
Mettre le couvert sur les estivales prairies
- On le sut plus tard - d’une pauvre vicairie
Qu’un temps inclément a rendue bien moins verte
Que sèche… quand glèbe ne fut pas découverte !
Nos saltarins, par le vert bocage et les bois
Noirs, vont en petits groupes et en silence,
Le cœur à la fête mais, hélas, l’esprit aux abois
Car les étourneaux ne sont que violence,
Les fauvettes cruelles en ces pillages ourdis
Et les coucous gloutonnerie à l’étourdie.
Donc on avance en tapinois vers la terre
Promise aux orgies entomiques en clan
Sans espérer les retardataires.
Là, un petit lassé, lâche un : « C’est loin, Maman
Le raout du mois d’août où l’on doit faire ventre.
Parce que j’en vois beaucoup, moi, des zélés chantres. »
Une mésange entendit cette voix si menue
Et la mit, avec ses soeurs, à un commun menu
Non sans avoir convié tout oiseau du crû.
« Jeunes gens, prenez garde aux choses que vous dites.
Tout peut sortir d'un mot qu'en passant vous perdîtes.* »
* Victor Hugo, Toute la lyre?
jeudi 4 mars 2021
mercredi 3 mars 2021
HAÏKU D’ŒIL AU TÉLESCOPE
Né sous une bonne étoile je suis toujours dans la lune c’est pour cela que l’on me décrit comme un désastre.
FOLLE SOIRÉE
Attifée comme princesse de kermesse
Et maquillée comme ces reine de rues
Qui finissent en ruelle sur une promesse,
Le cœur défait, l’espoir mort et l’âme en crue,
Tu pars en soirée, rêves jà disparus…
Mais fais, Fillette, un chant d’amour de tes feintes,
Ces joies succinctes du plaisir hors d’atteinte.
Tu prends le pouls de la foule, fuyant
Bouche qui soupire et regard qui soupèse,
Emportée par sa houle, cœur vacillant,
Corps qui roule, se soûle tout à son aise
Pour oublier que sans faim on va te croquer
Et, las, sans fin, sans doute, après, te moquer.
Fais donc, Fillette, un chant d’amour de ta crainte
Pour ne pas voir qu’une étreinte est vite éteinte.
Rouge aux lèvres et yeux humides ,
Rose aux joues et front fiévreux,
Petite fleur froissée tu paies en liquide
Des passades demain souvenirs vaporeux,
Rendant ce langoureux-là si douloureux
Va, fais, Fillette, un chant d’amour de ta plainte,
Pour qu'on t’éreinte avant que tu sois éteinte.
Entre effroi et sueur tu vas, sans pieds
Compter tes pas, t’en conter pour un sourire
Quelconque qui semble t’apprécier…
Pour l’heur, tu te soûles de ton propre rire,
Pour t’enivrer, lors d’un instant lisse et seul,
Et oublier que le temps t’est un linceul
Loin, ma fillette, des chants d’amour, contrainte
Par l’œil d’ “amies” peintes, ointes, qui se pintent…
mardi 2 mars 2021
GRIVE & CHAT QUI MENT
Petite fable affable
La grive régentait le collège des filles,
Des nichées et couvées d’oiselles des bois.
Plus chargée d’ans qu’une ânesse de reliques
Elle menait à l’œil, au doigt, à la trique !,
Ces souris agissant comme garces aux abois
Et gloussant comme nonnettes en charmille.
“Homme de robe” se disait un potron
Minet quoi qu’il n’aimât guère sa soutane.
Si fait, il l’était moins par sa fonction
Que par ses affections et passions.
Il disait la messe pour cette sultane
Et ses bachelettes qui le rendaient poltron.
Il n’aimait pas les manières de la dame
Qui, elle, ne prisait point ses façons.
Elle chansonnait, dit-on, à la gitane
Des vers sur ceux qu’il se mettait, tarlatanes
Et quolifichets, sous la dent, mi-poisson,
Mi-chair, des bons novices jusqu’au vidame !
Surtout la maîtresse n’aimait pas que ses filles
Que ce chat confessait lors, l’écoutent tant ;
En tout cas plus que celle, être responsable,
Qui faisait marbre dur de leurs vies de sable,
Les épiant et les tançant tout autant
Que bêtes rétives qu’il faut qu’on étrille.
Elles s’en ouvraient au minou, au doux minois
D’ange. Lui, n’en pouvait mais, de guerre lasse,
À la grive qui n’arrivait, disait-elle,
À rien de bon avec ces demoiselles,
Lança : « Le message beaucoup mieux passe
Si la bienveillance le baigne et le noie ! »
lundi 1 mars 2021
HAÏKU RIELS
Ce n’est pas parce que ma complexité m’est un complexe que votre simplicité vous fait un simple à mes yeux…
dimanche 28 février 2021
samedi 27 février 2021
HAÏKU LINE
Un souffle d’air, un drôle d’air certes, l’air de rien, nous dit qu’il faut changer d’aire ou d’ère…
LE VIEUX COUPLE
Cycle toulousain
« Finissez d’entrer ! » ça ditz la ménine apazimée,
Calée à l’aise sur sa chaise où je l’ai toujours vue,
L’hiver comme l’été, du matin au soir, perclue,
Mémérisant, les yeux clairs, la voix abîmée.
Là, depuis la cuisine sombre de soun hostal
Résonnait à toute heure le parler de par chez nous
Grâce aux voisines qui te la visitaient atal
Car aquelo pobre femno se perdait, mille dious
La tête et si digun lui passait par les pieds,
Même un gat, elle s’affolait, voulait décoller
Son cul du siège, où elle et lou pépi pépiaient,
Mais qu’elle ne pouvait quitter sans caramboler.
Toute estabournite quoique patafiolée…
L’Ancien, son homme, le nez tout espouti,
Brasséjeait en bavant sur qui venait, petit
Ou grand, le voir. Le moindre croustet l’escanait,
Quand ses trois crocs rousséguaient un troç au dîner,
En sousquant fort, en cabousséjant tout autant.
Quand un mécut venait à lui, refusant
D’embrasser ses joues fort râpeuses qui pèguaient,
Il bafouillait, en louffant prou, ces mots usants :
« Eh, ce poutou tu me le plains, dis, papegai ? »
Yeux lagagneux, attifé comme un peilharot,
Avé ses frusques pétassées et son béret
Pas lavé depuis qu’on mit Cartouche aux arrêts,
A bisto de naz, s’enfilait gros le povrôt
Et faisait périr plus d’un litron, qu’il tchuquait
Et desquillait en douce de cette femno
Mal foutue, la ménine qui aimait nonos
Et momos, mais restait dans sa chaise enquillée.
Mais jamais pété, jamais pinté, le vieillot !
C’étaient de vrais paysous d’il y a longtemps
Qui avaient gnaqué plus de patanes que de lard,
Testuts coume pimfles, qui avaient gagné tard
Le droit de se poser pour leurs derniers instants…
Oc, on avait la gagne et la gnaque, en ces temps !
vendredi 26 février 2021
HAÏKU SPACE
Jadis on disait : « les paroles s’envolent, les écrits restent ! ».
Dans notre civilisation virtuelle on ne peut que penser : « La parole s’étiole, l’écrit s’efface ! ».
jeudi 25 février 2021
HAÏKU TOMBE
Comme disait le bon roi Dagobert à qui on reprochait qu’il ait mis son fût à l’envers : « Ne nous mettons pas Martel en tête pour si peu ! »
LES BONDIEUSARDES
Petite fable affable sur une histoire ariégeoise de Françoise…
Deux bigotes, à petits pas, se pressent
Vers la sacristie, cherchant à arriver
La première, n’ayant de cesse,
Au Très Saint Lieu, de s’activer.
Du beau et jeune prêtre de la paroisse
Chacune veut attirer le regard,
Entendre un bon compliment en face-à-face ;
C’est un ange à bien des égards.
Car, lui si pieux, lui si chaste,
Chez veuves geigneuses a avivé,
(Ce n’est point billevesées) péché néfaste,
De vils sentiments de dépravées,…
C’est ainsi qu’un matin, devant Saint Antoine
Dont l’autel était, las, à fleurir,
Nos deux punaises s’écharpent fort la couenne,
S’invectivant à chœur ahurir.
Avanies et horions, comme à Gravelotte,
Pleuvaient et ce, tant et si bien,
Que notre bon abbé en eut la calotte
Alertée. Aussi il intervient.
Séparées, nos grenouilles, vipérines
Diablesses, poursuivent haineux
Propos avec une voix luciférine.
La jalousie est mal épineux !
Cette affaire fit grand bruit hors l’église.
Si on en rit prou chez les impies,
Les fidèles s’affligent ou vocalisent
Et quelques dévots prennent parti :
Ici, on blâme l’une autant qu’on loue l’autre ;
Là, on fustige la cul béni
Et porte aux nues la calotine, des nôtres
Depuis plus longtemps, sans déni !
Seul le curé prie pareillement pour ces âmes
Égarées. Vite, on interpella
L’archevêque sur ce drame. Avec feu et flamme,
Il mit d’accord toute la smala.
Il fallait prendre le Mal à la racine :
Il déplaça notre officiant.
La paix revint chez Tartuffe et Bécassine
Mais point dedans les cœurs ferraillants…
Châtier un innocent, bouc-émissaire,
Toujours, chez nous, l’étau d’un fléau desserre
Mais c’est un compromis des plus temporaires :
S’y fier, même un peu, est vraiment téméraire !
mercredi 24 février 2021
mardi 23 février 2021
REMÉDIO
Si tu te sens triste et désenchantée,
Si la mélancolie revient te hanter,
Si à notre temps tu te désaccordes,
Prends ta guitare, plutôt que ses cordes.
Si tu perds pied ou le nord,
Si les vents jouent par trop les ténors,
Et mettent ton cœur et ton âme à la discorde,
Noie-toi dans la bossa, loin du bruit et des hordes.
Chantonne jusqu’à retrouver paix et concorde
Sans écouter les vains sermons ni les exordes,…
Regarde à travers ces notes ta vie,
Place en ces airs toutes tes envies,
Chantonne jusqu’à retrouver paix et concorde
Fais couler en tes veines leur liqueur
Et fais battre à leur rythme ton cœur
Sans écouter les vains sermons ni les exordes…
Noie-toi dans la bossa, loin du bruit et des hordes,
Ferme les yeux. Pour toi revis
Sans écouter les vains sermons ni les exordes,…
Laiss’-toi bercer ; fredonne à l’envi
Leurs scansion d’accords et de chœurs,
Chantonne jusqu’à retrouver paix et concorde.
Si à notre temps tu te désaccordes,
Prends ta guitare, plutôt que ses cordes
Pour chasser les chagrins qui font des hauts-le-cœur
Les douleurs, le malheur, rancunes et rancœurs !
lundi 22 février 2021
dimanche 21 février 2021
LE JEUNE SAGE & LE VIEUX VOLCAN
Petite fable affable
Sous le feu fou des foudres fendant les Cieux,
Pline Le Jeune peine fort à se faire entendre
De la bouche encolérée aux mots si peu tendres
Pour le genre humain, ingrat et insoucieux,
Ne vénérant assez cette plus que montagne
Fumasse et fumante, dominant villes et vies.
« Dois-je, Minus, les écraser plus qu’à l’envie
Pour avoir oublié que leur vie de cocagne,
Ils me la doivent ?… Vieilles religions
Et antiques pratiques me rendaient hommage
Pour leurs vignes, pour leurs blés, pour leurs pâturages,…
Tout est fruit de mon vouloir en la région !
- Eh bien le savons-nous, tous, nous pauvres hommes
Qui pour célébrer tes bienfaits, terre et eaux,
Malgré tes secousses qui peuvent être fléau,
Avons bâti des riantes petites Rome !
- Quel égard, Bonhomme !… Hélas, on n’a de respect
Que pour ce que l’on craint dans votre si beau monde.
Point d’hommage sans peur sur le sol ou sur l’onde !
- Mais Vulcain, si puissant malgré son aspect,
T’a élu, toi, pour être et son antre et sa forge ;
Et lui rendre grâce est te saluer tout bas
Comme tu es, que vie soit étale ou branle-bas,
De nos obscurs enfers et la bouche et la gorge !
- Sot, on ne vénère Volcan que s’il vomit
Lave ou fait descendre sur soi ardentes cendres.
- Mais l’enfant remercie-t-il de chaque geste tendre
La mère qui prend grand soin de sa vie, Mon Ami ?
Le mari loue-t-il son épouse, diligente,
Soumise, qui le sert chaque jour que Dieux font ?
- Ils devraient… Suffit. Fini en mes tréfonds
De tant gronder : je châtie ta race indigente ! »
Ainsi Vésuve extermina ces oublieux,
Et pêcha ainsi par prétention car l’ire
Et ses méfaits ne font pas, ici-bas, mieux
Reconnaître vos bons mérites que la lyre !
samedi 20 février 2021
HAÏ(s)KU L’ÈRE
Le jouet a beau les encourager
Et le fouet a beau les corriger,
Peut-on reprocher à ses enfants
L’ignorance des choses qui leur
A été inculquée, piaffant,
Parce qu’apprendre leur est douleur ?
vendredi 19 février 2021
ET PUIS PLUS RIEN…
Il faut vivre puisque cela s’appelle ainsi,
Vivre, oui. Vivre là-bas ou bien ici
Ces heures chaque jour recommencées qui se suivent,
Ces jours succédant aux nuits que poursuivent
D’autres jours, toujours semblables, qui vous font vieux
À vingt ans, qui vous ont, lorsqu’ils étaient pluvieux,
Fatigué, lassé aux soleils qui sont une chance
De ne savoir vacuité ni voir inconséquence.
Il faut vivre puisque cela s’appelle ainsi
Vivre, oui. Vivre, en ce monde, moins debout qu’assis
En ayant mal tout le temps malgré de beaux sourires
Qui disent que l’on est mieux quelques instants, sans rire,
Dans des vies vides qui n’ont rien, ne sont rien,
Ne valent rien, ne mènent et n’servent à rien,
Prises entre la colère, l’espoir et la prière ;
Vies plus chaumières que gentilhommières…
Il faut vivre puisque cela s’appelle ainsi
Vivre, oui. Vivre sans but et vivre sans merci,
Sans connaître au grand jamais une réelle existence,
Sans espérer reconnaissance de quelque instance,
Entre acceptations et abnégation
Par peur de l’exclusion, la relégation,
Qui nous fait, las, troupeau humain qui encore avance,
Bétail divin, vaquant de survie en survivances…
jeudi 18 février 2021
mercredi 17 février 2021
HAÏKU DE MAUX
L’Education Nationale fait progresser le dictionnaire plus vite que l’Académie Française : « Bienveillance » remplace « Hypocrisie » donnant bonne conscience non sans mauvais esprit…
LE LÉROT CHEZ LES MULOTS
Petite fable affable d'un déconfit née…
« Le proverbe dit : “C’est la mauvaise roue
Du chariot qui le plus gronde” ! »
Songeait en son for un des mulots prou
Colère envers Lérot qui fronde
En son foyer que Mal mit sous verrous.
C’est las un vieillardissime
Qu’il a recueilli, râleur, malcontent,…
Pleurant sur son seul sort, aux cimes
De l’égoïsme, dès qu’aube va montant.
Ce “blaireau” est donc plaie maxime !
Et geint : « Le malheureux a toujours tort ! »
Notre antiquaille décrépite,
Sans aider ses hôtes qui vont, frôlant la mort,
Pour le nourrir, quérir les pépites
Qui lui agréeront sans honte ni remords.
Court du cellier à la cave
Et de la grange grosse au grand grenier,
La famille pour que se gave
Cet invité qui ne sait que grogner
Quoi qu’on déniche ou chasse. Grave !
Toujours, que le temps soit beau ou inclément
Quand mulot veut parler à ce sire,
L’autre le rudoie et, las, pareils tourments
- Quand ce ne sont pas cris ou ire ! -
Affligent les siens pareillement.
Vivement qu’on se déconfine !
Car leurs mots, ce monstre ne peut souffrir
Ouïe ailleurs et œil de fouine,
Et leurs maux, au moins, ennuient à périr
L’être à la mine chafouine.
Or c’était un fort bon ami naguère ;
Des plus affables et serviables aussi.
Il paraissait de bonne guerre
De passer ensemble ce temps de souci
Né d’un virus qu’on n’aimait guère.
Hélas, il est des Janus même animaux !
Quand les confinés on libère,
Les mulots jettent dehors le grimaud :
« La prochaine fois, c’est à Cerbère
Qu’ira mon hospitalité, l’Ami.
Et merci pour la leçon à la pandémie :
Je sais, ainsi, qu’un bourru qui m’oblige
Vaut mieux qu’un aimable qui m’afflige ! »
mardi 16 février 2021
lundi 15 février 2021
LES MAUX DES BAUX
C'est donc tout ce qui reste d’un village.
Perché sur les rochers à un autre âge.
N’ont résisté au vent que quelques toits
Délavés par la pluie qui nettoie
Les plaies nées d’un soleil saignant qu’ocellent
Des lichens qui jouent aux antiques téselles.
À ces maisons s’accroche l’abandon
Des hommes. Ces ruines s’offrent en don
Aux nues bien trop bleues où grisonne,
Sous un amas de verdure où résonnent
Milles insectes, un reste de donjon.
Jadis fier, écroulé par les surgeons
Et les sauvageons sur une histoire
Oubliée, moins légende que déboires.
J’y entends par les voies embuissonées
Le pas lourd des mulets aiguillonnés
Frôlant les étals chargés des échoppes,
Renversant presque les buveurs de chopes,
Heurtant chasse-roues et même picaros.
C’est ruelle ou venelle intra muros !
Mon oreille croit percevoir là une enclume
Battue à plein bras, ici des bouts de grumes
Que jà varlopes et ciseaux feront huis
Solides ou lourds meubles. Par quelque pertuis
Mon nez retrouve l'odeur fraîche de paille
Et les effluves du foin où, fols, ripaillent
Des jeunesses qui ne sont que souvenirs,
Chimères,… car, ici, point d’avenir.
Je laisse ce havre déserté aux ronces,
Aux lierres qui jamais ne renoncent
À dévorer les maisons, aux arbres éventrant
Les toitures, renversant, proliférant,
Toute vie, drapés du cri des corneilles
Assistant à l'agonie qui, seules, la veillent…
dimanche 14 février 2021
samedi 13 février 2021
LE COQ & LE SCORPION
Petite fable affable
Un sultan de basse-cour vit en son fief
Un étrange animal, courant à ras de terre ;
Tenir queue haute lui donnait relief.
Il interpelle ce maraudeur solitaire,
Sans doute en quête de picorée : « Halte-là,
Tu portes bien haut des couleurs, cancrelat !
Rabats ta queue, besacier, devant qui réveille
Le soleil ou je vais te soigner de saignées
Cet orgueil !…
- Je ne le puis, sans vous dédaigner,
Mon Bon Seigneur, ce serait mort sure et merveille
Que je n’accompagne alors convois d’anges heureux ! »
Bouffi d’orgueil et d’embonpoint, n’est pas peureux
Notre empâté Chanteclerc : « Crois-tu que tes pinces,
Sot, effrayent mon bec et apeurent mes ergots ?!
Ton sashimono tu vas avaler en Prince
Des voleurs, car tu en es un, Espèce de Goth :
On n'entre chez autrui que pour méfait commettre -
- Ou forfait ! - Ton indigence parle pour toi !
- Tu m’as percé à jour et j’en reste pantois.
Toi seul d’ici ne pouvais être que le Maître.
Ne pouvant te rabattre la crête, j’abaisse
Mon fol étendard et m’avoue vil et vaincu. »
Aussitôt dit, aussitôt fait. Le scorpion laisse
Sa queue choir sur la patte de ce corne-cul
Qui, sans comprendre pouic, se meurt dans l’instant ;
Joie d’androctone et des pécores tout autant !
Si l’indocilité, parfois, nos rois désarme,
Sachez, Sujets, qu’obéissance peut être une arme !
vendredi 12 février 2021
HAÏKU'MPLICITÉ
Pourquoi cherche-t-on toujours des « témoins de moralité » mais jamais des « garants de lubricité » ?!
jeudi 11 février 2021
FILS DE FENOUILLET
Cycle toulousain
Moi, je suis un fils de Fenouillet,
Ce bled où désormais, toi, tu habites ;
Cette banlieue où vient fourmiller
Tout un peuple de cités en orbite
D’une ville rose déshabillée
De ses quartiers aux fins subites.
Finis la vieille brique gratouillée
Et le galet grisé que Garonne débite…
Oc, je suis un fils de Fenouillet,
Le village de mes père et grand-père,
Endormi entre un canal trop souillé
Et un lent fleuve qui toujours espère
Se libérer de son lit où grenouillaient
Des souvenirs d’antan, de l’Autan compères.
Combien de bons coins où farfouiller
Ont servi à tout gafet de repaire ?!
Je reste le fils de Fenouillet,
Jadis mouvante terre à céréales
Aux tons dorés, ocrés voire rouillés,
Naguère sol de maraîchers de halles
Par tous les ciels printaniers mouillés.
Ici vaches paissaient, là cruciales
Corvées se passaient sans tant brandouiller :
Maïs, patates et vigne familiale.
Car je suis un fils de Fenouillet
Du temps où le parement qui déborde
Et les appartements où glandouiller
Ne dépareillaient pas tant les bordes.
Alors peu d’autos pour écrabouiller
Nos chats et prou usés, jusqu’à la corde,
Trois « châteaux » pour, las, un peu s’embrouiller
Au café d’un patelin sans discorde…
Quand on naît fils de ce Fenouillet,
On ne peut que regretter et les ombres
De ses rues aux noms qui vont vadrouiller
Dans ma mémoire, et la fraîche pénombre
D’une église vidée et verrouillée
Ou les noms oubliés, quoiqu’en bon nombre,
Des monuments aux morts tout grafouillés
Que personne ne regarde plus, l’oeil sombre.
Ce bled où désormais, toi, tu habites ;
Cette banlieue où vient fourmiller
Tout un peuple de cités en orbite
D’une ville rose déshabillée
De ses quartiers aux fins subites.
Finis la vieille brique gratouillée
Et le galet grisé que Garonne débite…
Oc, je suis un fils de Fenouillet,
Le village de mes père et grand-père,
Endormi entre un canal trop souillé
Et un lent fleuve qui toujours espère
Se libérer de son lit où grenouillaient
Des souvenirs d’antan, de l’Autan compères.
Combien de bons coins où farfouiller
Ont servi à tout gafet de repaire ?!
Je reste le fils de Fenouillet,
Jadis mouvante terre à céréales
Aux tons dorés, ocrés voire rouillés,
Naguère sol de maraîchers de halles
Par tous les ciels printaniers mouillés.
Ici vaches paissaient, là cruciales
Corvées se passaient sans tant brandouiller :
Maïs, patates et vigne familiale.
Car je suis un fils de Fenouillet
Du temps où le parement qui déborde
Et les appartements où glandouiller
Ne dépareillaient pas tant les bordes.
Alors peu d’autos pour écrabouiller
Nos chats et prou usés, jusqu’à la corde,
Trois « châteaux » pour, las, un peu s’embrouiller
Au café d’un patelin sans discorde…
Quand on naît fils de ce Fenouillet,
On ne peut que regretter et les ombres
De ses rues aux noms qui vont vadrouiller
Dans ma mémoire, et la fraîche pénombre
D’une église vidée et verrouillée
Ou les noms oubliés, quoiqu’en bon nombre,
Des monuments aux morts tout grafouillés
Que personne ne regarde plus, l’oeil sombre.
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