Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

mercredi 8 janvier 2025

LA PARESSEUSE

Rompue de langueurs et brisée de mélancolie
Chagrine, elle sommeille ou encore somnole,
Le regard éteint mais les yeux pleins de lucioles,
Poussière de rêves ravis au ciel de lit.

Le corps noyé d’ennui et, comme ensevelie,
Elle n’est qu’inertie, les cheveux en auréole.
Dans un silence oisif, en blanche camisole,
Cette indolente a la volonté abolie.

Je la retrouve ainsi, alentie à tout heure,
L’esprit tout assoupi, le teint hélas pâli
Et l’âme acagnardée, au néant avilie.

Elle ne sort de sa torpeur ou l’éveil effleure
Que pour dormir, lassée de sommes, un bon moment,
Ma belle désœuvrée, au bois toujours dormant.

mardi 7 janvier 2025

HAÏKU DE REINS

Un amant génial devient, un jour ou l’autre, un mari gênant !

D’UNE POULE QUI A DU POT

Petite fable affable

Une poule était fort malade en son nid.
La mort semblait bien vouloir la mettre au lit
Pour toujours. Donc, le bruit de son trépas proche
Courut plus vite qu’avalanche de roches
Et attira à la basse-cour des prédateurs
Et des charognards qui aurait dû avoir peur
Du lieu. Ce trop de bons pèlerins étonne
Le coq qui ferme l’huis et l’interdit sonne.

« Comment va ta rousse ? demandèrent-ils
À l’encrété aux décrets peu volatils.

- Mieux que vous ne le voudriez, sales bêtes
Et demain lui sera meilleur encor’, courbettes
Visites ou bien prières n’y feront rien,
Je vous sais une sale bande de vauriens :
Il faut trouver, en certaines circonstances
Qui met les oiseaux malheurs à distance ! »

lundi 6 janvier 2025

HAÏKU’L TIVE

Le seul sentiment que cultive un riche c’est celui de sa supériorité !

AU PAYS DE FANGE

Ce vieux pays sans repère
S’en va, pépère, au chaos.
Il n’est plus qu’un grand repaire
De ces zélateurs d’un Très-Haut
Sans nulle tolérance,
Et de marchands, un peu rances,
Des plus noirs idéaux…

Ce vieux pays sans repère,
Lui qui avait des valeurs,
Sans fin, las, se désespère,
Et, de douleurs en malheurs,
Il honnit sa république,
D’ires et colères cycliques
En haines, aujourd’hui, bon teint…

Ce vieux pays sans repère
Rêve, à nouveau, de Pétain,
S’invente un jadis prospère
Que les Lumières ont éteint.
Il bannit les démocrates
Et hue tous les bureaucrates,
Pour une France sans tain…

dimanche 5 janvier 2025

HAÏKU D’ÉPROUVETTE

Un homme d’expérience est un laboratoire d’idées à lui seul !

COMMENT FINIT-ON PENSEUR ?

Petite fable affable d’après un aphorisme prêté à Socrate

Un brave athénien, que je crois aristocrate,
Interrogea, un beau jour, le bon Socrate
Sur l’union civile et son utilité.

« Mais le mariage est une nécessité,
L’ami, et pour nous c’est toujours une affaire.
Si on ne l’avait inventé, il faudrait le faire
Sur le champ, oh croyez m’en, car rien de mieux 
Ne peut arriver à un homme, jeune ou vieux :
Si vous tombez sur une bien bonne épouse, 
Vous serez, ici bas, l’être le plus heureux ; 
Si elle est mauvaise ou, pire, une ventouse,
Vous deviendrez un philosophe, un songe-creux,
Et plus jamais ne serez malheureux. »

samedi 4 janvier 2025

HAÏKU DANS L’EAU

Les sous-mariniers sont vraiment des soûlauds !

RELENTS D’ANTAN

Du pain à la huche
Et de l’eau dans la cruche,
Les mas d’autrefois
Sentent la vraie foi,
Le suif des chandelles,
Les jours endormis,
L’hiver insoumis
Sans glaise ou pradelles,
L’été plein d’amis,…
L’horloge comtoise
Dont l’oeil blanc toise
Cet âtre où flamboie
Bûche, branches et bois,
Tous ces parfums hume.
Dans l’intimité
Des heures mitées
Les bougies consument,
En p’tit comité.

On va et vacille.
Pour chaines aux chevilles :
Labeurs saisonniers
Du temps prisonnier ;
Ayant pour gardiennes
Des chagrins honnis,
Nos peines infinies
Hélas quotidiennes,
Comme des bannis.

Tout parle d’absence
Et puis de silence,
Même les carreaux
Sommeillants, noirauds
Qui disent sans trêve
Le champs et les prés
Jusqu’à ce qu'on crève.
Les rives du rêve
Sont pour d’autres après !

vendredi 3 janvier 2025

HAÏKU D’LA MODE

Ce qui est dans l’air du temps vous retombe toujours sur le coin du nez !

RÈGLES ESPIÈGLES

Petite fable affable

Grand collège Jean de Laurelle.
Cours de sciences naturelles.
Leçon première : Anatomie.
« Elève Tramondanamie 
Combien de reins, cher élève,
                  Avons-nous ?

    - Quatre, Monsieur.

    - Quatre !… Je rêve.
Apportez du foin, s’il vous plaît
Nous avons un âne simplet
                                                             Parmi nous !

                                    - “Nous”, reprit la tête de pioche,
Est marque d’un pluriel. Tout mioche,
Monsieur, sait ça. Vous demandez
“Combien de reins, avons- nous ?”, té,
Il est bien normal que je pense 
Las, que vous vous évoquiez, vous,
Ainsi que moi en l’occurrence.
Dans la vie, voyez-vous,
La connaissance devient vaine 
Si la compréhension n’est en veine ! »

jeudi 2 janvier 2025

HAÏKU SOURD

Les mal-entendants saisissent-ils les sous-entendus ?

VOIR AILLEURS ?

 Je suis un rimailleur un débroussailleur 
De ciels grisés de corneilles bâilleur
Un brin brailleur et beaucoup batailleur
Selon d’aucuns un chouia chamailleur
Qui rêve d’ailleurs

Donc avis aux incurables tailleurs
Pour drames et autres foutus rempailleurs
D’idées reçues je me fais ferrailleur
Quand se présente à moi un pinailleur
Fort nul par ailleurs

Je suis un écrivailleur écailleur
 De temps perdus et un vieux trouvailleur 
D’instants qui attendent leur orpailleur
Volontiers gouailleur et souvent railleur
J’suis toujours ailleurs

Sans envie d’aller nulle part ailleurs
Je vous laisse vous les ravitailleurs
De faux semblants qui me croient travailleur
Du chapeau et nuit et jour grand bailleur
Être tirailleurs

mercredi 1 janvier 2025

HAÏKU DANS LES DENTS

« C’est misère que d’être pauvre ! » disent ceux qui ne connaissent pas l’une et ne sont pas l’autre… Le restant n’a pas le temps d’en causer !

CÔTÉ COUR

Petite fable affable
 
Pas plus tard que maintenant, assurément,
Dans l’antichambre de la salle du trône,
La foule des flatteurs salive serments
Bavants et compliments visqueux. Dieu, Cambronne
Aurait eu pour désigner tous ces faux culs,
À l’air soumis, aux courbettes convaincues,
Un mot fort approprié qu’ici je n’ose
Mettre en clair… Bref, ils ne sentent pas la rose !

Et on flagorne. Et on louange. À la chaîne.
Soudain, on aperçoit glaireuse traînée
Sur le plancher du lieu où ils se tenaient.
C’est un limaçon qui avance et se traîne.

Aussitôt on crie au sauvage et au Goth !
On se récrie. On calomnie. On enchaîne
Qu’il faut jeter dehors ce sale escargot
Lèse-majesté qui écume avec zèle.
Sans que ça ne trouble qui est discrépant,
Larve glissante parmi les algazelles,
Qui lors fait : « Je viens, comme vous, en rampant
Mais moi, pardon beaux messieurs, point ne le cèle ! »

Puisque non sans raison(s), la chose est, disons : "de saison" même si elle n'est pas sans déraison…



mardi 31 décembre 2024

HAÏKU DE CANONS

Se faire les couilles en or ne vous prépare pas à une vie en orbite !

LA VIEILLE TROÏKA

Résonnez donc au ciel neigeant,
Vibrez sonnailles d’attelage,
Carillonnez Noël aux gens
Des plus lointains de nos villages !
Qu’accourent, en votre sillage,
Les enfants que froid fait tremblants,
Aux grelots venus d’un autre âge,
Tintant au cou des chevaux blancs.

Oui, sonnez clochettes d’argent,
Tintinnabulez aux nuages
Toisonnant l’hiver indigent
Que chantent les flocons volages
Quand va, au rythme du voyage,
Dans les frimas tout grelottants,
La grelottière de passage
Tintant au cou des chevaux blancs.

Drelindrelinez, obligeants,
Oui, étincelants babillages !
Menez ce traîneau diligent
Par les sapins au vert feuillage,
Que, dans les yeux des enfants sages,
La joie revienne pour un temps
En tons clairs, brillants clabaudages,
Tintant au cou des chevaux blancs.

Frères, des trilles, sans ambages,
Précédent nos instants scintillants
Et suivent nos moments d’étiage,
Tintant au cou des chevaux blancs.

lundi 30 décembre 2024

HAÏKU DES TAS

Existe-t-il une société civile dans une dictature militaire ?

L’ÉTÉ FOND…

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 31 août 2023

Voilà que la lumière décline.
L’ombre fraîchit et l’azur palît,
Au vent recoiffant les collines,
Ébouriffant un ciel dépoli.

Les ajoncs et les buissons frissonnent
Au fil de jours déjà amputés ;
L’océan abandonné moutonne
Aux cris tristes d’oiseaux chahutés.

La saison, en chardons, se termine
Au gré de nuages plus gris que blancs.
Août, out, prend l’aurore carmin
Au piège de brumes en faux-semblants…



dimanche 29 décembre 2024

HAÏKU AURÉOLÉ

Peut-on voler dans les plumes de son ange-gardien ?

LE HIBOU À BOUT

Petite fable affable

« Sachez de votre jeune âge
Faire un bien meilleur usage ! »
Proclamait un vieux hibou 
À sa baillante marmaille,
De sommeillants petits bouts,
De dormants fils de chamaille,
Dans un arbre plein de nuit
Et, pis, d’un mortel ennui.

« Pour vivre bien, en rapace,
Il faut sillonner l’espace
En maitre, fugacement,
Modeste et lent de parole 
Mais prompt à l’agissement.
Voilà notre lot et rôle !
Maigre labeur, Jouvenceaux,
Qui ferait fort et pansu
Est l’espoir toujours déçu
Des inconscients et des sots ! »

samedi 28 décembre 2024

HAÏKU DE BAGUETTE

Il vaut mieux avoir un mauvais génie que pas de génie du tout ?

NOTRE LAC

Sur un photo de Marc-Yvan Custeau, 14 juillet 2023


C’est l’heure où la nuit joue l’équilibriste
Au bord d’un jour fatigué d’avoir duré.


Le soleil lassé n’est plus que halos tristes,
Harassé d’avoir blondi les blés, doré
Des fruits, fleuri des prés, aux jours qu’allonge
L’été qui a mis les vents à la longe
Et les colères des nues au rancart.
Pudique, il s’habille de frêles écharpes
Avant de plonger, dans l’eau de brocart
Dont il fera sa couche, au milieu des carpes.

Le lac, assoupi, attend l’astre affaibli
Pour, doux, étreindre ses ultimes flammes
Qui vont adoucir la nuit anoblie
De tiédeurs posant d’un tendre calame,
Ici ou là, des perles de sueur
Sur nos peaux. Lors, les eaux tout en lueurs,
Mêleront à leur saveur moins sauvage
Depuis que l’onde, si sage, partage,
Avec Râ, les secrets hâlés de nos vies,
Le goût sans pareil des grandes vacances,
Et de rides dorées à l’envie
Nous habilleront des vies sans échéance.

L’azur pur s’est effacé avec grâce.
L'aube le rallumera aux embrasses
D’un ciel qui désavouera la pénombre,
Le champ d’étoiles veillant sur nos ombres,
Que protègent les arbres apaisés.
Au port altier d'un être majuscule,
Le lointain s’éteint dans d’ocres reflets
Qui avaient rusé avec le crépuscule
L'eau l’engloutit, en petits bouts braisés
Étouffés par des vagues minuscules.



vendredi 27 décembre 2024

HAÏKU'R VÊTU

La vérité est toujours moche, c’est pour ça qu’on la maquille volontiers !

NOËL EST PASSÉ…

Noël est passé avec son sapin scintillant
Avec tout son clinquant et puis tous ses brillants
Ses lumières dehors et dedans qui éclairent
Des sourires figés des rires obligés
Dans un monde de vitrines solaires
Qui font s’affliger qui ne peut pas piger
Qu'il fasse noir au fond de notre galère

Noël est passé en un festin bruissant
La famille envahissant l’an finissant 
Faisant aux dindes et aux bûches bonne place
Oubliant ses maux effaçant d’aucuns « mots »
Réconciliée enfin et de guerre lasse
Prête à s’embrasser sous de factices rameaux
Qui ne me trompent pas me laissent de glace

Noël est passé avec son tombereau
De cadeaux pour chatounettes et lapereaux
Aune de l’affection et de la la tendresse
Pour des parents qui ne savent plus aimer
Autrement ayant le cœur plein de paresse
Et l’âme usée par notre temps laminée

Noël est passé un de plus ou un de moins
Et j’en fus moins convive hélas que témoin
Par nos villes et par les villages à la ronde
Qui fêtaient entre soi sa Fraternité 
Malgré les chocs et le bruit de ce bas monde
Qui se déchire et une Humanité
Que l’égoïsme en chacun partout émonde

jeudi 26 décembre 2024

HAÏKU’N AQUEL !

Le con c’est… toujours l'autre !

HYMNE AU MATIN

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau (27 août 2024)

Un matin tout frais s’éveille sur la plaine.
Oui, l’été s’en va. Et donc l’automne s’en vient.
D’avoine, de seigle et d’orge la grange est pleine,
Au chai et au fenil, demain, las, on revient.

Des trilles accueillent en choeur cette aube,
Née nue, comme venant de soi,
Saluent la nuit qui se dérobe…
Alors que la lumière soit !

Lors, la suie du soir chassée va où vont les rêves
Là où une enfance froissée se vit sans trêve.
Notre horizon s’éveille en de doux tons pastels :
Des roses et des ocres éteignent les restes d’ombre ; 
Et puis le vermeil sacrifiera sur l’autel
Du jour venu, très bientôt, l’obscure pénombre.

Aussi que la lumière soit, 
Satinée, comme éclat de soie,
Et qu’au défunt jardin des songes
Elle ajoute un feu de mensonges…

Figé, l’air tisse au ciel clair un voile de brume
Détrempe de parfums quelques sombres bouquets.
Ensuite, il se fera résille par les grumes
En habillant de lourds mystères le bosquet.

Le toit des fermes s’enlumine
Et le ciel serein s’illumine…
Alors que la lumière soit,
Née nue, comme venant de soi…



mercredi 25 décembre 2024

EN HAÏKU LISSE

Une armoire à glace est rarement du genre commode !

L’IMPORTANCE DU PRÉSENT

Petite fable affable

« Comment ça je dois mettre mes souliers
Sous le sapin et les y oublier ?

- Mais oui, c’est là, mon chéri, que le père
Noël va déposer, ce soir, le beau cadeau
Que tu lui as demandé et… espère.
- Dans mes souliers… Il n'va pas être gros !…
Attends mamie, je reviens tout de suite.

- Mais pourquoi donc, chéri, prends-tu la fuite ?

- Ben, vu qu’il ne vient qu’une fois par an,
Il ne faudrait surtout pas, grand maman,
Qu’il se déplace pour rien  : je vais mettre
À la place les bottes de papa ! »

Dans tous les cas, ne sous-estimons pas
Les enfants : ils prennent tout à la lettre !

mardi 24 décembre 2024

HAÏKU DU SORT

Aux questions terre-à-terre point de réponse tombée du ciel !

BALLADE POUR NOËL !

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 02 février 2024

Ça floconne aux ciels bien blanchis.

Sur les vents un lourd traîneau glisse

Dans un silence qu’enrichit

La joie d’attendre ou la malice,

Derrière les décorations

Des façades soudain accortes,

Qui sont autant d’invitations :

C’est Noël qui frappe à nos portes !

Pour les enfants, affranchis,

Se jetant des regards complices
Et pour les parents avachis,

Allant tous d’agapes en délices,

Ce sont plaisirs sans frustration

En pleine saison qu’on dit « morte »,

Espoirs sans exaspération :

C’est Noël qui frappe à nos portes !

Qu'on ait murs de brique ou torchis

Partout on oublie les pelisses ;

Que l’on soit foie gras ou sushis,

Au diable verglas, sacrifices !

Que l’on fête l’Adoration,

Ou les prochains venus en escorte

Aux proches en récréation,

C’est Noël qui frappe à nos portes !

Amis, foin de désolation

Que vents mauvais, au loin, emportent ;

Festoyons, et sans privation :

C’est Noël qui frappe à nos portes !



lundi 23 décembre 2024

HAÏKU PERD DENTS

Si vous tirez le diable par la queue,… il pourrait se retourner !

MAYOTTE, DÉCEMBRE 2024

C’est quand survient le pire
Qu’on devient bien meilleurs ;
Quand la cata’ transpire
Où que le Mal, vampire,
Étend, las, son empire…

Soyons pas roupilleurs !
Agissons sans maudire
Le sort. Que pinailleurs,
Pilleurs et même voyeurs
Se fassent voir ailleurs !

dimanche 22 décembre 2024

HAÏKU DE HEURTOIR

Si je te rentre dedans, toi, tu vas finir dehors !

DOWNTOWN MONTRÉAL

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 16 août 2024

C’est déjà la noire nuit
Et le temps, seul, se meurt d’ennui
Dans la ville haute en couleurs vives
Que le sommeil, sur le qui-vive, 
A fui jusqu’aux lointains faubourgs
Où s’est éteint le jour.

Les lumières éteignent les ombres ;
Elles étreignent la pénombre
Pour mieux s'étendre dans le ciel nu
Que sillonnent des traits ténus,
Aux lueurs vertes et rouges sombres,
De vols partant pour un séjour
D’l'autre côté du jour.

Courant les rues, les chars vrombissent
Dessinant de fugaces esquisses
À qui regarde s’agiter
Affairés de la vacuité
Et noctambules jamais lisses,
Ne dormant qu’à bout de discours,
D’l'autre côté du jour.

C’est encor’ la noire nuit
Et l’amour seul, se meurt d’ennui
Dans la ville aux tours agressives
Que le soleil, à la dérive, 
A fui jusqu’aux lointains faubourgs
Où renaîtra un jour.



samedi 21 décembre 2024

HAÏKU DE CRAIES

Un secret n’est sacré que pour les sucrées !

LA CLOCHE

Petite fable affable

Un triste soir du bon vieux temps d’avant,
Au campanile d'un village d'un autre âge,
Morguant tous ceux vaguant dans les parages,
Un bourdon proclama aux quatre vents :
 « En ma tour, moi, je domine le monde,
Sans égal et sans rival à la ronde :
J'ordonne, sans repos, tous les temps du jour,
Rythme les moments de la vie, toujours,
En offrant tantôt la joie ou les larmes,
Sonnant l’alarme ou bien l’appel aux armes,
La paix revenue, et, jetant l’effroi,
Les périls !… Je commande en ce beffroi
La vie et les heures de ce bas monde,
Sans égal et sans rival à la ronde :
Me côtoyer est donc honneur et chance !


- Oui mais je sais que pour les hommes, hélas,
Siffle un petit air tout d’impertinence,
“Cloche” veut dire aussi “Sot”, Ménélas ! 
Quand de son emploi on tire posture,
Vitement, on devient caricature ! »