Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

jeudi 21 janvier 2016

DÉSHUMANITÉ

Robot, code, automate, interphone,…
Reste-t-il quelqu’un ? Une personne ?
Répondeur, machine, ordinateur,…
Où est l’image du Créateur ?
Un distributeur automatique !
L’être humain, c’est ma foi, plus pratique
Ah, quand t’aimes un peu parler aux gens
Faut les trouver. Y’en a plus. Sauf l’agent !

Pas un pèlerin ni un bonhomme
Où qu’on aille ; Quoi qu’on fasse, hélas,
Pas d’habitant, sauf en plexiglas :
Il était donc vraiment mortel, l’Homme…

Drive, carte, drone, self service,…
L’humain n’est plus en libre-service !
Guichet automatique, internet,…
Y’a plus un type sur ma planèt’ !
Scan', pilote automatique,…
L’individu est un truc antique,
Archaïque, inutile,… bien sûr !
Plus âme qui vive, c’est sécur’ !

Pas un pèlerin ni un bonhomme
Tout ce qui est fait pour nous servir,
A donc fini par nous asservir :
Il était donc vraiment mortel, l’Homme… 

Réseaux sociaux, e-commerce, I.A.,…
Plus de mec, ni zig’, ni gus ni gars !
Selfies, télétravail, logiciel,…
Plus de queue, de foule sous mon ciel !
Téléconseil, caisse automatique,…
Oui, le quidam est anachronique
Dans notre belle modernité,
Aberration, énormité,…

Non, ce n’est pas une simple éclipse :
Tout ce qui est fait pour nous servir,
A donc fini par nous asservir.
Elle a commencé l’Apocalypse !

mardi 19 janvier 2016

HAïKU EN FAMILLE

Le benjamin d’une famille devient rarement le cadet de ses soucis !

AU BOIS MORT

Fable affable d’après un « cadavre exquis » réalisé par Camille Lesterle

Sur un petit coin de la forêt,
Et par les beaux prés de son orée,
Régnait le très gros groin sauvage
De ce sanglier grognon hors d’âge.
Mais, terne d’humeur et de livrée,
Éteint d’esprit, le cœur en ivraie,
Il exigea que tout son royaume
Soit à l’image de sa grotte, home
Morose et froid. Oui, triste à mourir.
Insipide. À se laisser pourrir !
Nuages chagrins et soleil blême
Dans un ciel fade, effacé, de même,
Fuyaient, falots, l’ennui et le jour
De ce monde atone pour toujours.
Ici pas de chant, de cri, de rire,… 
Et la couleur était à proscrire :
Fleurs blafardes pleurant sous la pluie, 
Herbe délavée étaient beaux fruits !
Pelages puces et gueules sombres,
Les bêtes passées, partaient en nombre.

Sa laie ne goûtant pas les beaux lais,
La poésie, loin, fut exilée ;
Personnages livides, décor vide,
Son règne semblait faire un bide
Et son pays maussade et flétri
À tous semblait trop pâle et meurtri :
Même les souris en devinrent grises… 
Sans ivresse ; l’aube, sans surprise,
N’offrait plus d’espoir ni de sursis
Et pas d’oiseau de passage, ici.

Seul un écureuil, glandeur nature,
Refusait les décrets immatures
De ce grotesque cochon des bois
Et de Ma’, sa femelle aux abois,
Étant toujours entre deux grossesses,
Grossiers souverains, tout en bassesses.
Souvent dandy et, parfois, bandit,
Roux de poil comme l’est l’incendie,
Il chantait, chassant le monotone
Jouait, riait,… en faisait des tonnes.

S’oublie, avec cet astre vainqueur,
La mort des corps, la rancœur des cœurs,…
Mais cette lumière faisait tâche.
À ce titre, traqué sans relâche,
Banni par décret, mis à prix par le roi
Dont vœux et souhaits sont Lois et Droit.
Nul ne l’avait attrapé ce sbire
Qui faisait refleurir des sourires !
Or ce boute-en-train providentiel
Avait volé un bel arc-en-ciel

Avant l’hiver voulu du monarque,
il cacha ses couleurs au hiérarque…
Et là, dans un coin de la forêt,
Et par les beaux prés de son orée, 
Matin, tons et teintes mis en tubes,
Il fit pleuvoir, tel un vrai succube !
Le printemps revint. Et le bonheur
Avec. Pis, pour le plus grand malheur
Du roi fainéant, ses sujets lâches
Et serviles d’ordinaire, se fâchent.
Il les menaça du fer, du feu,
De la faim,… En vain. Notre suiffeux,
Roi maudit, dut fuir ces tropiques,
Désormais doux et gais : une pique
Aurait fait de sa tête un trophée
S’il s’était un peu plus échauffé
Ce vieux tyran mis en déroute !
Même si nous est permis le doute, 
Ne désespérons, dans un combat,
De rien ni de personne, ici-bas.

Œuvre : Camille Lesterle, janvier 2016

dimanche 17 janvier 2016

HAïKU MÉDIATIQUE

Il nous a fallu plus de quatre siècles pour conquérir la notion d' « intimité ». Et, en à peine plus de 10 ans, la télévision nous a imposé une outrageuse « extimité » !

L'ANCIEN

Presque enterrée dans un de mes trous de mémoire,
Ton image peine à encore m’appartenir.
Dans cet océan sans ténèbres, les trois moires
Répandent sans fin la nuit dans mes souvenirs.

L’ombre de l’oubli est un des pires déboires
Que puisse connaître ma vie qui va jaunir
À force d’autres jours : mon passé est pourboire,
Miettes ou bien reflets, comme pour me punir.

Mon verbe aussi s’enlise. Mes savoirs naufragent.
Je suis las d’essayer de me remémorer.
Ce sont là les affres de qui avance en âge.

Je les partage avec ceux qu’a détériorés
Le Temps qui plutôt que de me tuer, j’enrage !,
Préfère, en silence et en paix, me picorer…

vendredi 15 janvier 2016

HAïKU DE PEINTURE

Si le bleu est bien une couleur froide pourquoi existe-t-il des bleus de chauffe ?

TRISTE SIRE QUE LA BUSE

Petite fable affable

À la reine des buses, les oiseaux
faisaient une basse cour : chez les dames-oiseaux
C’était pour cette auguste souveraine
Veulerie zélée ; chez les mâles couillus,
Un' serve soumission à la reine.
Nulle nigaude, aucun olibrius
N’était impoli, c’était un devoir
Imposée à chacun par Son Altesse.
On filait doux, ne se faisant pas voir
De peur de contrarier cette Hôtesse
Du Palais qui oblige à obéir
Sinon c’est crime pire que trahir.

Seules pensionnaires des cieux,
À s’oublier, les pies. Audacieux
Manquements à la fort stricte étiquette,
Outrage pour bavardage inopportun,
Irrespect pour avoir été coquettes,…
Ces bavardes, plus que tout-un-chacun,
Irritaient un peu trop Sa Majesté
Mais les pies, joyeuses et joueuses
S’en moquaient bien, mais sans méchanceté,
Et tant pis si la monarque, boudeuse,
Les promettaient, pour l’exemple, au carcan,
Au pilori, au gibet ou au “camp”.

Si les pies étaient ses proies préférées,
Ses victimes et martyrs adorés,
Notre Buse n’avait, hélas, de cesse
De frapper en sa Cour et ses jardins
Ne laissant rien passer de ces bassesses
Qui l’offensaient, même le badin, 
Ce qui épuise ses féaux et vassaux
Qui avec elle se faisaient lopettes
Épuisés de tant fléchir le cuissot,
Courber le dos à se faire carpette :
Car c’est un métier de chaque instant
D’être bon courtisan, dispos, constant,…

mercredi 13 janvier 2016

HAïKU’PEU RÉGLEMENTAIRE

C’est bien un truc de militaire, ça, de vouloir « faire au carré » des lits qui, par essence, sont rectangulaires !

UN VRAI CLICHÉ ?


La photo a jauni. Elle pâlit, s’efface,
Comme font tous nos souvenirs.
C’est la seule image où l’on voit nos deux faces,
Et nos mains, de tout, s’abstenir.

Nous étions alors à vivre la préface
D’un amour encore à venir,
Car je fuyais ces mots convenus et fadasses
Qu’emploient ceux qui veulent s’unir.

Je n’avais pas, en mes vertes années, l’audace
Qu’il faut pour prendre ou obtenir,
N’étant qu’assurance et sourires en surface…
Tout espoir était à bannir.

Mais mes sentiments neufs étaient des coriaces ;
Amour ne pouvait les punir.
Toi tu avais le corps sage et le cœur sagace ;
Éros vint, ainsi, nous bénir…

Qu’a-t-on vécu, puisqu’on arrive à la postface ?
Une vie à se soutenir,
À s’aimer, se chérir à voix haute à voix basse,
Et qu’il faut, au mieux, finir.

La photo a blanchi, ma mémoire s’efface,…
Je les regarde définir
Ce que sera notre avenir : un face-à-face
Prêt à refleurir, rajeunir…

lundi 11 janvier 2016

HAÏKU DE SON AUTOMNE ?

En vieillissant, contrairement à ceux de mon âge, j’entends tout mais n’en laisse rien voir !

TAPAGE AUTOUR D’UN ÉCHO

Petite fable affable

Au chaud pays des perruches,
Bavardes avérées, colorées,
Aux mots et aux accents acérés,
Ça bavasse et, pis, ça huche
Car l’une d’elles aurait “chiméré”
Contre tous les principes sacrés.

Ça bruit comme une ruche,
Ces bons becs jouant les ulcérées
À cause de cette cruche.
Elles font leçon à l’affairée
Sur ce qu’on peut, sans embûche,
Dire et ce qui fait s’encolérer,
Vaut exil à la greluche
Qui ne sait pas garder un secret.

En on-dit on la breluche,
Et on en fait rumeur commérée,
Bruit sorti d’une truche
Risquant de faire vociférer,…
On ne joue pas à l’autruche : 
Contre tous les principes sacrés,
On fait sort à la nunuche
Qui ne sait pas garder un secret !

Pour une paix de baudruche
Sans que ça fasse déblatérer,
Ainsi punit-on, sans différer,
Au chaud pays des perruches,
Contre tous les principes sacrés,
Qui ne sait pas garder un secret,…

samedi 9 janvier 2016

HAÏKU DE COL, HÈRE !

Il est inutile de discuter raisonnablement avec des gens déraisonnables !

SUR UN AIR DE REGRETS

« Si les vers ont été l’abus de ma jeunesse,
Les vers seront aussi l’appui de ma vieillesse. »
Joachim Du Bellay, Les regrets, 13 (1558)

De plus savants que moi, de plus doués aussi
Disent la poésie plus que passée de mode,
Trouvant cette prison des mots fort malcommode
Pour s’exprimer sans se perdre dans des lacis.

Mais quoi de plus beau que de composer une ode
Et de polir son vers pour qu’il soit bien assis,
Ni trop court, ni trop long avec rime en glacis
Et sons toujours limés quoique jamais commodes.

Se ronger les ongles, s’en torturer l’esprit
Pour choisir le bon mot, la formule entre mille,
Qui peut rester en l’air une fois l’envol pris.

C’est là tout mon travail, peut-être malhabile.
Sans doute sent-il trop la sueur et la bile
Mais il est sincère et ça en fait tout le prix…

jeudi 7 janvier 2016

HAÏKU INTÉRIEUR

Quand je regarde le spectacle du monde,
Je pense : « Bran que tout cela ! »
Puis, je vois les fous qui mènent sa ronde
Et me dis : « Branques tous ceux-là ! »

AIGRES AIGRETTES

Petite fable affable

Sur cette bonne Terre qui n’avait
Pas encore créé les Hommes, race
D’ombres qui se croient soleils, on trouvait
surtout des oiseaux légers, pleins de grâce.
Mais aussi d’autres : hérons se voulant
Héros, butors butés ou pies grièches
Aux paroles sèches, aux phrases rêches,…
Les pires parmi ces êtres volants
N’étaient pas la buse cherchant des dupes
Ni même le fort sombre cormoran
Affirmant que bon sang donne haut rang,
Mais l’insigne grèbe et la fade huppe.

Chez l’une, l’amitié se monnaie,
L’attention se calcule chez l’autre.
Ces défauts, bonnet blanc et blanc bonnet,
Rapprocheraient plutôt ces deux apôtres.
Si la grèbe est vaniteuse à souhait,
Comme un jeune paon la huppe est vantarde.
Ainsi, elles en vinrent, babillardes 
Sur la défensive, queue en fouet,
À comparer leur toupet, l’épi de plume
Avec lequel elles se pavanaient
Et qu’elles ont depuis qu’elles sont nées.
Mais leur querelle déchire la brume.

Se posa, tout près, un martin-pêcheur.
Il aime à tarifer, selon les dires,
Ses bienfaits, comme tout bon prêcheur,
À l’aune de l’intérêt qu’il en tire.
Là, il est venu bénévolement.
« Las, vous discutez comme on se dispute !
Lance l’oiseau. Cessez cette lutte !
- Fi donc, fait la huppe, l’emportement
Vient de cette honte de sa race !
- Cette espèce de plumeau fanfaron
Dit la grèbe, veut me faire marron !
- Peuh !… Son reflet, dans, l’eau fuit sa face !

- Ton plumet vaut moins que ton bon caquet !
- C’est pas ta houppe qui fait ton panache
Mais ta sottise !… Une simple bernache
Est bien plus belle. Même un raquet… 
- Suffit !… Je suis à bout de patience,
Coupa le martin-pêcheur excédé.
Votre chamaille est d’insignifiance
Et votre cause mauvaise à plaider  :
Quand on on ne peut être fier, Mesdames,
De ce qui nous fait parce qu’on le fait,
 On l’est de la façon, là est le blâme,
Dont la Mère Nature nous a fait ! »

mardi 5 janvier 2016

TROU D’HAÏKU

Qui se pique au jeu n’en retirera que rarement son épingle.

ODE À L’AUDE DÈS LAUDES

De Castelnaudary au pays de Trenet,
Dès que la nuit tarit le flot en crue des ombres,
La terre offre ses ors, ses blancs cassés sans nombre
Aux chercheurs de trésors qui viennent y traîner
Pour découvrir, matin, toutes les beautés nées
De mains d’hommes châtains sortis de leur pénombre :
Hier est pierres, pas qu’en ruine et décombres 
Des sèches Corbières aux monts qu’il faut faner.

De Castelnaudary au pays de Trenet,
L’accent pour armoiries, l’esprit tout malencombre,
J’entends encor’ vos voix résonner sans encombre,
Entre le Minervois et Dames Pyrénées,
Pays de Cocagne et mer Méditerranée,
Armée de Charlemagne et Sarrasins peau sombre,
Cathares, Protestants, Espagnols en surnombre,
Vignerons militants, résistants condamnés,…

De Castelnaudary au pays de Trenet,
On est fils de Marie mais forts rebelles, hombre.
De tous temps ; et à tout. C’est ça, notre part d’ombre !
Et, pauvres, malgré tout, si on n’a qu’un seul scombre
On le partagera, comme nos vins si sombres,
Avec qui passera par chez nous, pas gêné
Par Phœbus qui se rit, dès l’aube des pénombres,
De Castelnaudary au pays de Trenet…

dimanche 3 janvier 2016

HAÏKU DE TROT

Paradoxalement, lors de soirées très arrosées,
certaines personnes sont tellement parties
qu’elles nous semblent demeurées !

LE CASTOR “ J’IGNORE”

Petite fable affable

Achille est un castor qui n’en peut mais.
Il est, ces temps-ci, d’une humeur revêche
Un caractère pis qu’un pic épeiche :
Des hommes, ces sans-gênes, depuis mai,
Ont décidé, là, de se construire
Une route et donc, là, de détruire
Sa maison, son barrage, son ormaie,…
Ses biens et ses amis, il veut défendre
Avant qu’il ne gèle à pierre fendre…
Achille est un castor qui n’en peut mais,
Mais il est prêt à agir désormais !

Le chantier engloutit les abris 
Des oiseaux, ses frères en nature,
Ses voisins et copains d’aventure.
Bientôt leur forêt sera débris
Voués à l’oubli. Contre cette engeance
Inhumaine, il rumine une vengeance :
Il brisera qui ne fait que des bris,
Et à grand bruit !… Bien mieux qu’Eschyle,
Ce sera, là… le talion d’Achille !
Il sera le sauveur et le labrit
De qui, sans lui, serait sans abri.

Il a rongé son frein, le malheureux,
Aujourd’hui c’est aux troncs qu’il s’attaque,
Tous ceux sis autour de l’humain cloaque
Qu’il veut détruire, le valeureux
Castor, pour qu’ils fuient ou pour qu’ils meurent.
Sans ménager ses efforts, ni voir l’heure
Il rogne et mine, sape et mord, heureux :
Il ne monnaiera pas ses bons offices
Ne voulant tirer aucun bénéfice
De son acte qu’il veut fort généreux…
Hélas, les arbres abattus écrasent
Nid et couvées de ses “amis” qui jasent
 « Tout ce qu’on fait, pour les autres, sans eux,
On le fait, à la vérité, contre eux ! »

samedi 2 janvier 2016

HOMMAGE À CABU (1)

           Il y a un an, le 07 janvier 2015, décédait sous la mitraille de fanatiques qui n'ont pas fini de nous frapper une partie de l'équipe de Charlie Hebdo, au nombre desquels CABU, à mes yeux le meilleur caricautriste français du second XXe siècle et l'humanisme fait homme.
     En 2003, alors que la France est dans la rue pour s'opposer au plan de réformes souhaiées par J.-P. Raffarin et notamment, de son ministre de l'Éducation Nationale du moment, je prends ma souris et un logiciel de dessin vectoriel et me mets à reprendre les visages de nous gouvernants tels que Maître Cabu les croquait alors. Afin de ne pas porter atteinte ni préjudice à son style et son œuvre, je me suis permis - sans espoir de réponse, je l'avoue - de lui demander l'autorisation de "plagier" ainsi son travail dans d'humbles travaux personnels qui avaient vocation de devenir affiches et affichettes pour nos panneaux de manifestants, nos tambours bricolés,…
     Contre toute attente, non seulement il m'a répondu mais m'a autorisé à agir de la sorte alors que “mes talents de dessinateurs" sont proches du néant (je lui avais envoyé mes premiers essais).





     Cette gentillesse et cette disponibilbité à l'égard d'un simple quidam m'ont beaucoup touché et donne la dimension du personnage qui nous a depuis quitté. J'ai donc usé et abusé du droit qu'il m'octroyait … De même qu'en 2006 et 2010 alors que nos gouvernants revenaient à la charge sur les mêmes sujets.

     Je vous propose de retrouver (séquence Nostalgie récurrente les jours impairs), tout au long de ce mois ces modestes travaux - et les suivants - pour honorer sa mémoire et celles de tous ceux qui sont tombés avec lui et depuis cet attentat.




vendredi 1 janvier 2016

AVEC LES MEILLEURS VŒUX DE CAMILLE… & DE VOTRE SERVITEUR !

Illustration : Camille Lesterle, décembre 2015

HAÏKU TORCHÉ

Je ne cache pas que je m’assieds sur beaucoup de choses que l’on exige de moi ce qui me permet de dire, poliment, que je me les fous au cul !

AUX HALLES NOUVELLES

D'après un croquis de Camille Lesterle

Un p’tit air de gare pour tout coup d'escouette
Et on croit retrouver la vielle halle d’antan,
Oubliant la gouaille et le parler du temps,
Où, sans vergogne, on jouait de la pirouette
Quitte parfois, té, à en faire des brouettes.

Aujourd’hui, les gens ne sont que silhouettes
Pressées d’aller et de partir comme un gitan
Pris au matin la main dans le sac de Satan.
Les produits ne sont plus que pâté d’alouette,
Et les prix se prennent pour de vraies girouettes.

Finis les étals, les paniers à rouettes,
La monnaie qu’on comptait et le mot sur le temps,
L’arrondi complice ou le cadeau au mitan…
Un stand, un magasin c’est bien plus chouette
Pour te faire sortir de dessous ta couette.

Tout est aseptisé, jusqu’au cri des mouettes,
Tout est néant, tout est néon, sans contretemps,
Ça sent le factice et cache le charlatan
- Dont les légumes n'ont pas vu de serfouette ! -
Ait-il un beau sourire et de jolies couettes !
Croquis : Camille Lesterle, novembre 2015