On se rend souvent ridicule à ne point vouloir le paraître !
Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques
parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…
dimanche 21 février 2016
LA TRISTESSE D’OVIDE
Petite fable affable
Rides au front, cheveu rare et blanc, fatigue
Dans le corps, lassitude d’âme, lenteur
Du geste, trous d’une mémoire qui gigue,…
Ovide a vieilli, loin de sa garrigue.
Il soupire à qui veut encore l’entendre :
« César, hier, s’est déchaîné contre moi.
Tel un démon dément, depuis des mois
Et des années, il m’exile. il n’est pas tendre
Avec qui le blesse ou qui le contrarie :
Qui peut me dire s’il est debout, encore,
Le verger que ces mains, que rien ne dore,
Ont planté mais n’ont pu, j’en suis fort marri,
Y cueillir de fruits ?!… Ici rien ne pousse,
Hors le vent qui mouille aux larmes mes couplets.
Mais les pleurs, dis-moi, soulagent-ils les plaies ? »
Quoique ledit César soit un foudre de guerre,
Il n'aimait que les mots de serviles auteurs,
De préférence courtisans prosateurs,
Car, de toujours, les choses ne changeant guère,
Les puissants de ce bas monde apprécient
Toute œuvre à leur gloire, ici ou sur le Tibre,
L’hommage de l’écrit sauvant de l’oubli,
Mais haïssent les poètes… gens trop libres !
samedi 20 février 2016
vendredi 19 février 2016
HAÏKU DE RABOT
Il n’est pas plus de « Grand homme » que de « Petit peuple » ou de « Français moyen » !
MA CARAVANE
C'est mon chez-moi, mon home à moi, ma caravane.
Donc je vis en été même au cœur de l'hiver,
Au froid, au vent, au chaud, aux fous,… je suis ouvert !
Ma misère me fait pauvre en tout, sauf en vannes !
Verrue à vos villes, privé d'automobile,
Je reste planté là, tout au long de l'année,
Honni, privé de tout, sans que cela vous bile.
Ces tôles c'est mon toit. On m'y a condamné,
Je suis un voyageur damné, un immobile,
Un indésirable, affamé, enboucanné,…
Je rêve de soleil et d'ailleurs, La Havane
Ou Saint-Tropez, d'ailleurs moins lointains mais plus verts
Que vos prisons de verre et vos vies sans nul vair,
Dans mon chez-moi, mon home à moi, ma caravane.
jeudi 18 février 2016
mercredi 17 février 2016
HAÏKU’ SUCRÉ
Hier pour faire son miel il fallait des centaines de “bz”. Aujourd’hui un buzz suffit !
ON EST LAS DE CES CANCRES-LÀ !
On est là pour éduquer
Des gosses mal élevés :
Gamins fort mal embuqués
Ou filles toujours crevées
Aimant à être reluquées.
On est là, pris, piégés,
Dès que, hélas, point le matin
Jusqu’au soir assiégés,
Nous tous, qu’un vain baratin
Dit vils « privilégiés ».
On est là pour les former
Quand notre société,
Qui voudrait les conformer,
Les a, déjà, de télés
En ciné, tout déformés.
On est là, sans les juger,
Pour bien noter leurs travaux
Faits parce que ça urgeait,
Comme on fait au caniveau,
En cherchant à nous gruger.
On est là, l’âme lardée,
Le corps et le cœur lassés,
D’être par vous regardés
Comme des cons dépassés,
Tous inaptes à les garder.
On est là, seuls et derniers
À ne pas baisser les bras
Quand, comptant vos deniers,
En chœur, vous nous reniez !
mardi 16 février 2016
HAÏKU’ OFFERT PAR LA MAISON
Le week-end pour ma femme,
c’est shopping ;
Et pour moi, qu’elle blâme,
c’est chopine !
lundi 15 février 2016
L'ABONNÉE
D'après un croquis de Camille Lesterle
Viendra-elle l'abonnée
Du balcon aux blanches dentelles ?
Au poulailler, veste-et-bretelles,
Je vais vibrer et bouillonner,
Les yeux rivés, aiguillonnés,…
Viendra-telle ?
Viendra-elle l'abonnée
Au balcon, en blanche dentelle ?
Serait-ce une diabletelle ?!
Oui, fini de cotillonner :
J'en oublie de papillonner
À voir cette cette aimable mortelle…
Viendra-t-elle l'abonnée?
Pour sûr, sculptée par Praxitèle,
Elle donne à tourbillonner,
À voir mes joues vermillonner,…
Que m'importe la bagatelle !
Au balcon, en blanche dentelle,
Viendra-elle l'abonnée ?
Viendra-telle ?
Clochers, partout, carillonnez
Haut ma joie sans tatillonner :
Ma pièce ici, ce soir, c'est elle !
Avec ou sans blanches dentelles,
Viendra-elle l'abonnée ?

Croquis : Camille Lesterle, janvier 2016
dimanche 14 février 2016
HAÏKU'PLE QUI DURE
L'Amour n'est pas tension par l'autre mais attention à l'autre et attentions pour l'autre !
samedi 13 février 2016
MARIE AU MATIN
Les cendres de la nuit s’enfuient
Quand, au matin, Marie s’éveille,
Loin de l’ennui qui est de suie…
Aucun jour n’est comme sa veille,
L’aube m’annonce les merveilles
D’un lendemain venu sans bruit,
Sorti du sommeil, sombre puits,
Quand, au matin, Marie s’éveille…
Nos sens engourdis se réveillent,
Et l’ombre à merci a réduit
Le moins défendu de ses fruits
Quand, au matin, Marie s’éveille…
Les cendres de la nuit s’enfuient
Quand, au matin, Marie s’éveille,
Avec un œil de chat séduit…
Dans les bruissements d’abeille,
Les draps trop froissés s’ensoleillent
De lascifs mouvements fortuits.
Que m’importe le vent, la pluie
Quand, au matin, Marie s’éveille…
Je glisse au creux de son oreille
Un mot doux au baiser conduit,
Mot des plus beaux, quoique recuit,
Quand, au matin, Marie s’éveille…
Les cendres de la nuit s’enfuient
Quand, au matin, Marie s’éveille
Pour commencer notre aujourd’hui…
Et c’est alors que j’appareille
Pour une autre journée pareille
À un hier las reconduit
Qui ne cessera qu’à la nuit
Où, repus d’amour, on sommeille…
Là, se mêlent nos souffles en treille,
Les cendres que la nuit produit
Dans un lit où le rêve luit
Pour, qu’au matin, Marie s’éveille…
vendredi 12 février 2016
jeudi 11 février 2016
HAÏKU DE ROUGE
Combien de gens se comportant en maîtres ne sont, en fait, que les laquais d’autrui ?!
SIMPLE CHANSON
Les poèmes populaires,
Quand la poésie fait salon,
À coups de lalalalères
Et de rimes sans galon,
Deviennent chansonnettes.
Elles réchauffent les cœurs
Des costauds, des midinettes,
Pour qui elles sont liqueurs…
Est-ce un enfant ou sa mère,
Est-ce un amoureux chagrin
Qui inventa, mine amère,
Le tout premier refrain ?
Qui ne ronge son frein,
Fredonnant des ballades
Aux mélodies malades,
En l’attente du train ?
Ici, tout commence,
Été comme hiver,
Et finit par des vers
Mis à la cadence
De simples chansons,
Sans plus de façons…
Trois mots d'amour entêtent,
C’est romance d’amants ;
Mais s’ils se font la tête,
Que le Destin leur ment,
C’est complainte ou rengaine
Toute en mélancolie ;
Il voudra qu’on dégaine,
L’enfant qu’on met au lit,
Sa comptine ou berceuse ;
Une aubade réduit
La timide amoureuse
Que sérénade séduit,…
Dans combien de nuits,
L’accordéon enchante
Les mémoires qui chantent
Pour tuer silence, ennui,… ?
Parfois, elles gênent,
Pouvoirs ou convers,
Belles cantilènes,
Et simples chansons
Qui se font leçons…
Avec trois accords de guitare
Ou deux notes de piano,
Bien des airs désamarrent,
Les peuples à leurs tyranneaux,
Renversent de vieux empires,
Ou sauvent du désespoir,
Pourfendant l’odieux, le pire,…
Quand tout semble devoir choir.
Rendant fier ou grégaires,
Ils mettent armes en main,
En chants de joie, de guerre,
Ou espérer en demain…
Alors, par tous chemins,
Ils font tout le tour du monde,
Prend chacun en sa ronde,
Parlant au cœur humain…
Partout, tout commence,
Été comme hiver,
Et finit par des vers
Mis à la cadence
De simples chansons,
Sans plus de façons…
mercredi 10 février 2016
HAÏKU DELUN’
Issu de la mer, cet animal qu’on appelle l’Homme est toujours sensible à la lune, lunatique même, et sujet à se marrer.
mardi 9 février 2016
SE TAIRE EST IMPOSSIBLE
À Jorge Semprun
Non, je ne suis pas un “survivant”.
Je serai plutôt un revenant.
Car si le camp n’était alors qu’hécatombes,
Il n’a pas été, peut-être hélas, ma tombe…
De l’Enfer on ne revient pas
Alors, dis, d’où viennent mes pas
Que tant de pleurs et que tant de douleurs plombent ?
Quel beau dimanche tu vis là, loin des bombes…
Ils disaient vouloir m’exterminer.
Peine perdue. Ma vie est ruinée ;
Ils ont certes détruit les miens ; ma famille
N’est plus qu'une fumée partie en guenilles
Mais, désormais, plus rien, ici,
Ne m’effraie : on ne vit qu’en sursis,
Nous, les si frêles et infimes brindilles
Invitées au grand voyage des aiguilles.
Je l’avoue : je ne crains plus la mort.
L’avoir côtoyée m’a rendu fort.
Elle est devant vous, tout en esprit grégaire,
Mais elle est derrière moi, toujours à braire.
La domestiquer fait que j’ai vécu,
Ne plus en avoir peur, que j’ai vaincu,
Moi, qui étais, suis tout sauf un téméraire.
J’étais pourtant le mort qu’il fallait, mon frère !
“Réchappé” ? Oui. “Libéré”. Non !
Chaque soir me ramène des noms
Et des ombres de ce bout de mon histoire
Qui peuplent et piétinent ma mémoire,
Errant et occupant mes nuits,
Me ramenant ce temps enfui
Sans évanouissement libératoire…
Pourtant les chasser serait blasphématoire.
“Réchappé” ? Oui. “Libéré”. Non !
Chaque soir me ramène des noms
Et des ombres de ce bout de mon histoire
Qui peuplent et piétinent ma mémoire,
Errant et occupant mes nuits,
Me ramenant ce temps enfui
Sans évanouissement libératoire…
Pourtant les chasser serait blasphématoire.
Vous ne voyez en moi qu’un survivant
Mais je serai encore un revenant
Qui, seul, nu, face à l’avenir, ne redoute
Qu’oubli, négations, mensonges et doutes
Car il y aura toujours un prochain
À traiter comme bête ou machin,
À exterminer car il croise une route
De trop, dessous la plus céleste des voûtes !
lundi 8 février 2016
dimanche 7 février 2016
HAÏKU’, Ô MORALE !
L’éloquence n’est plus dans nos mœurs,
La probité n’a plus la primeur,
Alors que l’équité, hélas, se meurt…
Mes valeurs méritent un embaumeur !
L’HOMME QUI MURMURAIT À L’OREILLE DES CHEVAUX
À mon grand-père
On l’a mis apprenti au maréchal-ferrant.
Lui vit qu’ « il avait le don » avec les chevaux :
Ce jeunot leur parlait, en faisait de doux veaux…
Alors La Ferme en fit son valet. Premier rang.
Il dressait les bêtes à l’accepter, puis brillamment,
À tracer des sillons, longs comme un jour sans pain,
Et droits comme un trait de crayon. Patiemment.
D’une main bien ferme mais douce. Sans pépin.
Il les habituait au charreton chargé
De grains pour les chevaux des quelques garnisons
D’en ville où il les menait, par foule et maisons,
Autos et tram’, sans rien verser ni diverger.
Comme des êtres chers, il pansait et aimait,
Au village comme aux champs, ces dons du Créateur.
À leur pas allaient ses journées, de mai à mai,
Puis, par chez nous, rugit le moteur des tracteurs…
On fit mécanicien le maréchal-ferrant.
On remisa, un à un, tous ses bons chevaux
Car ils ne vaquaient plus à leurs humbles travaux,
Ne trottaient pas non plus, le temps s’accélérant.
Le Fermier lui donna son tout dernier bourrin,
Un bourru que d’autres avaient rudoyé
Quand lui n’avait que des caresses pour ses reins ;
Il fit une écurie, l’a soigné et choyé.
Il conduit la bête à l’accepter, puis lentement,
À tracer des sillons, longs comme un jour sans pain,
D’une main toujours ferme et douce, sans pépin,
Des rides droites comme un vieil accotement.
L’appétit du Temps qui piaffe est sans apathie :
Ils vieillirent ensemble, hélas, et pas à demi,
Puis, sans regimber, la bête, seule, partit.
Je sais qu’il l’a pleurée comme on pleure un ami.
samedi 6 février 2016
vendredi 5 février 2016
HAÏKU POIRE
Fiez-vous toujours à votre première impression :
Ne l’a pas corrompue votre bonne éducation !
SÉVÈRES CES VERS ?
Les pieds blessés à force d’être comptés
Comme il sied, contraints dans leurs sabots classiques
Qui les libèrent plus qu’ils ne leur sont toxiques :
Oui, tous mes vers vont à pied, quoiqu’indomptés.
Poudrés de mes peines mais lavés par mes larmes,
Ils vont porter leur pas, sans dire un mot de trop,
Ni plus haut que l’autre, tout en bons sons faits armes,
Avec retenue, car l’éternel est rétro !
Avec prudence, avec patience, ils avancent
Ces vers boiteux, lassés de porter mes colères,
Fatigués de pleurer mes deuils, ma survivance
À des maux sans issue qui me font pauvre hère,
À des éreintements sans limite ni fin,
Aux vains et vils tourments de mon cœur, de mon âme,
N’offrant aucun horizon visible à ma faim
De repos, ma soif de pause,… Voilà mon drame !
jeudi 4 février 2016
mercredi 3 février 2016
COUP DE CHANCE ?
Petite fable affable
Corps finet, allure de minet,
Une civette plus très jeunette
Et sienne cousine, la Genette,
Trottinaient et crottinaient
Par d’épaisses épines-vinettes
Qui parasitaient un jardinet.
Ce sont de bonnes caches de bruissantes
Broussailles et commode couvert.
Mais l’homme est un animal pervers
Qui détruit quiconque va par sentes
Et carrés de ses champs toujours verts.
Donc en silence vont nos passantes.
Hélas, le jardinier ce jour-là
Désherbe ses allées poudreuses.
Pour tuer la bête il n’est jamais las.
Nos amies seront cette chasse-là.
Il court bêche levée, mine heureuse,
Pour exterminer ces cancrelats.
Elles prennent la poudre d’escampette
Mais chacune dans sa propre voie,
Ce qui fait donc donner de la voix
À l’homme ainsi floué qui tempête
Quand il voit, pire, qu’elles louvoient.
Elles se trouvent vite à perpète…
Les cousines reprennent leur pas.
Une pie, qui a vu leur manège,
Fait : « Pour vous tirer d’un tel piège
Vous avez eu fort chaud, n’est-ce pas ?!
- Non, nous sommes en fait de fins stratèges !
Fit l’une pour tout mea culpa.
- Comment ? dit la pie dépitée. Dîtes ?
- Un duo vaut mieux, quand point le besoin,
Qu’un duel, dit l’autre, l’air chafouin :
S’il est vrai que, seule, on va plus vite,
Ensemble, on ira beaucoup plus loin ! »
mardi 2 février 2016
HAïKU’ CHOIR ?
Les partisans de l’euthanasie nomment leur combat « Mourir dans la dignité » comme si lutter contre la mort, jusqu’au bout, vous marquait du sceau de l’infamie !
lundi 1 février 2016
TA PLASTIQUE EST FANTASTIQUE (Chanson à Pamela)
En réécoutant Elmer Food Beat
alors que Pamela Anderson
était à l’Assemblée Nationale,
venue nous gaver, le 19 janvier 2015
Pam’, Pam’, t’as tant peur de l’hiver
Et de ne plus pouvoir rouler des mécaniques,
Que tu t’es tout fait refair’ de travers
Que tu ressembles à un’ poupée en plastique…
Pam’, Pam’, il faut pas qu’tu gigotes
Tes implants vont faire un jour sécession,
Le lifting te péter en culotte,
Souris pas ou gare à la décompression
Tu vas vit’ flotter dans ta peau de bimbo
Tu vas effrayer les enfants, les corbeaux,…
Surtout ne demande pas d’autre opération,
La couch’ de cellophane est à saturation :
T’assois pas où c’est la désintégration !
Ta plastique est fantastique,
En caoutchouc tout par tout ;
Bouch’ botox et nez latex
T’es aussi liss’ qu’un Durex !
Ta plastique est fantastique
Toute tirée de partout,
Seins silicone hors du Playtex,
Peux-tu encor’ lever l’index ?
Non, non, t’es plus jeune, Cocotte,
Tu t’es faite vieuzerie et mocheté
À t’fair’ triturer des pieds à la calotte…
(Qui voudrait encore la crocheter ?)
T’es à pein’ plus expressiv’ qu’un lavabo
Figée comm’ si dans l’cul t’avais un bambou,
Mêm’ tes neurones sentent le labo !
Pour pisser te baiss’ pas, us’ d’un « bourdalou »
Et t’mets pas au soleil tu fondrais pour l’coup !
Ta plastique est fantastique,
En caoutchouc tout par tout ;
Bouch’ botox et nez latex
T’es aussi liss’ qu’un Durex !
Ta plastique est fantastique
Toute tirée de partout,
Seins silicone hors du Playtex,
Peux-tu encor’ lever l’index ?
Se moquer de toi c’est pas gentil, c’est facile
L’âge fait moins de ravage que son tabou,
Le factice et l’bistouri d’un imbécile
Qui n’fait ça que que te piquer tes sous,
Car, boudiou :
Ta plastique est fantastique,
En caoutchouc tout par tout ;
Bouch’ botox et nez latex
T’es aussi liss’ qu’un Durex !
Ta plastique est fantastique
Mais ta peau plus élastique.
Ta plastique est fantastique
Et moi j’suis sarcastique…
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