Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques
parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…
jeudi 30 juin 2022
HAÏKU DE PEIGNE
Quel est le comble pour un chauve ?
Avoir un poil dans la main & un cheveu sur la langue !
mercredi 29 juin 2022
POUR AVOIR LA PAIX
Petite fable affable
Pour avoir la paix, quelques brebis avisés,
Lassées d’être cible des lupines visées,
Employèrent des chiens pour monter la garde
Et là s’assurer une digne sauvegarde :
C’est quand même bonnard
De paître enfin peinard !
On vit lors plus d’une forestière meute,
Et souffrir, et jeûner, au risque de l’émeute.
D’aucuns manquant d’élan,
D’autres n’ayant d’allant,
Un vieux loup, fort rusé, je le crois, décide
Avec malice, je le crains, qu’un canicide
N’y suffirait, las, pas
Pour repas sans trépas.
« Il faut, disait-il acide, être loups lucides :
Foin du suicide, devenons plus placides ! »
Pour avoir la paix, la bête va discuter
Avec cette brouteuse à clochette butée
Qui sert de cheffe à cette fort mauvaise troupe
Si bien préservée malgré ses belles croupes.
« Erreurs et errements
J’assume rarement,
Je l’avoue, mais je viens te proposer pacte
D’amitié éternelle, la fin des actes
Barbares des miens,
Devenus bohémiens
Avec tes chiens. Même si votre coutume
Nous prête défauts et nous vêt d’un noir costume,
Pas d’arrière-pensée.
Plus de guerre insensée
Entre nous. Envoie au plus loin tes gardiens,
Nous renonçons à la chair pour notre bien !
- Pour avoir la paix, répliqua cette brebis,
Avec de vils malfaisants de ton acabit,
Il faut que l'on renonce
À ceux qui vous annoncent,
Vous déboutent ou vous déroutent ? Vous raillez :
Pour avoir la paix, ce serait fort cher payer ! »
mardi 28 juin 2022
lundi 27 juin 2022
PARTITION
J’ai pris la clé des champs pour une clé de sol
Quand, sur la portée vide des cieux,
S’est assis un silence après un prompt envol.
Le vent n’y joue plus, lui si capricieux,
À triples croches l’air du printemps reverdi,
Sur la gamme des prés refleuris, engourdis.
Entre les soupirs d’un souffle bienvenu,
Le soleil plaque sans fin ses doux accords
Tendres sur le chœur gourd des oiseaux revenus :
La blanche d’une trille, en ce décor
Paisible, répond aux noires bienvenues
De sifflements qui nous mettent le cœur à nu.
Les temps de ma vie, entre bécarre et bémols,
Font ici une pause sous bourgeons
Nains et feuilles naissantes qui sont parasol
À mon corps perdu, là, parmi l’ombre des joncs
J’ai déposé enfin mon joug et mon licol,
Oublie aux chants d’un rossignol jusqu’à mes dols.
Dans ce si paisible havre au calme entêtant,
J’ai aussi tari la source de tous mes pleurs
Auprès d’un ruisseau, bien sûr, chantant
Entre les pierres, mélodie du bonheur
Aux mots clairs, frais et transparents, tentant
Repos des âmes que tout va désenchantant.
dimanche 26 juin 2022
samedi 25 juin 2022
HAÏKU D’AUJOURD’HUI
Les gens, l’outrageant n’est pas l’argent, souci affligeant :
on est plus vite indigent quand on n’a point d’entregent !
LA DÉMONSTRATION
Petite fable affable d’après un conte de Han Fei (IIIe s. Av.J.C.)
Sûr de son rang, lassé du banal du bambou
Et voulant brûler la chandelle par les deux bouts,
Un jeune prince se fit faire dans l’ivoire
Du plus bel éléphant qui fut ces accessoires
Simples, que l’on nomme des baguettes chez nous.
Son père, homme de sagesse et de bagou
Vint lors à lui et le sermonna sans tabou.
« Renonce à ce luxe, mon fils, il amorce ta perte
Et las, celle des terres qui te seront offertes !
- Vous déraisonnez, mon Père tant vénéré.
Comment pouvez-vous donc de cela augurer ?
- Pour aller avec ces baguettes notre vaisselle
De grès te paraîtra pire que la faisselle
Dont usent, pour le lait de buffle, les donzelles.
Tu voudras assiettes et bols de jade ou d’or
Lesquels ne pourront accueillir, de prime abord,
Que les mets le plus raffinés, la plus goûteuse
Des cuisines… choses rares sont honéreuses.
Et quand on a table si fine et recherchée
On ne saurait, las, se contenter de crécher
Dans un tel palais, vieux, aux murs ébréchés,…
Ni de nos bons et beaux habits qui pourtant fleurent
Trop la simplicité pour qu’œil aguerri ne se leurre
Sur nos richesses et sur notre notre prospérité.
Il faudra les impôts et les taxes augmenter,
Pour tout ce luxe ostentatoire t’acheter.
Ton gouvernement pressurera nos campagnes
Alors, et dans ce brave pays de cocagne,
La révolte, jusques à ses confins, grondera
Et ta couronne de la sorte tu perdras.
Le désir est le pire des maux : c’est un vice.
À peine assouvi, vient un autre caprice ;
Et ainsi de suite jusqu’aux noires abysses… ! »
vendredi 24 juin 2022
jeudi 23 juin 2022
RETOURNER À GARONNE
Cycle toulousain
Avec l’Autan qui mord et se noie en ses vagues
Et ses flots qui courent comme l’on divague,
Mon fleuve ne va jamais droit,
Simple détroit, las, par endroit.
Entre ses hautes rives et ses berges basses
Où nichent le héron, le canard et l’agasse,
Sous ses nues limpides où on aime revenir,
Des moissons d’hiers aux vendanges à venir,
Je veux retourner à Garonne,
Qui ronronne autant qu’elle rone.
Mon fleuve en ses campagnes est roi,
On en use comme un charroi
Où les briques rouges défient les nuages.
Partout son fil de l’eau vous invite au voyage,
Tissant ses océans sur trame d’horizon,
Brodés de fils espoirs, bordés de déraisons,…
Je veux retourner à Garonne,
Souvent matrone, parfois mignonne
Avec ses remous nés de montagnes de par ici
Et sa bonté qui crée pays de cocagne aussi.
Avec un cours qui croit à crues au printemps qui pleure
Un lit qui louvoie en bois, s’y love, nous leurre,…
Mon fleuve ne va jamais droit,
Simple détroit, las, par endroit.
Entre des étés lourds à assommer un somme
Et des hivers si doux qu’ils font chanter les hommes
Qui lors, en leurs soirées, d’agapes en veillées
Faisaient morte saison tant plus ensoleillée,
Je veux retourner à Garonne,
Qui nous luronne et qu'on larronne.
Mon fleuve court les champs, adroit,
Et, dans nos villes, oublie l’octroi,
Avec l’Autan qui mord et se noie en ses vagues
Et ses flots qui courent comme l’on divague,
Tissant ses océans sur trame d’horizon,
Brodés de fils espoirs, bordés de déraisons,…
Je veux retourner à Garonne,
Aux eaux vaironnes qui maronnent
Qui, dans mes nuits, sans agapes ni veillées
Revient me hanter ou me désommeiller…
mercredi 22 juin 2022
mardi 21 juin 2022
LE SANS-GÊNE DE DIOGÈNE
Petite fable affable
Le grand Diogène, philosophe des rues,
Vivait ainsi loin des Hommes et de leurs richesses
Tout en étant auprès d’eux et de leur bassesses.
Un jour qu’il mangeait des lentilles, ce bourru
Fut accosté par son bon confrère Aristippe
Qui fréquentait prou, lui, l’élite ; un de ces types
Qui mènent existence dorée, en courtisan
Pique-assiette, avec tout un chacun méprisant.
« Si tu savais ramper ou seulement l’échine
Courber, tu n’aurais pas, sot, à te contenter
D’un plat spartiate qui ne saurait tenter
La plus affamée des plus minables fouines.
- Qui se contente d’un bon met aussi frugal,
N’a plus à ployer le dos, bougre d’animal ;
Ni à ramper comme le fait le plus étique
Des furets affamés, ces bêtes sans éthique. »
lundi 20 juin 2022
dimanche 19 juin 2022
HAÏKU DE COACH
Tant de sportifs du dimanche s’épuisent au prétexte que c’est un jour fait pour se reposer !
AUBE BLONDE
D'après une photo de Marc-Yvan Custeau (Montréal, mai 2020)
Le soleil s’élève fort tôt ce matin,
Et il ambre et il vermeille les lointaines
Olympes, réveille les arbres mâtins
Encore nus, où la neige joue les mitaines.
De ses rayons d’or, il roule un matelas
De nues épaisses, tout en torsades cotonneuses,
Sur l’horizon qui fait, à nos réveils las,
Une couverture ouateuse et crâneuse.
Ils surveillent la brume encore assoupie,
Qui, oripeau en lambeaux, gagne les limbes,
S’accrochant à l’épine d’ombres tapies.
samedi 18 juin 2022
vendredi 17 juin 2022
L’AFFAIRE EST DANS LES SACS
Petite fable affable d’après un conte moyen-oriental
Je crois sur les berges du Tigre, ou les rives
De l’Euphrate, deux frères, comme il arrive
Ailleurs, exploitaient ensemble des arpents
Bien irrigués, donc fertiles, s’occupant
Des semailles et moissons, à parts égales,
Sans connaître ni disette ni fringale.
Au soir de leur prime récolte, l’un d’eux
S’était pris à réfléchir : « Ah ! quel hideux
Cadet, je fais : j’ai la moitié exacte
De nos grains par notre solidaire pacte
Quand mon aîné doit nourrir enfants et femmes
Alors que moi je vais seul, sans brame ni blâme. »
Il se leva et engrangea, sans un bruit,
Au fraternel grenier, deux sacs déduits
De son écot. Il se recoucha, ensuite,
L’esprit et le cœur en paix car sa conduite
Lui paraissait juste et bonne. Peu après,
Son frère s’éveilla l’âme chagrinée :
« Mon benjamin n’a pas encore trouvé femme
Comment le peut-il si, malgré sa bonne fame ;
Il n’est point prospère. Ne soyons point rat :
Je vais lui octroyer deux sacs de plus, ras-
Bord de semences, sur la familiale
Portion, c’est là pratique cordiale.
Son avenir, plus que le mien, en dépend ! »
Ce qu’il fit tout aussitôt, clopin-clopant,
Sans en parler mie et surtout pas, misère,
Au principal intéressé, son cher frère.
Ainsi, au matin, chacun se retrouve avec
Autant de sacs que la veille et bée du bec.
« Bah ! ainsi le voulut le Très haut, sans doute ! »
Pensèrent nos frangins, l’esprit fort en déroute.
Or chaque année, et pour les mêmes raisons,
Le même manège agite leurs deux maisons…
Avec le même résultat sans qu’ils comprennent
Mieux le pourquoi de ce prodige pérenne.
À ce conte-ci, quelle moralité ?
Ces deux-là prouvaient, je crois, qu’en ce bas monde
La solidarité, la vraie fraternité,
N’ont pas besoin de se claironner à la ronde
Pas plus, sûr, que la foi ou la piété…
Et qu’on en a récompense méritée.
jeudi 16 juin 2022
mercredi 15 juin 2022
BRUME DE PRINTEMPS
À l’encre noire, sur mes nuits blanches
J’égratigne, en vers, mon esprit qui flanche
Avant que l’aube qui, enfin, blêmit,
Et l’aurore qui rosit, en amie,
Las, ne déflorent les ombres en bleus-noirs
Du nocturne rideau et, pis, n’éteignent
Les étoiles enfuies vers d’autres soirs…
Et le jour allume alors son enseigne.
La brume estompe parfois le vitrail
Du ciel vainqueur qui met au travail
Les éclats d’émail de ses lueurs ocres,
Où le soleil naissant se fait médiocre.
Prises dans l’esquisse du vaporeux
De ce tulle, nos heures, translucides
Aussi, tamisent d’or cet air poreux
Écumant d’argent ce matin placide.
La gaze inerte invite le coeur las
Et le corps fatigué de ces falbalas
Impalpables à remettre, jà, les voiles
Loin d’un temps brouillé, en fort cordiale
Compagnie, pour le beau pays des songes
Sur le blanc bateau du rêve éveillé,
Loin d’un éther drapant ses vils mensonges
Dans ce drap qui ne peut qu’émerveiller…
mardi 14 juin 2022
HAÏKU CRU
On nous fait croire que le bien public est la somme des intérêts particuliers comme la petite vertu serait l’addition de gros vices.
lundi 13 juin 2022
LES AIGLES QUI N’EN SONT PAS
Petite fable affable
Un aigle revint bredouille à son aire
Et confessa : « Il va falloir changer d’air,
Ma mie, car commence une nouvelle ère
Pour moi : las, je n’y vois plus assez clair
Pour chasser et nourrir notre famille.
Je me fais, je crains et crois, trop vieux
Pour razzier à dessein les cieux.
- Bah! fais-toi donc assister des pupilles
De mon frère. Il ne te dira pas non !
- Mais il est plus âgé que moi, Crénom !
- Et il a gardé une vue parfaite…
À vous deux, nul ne sera à la fête ! »
On fit donc ainsi dès le lendemain,
Les deux parents volant, main dans la main
Si je puis dire, en traque de quelque oie,
Lapin ou marmotte, bref d’une proie.
Soudain l’aigle s’écrie, plein d’espérances
« N’est-ce pas lièvre que je vois là !
- Fort bien ! répond alors son beau-frère.
C’est même bête apte à nourrir, cher roi,
Nos deux nids tant il me semble prospère.
- Aïe, l’Ami ! elle nous a éventé…
- Quoi ? Répond l’autre chasseur patenté.
Au fait que faisons-nous ici, cher Confrère ? »
Si tu veux réussir quoi que ce soit
Evite, Ami, plus éclopé que toi !
dimanche 12 juin 2022
samedi 11 juin 2022
QUAND LA CANICULE ACCULE
À travers les carreaux que l’été empoussière,
Le plaine se déroule sous un soleil camard,
La terre crevassée se brise au long des trimards,
Aux abords silicifiés se rêvant mouillères.
Le ciel nu est lourd et le vent sourd est las,
Partout ce ne sont que rus assoiffés, herbes sèches
Blés brûlés, tournesols grillés,… qui seront mèches
Du premier feu qui naîtra du moindre éclat.
Même l’ombre est étuve dans laquelle on se glisse :
Les peaux y rosissent, rougissent voire écrevissent.
La vie, comme calcinée, semble arrêtée.
Spectres figés, les arbres bruns bronze et dorés
Ont jà mis la livrée d’un automne qui porte
L’espoir de pluies pour que de l’enfer on sorte.
vendredi 10 juin 2022
MARIE HAÏKU RIT
Le travail du corps n’implique pas le repos de l’esprit alors que le travail de l’esprit exige le repos du corps.
jeudi 9 juin 2022
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