La vie n’est que pas perdus et paris gagnés.
Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques
parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…
samedi 14 avril 2018
vendredi 13 avril 2018
HAÏKU’MPLICE
Si la vie est parfois triste quand on est deux ;
elle est souvent affligeante quand on est seul.
VITE FAIT…
Petite fable affable
Une veille araignée en un taillis du talus,
Tant grasse et grosse, ne peut plus tisser elle-même.
Elle requiert une toile pour son salut
Ce que ses sœurs et ses filles, de bon cœur quand même,
Lui proposent de faire sur l’heure : prédateur
Solitaire n’est pas moins aux siens solidaire !
« Une heure ! s’écrie, le ton fort désapprobateur
Et l’œil tout en courroux, notre doyenne atrabilaire.
Il vous faut œuvrer plus vite que cela : j’ai faim,
Moi, et vais mourir d’inanition à la fin.
Dix minutes seraient déjà bien trop attendre.
- Nous ferons de notre mieux dans ce laps de temps
Que vous nous donnez là ! » dirent en chœur les trois tendres
Bénévoles qui n’avaient pas fui entretemps.
Dix minutes seraient déjà bien trop attendre.
- Nous ferons de notre mieux dans ce laps de temps
Que vous nous donnez là ! » dirent en chœur les trois tendres
Bénévoles qui n’avaient pas fui entretemps.
Elles s’activèrent avec rage mais leur piège
De soie maladroit, imparfait, las, ne captura
Ni moucheron ni mouche. Ainsi mourut comme un rat
La vieille aragne oublieuse, quel sacrilège,
Qu’il nous faut, pour que se fassent les choses, donner
Du temps au temps, et tout retard alors pardonner.
jeudi 12 avril 2018
mercredi 11 avril 2018
DÉCONCERTANT CONCERTO
Petite fable affable
La Mère Nature m’apprend, sans mot dire,
Que, pour plaire aux Grands, il faut rester petit.
C’est là la leçon des fourmis ; s’interdire,
Quel que que soit pourtant notre appétit,
De hurler avec les loups est un des autres
Bons enseignements reçus des animaux
Dont penchants et travers sont pareils aux nôtres
Car nous partageons même Terre et vils maux.
Une fauvette, pour égayer le souffle
Doux mais fatigué des voix de ce printemps,
Voulut chanter alors que deux cent maroufles
Du genre batracien, en même temps,
Coassaient à vous tympaniser leur mare
Et ses entours… Imaginez le tintamarre !
La fauvette pourtant, malgré tout, s’obstinait.
Donc toutes les grenouilles aux voix glapissantes
Redoublèrent fort d’ardeur pour bassiner,
Voyant que les bergères atendrissantes
Tendaient l’oreille aux mélodies de Fauvette,
Aux refrains marquants et aux couplets craquants,
Plutôt qu’au ramdam venant de la cuvette,
Qui n’était que bousin, barouf et boucan.
Que, pour plaire aux Grands, il faut rester petit.
C’est là la leçon des fourmis ; s’interdire,
Quel que que soit pourtant notre appétit,
De hurler avec les loups est un des autres
Bons enseignements reçus des animaux
Dont penchants et travers sont pareils aux nôtres
Car nous partageons même Terre et vils maux.
Une fauvette, pour égayer le souffle
Doux mais fatigué des voix de ce printemps,
Voulut chanter alors que deux cent maroufles
Du genre batracien, en même temps,
Coassaient à vous tympaniser leur mare
Et ses entours… Imaginez le tintamarre !
La fauvette pourtant, malgré tout, s’obstinait.
Donc toutes les grenouilles aux voix glapissantes
Redoublèrent fort d’ardeur pour bassiner,
Voyant que les bergères atendrissantes
Tendaient l’oreille aux mélodies de Fauvette,
Aux refrains marquants et aux couplets craquants,
Plutôt qu’au ramdam venant de la cuvette,
Qui n’était que bousin, barouf et boucan.
Qui fait le plus de bruit, comptant sur son nombre,
N’est pas plus ouï, ma foi, que l’esseulé
Car, même s’il provient de la pénombre,
Un seul chant harmonieux, certes isolé,
Qui s’élève peut changer non pas les choses
Mais la vision qu’on en a sans plus de glose.
mardi 10 avril 2018
lundi 9 avril 2018
LES TROIS DUCS
Petite fable affable
Dans le même vieux chêne cohabitaient
Trois rapaces cousins ne vivant qu’à la nuit
Le jour n’apportant à ceux-ci que de l’ennui.
Au faîte de l’arbre et des choses, ouhouhouhtait
Un Grand-Duc. Érudit, passant pour philosophe,
Il avait tout lu et, insolent comme un sot,
Citait ses lectures à la première apostrophe
De ses congénères en quête d’un vermisseau
Ou d’une réponse à leurs questions intrinsèques
Celles qui taraudent, las, jusqu’à vos obsèques.
À mi chemin de la futaie et du pédant,
Nichait un Moyen-Duc qui savait ses Classiques,
Et jugeait cela fort suffisant cependant
Pour se promouvoir Grand Penseur. Ce narcissique
Faisant profiter tout un chacun dans ce bois,
Vaniteux comme un fat, de ses vains clabaudages.
Abrupt, il disait son fait à l’être aux abois
Comme au plus serein, et ce quel que fut son âge
Ou son rang sans même qu’on le lui demandât.
On ne goûtait guère aux mots de ce grand fada.
Sous ces Maîtres, plus bas, logeait, un Petit-Duc
Qui avait beaucoup vu et en tirait sagesses
Qu’il prodiguait à qui le voulait, par largesse.
Les étagés l’avait surnommé « le Trouduc »
Car on écoutait ce minus, plus qu’eux. Parole !
Ce vil ignorant se refusant à médire
Et juger s’octroyait, sans fard, leur si beau rôle.
Les souris venaient à consulter - C’est vous dire ! -
L’aimable vieillard humble, toujours content,
Par caractère, non par vanité. Constant.
La dignité des plus outragés en posture,
Excédés, ses deux pairs, usant plus de raisons
Hélas, que de Raison, crièrent à l’imposture.
Ils voulurent donc le chasser de sa maison
Mais en forêt, le for intérieur des bêtes
Est mieux remparé, face à de tels assauts,
Que le nôtre : on se mobilisa, on tint tête
Aux chouineurs… « Pourquoi ? » firent-ils par sursaut.
« Mais parce qu’il est plus beau d’éclairer, chers confrères,
Que de briller* ! » répond « le Trouduc » téméraire.
* Notre Petit-Duc avait donc au moins lu St Thomas d’Aquin… à moins qu’il ne l’ait inspiré !
dimanche 8 avril 2018
samedi 7 avril 2018
HAÏKU’DELEVÉ
Étant donné le nombre de vignobles qu’elle traverse, je milite pour que la « Nationale 7 » devienne la « Nationale Ceps ! »
LE MAUVAIS SUJET REPENTI
Petite fable affable
Ma foi, « les sots sont un peuple nombreux »
Écrivait Florian, lucide.
Les crédules, sans être acide,
Le sont tout autant et bien heureux
Qui le sait pour ne se fiez à eux.
Un homme avait un ami très proche
Qui n’ayant pas d’oursin en poche
Jouait tout ce qu’il avait pu gagner.
Et même beaucoup plus. Et par poignées.
Cela lui coûta sa compagne,
Biens et maison de campagne…
Endetté pour deux générations,
Il annonce avoir eu sa ration
De problèmes et d’ennuis en somme.
« Je vais corriger une âme amollie
Par le jeu, dit-il à notre homme.
Briser ces chaînes d’airain qui me lient
Au jeu, ma coupable faiblesse
Devenue indigne maîtresse.
Je renonce à la roulette, aux cartes et aux dés.
Écrivait Florian, lucide.
Les crédules, sans être acide,
Le sont tout autant et bien heureux
Qui le sait pour ne se fiez à eux.
Un homme avait un ami très proche
Qui n’ayant pas d’oursin en poche
Jouait tout ce qu’il avait pu gagner.
Et même beaucoup plus. Et par poignées.
Cela lui coûta sa compagne,
Biens et maison de campagne…
Endetté pour deux générations,
Il annonce avoir eu sa ration
De problèmes et d’ennuis en somme.
« Je vais corriger une âme amollie
Par le jeu, dit-il à notre homme.
Briser ces chaînes d’airain qui me lient
Au jeu, ma coupable faiblesse
Devenue indigne maîtresse.
Je renonce à la roulette, aux cartes et aux dés.
- Mais cela ne se peut sans se faire aider.
Cette addiction est terrible
Tout autant que sexe, drogue ou fumée.
L’ami, l’échec te guette. Programmé.
- Ne me crois-tu donc pas de force
À lutter et vaincre ce qui pourrit
Ma vie, m’a si profondément meurtri ?
- J’ai peur que non… et dès l’amorce. »
Là, l’autre fait : « Qu’est-ce que tu paries ? »
vendredi 6 avril 2018
jeudi 5 avril 2018
LES NOUVEAUX ARRIVANTS
Petite fable affable
Une perruche et un serin, un cardinal,
Oiseaux certes mais ne faisant pas très « local »,
Un jour, en nos ramées, avaient trouvé refuge
Après avoir fui la misère et les rets
De leurs tristes tropiques où le malheur déluge.
Ils avaient dû, émaciés, en peu d’arrêts,
Traverser un désert où règnent les rapaces
Et affronter la mer, ses périls, son espace,…
Ils étaient tous là et las, le regard perdu,
Claquant du bec, plumes abîmées, bien entendu.
Le linot n’avait, pour ces gueux, qu’indifférence ;
Le chardonneret en sa livrée, blâmant tout,
Méprisant le reste, les disait pestilence ;
Le pinson des haies craignait de ces risque-tout
L’assassinat et le vol : « Pensez donc, des bêtes
Qui crèvent la faim, c’est pire que Malebête ! »
Le rossignol voulut aider ces étrangers,
Il fut fort houspillé et non point louangé
Par la fauvette, le coucou, le rouge-gorge,…
Il n’y eut guère que le pic-vert qui, malgré
Tous, eut pitié leur offrant quelques grains d’orge
Et son amitié sans plus de simagrées.
Tant pis pour les perdrix qui encore commèrent
Ou ces bons perdreaux de l’année valant leurs mères…
À tous, notre toqueur, qui passe pour frappé,
Répond : « Ici-bas, le malheur n’est pas un crime
Pas plus que leur pauvreté ne va vous happer…
Mais vous pourriez être de ceux qu’on opprime ! »
mercredi 4 avril 2018
L’HAIKU’PLE MENT
L’amour vient du latin Amare, or les amants cherchent moins un port où s’ancrer qu’à voguer de conserve !
mardi 3 avril 2018
HAÏKU DE BOUTEILLE
Bordeaux est vraiment la ville du vain : plus elle prend de la bouteille plus ses bouchons s’allongent.
CHEVREUILS VS DAIMS
Petite fable affable
En forêt, chevreuils et daims polémiquaient.
Les premiers tenaient, avec dédain, que harde
Est mieux sans un chef pour la cornaquer ;
Les seconds prétendaient qu’idée si jobarde
Ne pouvait accoucher que de grands malheurs.
Le débat tournait à la dispute, aux heurts,…
Car on sait rester civil quand on discute
En nos jolis bois et tout aussi courtois
Que l’homme des villes quand il persécute
De ses idées qui n’est à tu et à toi
Avec lui. Ainsi va le monde animal
Quand il est, ma foi, on ne peut plus normal !
Rien ne rapprochait ces deux bandes d’apôtres
Mais la chasse mit un terme aux vains discours
Des uns, forts sûrs de leur fait, comme des autres
Certains de l’erreur de ceux-ci… Faisons court.
Chaque troupe, aussitôt, de son côté, s’égaille
Pour fuir la mort qui, par tout le bois, vous daille.
Les chevreuils s’éparpillaient à tous vents,
Se gênant, se bousculant,… Cibles faciles ;
Les daims suivirent leur guide, droit devant,
Sur un rang. Disciplinés. Proies imbéciles.
Chaque groupe y perdit autant des siens.
Cruelle égalité face aux balles et aux chiens.
Et, trois jours plus tard, dans une clairière,
Quand nos deux bandes se trouvent à nouveau,
C’est pour reprendre leur discussion. Fière
Rencontre que celle de ces grands rivaux
Pareillement décimés. Les chevreuils arguent
Pourtant que leur bonne anarchie, toujours, nargue
L’ennemi, le déroute et préserve, au moins,
La moitié d’entre eux ; les daims, eux, affirment
Que leur organisation, très au point,
Fait qu’ils ne perdent, valides et infirmes,
Que cinquante pour cent des leurs. Résultat :
Chacun reste sur ses positions. Là !
Et pas une larme versée pour les bêtes
Qui ne sont, las, plus là pour s’en faire fête.
La vanité se nourrit de tout à l’excès :
D’un demi échec ou d’un terne succès,
Elle se repait toute aussi satisfaite
Que de victoire, sans s’en faire procès.
Quand nos deux bandes se trouvent à nouveau,
C’est pour reprendre leur discussion. Fière
Rencontre que celle de ces grands rivaux
Pareillement décimés. Les chevreuils arguent
Pourtant que leur bonne anarchie, toujours, nargue
L’ennemi, le déroute et préserve, au moins,
La moitié d’entre eux ; les daims, eux, affirment
Que leur organisation, très au point,
Fait qu’ils ne perdent, valides et infirmes,
Que cinquante pour cent des leurs. Résultat :
Chacun reste sur ses positions. Là !
Et pas une larme versée pour les bêtes
Qui ne sont, las, plus là pour s’en faire fête.
La vanité se nourrit de tout à l’excès :
D’un demi échec ou d’un terne succès,
Elle se repait toute aussi satisfaite
Que de victoire, sans s’en faire procès.
lundi 2 avril 2018
dimanche 1 avril 2018
HAÏKU PÉLA
Pourquoi « tout attaché » s’écrit-il séparément, alors que « séparément » s’écrit tout attaché ?
LE CHAMP DU GUÉPARD
Petite fable affable
Grand, racé, rapide comme le vent,
Le guépard, toujours au loin, part et trace
Comme une flèche, un carreau. Droit devant.
Sans faiblir ni mollir le plus souvent.
Et avec une inimitable grâce.
Or, à courir plus vite que d’aucuns,
Il se croyait un être invulnérable,
Et, las, un animal hors du commun :
Coursant le temps le plus inopportun,
Même enfui, même irrécupérable,…
Vitesse et précipitation
Étaient ses lois, martingale et timbale.
Mais un chasseur, et d’une pression,
Lui rappela, sans agitation,
Que nul n’est plus rapide qu’une balle !
samedi 31 mars 2018
C’EST HAIKU’MPLET !
Donner la pièce au petit personnel des grands restaurants est au-dessus de mes moyens !
LA BALADE DU DERNIER DES CONS
Après avoir entendu « Le dernier des cons » (Cl. Lemesle & G. Bécaud)
Dans ce monde tout d’intelligences
Où règnent les vautours, les faucons,
Qui ne sont qu’ordres et exigences,
Je fais les choses avec diligence,
Et le cœur toujours au balcon,
Quand eux, ils consignent le flacon
Et son contenu, même aux malades :
Je suis le dernier des cons
Et, donc, vous offre ici ma balade…
Où règnent les vautours, les faucons,
Qui ne sont qu’ordres et exigences,
Je fais les choses avec diligence,
Et le cœur toujours au balcon,
Quand eux, ils consignent le flacon
Et son contenu, même aux malades :
Je suis le dernier des cons
Et, donc, vous offre ici ma balade…
Dans ce temps tout à l’intelligence
Où chacun s’enferme en son cocon,
Et ne regarde plus l’indigence
Ou le malheur qu’avec négligence,
J’ai, pour qui survit sous les flocons,
D’ici, d’ailleurs, blême ou rubicond,
Un sourire, un mot,… sans plus de salades :
Je suis le dernier des cons
Et, donc, vous offre ici ma balade…
Alors qu’hélas, la désobligeance
Est la norme des « Yakafocons »
Je reste honnête par exigence,
Naïf face à leur intransigeance,
En un mot « homme », genre Ducon
Pour ces bons manieurs d’ostrakons,
Sujet à reproches et gueulades :
Je suis le dernier des cons
Et, donc, vous offre ici ma balade…
Pourtant, dans ces liens inféconds,
Je reste moi, malgré l’escalade :
Je suis le dernier des cons
Et, donc, vous offre ici ma balade…
vendredi 30 mars 2018
GUSTAVE HAIKU’RBET
En étant toujours, et sur tout sujet, en retard d’une guerre, je me suis rendu compte que j’étais quand même en avance sur la prochaine !
jeudi 29 mars 2018
UN BEAU LÉOPARD…
Petite fable affable
En savane, des soirs bleutés aux aurores grisées,
Un léopard de sa beauté ocellée se grisait.
Ce sot Narcisse qui, à d’aucuns, paraissait pitoyable,
Se croyait le plus bel ornement de l’auguste Cour
De Sire Lion et donc à ce titre indispensable
À son prestige, et à son apparat, sinon à court
D’une vraie attraction à tout le moins inoubliable.
Il le disait. On s’en gaussait. Mais lui se targuait
Des faveurs de son souverain, donc chacun, aux aguets,
Se méfiait des noirs ragots que son inépuisable
Langue serpentine pouvait colporter ici
Ou faire éclore là-bas. C’est ainsi qu’inexcusable
Erreur, il affirma au vizir, un matin, ceci :
« Si vous êtes arrivé jusque là, mon très oubliable
Babouin, c’est grâce à mon aura, à mon entregent,…
Que ferait-on sans moi ?… Soyez donc mon bon sergent
En tout ce que je dis ou je fais en ce si bas-monde
Sinon advienne ce que pourra… et que devra !
- Serait-ce là une menace, courtisan immonde ?
- Point s’en faut !… Tout au plus quelque bon conseil en extra :
J’ai l’oreille du souverain de notre mappemonde.
Allons faquin, que ferait-on sans moi en ces lieux :
Il faut savoir aussi flatter les saints de ton Dieu !
- Je te fournirai, je le crains, la preuve vivante
Qu’il n’en est hélas rien, cher Léopard. Et sous peu. »
Le Grand babouin rapporta l’incident à son monarque
Sans rien farder ni cacher car Lion connaissait
Son monde. Et l’impudent fut remis à l'eléphantarque
Qui le fit écarteler au bon motif qu’il le lassait.
« Que fera-ton sans moi ?… soupira-t-il face au hiérarque.
- La même chose… mais sans toi ! » lui a-t-il lancé.
Le souverain de cette dépouille orne alors son trône ;
« Que pouvait-il m’offrir de plus ? » fait le roi qui ronronne.
Un léopard de sa beauté ocellée se grisait.
Ce sot Narcisse qui, à d’aucuns, paraissait pitoyable,
Se croyait le plus bel ornement de l’auguste Cour
De Sire Lion et donc à ce titre indispensable
À son prestige, et à son apparat, sinon à court
D’une vraie attraction à tout le moins inoubliable.
Il le disait. On s’en gaussait. Mais lui se targuait
Des faveurs de son souverain, donc chacun, aux aguets,
Se méfiait des noirs ragots que son inépuisable
Langue serpentine pouvait colporter ici
Ou faire éclore là-bas. C’est ainsi qu’inexcusable
Erreur, il affirma au vizir, un matin, ceci :
« Si vous êtes arrivé jusque là, mon très oubliable
Babouin, c’est grâce à mon aura, à mon entregent,…
Que ferait-on sans moi ?… Soyez donc mon bon sergent
En tout ce que je dis ou je fais en ce si bas-monde
Sinon advienne ce que pourra… et que devra !
- Serait-ce là une menace, courtisan immonde ?
- Point s’en faut !… Tout au plus quelque bon conseil en extra :
J’ai l’oreille du souverain de notre mappemonde.
Allons faquin, que ferait-on sans moi en ces lieux :
Il faut savoir aussi flatter les saints de ton Dieu !
- Je te fournirai, je le crains, la preuve vivante
Qu’il n’en est hélas rien, cher Léopard. Et sous peu. »
Le Grand babouin rapporta l’incident à son monarque
Sans rien farder ni cacher car Lion connaissait
Son monde. Et l’impudent fut remis à l'eléphantarque
Qui le fit écarteler au bon motif qu’il le lassait.
« Que fera-ton sans moi ?… soupira-t-il face au hiérarque.
- La même chose… mais sans toi ! » lui a-t-il lancé.
Le souverain de cette dépouille orne alors son trône ;
« Que pouvait-il m’offrir de plus ? » fait le roi qui ronronne.
mercredi 28 mars 2018
DE L’ HAIKU PEAU LÈVRES
Toute religion préfère à l’homme debout celui qui se met à genoux ou à plat ventre !
mardi 27 mars 2018
J’SUIS PAS UN INTELLECTUEL
D’après « Les intellectuels » de Ch. Trenet
J’suis pas un intellectuel,
Un p’tit savant superficiel
Brillant chez les artificiels
Qui disent "penser".
Ceux-là méprisent le rouquin
Qui fait parler comme un bouquin
Taquins, requins, faquins, mesquins
Même l’insensé…
Ils détestent vos mots, vos vers
Et mettent votre plume au vert
Car, eux, sont auteurs manifestes
Par écrits et geste !
Ils houspillent le p’tit intrus
Se rêvant en leur ciel, sa rue
Sent trop la crass’ pleine de puces
Et l’vil escroc jouant d’astuces,…
J’suis pas un intellectuel,
J’appartiens à aucune chapelle,
Mais sais manier pioche et pelle
Comme la faconde.
Si le néant est leur défi
Profonde est leur philosophie,
Et creuse aussi, d’orgueil bouffie,
Hélas inféconde…
Mais énoncée dans une langue
Absconse, leur pensée exsangue
Ressemble à tout sauf à la fangue
Où ils vagabondent.
Ayant toujours, partout, raison,
Ces génies, en leur bell’ saison,
Sont plus fades qu’une tisane
Et ont l’âme fort courtisane…
J’suis pas un intellectuel,
Il y en a trop, en ribambelle,
Qui finiront dans la poubelle
Avec leur gueul’ d’ange…
Car faute d’esprit ces monarques
Des idées laisseront leur marque
À ce temps, com’ sillag ‘ de barque
Sur les eaux qui changent…
Aussi qu’importent les leçons
De ces maîtres à penser profonds,
Tyrans d’une pensée, au fond,
Qui n’est qu’bagatelle.
Ils m’ont permis cette chanson,
Avec des vers de ma façon,
Qui les met tous en caleçon,
Les intellectuels,
Les intellectuels,
Les intellec-tu-tu-els-els, oh, oui !
lundi 26 mars 2018
dimanche 25 mars 2018
HAIKU FRAIS CADEAU
Avoir les pieds plats est-il handicap pour les avoir bien sur terre sachant qu'elle est ronde ?
LE CHAPON & LA DINDE
Petite fable affable
« Quel est ce monde dans lequel nous vivons
Où, moi, Chapon, finirai graillon,
Où le bœuf qui sue n’a point de salaire,
Où le brave chien de garde à l’envie
Est battu, l’abeille flouée sans lanlère
Du fruit de son labeur toute sa vie
Alors qu’on récompense et nourrit le singe
Qu’on le respecte et qu’on le vêt de beau linge.
- Tu parles beaucoup pour ne dire rien,
L’ami, répond la dinde, tout est bien
Ainsi : l’homme que l’on sert est sot, vain, riche,
Qualités qui, chez cet aimable animal,
Vont toujours ensemble. Au moins il ne triche
Pas - Sa marotte ! - avec nous. Moindre mal
Que cela. Mais qu’espérais-tu donc, Grosse Bête ?
Être aimé parce que tu aimais ? Courbette
Devant autant de naïveté, j’avoue.
- Je ne suis pas sot, entre garde-à-vous
Et genoux pliés, las, notre vie se passe
Et j’espérais de la Justice ici-bas,
Voire son ombre, avant que je ne trépasse.
- Bah, sois utile et plus lourd sera ton bât,
Ainsi pense l’homme qui comme lapine
Lâchée dans le serpolet n’est que rapine !
N’espère pas la reconnaissance, ami,
De la main que tu nourris même à demi ! »
samedi 24 mars 2018
vendredi 23 mars 2018
HAIK(l)U’MATISATION
Ceux qui brassent de l’air ont aussi tendance à me le pomper… et pourtant je n'en manque pas !
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