Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

mercredi 23 décembre 2020

L’ABEILLE & LA FOURMI

Petite fable affable d’après Le valet & l’écolier
d’A. Houdart de La Motte (Fables nouvelles, 1719,  V, 17)

La jeune fille de la Reine des abeilles
Et le tout-dernier fils du Roi des fourmis
Font commerce de leurs griefs. Si l’une veille
À fustiger Mère, l’autre passe au tamis
Faits et gestes de qui est plus patron que père.

« Elle me désespère, n’autorise rien,
Interdit tout : esclave de son vouloir, Compère,
Moins bien traitée que le dernier des vauriens
Qui chercherait, ma foi, moins pollen qu’aventure
Ou la plus petite sujette en son pouvoir.
Je n’ai que devoirs, dans ma caricature
De jeunesse. Circulez y’a rien à voir !

- Et lui m’horripile à me donner des ordres.
Moins valet que laquais, mes gages à moi sont coups
Et engueulades. Un mot de moi et c’est discorde !
Silence et soumission préservent beaucoup
D’un tyran qui ne sait ni encourager ni dire
Merci. Caporaliste, il vous joue au petit chef ;
Capitaliste, tout retard me fait maudire,
Toute perte le fait médire en tout le fief. »

Ayant touché, un beau matin, leur héritage
Elle devint reine-mère et lui maître à bord
Et, parce que ça ne passe pas avec l’âge,
Tous deux continuent à ouvrir leurs sabords
Pour récriminer sans fin sur d’actuels problèmes :

« Les enfants sont fardeau : aucune n’obéit,
Pas une n’écoute. La rage me rend blême !
Je crains et crois qu’elles ne voient en moi, l’Ami,
Qu’un de ces vieux rasoirs qui par trop vous barbe.
Apprendre les exaspère, et elles renvoient
Aux calendes grecques ou bien sur les joubarbes
Toute obligation. Ça me laisse sans voix !

- Mes subordonnés m’irritent plus que des roses
Sans puceron !… Il sont tous cafards et cossards,
Ils sont toujours malades, souvent moroses,
Pis que tique ou teigne, cette bande de  poissards
Qui ne produit pas assez et, las, me vole  ! »
Oubliant ce que l’on fut et, pis, oublieux
De ce qu’on sera, quoique parole s’envole,
On se plaint toujours de ce que, sous ces cieux ,
L’on est ou l’on a… C’est pourtant si spécieux  !

mardi 22 décembre 2020

HAÏKU ?… RONEZ !

Reine de beauté un jour, graine de potée toujours…et, las, d’empotée souvent*.

* Avec l’aimable complicité de l’irremplaçable Françoise.

lundi 21 décembre 2020

HAÏKU’R TISAN

Baladin qui se fait paladin vire au baratin…

LA GRIVE DES PREMIERS GIVRES

Petite fable affable

Les grives, bêtes voyageuses
Sont, passant chez nous, vendangeuses.
Et n’est rien n’irrite plus nos paysans.
Mais, las, bien rares sont ceux qui vont brisant
Les ravages de ces oiselles
Quittant frimas à tire d’elles.

Pourtant gobant muscat, becquetant chasselas,
Elles finissent par avoir ventre gros et gras :
C’est à la nuit que leurs vendanges
Sont faites. Vite. Et l’aube orange
Ne voit plus que leur envol pour des climats cléments
Et le désespoir de vignerons véhéments.

Or, une de ces demoiselles
Manquant de courage ou de zéle,
Partit tard des terres où le froid givrait le sol,
Laissant toute bête sur sa faim, sans un sol.
Elle arriva chez nous en octobre.
Plus de raisins. Elle fut sobre.
Déjà amaigrie et fatiguée, elle reposa
En un hallier où trébuchet, sans visa,
L’envoya dans un autre monde,
Régalant rustaud à la ronde :
Elle était arrivée trop tard pour le festin,
Et partie trop tôt accomplir son vain destin.

S’il vaut bien mieux arriver une minute
En retard ici-bas, qu’une seconde trop tôt 
Outre-tombe, sans espérer de chappechute,
Sachons faire les choses ni avant ni tantôt.

dimanche 20 décembre 2020

samedi 19 décembre 2020

HAÏKU PASSION

Sortir prendre l’Eire est, hélas, une vieille habitude anglaise !

DEUX AVIS POUR UN AVEU ?

Petite fable affable
Cycle pyrénéen

Margoton, la jeune bergère
Ayant pour galants deux goujats
Devait, et pas à la légère, 
Départager ces amants, jà,
En donnant son bon cœur de fille,
Et le reste avec à un drille
Plutôt qu’à l’autre. Mais hélas,
Beaux également et pis, chiches
Pareillement, quel Stanislas
Entre eux choisir sans triche ?

Elle dit à voix haute aux vents,
À bout de songes : « Qui de Pierre
Ou de Jeannot ? », comme souvent
En nos montages aux murs de pierres,
L’écho s’en mêle et répète alors
Le dernier des noms. Son for
Remparé par ces voix célestes,
Elle court à ses prétendants,
L’esprit léger et le pas leste,
Annoncer qui est son Adam.

Arrivée aux estives, où paissent
Les troupeaux de nos pastoureaux
Elle s’écrie haut toute en liesse,
« Vaï, Jeannot sera mon héros…
Je suis si désolée mon Pierre ! »
Alors sa voix forte et fière
Fit retentir encor’ l’écho
Qui crie, comme faisant suffrage,
Le second nom. « Dia, quezaco ? »
Margot sent battre son corsage :
Quoi, les vents ont changé d’avis ?
Voilà qui ne fait guère sage.
Les pastous sont des moins ravis.

Elle se ravise alors, penaude. 
Nos déconfits pour faire cour
Jouent du chalumeau et de l’ode.
Mais d’idées elle reste à court
Et rien n’emporte au loin ses larmes
Ni, hélas, au plus près ses charmes.
Elle ne sait plus, la pauvrette, 
À quel saint, Dieu, se vouer
Quand eux, l’espoir dans la musette,
Le savent trop, faut avouer !

Ils restèrent célibataires
Car la pastourelle ne sut
Jamais quel vent de notre terre
Ou quel écho ouïr en sus.
Vouloir, comme c’est de coutume,
Donner du contour à la brume,
Voire du poids à la fumée,
Mène aux mêmes désespérances :
Ami(e), quand il s’agit d’aimer
Pour éviter l’erreur, l’errance
N’écoute jamais que ton cœur ;
S’il hésite ou ne sait, souffrances ?
Non, c’est qu’ailleurs est son vainqueur !

vendredi 18 décembre 2020

jeudi 17 décembre 2020

HAÏKU D’AILE OU DE FOURCHE ?

Fais attention aux gueules d’ange : elles ont souvent le démon de midi !

LE MAUVAIS AUGURE

Petite fable affable

Ayant brouté, trotté et crotté le pays 
Un bon mouton gras à lard songe
Haut : « Quel coin pourri ! » Mais une brebis trahit,
Malgré quelques pieux mensonges,
Une malheureuse phrase qui l’aurait fait 
Bouter hors de cette terre de bienfaits.

Sentant sa dernière herbe venir, astrologue
Il se prétendit. Tout de go.
Étoiles et constellation en catalogue,
Il disait, contre viragos
Et mesquins, connaître ronde des planètes
Et plus, interpréter la course des comètes.

Tout roi lit son horoscope au petit matin,
Consulte devins et oracles,
Ouailles sont-elles plus malines, mâtin ?!
Il faut sans crier au miracle
Savoir anticiper tous les petits bonheurs, 
Prévenir les grands malheurs,… selon l’embobineur.

Suintant de fièvre et suant d’effroi, ses frères
Et ses sœurs pour tout le consultent :
Pour connaître, avant les autres, le meilleur horaire
Pour bien paître ou voyager à Cythère, occultes
Égoïsmes, mais aussi pour administrer
Sous les hêtres un clystère ou se calamistrer.

Voulant profiter plus encor’ de sa nouvelle
Aura, il aimait apeurer
Cette plèbe ovine qui a moins de cervelle
Qu’agneau et souvent l’écœurait,
En prophétisant non le meilleur mais le pire
À venir, raffermissant ainsi son empire.

Hélas, on se lassa : si la Raison dort,
Elle n’aime point les Cassandre
Aux augures n’offrant pas poussière d’or
Tant désespèrent suie et cendres.
Le vent de la peur n’amenant pas nuées promises
On le chassa de cette nation soumise…

Qui veut son pouvoir faire longtemps perdurer
Donne aux sujets moins à craindre qu’à espérer…

mercredi 16 décembre 2020

mardi 15 décembre 2020

HAÏKU, RIEZ !

Donner du timbre à sa voix, ça a du cachet !

L’HARASSÉ & LE RACÉ

Petite fable affable 

Un étalon, destrier de métier,
Et grand champion sur maints champs de course,
Voisinait en un pré sans amitié
Avec un gros cheval de trait, sans ressource,
Ayant connu et halage et labours,
Commis au charroi à maigre débours.

Notre rustaud sentait trop le rural, 
Était trop rustique pour la vedette,
Pur-sang de surcroit, qui, c’est normal
N’avait pas le goût démodé des fadettes,
Ni des temps où, au pré, on copinait ;
Plaisir, pour lui, des plus surannés.

C’était le seul grief que ce trotteur 
Avait envers son lieu d’élevage :
Car picotin et caresses à tout heur
Arrivaient avec soins, brosse, avantages,…
Il était roi et voulait tous les jours
Être traité comme tel en ce séjour.

Le débardeur, vrai bagnard au labeur,
Ne recevait que bien peu d’avoine 
Et moins de foin encor’ que le flambeur.
Qui est au servage a peu de couenne !
Mais il sait qu’un jour, à l’équarrisseur,
Il mènera ce crack… tout en douceur.

Toute peine mérite, nous dit-on,
Salaire ici mais qui vraiment travaille
S’enrichit, las, plus en coups de bâton
Qu’en piastres… et guère plus en cliquailles !

dimanche 13 décembre 2020

HAÏKU DE HASCH’

Prendre la peine, parce que ça le vaut, évite d’en donner.

SEÑOR LLAMA & DON CONDOR

Petite fable affable

« Si parfois l’amitié s’endort
Sur nous, la haine, elle, toujours veille ! »
Se dit, alors que le jour sommeille,
Un lama qu’épie un grand condor.

Ce haut parleur conduit des hommes
Jusqu’aux plus hauts pics et grands sommets
De ce coin du monde où, désormais,
Agissent en pilleurs ces guillaumes
Qui détruisent aires et couvées,
Comme petits dépourvus de plumes.
Et la rage de notre oiseau de proie
Est sans pareille, remplit d’effroi
Jusqu’aux échos tout emplis d’amertume.

La bête de bât sent le terroir
D’un pays de hauts plateaux et d’herbes
Chiches, n’a las guère de superbe :
Elle n’ose se voir dans un miroir !
Elle fuit les soucis, les problèmes
Et par peur de trop tôt couiquer,
Opine à tous, aime à abdiquer
À tout. Cela sans plus de dilemme.

S’épargnant dispute avec l’Humain
Elle n’a guère, parmi les bêtes,
De déboires, faisant des courbettes
À chacun. Et en un tournemain.

Elle touche, aujourd’hui, les limites
De cette stratégie. Le tueur 
Des airs, en ce désert, et sans peur
Si l’on en croit légendes et mythes,
Va vite la désentripailler,
Au milieu de ces pierrailles
Si sèches et ces stériles rocailles
Avec qui il s’est encanaillé.

Ami, à trop vouloir qu’on vous fiche 
La paix, hélas, vous ne l’avez plus
Car il est des planches vermoulues,
Partout, attendant le plus fortiche.

vendredi 11 décembre 2020

HAÏKU PLACET

Il est des paroles aussi déplacées que le sont certains gestes… 
Les unes comme les autres sont à l’honnête homme indigestes.

LE RENARD OPPORTUNISTE

Petite fable affable

Près des bois et des landes de bruyères,
Une épidémie de grippe aviaire 
Frappe un fort bon poulailler
Le roux renard, sans railler,
S’en vient toquer chez cette volaille
En grand péril de mort par les rocailles.

On panique d’abord mais
Le fin roué a charmé,
Tout sourire, la peureuse poulaille
Qui, de le voir, a mal jusqu’aux entailles.
« Toute panique est erreur
Car ce jour n’est de terreur.
Je vous viens en voisin solidaire
Distribuer ces bons masques légendaires
Qui préservent de ce mal
Tout homme et  tout animal. »

La crainte enfuie, enfouie la cervelle.
On crut donc à cette bonne nouvelle.
Même les vils chicaneurs
Devinrent vains opineurs.
Nul ne plaida contre l’opportunisme
D’un geste généreux plein d’altruisme.
Quand notre rusé partit,
Il avait déjà partie
Gagnée : par la liesse des pécores,
Il savait qu’il avait gagné encore.

Racontant à ses deux fils cette histoire
Et laissant tout pantois cet auditoire
Qui, las, ne comprenait mie
De ce qu’il a entremis :
« Vous me croyez changé, lippes friandes ?
Que non : virus avarie la viande !…
Tel qui nous aide se sert
Ou pis nous nuit… en der ! »

mercredi 9 décembre 2020

UN BON HAÏKU… DE PINCE HAUT

Il n’y a pas à dire : Fernand Léger, c’est du lourd !

LE CANETON & LE VIPÉREAU

Petite fable affable d’après Le canard et le serpent 
de Marie Romey traduite de l’Espagnol d’Yriarte

Allant, l’air bête, dans l’herbette,
Un caneton déambule au train de sénateur,
Faisant aux fleurettes courbettes
Et aux vers révérences goulues, amateur.
Un serpenteau, au soleil, bâille
Sur son chemin. Le palmipède nasillard
S’écrie : « Le beau ver !… Il faut vaille
Que vaille qu’il finisse en ventrée. Et voilà !

- Halte là, Joujou de Jeunesse,
Pour qui te prends-tu donc, jaunâtre cancrelat ?

- Mais l’ami, pour le Roi du monde :
 Moi, Vermisseau, je sais marcher, nager, voler,
Habite l’air et la terre et l’onde
À mon gré quand toi, tu rampes au sol accolé !

- Que tu es vain : tu cours moins vite
Qu’un vieux daim, fraie l’eau moins bien qu’un poisson
Maladif et n’iras jamais, Mite,
Aussi haut que l’aigle. Alors ici finissons !
Ajouta le fils de vipère
En mordant fort l’autre. Sache que le plus dur
N’est pas de tout faire, P’tit Père,
Mais de faire bien… et de faire à coup sûr. »

lundi 7 décembre 2020

HAÏKU PEU VENT

En Espagne, les fenêtres ne sont que jalousies !

FAÎTES SORTIR L’ACCUSÉ(E) !

Petite fable affable

Il est certes des climats plus cléments
Que le nôtre, où la fable aime
 À s’encanailler ; mais soucis et tourments
Étant, hélas, partout les mêmes,
Pourquoi partir en ces terres de bonté ?
Cela posé commençons à conter…

Plus vindicative que sorcière 
Qu’un charme aurait pris en souricière,
Une poule houspille les piliers
De son abreuvoir et ses condisciples
De mangeoire, toutes buses au triple,
En bref cette poulaille aigrie liée
À elle par la même vie oisive
Qui unit bien moins qu’elle ne divise.

Un quidam,  quelque chérubin cafard
Ou jalouse pécore comme volaille
Seule sait en produire, sans fard,
Lui a brisé son œuf, le seul qu’elle baille
Au fermier en toute sa journée.
Le ton papelard, une gourgandine,
Une de ces oies qui tant se dandine,
Parle “accident” sans langue en bec tourner.

« Ah c’est donc toi, la garce, la coupable
Du forfait !… Tu as beau jeu, pitoyable
Animal, d’essayer de te trouver 
Excuse mais tu seras châtiée, Dame,
Par l’ergot du coq qui vous ôte l’âme
Des criminelles sans peur éprouver !

- Point du tout !… Mais c’est là chose possible
Autant que malveillance ! » clame l’oie
Qu’approuvent Prince Canard, impassible,
Et compère Dindon, un brin matois.
Lors, Maître Matou, par cette algarade 
Attiré, vient faire sa police
Dans cette République et y parade
Parmi une volaille sans malice.

On lui octroie un bel accueil,
Terni de crainte : il a mis en cercueil
Des poussins naguère, d’où des paroles
Ombrées de soupçon pour cet enquêteur
Qui prend par trop au sérieux son rôle,
Et l’en blâment en couvant les caqueteurs.

Lui méprise cette horde poulaillère
Inconsciente, confinée en son clos,
De sa médiocrité de rombière
Qui ne coûte que peu d’efforts, Ballot,
Et ne dérange ni sommeil ni songe.
Très vite, son œil perce le fautif
Qui ne résiste pas, malgré ses mensonges,
À l’inquisition de ce furtif.

C’était bien la poule à l’œuf brisé,
La maladroite. Et l’oie, quoique risée
De cette cour, fut portée en triomphe :
Le chat policier l’a adoubée 
“Auxiliaire”. Et notre croque-gomphe
En est fort fière… à la dérobée.

« Tu l’as confondue ! Fait une coquette.

- C’est des plus simples et, las, toujours pareil
Dans ce genre d’affaire, Ma Biquette,
Foin d’interrogatoire ou d’appareil,
Il suffit de se rappeler l’adage
Que l’on n’apprend qu’au contact des plus sages
Faisans qui dit : “C’est la poule perdue
Qui chante le plus haut qui a pondu !” »

dimanche 6 décembre 2020

samedi 5 décembre 2020

HAÏKU SANS TANCE

L’ignorance tient, à la fois, de la paresse et de l’orgueil.

COMMENT L'INSPIRATION VINT AUX FABULISTES…

Petite fable affable

Phoebe, sans doute, étant devenue fort pudique
Pour nous montrer ses courbes et rondeurs héraldiques,
La nuit acquit ajours de lune fort mitée,
Laissant voir à tous, lors, des lueurs limitées
Pour l’amour, la chasse, les plaisirs ou l’étude
- À chacun son vice - et à l’ombre la latitude
De régner sur le monde et tous ses environs.

C’est alors que quittant le chaud et doux giron
De Morphée, pour une fois, un brave jeune homme
Qui savait ses lettres et répugnait prou aux sommes
Par la plume nous mit à poil sur du papier,
Grattant volée de vers sans se faire prier.

Alors que sommeille, songe ou rêve le commun
Harassé d’un labeur qui leur reviendra demain,
Vint aux rimeurs, partout, une sombre habitude,
Jamais tombée depuis las en désuétude,
Qui les fait revivre quand l’autre est alité.
La chose ne saurait être dans leurs usages
Car ils ont fait adage, un soir, de ces mots sages  :
« L’ennui naquit un jour de l’uniformité*. »

* Les amis trop d’accord, A. Houdart de la Motte (Fables nouvelles, IV, 15, 1719)

vendredi 4 décembre 2020

HAÏKU DE TABAC

L’humanité serait à l’ère quaternaire… mais à écouter certains de mes compatriotes nous, nous sommes plutôt à « l’aire primate ».

jeudi 3 décembre 2020

HAÏKU DE JUS

À cause de mes lunettes, quand il pleut je n’y vois goutte !

LA BOÎTE DE PANDORE

Petite fable affable

Eve, jadis, n’écouta pas trop le Barbu 
Et voulut savoir, plutôt que tout croire,
 Et surtout par elle-même, ce qui est imbu
De prétention et blasphématoire
Pour une simple côte en trop,
Censée obéir. Et au trot.

Et puis, parée de tous les dons, elle
Aussi, vint l’épouse d’Épiméthée,
Qui fut curieuse, faute vénielle,
Au point d’ouvrir sans plus s’inquiéter
Une certaine boîte
Comme une maladroite.

Si notre Mère nous fit quitter l’Eden,
L’écervelée a libéré sur le Monde,
Plus pomme encore qu’une vraie golden,
Tous les maux les plus immondes.
Depuis ils font nos jours
Et gagent nos toujours.

Ainsi, comme la petite vérole 
Sur le bas clergé, se sont abattus
Guerre, Misère, Folie la moins drôle,
Vice, Vieillesse ou Orgueil obtus,
Maladie, Mort, Famine
Et travail à la mine.

Je ne dirai rien des Passions,
De la Tromperie,… Ces malheurs, Madame,
Frappent de cent douleurs la Nation
Des Hommes soumise à ces mêmes drames
Souvent, intensément…
Et indistinctement.

Mais, hélas, la pire et la dernière
De calamités à montrer son nez,
Devint le privilège et l’ornière
De qui, vivant un destin mal luné, 
N’ont déjà que souffrances.
On la nomme « Espérance »…

mercredi 2 décembre 2020

mardi 1 décembre 2020

HAÏKU SONNANT & TRÉBUCHANT

Les temps morts, étrangement, sont l’agrément de la vie.

LA DIÈTE DES BÊTES

Petite fable affable 

La force prime la Raison et le raisonnement :
C’est ce que l’on dit chez les bêtes de trait et autres
Gens de plume qui tant croient penser finement
Et voudraient que l’on fasse de leurs idées les nôtres ;
Leur avis valant Vérité très sûrement…
Mais à l’épreuve des faits toujours ils se vautrent.
Ce sont les mêmes qui prônent que l’animal
Ne peut être, assurément, que sottise et mal,
Ne cherchant en lui que rendement optimal.

Or dans notre gent bestiale, c’est discorde
Que ce point-là, divisant en clans animaux
“Domestiques” et bêtes “sauvages”. Concorde
Est impossible entre eux, leurs mœurs faisant leurs maux !
Les uns n’étaient qu’éloge pompeux du bipède,
Les autres acrimonie et haine des palmipèdes
Aux rapaces. « Pourquoi obliger des ingrats ! »
Faisaient-ils à leurs frères asservis, si gras.
« Autant faire des ronds dans l’eau, à l’aube rasante,
La chose est plus durable voire plus plaisante ! »
On opina. L’idée était séduisante.

Hibou, puits de science qu’on savait profond,
Alors qu’il était léger comme plume et, comme écume
Superficiel, disait qu’on ne peut faire fonds
Sur des êtres qui, de toujours, n’ont d’autre coutume
Que d’apporter aux autres qu’eux-mêmes. Morbleu !

« Nenni point s’en faut ! fit un jeune chat, un bleu
Dans l’assemblée. L’homme pour chacun de ses actes
Doit recevoir sa part de récriminations
Et tout son lot de los. Car cette Nation,
Sans discernement, allant de créations
En destructions, n’est que vaines passions…

- Non, Il est le Mal incarné !… Ton ami fricote
Surtout avec la chicote, les lacs, le fusil,… »
Ce coup pied de l’âne, qui las encrotte,
Était d’un cheval pour l’Humain sans courtoisie,
Quoiqu’il fût, dit Buffon, “sa plus noble conquête”…
Après sa femme, qu’elle soit harpie ou coquette.

« Détruisons cette engeance : la Terre et ses fils,
Nous, ne s’en porteront que mieux des maïs
Aux bois, des sous-sols aux cieux ! » fit Maître Ibis.

« Que ce Sénat est sot ! reprit le chaton qui ronronne,
Vous résonnez plus qu’hélas vous ne raisonnez,
Comme celui, vilipendé, dont la couronne
Vous souhaitez ôter pour vous en blasonner.
Ayant, en vos beaux discours, moins d'esprit critique,
Sur ceci ou cela, qu’esprit à la critique,
Vous êtes de ces peuples voulant solutions
Radicales qui ne sont qu’irrésolution
Et lâcheté s’il faut passer à l’action ! »