Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

mercredi 17 janvier 2024

MAL HAÏKU

Les phrases creuses s’adressent à des esprits vides.

L’OMBRE DANS LA NUIT

La plaine s’épuise sous le pas de cette ombre.
Ignorant d’où il vient, las, dans cette pénombre.
Fuyant le crépuscule, il n’est pas certain
D’aller vers une aube, d’arriver au tain
D’une aurore fanant enfin l’éternelle
Nuit qu’est sa vie d’errant qui, là, se fait la belle.
Lui, le migrant rebelle aux récurrents malheurs,
À la fatalité voué, il est douleurs,…

La plaine déchire fort le pied de cette ombre,
Car ce sont pierres que les profiteurs sans nombre,
Des passeurs aux escrocs, des mafieux aux voleurs,…
Viendra la mer qui lui offrira ses couleurs,
Ses espoirs, même si d’égoïstes libelles
Voudraient qu’elle lui soit mort, la disent poubelle,
Veulent des frontières comme murs de fortin
Face à l’exploité, au dépouillé importun.

lundi 15 janvier 2024

FAIBLE HAÏKU

Il y a plus de solidarité dans la haine que de fraternité dans l’amour.

L’HIRONDELLE

Petite fable affable

À l’heure où le grand froid tentaculait
Au boréal hémisphère acculé,
Nous revint au ciel une belle hirondelle
Se jouant du vent à tire d’ailes.

Lassée d’entendre dire ici ou là
Qu’une de ss sœurs, vrai !, ne faisait pas
Le printemps, notre toute jeune oiselle
Voulait prouver à tous, l’oeil noir rebelle,
Le contraire et toute seule, annoncer
Le retour d'une Flore qui pionçait
Et par là de Borée, la fin de règne.
Mais ce dernier est pire qu'une teigne.

Aussi, et frimas et gel eurent tôt 
Fait de lui geler le bec et, bientôt,
Dans le silence d’une nuit de neige,
Elle mourut, noyée sous un manège
De flocons, indifférents au discours
De celle qui voulait qu’ils fassent court.

Quand, enfin, survint l’heure de Zéphyre,
On avait oublié, de tes longtemps,
Qu’une belle voulut hâter l’empire
Des beaux jours et, puis surtout, du bon temps.

Il n’est jamais bon d’être le premier 
À annoncer au monde quelque chose,
Bonne nouvelle ou bien écho morose :
On finit anémié ou… fumier.

dimanche 14 janvier 2024

samedi 13 janvier 2024

HAÏKU AU JUGÉ

On condamne volontiers ce et ceux que l’on n’est pas en droit ni en capacité de juger !

QUAND L’HIVER QUI TRIMARDE S’ATTARDE

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau (11 décembre 2023) 

La ville fendarde parait campagnarde
Quand, par mégarde, de grand blanc elle farde
Hardes criardes et puis braillardes guimbardes ;
Il donne à la gaillarde un air de vieillarde
En perruquant ses mansardes où l’on lézarde.

Les rues plus vivables, un peu moins jobardes,
Baissent la garde et soudain s’acagnardent,
Hagardes, à l’heure où la neige s’y hasarde.
La cité babillarde se fait flemmarde
Quand on musarde ou qu’on va à la moutarde.

Ainsi notre flambarde se fait ringarde.
Oui, cette furibarde devient geignarde,
Étouffant voix bavardes tout en brocardes :
Elles sont moins vachardes, plus rondouillardes,
Depuis qu’ont fuit les bancs d’outardes pleurardes.

Elle se fera moins blafarde et cafarde
Aussi, quand Phœbus dardera ses échardes
Paillardes pour pailleter l’ivoire carde,
Vétillarde sur ses grands airs qu’elle garde,
Braillarde à souhaits et, tout à son gré, fêtarde.



jeudi 11 janvier 2024

HAÏKU D’AIGUILLE

À trop filer de mauvais coton en piètre compagnie on finit dans le linceul !

LE POUSSIN À LA POULE

Petite fable affable
d’après une anecdote de B. de B;

Ce poussin, toujours tout excité, agace
En sa basse-cour, bêtes de toutes races,
Car il n’est que bêtises, excentricités
Et par la voix comme par le geste.
Ce foutriquet-là n’est jamais en reste
D'une sottise ou d'une débilité !

Il faut donc agir pour que ce béjaune
N'exaspère plus la volaillère faune.

Aussi le coq s'en va trouver sa maman.
C'est une gobeuse d'air et de froment,
Cette mère. Il trouve, au nid, notre pécore
Couvant… un fer à cheval tout rouillé !
Chanteclerc en eut l'esprit tout brouillé ;
De telles gens, hélas, qu'espérer encore.

L’œuf fêlé l’est souvent moins, Dieu m’est témoin,
Que les sagouins qui devraient en prendre soin !

mardi 9 janvier 2024

HAÏKU PARADOXAL

Le bonheur est dans l’instant alors qu’on l’espère moments.

LA FUTAIE EFFEUILLÉE

À travers la brume dont le blanc s’effiloche
Rougit soudain un soleil qui semble tout proche.
Bientôt il brillera mais sans brûler plus fort.
Et dans la blonde lumière dont il arrose
Cette nature, il fait l’air frais palpable et rose.

D’averses de feuilles battu, le bois s’endort
Sur un lit épais de cuivre, de rouille et d’or.
Mon pas y vadrouille et, souvent, s’y embrouillent
Mes idées quand accourt ce confus point du jour
Pour animer un peu le sylvestre séjour.

Pour accueillir l’hiver, les branches se dépouillent.
À cette nudité Borée cherchera pouilles
De ses mortels baisers en bises sans amour
Qui, déjà, s’accrochent aux troncs nus et aux roches
Alors qu’assourdi, au loin, me vient un son de cloche.

dimanche 7 janvier 2024

HAÏKU EN ORDRE

C’est parce que je suis un homme rangé que seuls mes propos sont déplacés.

POINT DU JOUR

D’après une photo de Marc-Yvan Custeau, 22 Octobre 2022

Un soleil, orbe aux contours fantomatiques,
Peine fort à dissiper la nuit.
Les lueurs de son aura énigmatique
Blanchissent une obscurité qui fuit.

Diaphanes sont les nues fondues et blafardes.
Ce ciel fumeux et lymphatique cossarde,
Incertain et cristallin, comme endormi…

Les ombres froides, la pénombre lunatique,
Faiblement, dans l’éther vaporeux, 
S'abandonnent. Un petit jour extatique
Point dans cette brume au blanc poreux.

Mon pas se hasarde et ma vie musarde
Dans ce linceul laiteux que rien ne lézarde,
Aube embuée encor' toute en prud'homie.



vendredi 5 janvier 2024

HAÏKU SERRÉ

Il faut avoir les idées larges quand on est confronté à un esprit étroit !

AU BOIS DE L’ÉTANG

Petite fable affable

À l’heure où le vent griffe les rochers
Et fouette le ventre rebondi des nuages,
Notre forêt, à la vie accrochée,
Voit folâtrer ses âmes de tout poids, de tout âge.
Parmi elles, profitant de tous, jamais 
Content de personne, un écureuil radote
Dans la futaie contre le souverain de la charmaie.
Notre empanaché rêve que ce roi le dote
D’un titre ou d’une rente car hôte des sommets…

Ce chevalier d’industrie se voit donc illustre,
Lui qui vit d’expédients, de l’air du temps,
Lent à la parole et prompt à l’action mais sans lustre
On naît noble, hélas !, au bois de l’étang
Ne le devient pas par décret le premier rustre !

Un matin où s’ouvraient les portes de sang 
De l’aurore, le bougon empli de cette aisance
Que donne morgue et ressentiment, suffisant
À force d’insuffisances, se trouve en présence
Du roi, vieux daim élimé. Sûr de sa valeur,
Il lui dit ses quatre vérités mais le monarque
Fit : « Quand je donne place, octroie faveur
Ou distingue courtisan, bon roi, je remarque
Que je fais un ingrat… et cent grogneurs ! 

Rien ne sert d’élever qui ne sert que soi-même
Et quémandeurs et égotiques sont lie, non crème ! »

mercredi 3 janvier 2024

HAÏKU DEMI-SEL

Que dire de l’Index du Tribunal du Saint-Office ?
Je saurais bien, du majeur, lui dire le fond de ma pensée !

PETITE PLUIE D’ÉTÉ

Par la croisée entrouverte j’entends,
À petit peu, à petits pas, la pluie qui tombe
Sur le val desséché et sur la combe.
Je sens la feuille qui aux gouttes tend
Ses nervures assoiffées, verdit sa sève
D’un sang neuf et vers le ciel se relève.

Cette ondée éveille, tout doucement,
Le gravier qui crépite. Elle habille de perles
L’herbe et des sons mats et creux le vide des gerles.
Le vieux jardin n’est que frémissements
Et chuchotis ; il revient à la vie, tressaille
À nouveau de mille envies jusque dans ses broussailles.

lundi 1 janvier 2024

OSEZ L’HAÏKU

La Vérité est une catin qui se donne à qui la cherche… et lui fait croire qu’il est le seul à la posséder.

LE JEUNE VOYAGEUR & LE VIEUX PÂTRE

Petite fable affable

« Ami ! fit le trimardeur hélant le berger,
Quel temps fera-t-il ce jour, dis ? Suis-je en danger
De me mouiller le poil ou bien ma tête
Cuira-t-elle au soleil qui tant entête ?

- Il fera la sorte de temps que j’aime bien.
Dit notre pasteur sans quitter de l’œil son bien.

- C’est-à-dire ? Insista le fils des routes
Et des chemins creux, l’esprit en déroute.

- Ne pouvant, las, toujours avoir ce que je veux
J’aime ce qui m’est donné et ne puis, verveux,
Changer. C’est là une bonne sagesse,
Non résignation ou fruste étroitesse. »

Puisque c'est de saison, et pas sans raison(s), saluons l'année qui ouvre sans façon les portes de sa maison…

dimanche 31 décembre 2023

HAÏKU DES COPAINS

Qui tait volontiers vos succès, trompettera sur tous les toits vos échecs !

COMMENTAIRE AVANT QUE DE SE TAIRE

Réponse à un texte imaginaire car la meilleure défense reste l'attaque…

  L’autorité auto-proclamée et l’entendement hermétique de certains cénacles cooptés, fines fleurs du « bien », contemptrices du « bon » et zélatrices du « bien », dénonciatrices de ce « bof » qui  nous suffit parfois amplement, à nous autres beaufs par eux méprisés, vient de frapper trois coups pour faire tomber, pudique, le rideau sur la nudité de leur raisonnement qui résonne enfin. Mais sans fin, ces sans-faim.

Des connaisseurs délicats, chatouilleux sectaires jamais à jeun de jouer les jugeurs de comédies et les jaugeurs du juste, ont sanctionné de séditieux propos et censuré de scandaleuses phrases encombrant d’aucuns de mes humbles textes. Sans doute plus risibles que comiques, ils ne méritaient pas cette volée de bois vert qui ressemble fort à une condamnation à l’enfer ou au pilon.
Le Dieu des oratoires et les Muses de l'écritoire me secouent la plume et sèchent mon encre, ces sourcilleux pédants et ces cuistres incurables, appointés par la censure d’État ou les intérêts de la concurrence, ces faiseurs de bouffons bouffis et défaiseurs de rois du rire, me dédaignent à leu gré le droit d’amuser mon prochain comme il me sied. Ce que je fais, ce me semble, pourtant assez honnêtement. Et modestement. Pou mon bon plaisir. Et peut-être un peu le vôtre.
Hélas, ces princes sans charme de l’abscons et autres tristes sires de l’abstrus, ces garrotteurs de flamme et fossoyeurs de l’Art, castrateurs en manque, auraient surpris dans mes complaintes des insultes au goût de lèse-majesté et, pire, décelé quelques offenses au parfum de blasphème. Avec des simagrées minaudées de dames patronnesses ou les affectations surjouées de filles timorées ou de brus soumises, ils viennent donc au nom de la décence et du respect me chercher querelle. Depuis, avec la mauvaise foi et la bonne conscience d’un inquisiteur, ces terroristes de l’esprit qu’ils ont mauvais et autres apologistes de la bienséance, s’acharnent, non sans mépris, sur de vils vers vains. Pourtant l’honnête homme à fables veille à ce que chacun soit touché mais personne visé, même s’il avoue, sans contrainte ni vergogne, trouver à ses bluettes des moralités allant à l’encontre de leur morale.

Que cet aréopage se rassure : son pamphlet a porté. Plaire à ces cendres d’inconséquence, suffisantes à force d’insuffisances, complaire à ces scories du ridicule n’a jamais été dans mon intention. En cela, nous sommes, eux et moi, d’accord. Mais je dénie à cette bande d’apôtres le droit d’être définisseurs des vertus, de m’interdire de faire lire ou jouer mes récits et mes drames où le tragique est dans leur œil et le pathétique dans leur esprit de gens d’âme. Aussi à leur dédain bavard ne répondra désormais que la morgue de mon silence… à leur endroit seulement. Car je continuerai d’encrer mes mauvais vers et mes bons mots pour, je l’espère, le bon mauvais goût de quelques uns.
Pourquoi mes enfants de plume, victimes putatives d’un mal supposé, paieraient-ils pour leur père toujours prêt pour un à-peu près ? Pourquoi le lecteur et le public qui ne me boudent guère, malgré ces diseurs carrés de quatre vérités, souffriraient par ces bons et beaux esprits qui ont peu vu, pas lu et à peine su et encore moins compris mes rimailles peut-être sans grand génie, sans doute sans relent de talent, mais fruits d'une opiniâtre bonne volonté ?

Le Critique - qui en fait profession, j’entends - se veut un élu et se croit « autorisé » à baver et bavasser, moins gothique qu’égotique. Mais il n’est investi d’aucune divine mission, soit-elle littéraire ou artistique. Il n’est pas le sel de la terre, juste un écumeur patenté et un folliculaire appointé qui se venge sur d’autres d’une médiocrité qui le condamne à jamais à l’obscurité. Le libelliste fumasse, que nul n’entend et que personne ne lit, plus bruyant que brillant, n’est qu'un fumeux cerveau dont le stylo, à défaut du style, doit toujours être fumant de traits qu’il voudrait, comme tous les impuissants, saillies. Laissons en plan sans mot dire, sans maux faire, ce boutefeux en folie. Incapable d’en faire lui-même, il ne songe qu’à brûler les moissons d’autrui, aussi maigres soient-elles, dans l’espoir d’en gauler quelque avantage ou d’en glaner quelque gloire. Il faut savoir se contenter de peu quand on n’est rien sur le marché opus, dindon même pas digne d’un don !
Dernier rappel à ces bons messieurs et à ces gentes dames avant de tirer, pour l’heure, ma révérence : je vise moins l’éloge du parterre que l’approbation du poulailler… LA preuve ? Mon majeur dressé au plus droit face à leur index, oppressé, plus que froid.

vendredi 29 décembre 2023

HAÏKU SUR LES ARBRES

Pour être libre avec autrui il ne faut pas l'entourer de chaînes.

LA PÉRI'…

Petite fable affable

Au temps de sa plus belle saison,
Au bel âge des fleurs en bouton,
Sa cicatrice reçut l’entaille
D’un rogaton qui, vaille que vaille,
La fit se mettre, un jour, à genoux
 Pour quelque chapelet de mots doux
Et communier par les deux espèces,
Tant le bélître avait l’âme épaisse.

Et pour le remercier de l’avoir
Éduquée comme un fort bon maître,
Elle eut droit à une place, à voir :
Tirée du caniveau par cet être,
Elle fut donc mise sur le trottoir
À deux pas, c’est fin, d’un décrottoir.
Elle y attend le chaland qui déraille
L’appelle d’une voix s’éraille.

Malgré sa marguerite effeuillée
Et son champ d’amour tant défriché
Lui reste son mec, son maq’, son Jules
Et elle doit lui en savoir gré.
Il a dit, en bellâtre qui bulle,
Qu’elle aurait, promis, des armoiries
Matin - Si elle sue du nombril ! -
Et qu’on lui donnerait du « Madame »,
Partout, de Pantin jusqu’à Paname.

À quoi elle répond, jà déçue : 
« On peut toujours croire en qui espère
Récompense mais on désespère
De celui qui l’a déjà reçue ! »

mercredi 27 décembre 2023

HAÏKU LES REUX

Les grosses colères se nourrissent souvent de petits mots.

LE DEMAIN VU D’HIER EST JOUR D’HUI

Inspiré par George Orwell


Les écrans, la bière et le foot - qu’est plus qu’un jeu -
Devenus et déraisons et vitaux enjeux,
Sociaux et politiques,
Occupent, hélas, leur petite vie privée de sens :
Spoliés d’autres d’envies, ils ignorent leurs sens,
En pantins pathétiques !
Sur ces trois piliers, ils ont bâti leur maison ;
Ces trois vérités-là bornent leur horizon.
C’est leur raison de vivre.
Qu’importe qu’ils n’aient d’âme et moins encore d’esprit
La jeux du cœur, les joies du corps sont à ce prix
Comme disaient leurs livres.

Apparence ou mode les rendent tous gagas,
Peuplent leurs mots, font tous leurs maux et des dégâts.
Très vite tragiques,
Ils sont le coeur battant de toutes leurs passions,
De leurs exultations et de leurs dépressions.
Jusqu’au plus dramatique.
Pourquoi raison garder ? Notre temps est court,
À bien y regarder… et, bien trop vite, il court.
N’attendons pas pour vivre !
Qui songe à l’âme ou à se cultiver l’esprit ?
Les cœurs vivants, les corps parfaits sont à ce prix :
Qu’aux plaisirs on se livre !

La paix sociale est le nouveau credo,
Il faut lui sacrifier tous notre être en cadeau.
Louons sa belle éthique
En dansant au pied du volcan. « Abrutissons ! »
Et que « Décérébrons ! » soit sa sainte chanson.
Et folle. Et hypnotique
Ainsi sont sociétés dociles et pays bien quiets
Aux sujets serviles qu’on rend toujours inquiets.
Gloire aux flux médiatiques !
Garder le contrôle n’est pas plus compliqué :
Méprisons qui nous servons, laissons-les à quai,…
Mais brûlons tous les livres !

lundi 25 décembre 2023

HAÏKU MOQUEUR

Je ne fais pas dans le sarcasme : l’asthme me suffit !

LE DÉCRET EST TOMBÉ…

Petite fable affable de Noël

Le décret est tombé.
Il laisse bouche bée.
Le roi supprime Noël, fête des enfants
Ravissement des grands en ces temps étouffants.
C’est fini. Terminé.
Et y’a pas à chouiner !

Noël qu’est prohibé,
Nous voilà tous plombés !
Il coûte trop. Il rapporte mal. Et il distrait
Des devoirs. Pire, au travail des jours, il soustrait…
Il fait se rencontrer
Ou bien se retrouver
Et ça fait partager,
Oublier, voyager,…

Serons-nous tous damnés ?
Noël est condamné !
Non. Son saint message, galvaudé, fut dévoyé ;
Autant l’enterrer et, au plus tôt, l’oublier.
Finies les fins d’années
Aux fêtes surannées…

Mais ça c’est résorbé :
Notre roi est tombé
Pour avoir ignoré que jeux, joies et jouets
Assurent la paix que plus que le fouet
Que rêver tient debout,
L’empêcher met vite à bout !

NEW CHRISTMAS CAROL

Voyez ce traineau qui nous vient
Écoutez tinter ses clochettes
Oui, le bonhomme hiver revient
Et ramène le temps des fêtes 

Entre sapins noirs et sapins verts,
Sur la neige blanche il vagabonde
De paix céleste recouvert
Dans le silence épais du monde
Alors qu’au ciel de nuit
Point  déjà une étoile rouge
Perdue dans un noir de suie
C’est le nez d’un renne qui bouge…

Oyez ce traineau qui nous vient
Tout en guirlandes et en clochettes
Le bonhomme hiver qui revient
Nous ramène le train des fêtes 

Yeux brillants et cœur battant
On pare d’or et lumières
Le sapin retranché un temps
Sous le toit de toute chaumière
Il accueillera les cadeaux
De ce bon vieillard qui passe
Avec sa hotte sur le dos
Par l'âtre qu'un bon feu décrasse…

Voyez ce traineau qui nous vient
Écoutez tinter ses clochettes
Oui le bonhomme hiver revient
Et ramène le temps des fêtes 

Sans leurs petits souliers aux pieds 
L’oeil sur l’argent de la neige
Les enfants chantant vont épier
Les cieux, des carreaux, font le siège.
Auprès du sapin scintillant
On garnit encore la table
Le bois craque au feu brûlant
Auprès d’une crèche en retable…

Oyez ce traineau qui nous vient
Tout en guirlandes et en clochettes
Le bonhomme hiver qui revient
Nous ramène le train des fêtes
Oui, le bonhomme hiver revient
Et ramène le temps des fêtes