Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

vendredi 23 mars 2018

LA BORDE NÔTRE

Cycle toulousain

Jadis, la maison doyenne du village
Était celle qu’habitait mon bon-papa,
C’était une vraie Toulousaine, sans âge,
Ombragée, l’été, par un vieux catalpa.
Ce cœur battant où toute vie était veine,
Disait à tous labeur et labours qui paient
Pas le valet soumis qui, à jamais, peine
Sans repos, répit, espoir, ni âme en paix.

Bâtie avec plus de galets que de briques,
C’était une de ces vraies fermes d’antan,
Une borde basse, sombre et féérique
Pour tous ceux qui n’ont pas connu son « bon temps ».
Murs solides mais grange un brin en déroute,
Sans cour, avec son grillage de grillons,
Elle s’ouvrait directement sur la route
Tout d’ornières, traîtres gravillons,…

Plus solide que vieille citadelle,
Le puits, profond, a été maçonné
Lui qui avait toujours donné, fidèle,
Et à tout ce qui, un jour, ici, est né.
L’amandier ridé avait, centenaire,
Protégé les futurs chenus au jardin,
Les Anciens, cacochymes, poitrinaires,
S’asseyant sous sa ramée, bons bavardins.

Senteurs fortes de la treille de glycines
En plus, la cuisine à l’éternel feu,
Vivait, simple, de cassoles en bassines,
Entre cendres volant et bois suiffeux
Modeste et sereine, elle reste et demeure
Humble mais sûre, certes un peu plus ridée
De lâches lézardes et si ses arbres meurent,
Le temps passant ne peut pas l’intimider.

jeudi 22 mars 2018

mercredi 21 mars 2018

HAIKU’PON COURT

On a tort de louer les gens très empruntés,… quoique de peu de valeur, ils sont souvent impayables.

POUR FUIR L’HERMINE…

Petite fable affable

Pour fuir l’hermine qui saigna,
Hier, la chouette en son trou d’arbre,
Le pic vert s’est terré en cagna
Profonde, plus sombre que ces marbres
Qu’on exploite ici. Tous les siens,
T’en souvient-il, et sans ambages,
Ont péri en Lilliputiens
Face aux petits seigneurs des ombrages.

Pis, le pic vert n’ose plus frapper de tronc
Pour y chercher, matin, sa pitance.
Il se terre comme un poltron
Laissant, lors, pratique accointance,
Les soins du ménage au vent.
Son nid est pourtant un bon asile
Si sûr que d’autres oiseaux souvent
Y viennent sans vergogne et l’exilent.

Mais la mésange, le grimpereau,
L’étourneau, le pigeon, la sittelle
Ont fini comme des lapereaux,
Malgré précautions et cautèles,
Dans la gueule  du Sieur Furet,
Ou de ces Dames Martre,  Belette
Ou Hermine, vives comme traits.
Pic attend sans sommeil, sans galette,…

Il attend que le danger ne soit
Plus. Il attend, en son trou, des heures
Plus tranquilles sur son quant-à-soi.
Et il s’affaiblit en sa demeure,
Devient moins qu’un corps et, alors,
Meurt d’avoir voulu fuir la mort.
Ainsi, parfois, l’excès de prudence
Nuit tout autant que son absence.

lundi 19 mars 2018

HAIKU’LEUVRE

Pourquoi peut-on attraper indifféremment une bonne grippe ou un mauvais rhume ?

ENCHAÎNE !

D'aucuns sont marronniers, saules, hêtres ou frênes.
Moi, sans prétention, je serais chêne.
Un de ces chênes qui résistent aux vents
Mauvais. Aux pluies torrentielles. Aux avants.
Aux après. Un de ces chênes que parfois ronge
Le ver du doute, offre des tapis d’oronges.
Piqueté ici, écorcé là, sans vair.
Un chêne auquel s’accroche le lierre vert
Des désespoirs d’autrui et les rêves,
Petits ou grands, des autres à l’ombreux couvert
De sa ramée que le soleil partout crève.
Je suis un arbre qui survit à l’hiver,
Le dernier à fuir ses rudes revers.

Certains sont peupliers, châtaigniers, frênes,…
Moi, par ambition, je serais chêne.
Un de ces chênes dont parfois quelque bras
Tombe à bas mais qui, jamais fier-à-bras,
Tient bon et pourrait servir de repère
À qui perd la voie ou n’a plus de repaire.
Ici, lichens, nœuds ou yeux là, trophées !
Je suis donneur de bois mort pour se réchauffer
Ou pour jouer, et d’ombre douce et câline
Pour les joies cachées faisant joues échauffées,… 
Car mon toit accueille une mousse angéline
Aux jeunes et folles amours assoiffées
Au creux comme au cœur des étés surchauffés.

D'autres sont bouleaux, trembles, érables, ifs ou frênes,…
Moi, par conviction, je serais chêne.
Jamais mussé, le tronc toujours franc et droit,
Indispensable au décor le plus maladroit,
Donnant généreusement à cette terre,
Et aux cochons, mes fruits rudimentaires
Que j’ai couvés, mûris fort patiemment
Pour des gamins enchapeautés mêmement.
Vaisseau isolé, souvent hune d’enfance,
Je suis arbre d’horizons, de firmament,
Toujours régnant au pré, négligeant l’offense
Du temps, des bêtes, des gens,… élégamment.
Mais suis arbre à cercueils. Malheureusement.

Illustration : Élisa Satgé, 2017

dimanche 18 mars 2018

samedi 17 mars 2018

HAIKU FIN

Le problème avec les erreurs c’est qu’on ne sait ce qu’elles sont qu’une fois qu’on les a commises.

LA MARTRE & LE BOUVREUIL

Petite fable affable

Non loin de ces hauts pâturages sans ombrage 
Que l’on nomme, par ici estives, sévit
Une martre, genre « T’as vu, t’as pris », ramage
Aussi sombre que l’âme, débordant d’envies.
Grosse à lard mais jamais lasse de ne manquer
De rien, elle croquait de tout. Se planquer
Pour échapper à ses dents ou fuir ses griffes
Était un sport de combat, une activité 
À plein temps car, hélas, notre agile escogriffe
Était aussi silencieuse que futée,
Véritable Apache lâché dans la cité.

Dans un creux faisant le poste frontière entre 
Soulane et ombrée, un vert bosquet de feuillus
L’avait attirée : les poètes et les chantres
Ailés s’y regroupaient et, joyeux chahut,
Y mélopaient fort, y trillaient haut, y chantaient,
En amical concours de tout été étais.
Ainsi, notre martre, au son, parcourait les chênes
Pour faire bombance de ces zélés chanteurs,
Grimpait aux hêtres et, bien pire, hantait les frênes
Où ces tous petits bavards au chant enchanteur,
Au goût de « Revenez-y » pour le prédateur
Nichaient et causaient pour ravir tout amateur.

Mais ce ‘est pas parce qu’on est oiseau en ce monde
Que l’on est sot et vite on apprit, par bonheur,
À se taire quand l’ombre de la martre immonde
Se profile en la ramée, jouant au dîneur
Affamé plus qu’au mélomane gourmet.
Or, un jour un gros bouvreuil, n’en pouvant mais
De savoir que les meilleurs virtuoses et prodiges
Se réunissaient en ce lieu veut concourir
Pour prouver à ce félibrige de prestige
Qu’il n’est meilleur que lui. Et sans discourir.
Son concerto,  nouveau, fait la martre accourir.

Le bouvreuil est seul à ne pas voir que se taisent,
Un à un, tous les autres, alors que l’animal
Gourmand, attiré, s’avance tout à son aise,
De branche en branche arrive, sans peur et sans mal.
Au passage, fut croqué comme une bergère
Par le loup qui veut résister à l’étrangère
Intrusion de ce gros piaf inconnu 
- La réputation du lieu, Oiseaux, Oiselles,
Est en jeu ! - sont happés à peine reconnus :
Rouge-gorge, mésanges encore demoiselles,
Sittelles, étourneaux ,verdiers et leurs Gisèle,…

Le silence aidant, notre bouvreuil croit avoir
Gagné la partie. Grisé, il n’entend la martre
Qui achève de faire pitance, bavoir
Sali et jabot repu, avec ce fol bellâtre
Qui oublia l’adage des feuillages, un jour,
Celui que l’on apprend au nid de toujours,
Qui, jusqu’au faîte de tous les arbres, fait bruire
Tous les ramages, même chez les damoiseaux :
« Quoi que tu fasses évite, cervelle d’oiseau,
Qu’aux autres cela ne vienne à nuire
Et, qu’en sus, cela puisse te détruire ! »

vendredi 16 mars 2018

HAIK(l)U’CHÉ

Il reste peu de choses de quelqu’un qui, mangé par l’ambition, n’en demeure pas pas moins dévoré par les remords.

jeudi 15 mars 2018

HAIKU’MÈRE

Souvent la coquette rit de la coquetterie.

LINCEUL POSÉ SUR LE VIVANT

J’ai porte une âme en noir
Passée au laminoir…

La neige des ans s’est posée sur mon crin.
Mon vouloir, las, se complaît dans cet écrin
Qui attiédit mon cœur, refroidit mon âme,
Ensevelit mes idées, tout projet condamne.
Le gel du temps a pris le canal de ma vie
Bordé par des souvenirs figés à l’envi,
Restent les contours incertains de ces arbres,
Sous lesquels j’erre, le corps déjà de marbre.

Entre embâcle de la mémoire et, parfois,
 Débâcle de mon passé, j’ai perdu foi.
Mais, las, je le dois moins aux glaces de l’âge
Qu’à  Dame Camarde, toujours de passage.
Seul,  sur les bords incertains de ce monde-ci
Je marche sur la nuit, ce tombeau rétréci
Qui ne saurait panser mes pensées. L’absence
Est plus que désespoir, elle est lourd silence…

Eux partis, souffrir m’est un trop long moment.
Au noir tableau de mes insomnies, Maman,
Papa, dans le froid, une craie encor’ crisse
Pour graver des regrets en rien caprices,
Aux couleurs de la douleur quand un pas, un mot
Ne vient sous la plume dire mes maux.
Vers muets aux rimes fanées, là j’avance
Sans vous déposer de fleurs, séchées d’avance.

mercredi 14 mars 2018

mardi 13 mars 2018

HAIKU’R

Un amour qui n’est fait que de présents n’a guère d’avenir.

LE TÉMÉRAIRE BOUQUETIN

Petite fable affable

Un bouquetin, pied sûr et port de tête
Altier, les cornes au vent se veut vainqueur
De tout péril ou danger, courage au cœur.
Qu’un lieu lui résiste, et là il s’entête.

Il est passé, de chaos en éboulis,
Et passe d’arête en ravin - Quel vertige ? -
Comme il passera, en quête de prestige
De la crête à la cime, sans faire un pli…

Jamais, lui, il ne recule ou n’hésite :
La montagne est un petit terrain de jeu
Que la crainte ou, pire, la peur ne visite
Pas. Chacun chez soi. C’est de sa vie l’enjeu !

Par les monts et les vaux, ce beau capricorne
Fait de l’obstination une vertu,
Point battu, pas abattu ni courbatu ;
L’opiniâtreté n’a aucune borne !

Et c’est ainsi que périt ce bouquetin
Qui se moquait de la prudence de l’âne,
De l’isard précautionneux dès matin,…
Trop tenter le sort, tôt ou tard, vous condamne…

dimanche 11 mars 2018

HAIKU’C

Une pensée est un bouton d’idée, une idée la fleur d’une pensée.

ÇA VA !

Chéri, qu’est-ce que tu crois ?
Qu’à cause de tes mots je pleure ? 
Qu’l’émotion brise ma voix ?
Non, c'est la pluie qui te leurre.
Oui, je suis plus fort que ça.
T’en aimes un autre, et alors ?
 Tu pars. Ben va-t-en. Fissa !
Et sois plus heureus’ quand même

Je vais bien. Je vais très bien.
Pour ton bien. Et pour le mien.

Ça va. Vois les oiseaux chantent.
Ça va et tout ça m’enchante…
J’vais pouvoir fair’ la java.
Ça va, va… Je t’dis qu’ça va.

Notre histoire était trop belle.
On s’est fait des souvenirs
Pour mieux remplir nos poubelles,
Pour mieux jauger l’avenir,
Pour mieux juger de ma chance
De me retrouver tout seul.
La turbulence n’est que turbulence
Et qu’l’amour a maints linceuls.

Je vais bien. Je vais très bien.
Pour ton bien. Et pour le mien.

Ça va. La vie pas méchanten
Fais que ça va. T’es touchante
De t’inquiéter à tout-va
Ça va, va… Et adieu-vat !

Pens’ pas à moi. Bonne route !
Ne l’embrasse pas pour moi
C’était qu’mon pote, cet’ croûte
Avec qui tu connais l’émoi !

Ça va. Vois les oiseaux chantent.
Ça va et tout ça m’enchante…
J’vais pouvoir fair’ la java.
Ça va, va… Je t’dis qu’ça va.

vendredi 9 mars 2018

HAIKU’T

Si vous trouver la liberté trop pesante essayez un régime dictatorial !

LE DINDON DES CIMES & LA PERDRIX DES NEIGES

Petite fable affable

Alors que la nature entre en son cocon,
Un grand tétras, un de ces dindons des cimes,
Que l’Homme ne croît que coq, dans les flocons
 Tombés, fier de sa livrée chiquissime,
Paradait, le pied sûr : ce blanc manteau
Rendait bien plus beau encor’ ce pataud.

Voulant que chacun partageât, ici même,
 Son admiration pour lui, blasphème,
Il s’en ouvrit à sa cousine perdrix
Qu’on nomme dans ces montagnes lagopède
Qui elle, avait remis, sans clabauderie,
Son plumage de saison sans l’intermède.

Il dit, se prenant pour le Prince Édouard :
« As-tu la témérité d’être couard
En ce temps où chacun n’a que le courage 
De se taire ou, las, de s’auto-flageller ?
As-tu honte des on-dits et des commérages 
Sur tes fades plumes d’été ocellées ? 
Te voilà, bête en tenue de camouflage !

- Hantant nos hauteurs, loin de leurs villages,
Nous arrivent, bon Maître Coq, des chasseurs.
Je me cache pour ne pas finir mortadelle
Dans les mains de ces monstres, fins rôtisseurs,
La peur ne me donnant jamais assez d’ailes.

- Qu’importent ces Humains, sois heureux de vivre
Et de ce que la Nature t’a fait libre !

- On le reste pas longtemps, encostumé
Comme tu l’es, quand  le danger est célastre :
Si le fumet du bonheur n’est que fumée,
L’ombre du malheur est déjà un désastre ! »

mercredi 7 mars 2018

HAÏKU’L

Ennui à minuit nuit à la nuit…

INVITE

Viens donc dans nos venelles
Voir nos misères ou la faim
Et l’enfance criminelle.

Toi qu’es fringué en flanelle
Et qui joues, là, les becs fins,
Viens donc dans nos venelles.

L’ordure est originelle,
Un moyen comme une fin,
Et l’enfance criminelle.

On vend son cul, ses prunelles,…
On tue l’autre à la parfin.
Viens donc dans nos venelles !

La mort veille en sentinelle
Sur les chipeurs, les biffins
Et l’enfance criminelle.

Toi qu’effraient nos vaccinelles, 
Nos frusqu’, not’ crasse, nos parfums
Et l’enfance criminelle,
Viens donc dans nos venelles !

lundi 5 mars 2018

HAÏKU’R NICHONS !

Il est des gens qui ont l’esprit tellement ouvert qu’il ne souffle que courants d’air sous leur crâne !

LE CURÉ CONTRARIÉ

Petite fable affable

Voulant remettre l’Eglise au cœur du village,
Notre bedonnant curé, hors d’haleine et d’âge,
Multiplie à gré, en sa paroisse d’impies,
La piété en étole et le zèle en soutane,
En plus des messes boudées des vieilles pies
Dont l’esprit va en savates et l’âme en tatanes,
Veillées, carêmes, offrandes ou processions
Prières communes, publiques pénitences
Pour qu’advienne divine intercession
Sur son troupeau perdu et sans repentance,
De ses ouailles boudant la céleste instance.

Le vieux calotté, culotté, expliquait
À qui, las, ne pouvait rien lui répliquer,
En sus, que les gelées tardives ou précoces
La sécheresse, les orages destructeurs,
La météo, rosse, qui vous cherche des crosses,
Quoi que nous disent les esprits réducteurs
Sont autant de châtiments d’un Dieu colère
Qu’on oublie et abandonne, cloué aux murs
D’une église désertée, que l’atrabilaire
Se venge d’un temps qui s’croyait sûr et mûr.

Sale défaite pour le bougre : notre salle
Des fêtes compte, hélas, toujours plus que les stalles,
Sous sa chaire, de fidèles communiant
Dans la fraternité du moment et des Hommes.
Le maire en rit. L’autre y voit inconvénient
Et vertement le tance en public, pauvre pomme.
« Je n’admettrai jamais, ton Dieu m’est témoin,
Comme cause de ce que je ne comprends guère,
Ou pas, une chose qu’tu comprends encor’ moins ! »
Osa le maire avec qui le Père est en guerre,
Paraphrasant le « Divin Marquis » de naguère.

dimanche 4 mars 2018

samedi 3 mars 2018

HAÏKU’VERTURE CHAUFFANTE

L’obscurité la plus totale n’a jamais empêché une nuit blanche !

LES VERS DU NEZ

À E. Rostand et, surtout, à son Cyrano…

Ayant fort ouï « la tirade du nez »
De Cyrano de Bergerac, mon aîné,
J’ai décidé de me tirer les vers du nez
Moi-même, comme un petit pied de nez
Pour voir cancaner femelles boucanées
Et s’escaner mâles aimant à chicaner.

Oui avant de caner, cette année, sans crâner
Avant que de faner, quitte à être damné,
J‘veux ahaner à m’en faire encabaner,
Comme mon puiné que j’ai dans le nez,
Car il m’estime suranné, condamné,…
Alors qu’enturbanné il aime à tant ricaner
De mes mots, à paonner, à se pavaner
Quand moi je préfère hélas flâner, vanné
Par l’exercice, soit-il momentané,
Qui consiste à glaner l’instant qui a plané,
La sensation qui en a émané,…
Ce satané trépané ne sait que tanner !

Ce gibier de prytanée, spontané,
Cette âme panée pour se dédouaner,
Quoique d’a priori enrubannée,
Goûte henné ou cuisine safranée, 
Cause aux basanés de Méditerranée,…
Est-il moins un chouan en simultané ?

Voilà un familial instantané,
Petites miscellanées d’aliéné
Dans lequel l’avoinée parfois monte au nez
Pour dépanner un jour funeste où égrener
Des vers me fut difficile, gêné ou freiné
Par l’inspiration bonne à parrainer
Confessions de traînées du Rouennais
Ou scanner un siècle talibanais
Dans pays rasséréné, charlatané
En sous-cutané,… C’est moins spontané,
Plus commun - c’est aisé de morigéner ! - 
Sous ma plume toujours prompte à tataner.
Je pars, las, m’oxygéner en Pyrénées !

jeudi 1 mars 2018

HAÏKU’R SIZION

Le « savoir faire » est inutile sans le « faire savoir » !

LES PÉTANQUEURS

Petite fable affable

Notre petit « Coin des Menteurs » vaut bien 
Le bon tribunal siégeant, ô combien
Souvent, sur le banc vermoulu de nos ménines.

Il est un autre lieu où on s’agglutine.
C’est un petit morceau de place abandonnée
À tous ceux n’ont pas encor’ perdu la boule
Et s’y exercent, sur sol engravillonné,
Cochonnet en visée. Et ça vole et ça roule,
Avec concert de noms d’oiseaux, de rires gras
Et d’apostrophes, l’ami, plus ou moins fines.
Car ce qui travaille le plus n’est pas le bras,
C’est la langue : on brode sans paraffine
Sur la rumeur du jour, puis on réécrit
Son histoire, et sans plus de sans façon on enterre 
À nouveau les morts mais plus profond sous la terre.

Et comme on est tous un peu parents par ici,
On s’informe, relaie, commente et juge aussi
Sur ceux du village ou ceux de celui tout proche,
Et comme le cœur, chez nous, n’est pas que de roche
On compatit parfois au malheur d’un prochain,
Un cocu bien sûr, si on en croit les dires
Des vieilles du chêne ; on maudit le crachin ;
La météo à venir on vient prédire,…

Bref, rien à voir avec les bigotes, pardi,
Qui, elles, te causent pour causer ces bavardes
N’ayant rien de mieux à faire, bigoudis
Et dentiers assortis à leurs noires hardes.

Sans donner supplément d’âme, langue acérée
N’est pas apanage de femmes, hommes à bérets !