Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

lundi 29 mars 2021

HAÏKU TRAIT

Puisqu’on enterre « sa vie de garçon », certes rarement la mort dans l’âme, c’est donc que le mariage, fruit d’une passion surtout pour ceux qui en portent la croix, peut être une authentique résurrection !

L’OCELOT & LE COYOTE

Petite fable affable

La paix ancrée au cœur face aux aléas 
De la fortune et aux risques d’ici-bas,
Un jeune ocelot quitta sa dense et noire
Forêt pour les plateaux où il voulait boire
Les éloges dus aux beautés sans pareilles
De sa livrée colorée. Une merveille !

Car quand on est si beau, il faut le montrer !
Que ça se sache et dise. Or, en sa contrée,
L’ombre le masque, les autres le jalousent,
À commencer par la panthère qui épouse
La nuit sombre même au grand jour. Folie
Que d’avoir un pelage si peu joli !
Donc, lassé de ne trouver d’enthousiasme
À se voir tel qu’il est que dans le sarcasme
Des petits singes ou dans le miroir des eaux,
Il quitta les basses terres à cacao
Qui l’avaient vu naître et toute sa famille :
Il est un âge où il faut briser sa coquille !

Foin des dénicheurs et fi des chasseurs.
Il part vers les plateaux, alerte danseur.
Parmi rocailles et rocs des terres hautes, 
Il croise, drapé en ses loques, un coyote.
Face à la terne pelisse dépenaillée,
Plus usagée qu’âgée, sans guère atermoyer,
Notre jeune tacheté, tout mépris, lâche : 
« Quelle horreur un habit sans couleur ni tache !

- C’est qu’il est taillé pour se fondre aux rochers,
Qui est l’endroit où je viens à crécher !

- Je ne goûte ni le servile propos, ni l’offense.
Mais comment peut-on vivre sans l’alliance 
Entre la grâce et la beauté, mal accoutré ?

- On n’est pas plus sage de salir que d’outrer !
À quoi sert donc l’éclat sans l’esprit, Dépouille ?

- Dépouille ? Voudrais-tu me chanter pouilles ?

- Que nenni, l’Ami !… Mais l’Aigle que tu vois,
Là-haut, lui, t’a repéré quand ma voie
Est fort protégée par mes hardes et guenilles.
Va, je te laisse à votre proche gambille ! » 

samedi 27 mars 2021

HAÏKU DUR

La patience c’est savoir faire taire son impatience.

CHANTS D'HONNEUR ?

Ami, on a tant chanté la guerre,
Et ses cimetières et sa poussière,
Les vaines prières des lavandières 
Qui finiront, hélas, loudières
Quand Victoire coulera en bière
Dans les veines bleues des stipendiaires.
Ce qu’on a pu chanter feues ces guerres !

On louait les conflits de naguère
Et leurs cortèges de vivandières,
Plus ou moins serviles cantinières
Qui, sur les cadavres en cordillères,
Picoraient en razzia fauconnières
Comme gens de guerre aux moutonnières
Curées tues par les Va-t-en-guerre !

On a tant chanté toutes les guerres,
Au temps où n’avions qu’œillères
Et l’humeur encor’ plus cocardière,
Célébrant chevauchées cavalières,
Vantant canonnades incendiaires,
Aux psaumes de tel ou tel bréviaire
Faisant marcher au front le Vulgaire.

Bien sûr, on disait ne l’aimer gère
Cette guerre ordurière, outrancière,…
Mais tout en exaltant ses carrières,
Bannière pour tout saute-rivière
Qui y finirait tantôt en civière
Quand on médaillera Paul ou Pierre,
Fêtant hargne et instincts grégaires.

Si, moi aussi, je parle de guerre,
C’est pour vous rappeler, sans manière,
Qu’elles ont fermé tant de paupières
Ouvertes sur le choc des rapières
Et que de leurs flammes meurtrières
Jamais ne naquit nulle Lumière,…
Que c’est tourbière que toute guerre !

vendredi 26 mars 2021

jeudi 25 mars 2021

HAÏKU’PULATION

Je voudrais bien prendre femme mais à qui ?

LE ROSSIGNOL EN GEÔLE

Petite fable affable

Sous des ciels délavés par l’orage, 
Dont le bleu lavé paraît un outrage
À l’été, auprès d’un ru cristallin
Et limpide murmurant sa charmeuse
Chanson, arrosant terres brumeuses
Et fumeuses forêts, dans l’opalin
Matin, oiseaux se disputent la gloire
Du chant le plus beau sur leurs brandilloires.

La respiration du vent, au ras 
Du sol se fige alors que rais de Râ,
Jusque dans les trous d’ombre, s’enquièrent
Des besoins de chacun. Alors dans l’air
S’élèvent plaintes et complaintes, sons clairs,
Pour célébrer le jour, l’âme fière.
Seul l’ami rossignol manque à l’appel
Lui dont le chant provoque rappels.

Corneilles sont allées le quérir à l’aube
Sur ordre des corbeaux, oiseaux de robe :
Il fut décrété d’arrestation
Pour tapage. Et à répétition.
Ce héraut de l’Hérault, devenu chantre
Des haies vives et félibre de nos champs
Est aux arrêts à cause de Méchants.
« Qu’ai-je donc fait pour mériter cet antre
Plutôt qu’air libre, et leur haine, Dieu ?
Quel noir forfait ? Quel méfait odieux ?

- Vous n’avez que bien fait ! D’ordinaire 
Cela suffit à courroucer lunaires
Et médiocres. Et s’ils ont du pouvoir…
Fit le chat-huant pour qui jour est nuit.
Votre malheur vient qu’en ce bas-monde
On n’est satisfait que quelques secondes
De ce qu’on a. L’Envie, voilà l’ennui ;
On veut mieux. Si d’aucuns le possèdent,
Jalousie pousse à des choses fort laides ! »

mardi 23 mars 2021

HAÏKU DE FEU

Être mordu de quelqu’un revient à en être pincé. 
Dès le début, l’amour est donc un masochisme !

LES VIEUX DU PAYS

Cycle toulousain
D’après G. Vigneault, Les gens de mon pays

Les Vieux du Pays
Étaient gens de paroles,
Parlotte et causeries,
Qui parlaient pour s’entendre
Et parlaient pour parler.
J’allais les écouter,
Disputer, patoiser,
Vérités et mensonges
Sur la Vie, le « Bon Temps »,…
De « Boudu » en « Pardi » ;
Leur échappaient pourtant
Et leurs petits bonheurs,
Et leurs grandes misères,
Qu’ils taisaient à loisir
Car on parlait tout haut
Que d’ce qui met à l’aise,
D’ce dont, « à force », on sourit.
Là, j’entendais parler
Raisin foulé aux pieds,
Labours faits à l’oreille,
Jours de faim, jours de foin,…
Et de dates où, diserts,
Tout était à fêter
Avec « ceuss’ » du village.
Je ne répéterai
Ni les mots ni les rires
Fusant à tout allure,
À dire certains noms

Je vous ai écouté,
Vous tous qui n’êtes plus
Et moi qui suis si peu,
Mais votre écho honore,
Vous qui aimiez jaser
« Atal », entre deux portes,
Béret sur le côté,
Ou au pied des clôtures
Où tout notre oc chantait
En vos belles saisons.

Sécheresses d’été
Et printemps qui inondent,
Hivers réveillés
Et automnes au beau temps,
Faisaient parler de vents,
De pluies sans agrément,
De travaux à finir
De semailles en récoltes,
De légumes et de grains,
Et « des tant belles filles »
Jà « ménines » endurcies
Dont on ignore l’âge.

Ces voix venues des champs
De gens pas malheureux
Ces voix chantaient Marie
Au clocher du village
Entre deux « coups » de vin
Au grand café « d’en ville »
Où on moquait l’école
Qui mena au carnage
Des tranchées, Général,
Et décima le coin
Pour des gars à cigares
Qui n’seront pas victimes
Et n’savent que paraître,
Ignorant jusqu’à nos treilles.
De vous je « me » rappelle
« Pépis » qui « vous les peliez »
Comme disait mon grand-père
Qui bâtit ma Thélème.

Vous m’avez fait voyage
De votre sage folie
Et n’avais qu’un désir,
« Quelque rêve joli »,
C’est, qu’en ces bonnes terres,
Mes fils aussi entendent
Vos dires et vos non-dits,
Et y glanent des fruits
Comme je l’ai fait moi,
Et, sur ces entrefaites
Se fassent, dans vos pas,
Un chemin nostalgique,
Se donnent à rêver
Un avenir prospère,…

Mais ils ont embarqué
Pour gagner le grand large
Sur leur bac, ont frondé,
Eux, par vaux et montagnes,
Où on entend rouler
Les eaux comme la foudre,
Et l’accent pour conter
Et chanter à toute heure.
Je les entends « roner »
Comme moi, mal à l’aise,
Dans leur âge  harassé
Et leur temps plein d’oracles,
Mais sans craindre demain,
En toute liberté…

lundi 22 mars 2021

dimanche 21 mars 2021

HAÏKU VIDE 19

La communication gouvernementale sur la pandémie ? 

Du vent pour habiller du vide !

L’OURS & LE RUCHER

Petite fable affable

Il fut un temps où Compère ours qui dévore
Tout ce qui pousse et vit, en bon omnivore,
N’était qu’un banal lourdaud de prédateur, 
Un chasseur-cueilleur de plus, en bon squatter,
Brigandant des vallons ombreux et des sombres
Bois à l’heure triste où les échos, sans nombre
Lassés se taisent, avec les oiseaux chanteurs.

Il mangeait assez peu et mal mais cette cruche
Vint à passer, matin, devant une ruche,
De celles qu’il comptait pour moins que rien.
Or la fringale guette le vaurien.
Alors l’occasion fit ce petit père
Larron : rucher lui semblait fort prospère
Et quête aisée pour un propre-à-rien.

Notre plantigrade n’avait goûté mie
Au délice des dieux , il fut tsunami
Pour le si fragile dôme mellifère.
Ce gras lard se gava, tout à son affaire
Et malgré la gent mellifique, aux bons dards
Maléfiques, que ravagea ce pendard.
Il détruisit tout, comme il savait le faire.

Un carnage accompagna donc le festin,
Pour avettes dont il scella le destin,
Quelques façons, à cette heure, qu’abeilles firent
Et même quelques détours, las, qu’elles prirent.
Mais pour lui et pour la première fois,
C’étaient succulence et abondance, foi
De conteur. Il en eut un large sourire.

Combien est-il de gens en ce bas-monde
Qui, comme de gros ours, plutôt que de vivre
Suivant leurs besoins, en de furibondes
Sarabandes saccagent ce qui veut vivre…

samedi 20 mars 2021

HAÏKU SOT

C’est bêtise que de contredire un idiot : il pense, a priori, que tout contradicteur n’est qu’un imbécile !

vendredi 19 mars 2021

HAÏKU TENNISTIQUE

L’ace est le propre des as.

À LA RECHERCHE D’UN PORT ?

Cycle toulousain

Pour quérir sa Margot ou sa Joconde,
Pourquoi partir à l’autre bout du monde 
Alors que cette bonne Terre est ronde
Et qu’il est agréable au cœur d’aimer l’Amour ?
Je préfère hanter prairies floribondes
Plutôt que de courir la furie de l’onde
Et d’affronter les folies furibondes
De ces vents qui vous rendent, las, cabourds.
On en croit caner à chaque seconde…

Tant pis si, sans retour, le lourd labour
Du temps nous prend de court et sans recours.

Alors qu’on croit avoir trouvé sa blonde,
Comment fuir à l’autre bout du monde 
Alors que notre vieille Terre est ronde
 Et qu’il est agréable au corps d’aimer d’amour ?
Aimons à s’en faire péter la bonde,
En terres fécondes où racines profondes
Des Nôtres nous ont donné la faconde
Qui fait croire, en nos frondes, qu’on est tambours
Et aux Belles qu’on est tout, sauf immonde.

On n’est pas gourds ni, Beauté, sans secours
Quand s’émoussent les sens, s’éteint le four,…

jeudi 18 mars 2021

HAÏKU PARANO

Un instructeur est une personne qui suit des instructions et les inculque à qui n’a pas eu d’instruction…

mercredi 17 mars 2021

HAÏKU IBÉRIQUE

Le mâle espagnol est souvent ténébreux. 
Est-ce pour cela qu’on le dit « hombre » ?

UN AIGLE ESPIÈGLE AU-DESSUS DE NOS SEIGLES ?

Petite fable affable

Un aigle craignant la famine pour lui 
Et les siens à cause de la concurrence 
Des autres rapaces pour qui aussi luit
Le soleil, malgré ses rappels à déférence
Pour son trône, les rassemble un bel et bon jour
Espérant tous les remettre à leur rang et place
Ou, à défaut, leur jouer quelque sale tour.
Il faut que personne, en ces airs, ne le surclasse !

Répondirent donc à son invitation
L’épervier, le milan, le faucon, la buse,…
Non sans craindre un coup de Jacnac par cols ou cluses
Car ce roi est moins connu pour ses attentions
Que pour ses coups fourrés. Dès lors, être sa dupe
Devient fatal à qui est trop confiant
Ou à qui vit de rêves : on finit vite en drupe
Sous ses bec et serres. Restons donc méfiants !

En voyant tous ces oiseaux de malheur qui tournent
Dans leur ciel, les habitants des monts et vaux
Décident de les arquebuser avant qu’ils ne détournent
D’humaines repues bêtes de cours ou troupeaux.
Ce fut carnage chez les égorgeurs… Fort rapide
Au surcroît. Quand l’aigle, qui aime à se faire espérer
En réunion, arrive à ses intrépides
Rivaux, ils ne sont plus qu’entrailles aérées.

Ainsi fut préservé le règne de notre aigle,
Souverain des cimes, expert en vils traquenards
Qui, plus roué que ne l’est le rusé renard,
Sut appliquer une fois de plus l’antique règle
De ses pères : « Quand un quidam te veut baston
Débrouille-toi pour qu’un autre aille lui faire
Le triste sort qu’il mérite ; ainsi garde-t-on, 
Et griffe propre et tête haute en toute affaire ! »

mardi 16 mars 2021

HAÏKU’P OF COFFEE

S’il est des petits blancs qui vous grisent à l’envie, 
Un petit noir donne des couleurs à la vie.