Vu mon poids je ne peux en faire que des tonnes.
Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques
parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…
dimanche 14 février 2021
samedi 13 février 2021
LE COQ & LE SCORPION
Petite fable affable
Un sultan de basse-cour vit en son fief
Un étrange animal, courant à ras de terre ;
Tenir queue haute lui donnait relief.
Il interpelle ce maraudeur solitaire,
Sans doute en quête de picorée : « Halte-là,
Tu portes bien haut des couleurs, cancrelat !
Rabats ta queue, besacier, devant qui réveille
Le soleil ou je vais te soigner de saignées
Cet orgueil !…
- Je ne le puis, sans vous dédaigner,
Mon Bon Seigneur, ce serait mort sure et merveille
Que je n’accompagne alors convois d’anges heureux ! »
Bouffi d’orgueil et d’embonpoint, n’est pas peureux
Notre empâté Chanteclerc : « Crois-tu que tes pinces,
Sot, effrayent mon bec et apeurent mes ergots ?!
Ton sashimono tu vas avaler en Prince
Des voleurs, car tu en es un, Espèce de Goth :
On n'entre chez autrui que pour méfait commettre -
- Ou forfait ! - Ton indigence parle pour toi !
- Tu m’as percé à jour et j’en reste pantois.
Toi seul d’ici ne pouvais être que le Maître.
Ne pouvant te rabattre la crête, j’abaisse
Mon fol étendard et m’avoue vil et vaincu. »
Aussitôt dit, aussitôt fait. Le scorpion laisse
Sa queue choir sur la patte de ce corne-cul
Qui, sans comprendre pouic, se meurt dans l’instant ;
Joie d’androctone et des pécores tout autant !
Si l’indocilité, parfois, nos rois désarme,
Sachez, Sujets, qu’obéissance peut être une arme !
vendredi 12 février 2021
HAÏKU'MPLICITÉ
Pourquoi cherche-t-on toujours des « témoins de moralité » mais jamais des « garants de lubricité » ?!
jeudi 11 février 2021
FILS DE FENOUILLET
Cycle toulousain
Moi, je suis un fils de Fenouillet,
Ce bled où désormais, toi, tu habites ;
Cette banlieue où vient fourmiller
Tout un peuple de cités en orbite
D’une ville rose déshabillée
De ses quartiers aux fins subites.
Finis la vieille brique gratouillée
Et le galet grisé que Garonne débite…
Oc, je suis un fils de Fenouillet,
Le village de mes père et grand-père,
Endormi entre un canal trop souillé
Et un lent fleuve qui toujours espère
Se libérer de son lit où grenouillaient
Des souvenirs d’antan, de l’Autan compères.
Combien de bons coins où farfouiller
Ont servi à tout gafet de repaire ?!
Je reste le fils de Fenouillet,
Jadis mouvante terre à céréales
Aux tons dorés, ocrés voire rouillés,
Naguère sol de maraîchers de halles
Par tous les ciels printaniers mouillés.
Ici vaches paissaient, là cruciales
Corvées se passaient sans tant brandouiller :
Maïs, patates et vigne familiale.
Car je suis un fils de Fenouillet
Du temps où le parement qui déborde
Et les appartements où glandouiller
Ne dépareillaient pas tant les bordes.
Alors peu d’autos pour écrabouiller
Nos chats et prou usés, jusqu’à la corde,
Trois « châteaux » pour, las, un peu s’embrouiller
Au café d’un patelin sans discorde…
Quand on naît fils de ce Fenouillet,
On ne peut que regretter et les ombres
De ses rues aux noms qui vont vadrouiller
Dans ma mémoire, et la fraîche pénombre
D’une église vidée et verrouillée
Ou les noms oubliés, quoiqu’en bon nombre,
Des monuments aux morts tout grafouillés
Que personne ne regarde plus, l’oeil sombre.
Ce bled où désormais, toi, tu habites ;
Cette banlieue où vient fourmiller
Tout un peuple de cités en orbite
D’une ville rose déshabillée
De ses quartiers aux fins subites.
Finis la vieille brique gratouillée
Et le galet grisé que Garonne débite…
Oc, je suis un fils de Fenouillet,
Le village de mes père et grand-père,
Endormi entre un canal trop souillé
Et un lent fleuve qui toujours espère
Se libérer de son lit où grenouillaient
Des souvenirs d’antan, de l’Autan compères.
Combien de bons coins où farfouiller
Ont servi à tout gafet de repaire ?!
Je reste le fils de Fenouillet,
Jadis mouvante terre à céréales
Aux tons dorés, ocrés voire rouillés,
Naguère sol de maraîchers de halles
Par tous les ciels printaniers mouillés.
Ici vaches paissaient, là cruciales
Corvées se passaient sans tant brandouiller :
Maïs, patates et vigne familiale.
Car je suis un fils de Fenouillet
Du temps où le parement qui déborde
Et les appartements où glandouiller
Ne dépareillaient pas tant les bordes.
Alors peu d’autos pour écrabouiller
Nos chats et prou usés, jusqu’à la corde,
Trois « châteaux » pour, las, un peu s’embrouiller
Au café d’un patelin sans discorde…
Quand on naît fils de ce Fenouillet,
On ne peut que regretter et les ombres
De ses rues aux noms qui vont vadrouiller
Dans ma mémoire, et la fraîche pénombre
D’une église vidée et verrouillée
Ou les noms oubliés, quoiqu’en bon nombre,
Des monuments aux morts tout grafouillés
Que personne ne regarde plus, l’oeil sombre.
mercredi 10 février 2021
HAÏKU PAIX !
C’est parce que les censeurs se croient des lumières qu’ils officient au sein d’un Cabinet noir ?
mardi 9 février 2021
HAÏKU ATIFFET
Ne jugeons le fait que d’après ses effets…
Méfait ou bienfait, il sera notre faix
Soit-il forfait imparfait qui stupéfait,
Ou insatisfait car il nous défait ou refait.
LA HYÈNE & L’ÉLÉPHANT TRIOMPHANTS
Petite fable affable
La soif de paraître est une terrible
Passion. Et insatiable. À la fois
Leurre et vertige, elle est las inextinguible
Que l’on soit un loqueteux sans toit ni foi
Ou un de ces prospères négociants,
Un roi ou un courtisan impatient.
Ainsi, jeune éléphant et vieille hyène
Cherchant à s’élever auprès de Lion,
Rivalisaient de courbettes et d’aériennes
Périphrases ou circonlocutions,
Pour éblouir autant que pour séduire.
Hâbleurs et flatteurs presque bateleurs,
Ils en auraient fait rire le triste sire
Mais il était, avec autrui, sans chaleur.
La hyène malgré son grand âge espère
Autant, si ce n’est pas plus, que son rival ;
« Ah, si jeunesse passe, fit son compère,
Demeurent des appétits en l’animal
Qui ne sont jamais petits. Mais, toi, tu rêves,
Tu es arrivée tout au bout de ton temps…
Demain est à moi qui aies jeunote sève.
- Tu as vigueur. Qu’elle te dure longtemps !
Moi, en l’occurence, j’ai l’expérience
Et c’est plus utile à l’État et au roi.
D’où mon bonheur d’être ouï en audience,
Et, de là, sans doute ton lourd désarroi.
- Mais tu n’es qu’une dépenaillée pelisse,
Moi fringant pachyderme bien fringué.
- Ça ne durera pas. Viendront supplice
Et torture qui vont vite te flinguer
L’esprit car Il t’oubliera, ce bon monarque,
Ou ne te verra plus quand impertinents
Et arrivistes voulant qu’on les remarque
Pousseront leur avantage, ces manants.
- Paillasson édenté, que veux-tu donc dire ?
- Ces mots que nul n’a jamais pu contredire :
“Du désir de paraître heureux aux yeux
Des autres naît le grand malheur de tant d'Hommes ;
Du souhait de ne pas être malheureux
Naît de grandes douleurs chez bon nombre d’Hommes…” »
lundi 8 février 2021
dimanche 7 février 2021
JOUER DES HAÏKU’DEUX
Je préfère qu'on mette les coudes sur la table plutôt que les pieds dans le plat.
APPARUT LE VISAGE DE POSÉÏDON
D’après une photo de Marc Rivrin
La tempête faisait rage battant la côte
D’embruns déchaînés, de trombes d’eau tourmentées,…
Quand surgit le visage du dieu, cet hôte
Des flots encolérés, flux désorientés.
Avec sa haute couronne en gerbes d’écume
Il a une tête un brin bonhomme, ce roi,
Prenant d’assaut un rivage en plein désarroi,
Le fracassant comme marteau frappe l’enclume.
Il écrase ce bas monde de sa majesté,
De son ire divine qui tourne au délire
Dans un tumulte qui nous fait cesser d’exister.
samedi 6 février 2021
HAÏKU LITTÉRAIRE
Ce n’est pas parce que j’écris dans des genres que l’on qualifie ordinairement de « niches », que je suis plus cabot pour autant. Je me contente de rester chien !
vendredi 5 février 2021
GROSS’HAÏKU PURE ?
Mes droits d’auteur, pour l'heure, ne perchent pas bien haut et ne risquent pas de me monter à la tête !
LES DEUX COMPARSES
Petite fable affable d’après Le loup & le renard
d’A. Vitallis (Fables, III, 17)
Car même en nos taillis on vieillit
Et qu'un chasseur ne peut se nourrir que d’épeautre,
Un loup et un renard étaient de compagnie.
La force de l’un aidait la ruse de l’autre
Faisant donc que ce bon couple d’apôtres
Ravageait les hameaux et fermes du pays.
N’en venaient hélas à bout ni piège ni chasse.
Le temps passant, le succès le grisant,
Le loup se convainquit que paysans
Pâtissaient de sa vigueur et de son audace,
Non d’astuces de son insuffisant
Compagnon, si petit qu'il en était cocasse.
Dans le même temps, le goupil finit
Par croire que seuls tous ses trucs et stratagèmes
Assuraient au duo l’indéfinie
Fortune qui était sienne. Énième
Preuve que l’esprit vaut, et sans déni,
Mieux que muscles seuls, sinon on fait carême.
Un beau soir, pour leur razzia du jour,
Ils se séparent : Ysengrin indique une route
Où rets guettent le roué qui, pas gourd,
Lui dit une sente où chiens le déroutent.
Ainsi leur histoire, et leur vie, tourna court
Car comme le dit ce conte mais l'on sen doute :
Qualités bien associées mènent plus loin
Que talents que l’Envie aurait, hélas, disjoints.
jeudi 4 février 2021
mercredi 3 février 2021
FIN DE NUIT BLANCHE
À Marc-Yvan Custeau,
méli-mélo de mots d’après quelques-unes de ses photos
où tout n'est que calme hivernal, luxe floconneux et volupté immaculée
Non loin, en pénitents encapuchonnés,
Les sapins se sont drapés, comme la ville,
D’un blanc froid que la nuit a posé, habile,
Sur ses bruits, sur sa vie abandonnée…
L’aube n’a pas encore passé ses hardes.
Le silence est tombé, en chape de plomb.
Dans les halos des lumières blafardes,
Agressives de réverbération,
Le dessin hésitant d’une rue hagarde,
Des esquisses d’autos,… Sans vibration.
D’un horizon dru, laiteux, perce l’aurore.
Mais tout n’est qu’amas, au plus, tout n’est que tas.
Sous ce linceul épais dort, triste constat,
L’endroit, attendant le jour qui va éclore.
Dans cette solitude pas un passant ;
Un passeur en quête du cliché à prendre,
Voulant saisir l’instant dans le vent glaçant,
L'improbable moment qui va nous surprendre…
Soudain, un porche est pris sous le poids pesant
D’une neige écrue qui a su, aussi, prendre
Et figer les alentours agonisants.
Sous le porche, est allumée une lumière
Jaune et chaude, comme une invitation
À entrer au chaud de l’habitation.
C’est, dans les mœurs d’ici, us coutumières.
Alors que luit cette nacre glacé,
Au dehors, un feu de cheminée brûle,
Dedans. On voudrait s’y lover, délassé,
Et se blottir en pyjama ridicule,
Là, au plus douillet de cette intimité
Si suave, on sait se faire minuscule
Pour y savourer sa douceur ouatée…
Le levant dévoile d’antiques marbres
Tant la neige a déversé à foison
Sa mortifère et immaculée toison
Figeant, las, jusqu’à la majesté des arbres…
mardi 2 février 2021
lundi 1 février 2021
LE CHIEN & L’ÂNE
Petite fable affable
Un mâtin tirait sur sa chaîne de l’aube au soir
En geignant : « Je suis l’esclave honni de l’ingrate
Humanité, tout juste bon à gueuler, sans surseoir,
Contre les piafs volant graines aux pécores qui grattent
La Cour ou le vagabond qu’égare sa faim.
On me lâche à la nuit dans l’enclos pour faire
Fuir quelque vil renard, rusé mais pas fin,
Qui croyait ici flairer une bonne affaire.
Et tout ça pour un bol d’eau claire, Mon Ami,
Et des viandes jà rognées plus qu’à demi !
- Que devrais-je donc dire ! réplique alors l’âne,
Moi qui n’ai pour picotin qu’herbe de fossés
À glaner sans freiner, à moins de coups de canne,
Mon bon pas qui au printemps mène au marché,
Sous la pluie, sacs d’herbes et de fleurs ; qui ensuite
Y porte, sous le soleil de l’été revenu,
Cabas de légumes sous sèche conduite.
Puis vient l’automne avec ses vents sans retenue,
Où des paniers de fruits j’y convoie sous austère
Férule. Enfin arrivent les neiges d’hiver,
Par lesquelles de lourds tombereaux, non de terre
Mais de fumier, je mène où étaient près verts.
- Allons, tu peux vaquer toi, quand cour ou clôt bornent
Ma vie : personne n’aime être entravé, l’Ami !
- Maître te soigne mieux que sa maritorne !
- Mais nul ne veut porter les fers de l’infamie !
- Si on craint ta chaîne qu’il se peut que tu brises,
Qui plaint donc ma peine qui fait qu’on me méprise ? »
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