Qui passe la main n’est pas forcément caressant.
Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques
parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…
mardi 21 mai 2019
LA BERNACHE BRAVACHE
Petite fable affable d’après (J.-B.-)Victor de Perrodil (1862)
Aux confins d’un lac une bernache snobait
Le monde qui venait admirer bouche bée
Sa beauté, sa taille et son port. Dame Nature
A été généreuse avec cette créature
Qui en est rendue prétentieuse à souhait.
À tous ceux qui la « badent », de l’élan, benêt
S’il en est, aux industrieux castors des mares
Elle tonitrue dans un bruyant tintamarre :
« Qui plus est je nage avec grâce dans les eaux,
Marche avec élégance au sol et si mes os
Risquent gros, bellement vers les nues je m’envole.
Qui parmi vous, les laiderons, les malivoles,
Peut, sans paraître ridicule, en dire autant ?
- À dix métiers, dix misères comme antan
Disait mon père, lui répliqua sans finesse
Un lemming. Tu braies et, aussi sotte qu’une ânesse,
Te pares de talents pour nous faire pâmer…
- Ta jalousie, l’ami, est défaut à blâmer…
- Ton arrogant mépris, Mère l’Oye, m’indispose
Car tu oublies que faire ici beaucoup de choses
Tant bien que mal ne vaut presque rien :
Mieux vaut n’en faire qu’une et la faire bien ! »
lundi 20 mai 2019
dimanche 19 mai 2019
FRUITS DE MER
La mer est grosse de rêves d’enfants.
Cette mer-là est toute de tropiques
Et d’horizons aux vents ébouriffants,
Où se vivent tous les songes épiques
Que l’on fait parfois à trop regarder
Le bleu du ciel, à trop cafarder…
Les bateaux tracent des sillons d’écume
À labourer sans cesse tous ces flots,
Semant quelques cales pleines d’agrumes
Et de grumes, d’épices en ballots,
Moissonnant des grains déchirant les voiles,
Et engrangeant des brillements d’étoiles…
Car les souffles sont pleins de rires d’enfants,
Qu’ils courent, vous caressent ou tempêtent ;
Ils jouent du buccin ou de l’olifant
Comme on le fait parfois d’une trompette,
Cornant aux nues, déchirant les cieux,
Balayant, apostrophant les dieux…
On sait que là, sans fin, les fils d’Éole
Sont chargés de parfums de ces ailleurs
Où le regard jamais ne s’étiole,
S’embrasant, ne voyant que le meilleur
Où qu’il se perde un peu, où qu’il se pose,
Dans cette nouveauté qu’a toute chose…
Cette mer-là est toute de tropiques
Et d’horizons aux vents ébouriffants,
Où se vivent tous les songes épiques
Que l’on fait parfois à trop regarder
Le bleu du ciel, à trop cafarder…
Les bateaux tracent des sillons d’écume
À labourer sans cesse tous ces flots,
Semant quelques cales pleines d’agrumes
Et de grumes, d’épices en ballots,
Moissonnant des grains déchirant les voiles,
Et engrangeant des brillements d’étoiles…
Car les souffles sont pleins de rires d’enfants,
Qu’ils courent, vous caressent ou tempêtent ;
Ils jouent du buccin ou de l’olifant
Comme on le fait parfois d’une trompette,
Cornant aux nues, déchirant les cieux,
Balayant, apostrophant les dieux…
On sait que là, sans fin, les fils d’Éole
Sont chargés de parfums de ces ailleurs
Où le regard jamais ne s’étiole,
S’embrasant, ne voyant que le meilleur
Où qu’il se perde un peu, où qu’il se pose,
Dans cette nouveauté qu’a toute chose…
samedi 18 mai 2019
vendredi 17 mai 2019
LE LOUP & LA DEMOISELLE
Petite fable affable,
D’après Le Loup & l’agneau de J. de La Fontaine (Fables, I, 10)
sur une idée d’Anne C.
La raison du plus fort est-elle la meilleure ?
Nous l’allons, amis, voir sur l’heure.
Une brunette se baignait
Dans les flots d’une onde peu sûre.
Un loup vint, côté guilleri faisant ceinture,
Quand Eros ce doux lieu imprégnait.
« C’est folie de te montrer nue en ces parages !
Dit ce paillard prêt à l’outrage.
Je vais habiller, moi, céans, ta nudité.
- Sire, répond-elle, chaste je n’ai été
Que ce temps que l’on dit « scolaire »
Et par là qu’il me considère
Comme une experte de haut rang,
Au demeurant,
Pour les choses que les femelles
De sa race, dit-on, font sans goût ni façon
Quoique vous soyez polisson.
- Peu me troubles, fait-il la lippe sensuelle,
Crois-tu qu’en disant ça tu vas pas y passer ?
- Vous y risqueriez une santé fanée,
Reprend la fille, vous qu’on dit pépère.
- Mais qu’est-ce donc que tu espères ?
- La pâmoison.
- Soit, puisque tu y tiens
Car je ne les épargne guère :
Aux femmes, aux filles je fais grand bien.
Allez, viens ici que je t’arrange ! »
Mais notre faune des forêts
S’épuisa à ce challenge
Et, las, mourut de ces excès.
jeudi 16 mai 2019
HAïKU D’ANNA GRAM
Après la génération « Balance ton corps ! » voici les années « Balance ton porc ! »
mercredi 15 mai 2019
EN QUATRE TEMPS
Du babil céleste à l’oraison funeste,
Nous parcourons, pas à pas, prou lent ou preste ,
En aller sans retour, nos quatre saisons :
De ce printemps où fleurissent joies et peines,
À la ronde d’heurs d’été en déraison,
De l’automne où le sablier perd haleine
Jusqu’à l’hiver où le présent n’est plus fertile graine.
De la première heure aux jours derniers
Du terrestre séjour, doit-on le nier,
Nous escaladons, une à une, les marches
Des ans, à tâtons, à quatre pattes après,
Sur deux jambes ensuite, en fière démarche,
Et puis sur trois si l’on sait le temps d’après,
Menant à l’ultime palier du viret .
Du premier coup d’œil au dernier regard,
Nous poussons des portes sans égard, hagards
Ou prudents, fermons mal contents nos oreilles
Ou ouvrons notre esprit, en dansant sur le fil
Du temps, entre lumière au soleil pareille
Et ombres plus noires que nuit, face ou profil
D’une vie où le doutes nous est faufil.
De certitudes en questions, plus malhabiles
Et hésitants nous courons, nous échauffant la bile
Ou le rêve en sautoir, vers l’unique toujours
Qui s’impose à nos chemins, vaines impasses
Au cours de ces aiguilles qui sont l’ajour
D’une horloge qui fait que tout lasse et passe,
Où répit et repos n’ont plus guère d’espace…
Nous parcourons, pas à pas, prou lent ou preste ,
En aller sans retour, nos quatre saisons :
De ce printemps où fleurissent joies et peines,
À la ronde d’heurs d’été en déraison,
De l’automne où le sablier perd haleine
Jusqu’à l’hiver où le présent n’est plus fertile graine.
De la première heure aux jours derniers
Du terrestre séjour, doit-on le nier,
Nous escaladons, une à une, les marches
Des ans, à tâtons, à quatre pattes après,
Sur deux jambes ensuite, en fière démarche,
Et puis sur trois si l’on sait le temps d’après,
Menant à l’ultime palier du viret .
Du premier coup d’œil au dernier regard,
Nous poussons des portes sans égard, hagards
Ou prudents, fermons mal contents nos oreilles
Ou ouvrons notre esprit, en dansant sur le fil
Du temps, entre lumière au soleil pareille
Et ombres plus noires que nuit, face ou profil
D’une vie où le doutes nous est faufil.
De certitudes en questions, plus malhabiles
Et hésitants nous courons, nous échauffant la bile
Ou le rêve en sautoir, vers l’unique toujours
Qui s’impose à nos chemins, vaines impasses
Au cours de ces aiguilles qui sont l’ajour
D’une horloge qui fait que tout lasse et passe,
Où répit et repos n’ont plus guère d’espace…
mardi 14 mai 2019
lundi 13 mai 2019
HAÏKU DE BISTOURI
Envie d’un lifting ? Essayez une méthode gratuite et naturelle : la fatigue.
Avec elle vous êtes sûr(e) d’avoir les traits tirés… et vite !
OVINS ?… L’IVRESSE !
Edito’ pour RuedesFables, janvier 2019
Quoique mystique, ce n’était pas un agneau, Pascal !… Et avant que d’être un des moins crottés des mathématiciens philosophes, il fut surtout un mouton noir janséniste pour son temps qui vouait à Panurge toutes les ouailles parquées à l’enclos de la monarchie absolue de droit d’ovin. J. De La Fontaine, autre mouton à cinq pattes n’était pas mieux vu. Certes, avec ses fables il semblait filer doux depuis que ses contes roses avaient chahuté un peu trop un monarque qui, quoique Soleil, n’était en rien une lumière. Il avait donc failli connaître de près la honte d’une tonte à la mode de La Bastille voire un exil vers l’asile de verts pâturages fort éloignés car son souverain ne laissait pas pisser le Mérinos pour tout. Ayant la houlette pis que faux sur son troupeau, il ne jouait du pipeau que sur l’air de « chacun chez soi et les moutons seront bien gardés » comme aurait - presque - dit Florian, ce berger-là.
On le sait bien à RuedesFables, notre bercail, qui aime à faire défiler le fablier du temps qui court pour nous permettre d’être toujours à l’alpage, est des plus variés. Mais brebis vêlante, brebis bêlante, le conteur-penseur des temps jadis, passeur avant tout, même s’il ne pouvait être un mouton blanc, doux comme un agneau, se devait de se conformer aux voeux de l’Église et aux volontés du Roi s’il voulait avoir vie longue et si possible paisible. Si on lit entre ses lignes, on le trouve rebelle à souhait et mutin en diable sous les apparences convenues d’une servile soumission aux convenances et aux conventions. Et même si « mieux vaut vivre un jour comme un lion que cent ans comme un mouton », comme le prétend le proverbe italien, la « Philosophie », si noble jeu de saute-mouton intellectuel, n’a-t-elle pas été introduite dans les lycées par l’inventeur de cette institution, Napoléon Bonaparte soi-même ? Et on ne peut pas dire que ce fut le plus grand défenseur de la liberté d’expression, agnelet comme un pou de surcroît mais pas du genre à se désaltérer « dans le courant d’une onde pure ». Il n’y a pas de quoi faire un fromage, direz-vous. Mais non ?… Méchoui, ma’ bêle !
Comme dirait « le Guide du Broutard », un vrai philosophe bien en selle comme un authentique fabuliste carré se doit donc d’être une brebis égarée dans les méandres de la pensée libre ou, au mieux, de la libérer : il doit déranger les vies trop rangées et les rangées trop bien arrangées quitte à courir sur le haricot. Il en devient de fait, soit-il frisé comme un mouton, une brebis galeuse comme toute brebis du Bon Dieu se devrait d’être au lieu de se laisser tondre ou égorger comme un mouton par les lieux communs et autres idées reçues. Vivons dans l’amour pas dans la laine… Bon, revenons à nos moutons : un facteur d’apologues digne de ce nom, surtout né sous le signe du bélier comme votre serviteur, doit avoir pour maxime : « Si tu es loup, je me ferai mouton… et si tu es mouton, je me ferai loup » et laisser compter les moutons à d’autres qui veulent se laisser ensommeiller par le train-train ronronnant auquel la « Société » les a aliénés et par le stress trépidant de ce temps moutonnier tout en strass comme disait Strauss. Pas Levi’s mais Johan. À ce titre, mouton d’or il devient mouton de choc. C’est chic malgré l’astrakan dira-t-on. Eh bé, rien à voir avec un animal innocent dont témoigne la toison immaculée souventesfois mise en scène comme une bête suiveuse - moutonnière, quoi ! - ou passive en son pré pas toujours salé, une douce et innocente victime de toutes les violences voire toutes les haines vierges de compromis au bon goût - persillé, bien sûr ! - de « revenez-y ». En buvant du petit lait, paissons en paix et retournons donc à nos moutons mais, que vois-je à l’horizon ?… Voilà que je suis obligé de vous laisser sur votre fin… ou plutôt la mienne car j’ai trop ruminé déjà avec cette bande d’ongulés et vous en ait trop tanné la basane.
Sur ce, après un dernier petit coup d’agnelle derrière la glotte, fabuleusement vôtre, mes agnelles et autres navarins qui les suivez comme des moutons et souvenez-vous comme l’a dit le grand Albert : « Pour être un membre irréprochable parmi une communauté de moutons, il faut avant toute chose être soi-même un mouton. »
On le sait bien à RuedesFables, notre bercail, qui aime à faire défiler le fablier du temps qui court pour nous permettre d’être toujours à l’alpage, est des plus variés. Mais brebis vêlante, brebis bêlante, le conteur-penseur des temps jadis, passeur avant tout, même s’il ne pouvait être un mouton blanc, doux comme un agneau, se devait de se conformer aux voeux de l’Église et aux volontés du Roi s’il voulait avoir vie longue et si possible paisible. Si on lit entre ses lignes, on le trouve rebelle à souhait et mutin en diable sous les apparences convenues d’une servile soumission aux convenances et aux conventions. Et même si « mieux vaut vivre un jour comme un lion que cent ans comme un mouton », comme le prétend le proverbe italien, la « Philosophie », si noble jeu de saute-mouton intellectuel, n’a-t-elle pas été introduite dans les lycées par l’inventeur de cette institution, Napoléon Bonaparte soi-même ? Et on ne peut pas dire que ce fut le plus grand défenseur de la liberté d’expression, agnelet comme un pou de surcroît mais pas du genre à se désaltérer « dans le courant d’une onde pure ». Il n’y a pas de quoi faire un fromage, direz-vous. Mais non ?… Méchoui, ma’ bêle !
Comme dirait « le Guide du Broutard », un vrai philosophe bien en selle comme un authentique fabuliste carré se doit donc d’être une brebis égarée dans les méandres de la pensée libre ou, au mieux, de la libérer : il doit déranger les vies trop rangées et les rangées trop bien arrangées quitte à courir sur le haricot. Il en devient de fait, soit-il frisé comme un mouton, une brebis galeuse comme toute brebis du Bon Dieu se devrait d’être au lieu de se laisser tondre ou égorger comme un mouton par les lieux communs et autres idées reçues. Vivons dans l’amour pas dans la laine… Bon, revenons à nos moutons : un facteur d’apologues digne de ce nom, surtout né sous le signe du bélier comme votre serviteur, doit avoir pour maxime : « Si tu es loup, je me ferai mouton… et si tu es mouton, je me ferai loup » et laisser compter les moutons à d’autres qui veulent se laisser ensommeiller par le train-train ronronnant auquel la « Société » les a aliénés et par le stress trépidant de ce temps moutonnier tout en strass comme disait Strauss. Pas Levi’s mais Johan. À ce titre, mouton d’or il devient mouton de choc. C’est chic malgré l’astrakan dira-t-on. Eh bé, rien à voir avec un animal innocent dont témoigne la toison immaculée souventesfois mise en scène comme une bête suiveuse - moutonnière, quoi ! - ou passive en son pré pas toujours salé, une douce et innocente victime de toutes les violences voire toutes les haines vierges de compromis au bon goût - persillé, bien sûr ! - de « revenez-y ». En buvant du petit lait, paissons en paix et retournons donc à nos moutons mais, que vois-je à l’horizon ?… Voilà que je suis obligé de vous laisser sur votre fin… ou plutôt la mienne car j’ai trop ruminé déjà avec cette bande d’ongulés et vous en ait trop tanné la basane.
Sur ce, après un dernier petit coup d’agnelle derrière la glotte, fabuleusement vôtre, mes agnelles et autres navarins qui les suivez comme des moutons et souvenez-vous comme l’a dit le grand Albert : « Pour être un membre irréprochable parmi une communauté de moutons, il faut avant toute chose être soi-même un mouton. »
dimanche 12 mai 2019
samedi 11 mai 2019
MON ENFANCE
D’après Mon Enfance de Barbara
Non, je ne suis pas revenu
Dans ce petit coin vert perdu
Où s’est écoulée mon enfance.
Non, je n’ai pas voulu revoir
Garonne où se pose le soir
Pour pousser enfin au silence
L’autan et les autres vents
Rôdant aux prés.
Sur ces rives, sénescent,
Court mon passé.
Je fuis ces berges verdoyantes
Où traîne la trace de mes pas
Qui, dans mes souvenirs me hantent
Et se refusent à tout trépas
Sous l’ombre grise de ces arbres
Où s’endormaient bien des odeurs,
Où se sont perdus quelques pleurs.
Mes pleurs.
C’est que je n’ai pas assez d’écorce,
Que c’est au-dessus de mes forces,
De replonger dans mon enfance,
De retourner dessous ses cieux,
Même un seul jour, et même un peu :
La Faux m’a pris mon innocence
À plus de cinquante ans. En prose.
Je n’veux plus voir
La maison, son jardin, ses roses,…
Je n’peux plus voir
Où sont restés mes jeux d’enfants,
Où jaillissaient mes rires clairs
De p’tit espoir en rêves grands.
J’ai perdu à jamais cet hier,
L’insouciance des peaux-rouges
Fendant les mais et les blés
En quête d’horizons à cibler.
Hélas,
Si j’ai fait quelques guerres là,
C’était à pleine vie, à pleine voix,
Comme on n’en vit que dans l’enfance ;
Si j’ai fait quelques guerres là,
C’était à des ombres à clair’-voie.
Si j’ai fait quelques guerres là,
C’était du printemps au grand soleil,
De ces guerres jamais perdues
Et qui tuent le temps à merveille,
Mais n'tuent que lui, sans retenue,
Jusqu’à ce que reviennent septembre,
Les feuilles mortes écrasées
Et les marrons qu’on énoisait.
Hélas.
Je ne pourrais jamais revenir
À l’heure de mes souvenirs,
Aux ans de mon enfance,
Au temps où s’ouvrait l’avenir,
À l’âge où les songes soupirent,
Où l’enfant se crée des empires
Où sa vie n’est jamais amère,
Où son étoile déjà luit
Sur des lendemains sans brumaire
Ni frimaire, pas indécis
Ni incertain, jamais le pire
Que le meilleur de la jeunesse,
Tout en joies, sans peur ni détresse…
Hélas.
Je ne serai pas revenu,
Là-bas, tout au coin de ma rue.
Les jours, les nuits sont une offense
Au passé qui désormais ici
Gît et, pis, s'y silicifie.
Où elle se meurt mon enfance…
Dans ce petit coin vert perdu
Où s’est écoulée mon enfance.
Non, je n’ai pas voulu revoir
Garonne où se pose le soir
Pour pousser enfin au silence
L’autan et les autres vents
Rôdant aux prés.
Sur ces rives, sénescent,
Court mon passé.
Je fuis ces berges verdoyantes
Où traîne la trace de mes pas
Qui, dans mes souvenirs me hantent
Et se refusent à tout trépas
Sous l’ombre grise de ces arbres
Où s’endormaient bien des odeurs,
Où se sont perdus quelques pleurs.
Mes pleurs.
C’est que je n’ai pas assez d’écorce,
Que c’est au-dessus de mes forces,
De replonger dans mon enfance,
De retourner dessous ses cieux,
Même un seul jour, et même un peu :
La Faux m’a pris mon innocence
À plus de cinquante ans. En prose.
Je n’veux plus voir
La maison, son jardin, ses roses,…
Je n’peux plus voir
Où sont restés mes jeux d’enfants,
Où jaillissaient mes rires clairs
De p’tit espoir en rêves grands.
J’ai perdu à jamais cet hier,
L’insouciance des peaux-rouges
Fendant les mais et les blés
En quête d’horizons à cibler.
Hélas,
Si j’ai fait quelques guerres là,
C’était à pleine vie, à pleine voix,
Comme on n’en vit que dans l’enfance ;
Si j’ai fait quelques guerres là,
C’était à des ombres à clair’-voie.
Si j’ai fait quelques guerres là,
C’était du printemps au grand soleil,
De ces guerres jamais perdues
Et qui tuent le temps à merveille,
Mais n'tuent que lui, sans retenue,
Jusqu’à ce que reviennent septembre,
Les feuilles mortes écrasées
Et les marrons qu’on énoisait.
Hélas.
Je ne pourrais jamais revenir
À l’heure de mes souvenirs,
Aux ans de mon enfance,
Au temps où s’ouvrait l’avenir,
À l’âge où les songes soupirent,
Où l’enfant se crée des empires
Où sa vie n’est jamais amère,
Où son étoile déjà luit
Sur des lendemains sans brumaire
Ni frimaire, pas indécis
Ni incertain, jamais le pire
Que le meilleur de la jeunesse,
Tout en joies, sans peur ni détresse…
Hélas.
Je ne serai pas revenu,
Là-bas, tout au coin de ma rue.
Les jours, les nuits sont une offense
Au passé qui désormais ici
Gît et, pis, s'y silicifie.
Où elle se meurt mon enfance…
vendredi 10 mai 2019
jeudi 9 mai 2019
LES BÊTES & LE FABULISTE
Petite fable affable d’après L’âne & le fabuliste
de (Jean-Baptiste-)Victor de Perrodil (1862)
« Depuis que j’ai bu l’onde chez votre La Fontaine,
Me dit un un gros Loup gris courant la prétentaine,
Vous ne m’épargnez guère vous et vos écrits :
Je ne suis plus qu’un ogre à fuir à grands cris.
- Et moi donc, fit un âne arrivant à l’improviste
Je passe pour sot à cause de fabulistes
Qui ne sachant rien de mes mœurs et de ma vie
Me voudraient bêta, me dénigrant à l’envie ! »
Puis ce furent l’oie et toute la cour de Sire
Coq qui, là, en vinrent à deux doigts de m’occire.
Plus je présentais de plates excuses à tous,
Plus il me venait de mécontents, de grognous
Chez ces animaux parmi lesquels je fais provende
D’acteurs pour mes apologues de contrebande.
À la parfin, cerné de cent récriminants
Formant meute, de bestioles ruminant
Leur rancœur et l’herbe que je foulais, de fauves
Prêts à me courir sus, moi, les jambes en guimauve
Je ne sus que répliquer : « Vous donnant déjà
La parole, je ne vous savais, vrai goujat,
Point aptes à lire mes petites mises en scène,
Ces contes où vous n’apparaissez point tant obscènes
Que les humains que je fais moins blancs que bichons.
- Ah ça, c’est à voir ! grogna le cochon rochon.
- N’étant point un de nos savants naturalistes,
Je suis obligé, quand je choisis sur ma liste,
De vous attribuer les caractère et traits
Qui font votre réputation, votre attrait,…
- C’est comme cela que se perpétuent mensonges
Et préjugés, me fit un renard. Mais j’y songe :
Si tu as pour règle de réhabiliter,
Désormais, l’ami, nos us au lieu d’habiter
Les lieux communs peut-être que, sans courbette,…
- Je n’y gagnerai rien. Et vous pas plus, bêtes !
Le public déçu vous enterrerait, passés
De mode, parasites bons à trépasser,
Esclaves destinés au joug et à la coutelle,…
Même si, certes sans finesse ni dentelle,
J’use de vous pour rire de mes pairs, ce sort
Me dit un un gros Loup gris courant la prétentaine,
Vous ne m’épargnez guère vous et vos écrits :
Je ne suis plus qu’un ogre à fuir à grands cris.
- Et moi donc, fit un âne arrivant à l’improviste
Je passe pour sot à cause de fabulistes
Qui ne sachant rien de mes mœurs et de ma vie
Me voudraient bêta, me dénigrant à l’envie ! »
Puis ce furent l’oie et toute la cour de Sire
Coq qui, là, en vinrent à deux doigts de m’occire.
Plus je présentais de plates excuses à tous,
Plus il me venait de mécontents, de grognous
Chez ces animaux parmi lesquels je fais provende
D’acteurs pour mes apologues de contrebande.
À la parfin, cerné de cent récriminants
Formant meute, de bestioles ruminant
Leur rancœur et l’herbe que je foulais, de fauves
Prêts à me courir sus, moi, les jambes en guimauve
Je ne sus que répliquer : « Vous donnant déjà
La parole, je ne vous savais, vrai goujat,
Point aptes à lire mes petites mises en scène,
Ces contes où vous n’apparaissez point tant obscènes
Que les humains que je fais moins blancs que bichons.
- Ah ça, c’est à voir ! grogna le cochon rochon.
- N’étant point un de nos savants naturalistes,
Je suis obligé, quand je choisis sur ma liste,
De vous attribuer les caractère et traits
Qui font votre réputation, votre attrait,…
- C’est comme cela que se perpétuent mensonges
Et préjugés, me fit un renard. Mais j’y songe :
Si tu as pour règle de réhabiliter,
Désormais, l’ami, nos us au lieu d’habiter
Les lieux communs peut-être que, sans courbette,…
- Je n’y gagnerai rien. Et vous pas plus, bêtes !
Le public déçu vous enterrerait, passés
De mode, parasites bons à trépasser,
Esclaves destinés au joug et à la coutelle,…
Même si, certes sans finesse ni dentelle,
J’use de vous pour rire de mes pairs, ce sort
Vaut toujours mieux que l’oubli ou que la mort ! »
mercredi 8 mai 2019
mardi 7 mai 2019
ENTRE PREMIERS VOISINS
Cycle toulousain
Ba, quand t’habites à Pimpous,
Les gafets un brin merdous,
Dins lo prat que l’été vous agace,
Te vont tuter les grillons
En attendant le graillon,
Ou caillasser, un pao, l’agasse…
« Sont timbours aquellos pichonets,
Et n’ont pas la cuque ni la cagne
Per los conarios mais s’il fait frisquet,
Alors, pour rentrer, vaï, ils se magnent ! »
Car quand t’habites à Pimpous,
Entre les gats et les gous,
Caps pelats, los pépis te ressèguent
Leur éternelle canson
Et, sorties de leur canton,
Les ménines ont les poutous qui pèguent.
« - Ache sa trougne renfrognée !
- Oc, c’est moins vaillant que gargamelle
Et es un con : ‘faut se le cogner !
- Es qualqu’una la sienne fumelle ! »
Mais quand t’habites à Pimpous,
On te moque les ritous
Dont les bonnes font, et sans esbroufe,
Défont aussi les pieux
Mais, aux plus audacieux
Putaniers, te baillent des bouffes…
« Coquin de sort, j’ai un pet de travers !
- Tout te porte peine et ça me gave !
- Pardi, toi, tu ris quand t’as des vers !
- Toi t’es cussou et vraiment trop brave ! »
Oc, quand t’habites à Pimpous,
Pelharot comme un gitous,
Tu ne peux qu’espincher les mirguallettes
Et, quitte à faire mouner,
Et, béléou, s’escaner,
Tu galèjes et ris avec ces caillettes…
« Tu, un home ?!… Ça ditz ! M’estoufi !
C’est à s’en taper le cul par-terre !
Je te flanquerai une rouste, bouffi,
Car des goujats, j’en ai une hartère ! »
On te moque les ritous
Dont les bonnes font, et sans esbroufe,
Défont aussi les pieux
Mais, aux plus audacieux
Putaniers, te baillent des bouffes…
« Coquin de sort, j’ai un pet de travers !
- Tout te porte peine et ça me gave !
- Pardi, toi, tu ris quand t’as des vers !
- Toi t’es cussou et vraiment trop brave ! »
Oc, quand t’habites à Pimpous,
Pelharot comme un gitous,
Tu ne peux qu’espincher les mirguallettes
Et, quitte à faire mouner,
Et, béléou, s’escaner,
Tu galèjes et ris avec ces caillettes…
« Tu, un home ?!… Ça ditz ! M’estoufi !
C’est à s’en taper le cul par-terre !
Je te flanquerai une rouste, bouffi,
Car des goujats, j’en ai une hartère ! »
lundi 6 mai 2019
dimanche 5 mai 2019
LE CAFARD CAFARDEUX
Petite fable affable
Indolence, procrastination
Paraissent tout à plein insupportables
À qui sait qu’un petit peu d’action
Ou, mieux, une saine réaction
Change en situation acceptable
Ce qui, de prime abord, est contestable…
Un cafard aurait bien voulu
Botteculer ses rejetons ignares,
Après avoir, de force forcé, lu
Leurs résultats scolaires, chose rare
Chez lui : quelle idée avait donc
Traversé son esprit alors ?… Mystère !
Il était, las, prompt à jouer du jonc
Sur le dos de ses gnares, cet austère
Mais là, les postério-propulser
Pourrait peut-être enfin leur impulser
L’élan nécessaire et explicite
Au bon travail et à la réussite…
Pareille idée faisait grogner et gronder
Ces gredins, et tous les censeurs bégueules,
Pour qui la fessée est acte infondé
Et violence le moindre coup de gueule.
Et notre blatte voulait en pousser
À ouïr qui, à chaque réprimande,
Ne s’explique que d’un banal « Je sais ! »,
Laconique et lassé, sans autre amende
Honorable, n’ayant guère d’effet
Sur l’avenir quand un simple « Je fais ! »
Pouvait tout changer à l’état des choses
Sans qu’on y ajoute sermon ni glose.
Paraissent tout à plein insupportables
À qui sait qu’un petit peu d’action
Ou, mieux, une saine réaction
Change en situation acceptable
Ce qui, de prime abord, est contestable…
Un cafard aurait bien voulu
Botteculer ses rejetons ignares,
Après avoir, de force forcé, lu
Leurs résultats scolaires, chose rare
Chez lui : quelle idée avait donc
Traversé son esprit alors ?… Mystère !
Il était, las, prompt à jouer du jonc
Sur le dos de ses gnares, cet austère
Mais là, les postério-propulser
Pourrait peut-être enfin leur impulser
L’élan nécessaire et explicite
Au bon travail et à la réussite…
Pareille idée faisait grogner et gronder
Ces gredins, et tous les censeurs bégueules,
Pour qui la fessée est acte infondé
Et violence le moindre coup de gueule.
Et notre blatte voulait en pousser
À ouïr qui, à chaque réprimande,
Ne s’explique que d’un banal « Je sais ! »,
Laconique et lassé, sans autre amende
Honorable, n’ayant guère d’effet
Sur l’avenir quand un simple « Je fais ! »
Pouvait tout changer à l’état des choses
Sans qu’on y ajoute sermon ni glose.
samedi 4 mai 2019
vendredi 3 mai 2019
CLIN D’ŒIL
Nouvelle version
Depuis toujours,
Au chaud pays de la muscade,
Quand reviennent mascarades,
Au long du jour,
La parade qui cavalcade
N’est que jeux, joies et pétarades…
En brefs séjours,
Les zinzins du canton scintillent,
Chantent en défilés qui brillent…
À Contrejour,
Des confettis en embuscade,
Des serpentins en débandade,
Pour tout bonjour.
Robes tout d’ajours,
Tout est farce. Le strass habille
Le stress qui, dès lors, se gambille.
Aux bell’-de-jour,
Folies, furie, fougue, fièvre,…
Aux gars rire et sourire aux lèvres :
Bonheur du jour !
À demi-jour,
Crient des travestis éphémères,
Jouent les langues de belles-mères.
Dans le faux-jour,
Volent paillettes de lumières
Qui font oublier chaumières
Et abats-jour…
C’est bref séjour
Dans la débauche des masques
Et le carrousel de cent basques !
Au point du jour
S ‘éteignent les feux et la transe,
Délires, sarabande et danses
Sur un bonjour…
Au chaud pays de la muscade,
Quand reviennent mascarades,
Au long du jour,
La parade qui cavalcade
N’est que jeux, joies et pétarades…
En brefs séjours,
Les zinzins du canton scintillent,
Chantent en défilés qui brillent…
À Contrejour,
Des confettis en embuscade,
Des serpentins en débandade,
Pour tout bonjour.
Robes tout d’ajours,
Tout est farce. Le strass habille
Le stress qui, dès lors, se gambille.
Aux bell’-de-jour,
Folies, furie, fougue, fièvre,…
Aux gars rire et sourire aux lèvres :
Bonheur du jour !
À demi-jour,
Crient des travestis éphémères,
Jouent les langues de belles-mères.
Dans le faux-jour,
Volent paillettes de lumières
Qui font oublier chaumières
Et abats-jour…
C’est bref séjour
Dans la débauche des masques
Et le carrousel de cent basques !
Au point du jour
S ‘éteignent les feux et la transe,
Délires, sarabande et danses
Sur un bonjour…
jeudi 2 mai 2019
mercredi 1 mai 2019
HAÏKU D’AIGUILLE
Certains dires sont un tissu de mensonges qui ne font pas dans la dentelle.
Il n’y a pas à broder là dessus !
QUAND LA NOTE EST SALÉE, ‘FAUT SE SUCRER !
Petite fable affable
Un renard fut nommé pédagogue des bois.
Rien n’expliquait ce fort étrange choix
Sauf que ses bons services ne coûtaient guère,
Qu’on ne le payait qu’après qu’il eut fait guerre
De siège répétée au comptable hibou.
Renfrogné ou rechigné, il ne donnait sous
Qu’avec des hauts cris, cornant fort aux oreilles
Des quémandeurs et des larmes sans pareilles
Dévalant ses joues ou des gros grincements
De bec accompagnés, mais fugacement,
De grimaces de douleur,… Car tout en zèle
On semblait amputer ce bubo d’une aile
À simplement lui réclamer son dû !
Tous, dont Renard, se lassaient de ce tordu.
Les élèves de notre rusé étaient mutins,
Rebelles en diable et paresseux de grand teint.
Chaque heure lui était fort difficile
À gagner avec cette bande d’indociles ;
Avec les devoirs sur table, c’était l’enfer :
Chaque note devenait problème offert.
De guerre lasse, un matin, il se propose
De contenter qui n’a eu, pour sa prose,
Un résultat louable : « Bon, donc ce sera
Un euro le point !… Et qui paiera verra
Car je n’ai, vous le savez, qu’une parole ! »
Nul ne trouva à redire chez ces droles ;
Personne ne mentionna que le vénal
Mène tout droit le corrompu au pénal…
Et ce fut aussitôt la foire d’empoigne
Entre élèves réclamant, sans trop de cagne
Pour l’heure, entre rire et pleurs, à cors, à cris
Les points promis tendant des billets pris
Sur leur bel argent de poche sans vergogne.
Le renard prit dix euros à la carogne
De gosse du hibou : « Bien !… Tant promis
Tant tenu ! fit-il. Voilà mon jeune ami ! »
Il s’approcha du prétentieux rapace
Qui arborait, déjà, sourire en sa face
Et sur sa copie médiocre, il plaça
D’un rouge vif, dix points ronds en deçà
De la note, provoquant rire en sa classe.
Puis le maître ajouta d’un ton de glace :
« Quels que soient ses fonctions, voire son rang,
Qu’il soit un manant, un comptable ou un Grand,
Méfie-toi de qui dit n’avoir qu’une parole
Autant que de qui n’en a pas… C’est pas drôle ? »
Rien n’expliquait ce fort étrange choix
Sauf que ses bons services ne coûtaient guère,
Qu’on ne le payait qu’après qu’il eut fait guerre
De siège répétée au comptable hibou.
Renfrogné ou rechigné, il ne donnait sous
Qu’avec des hauts cris, cornant fort aux oreilles
Des quémandeurs et des larmes sans pareilles
Dévalant ses joues ou des gros grincements
De bec accompagnés, mais fugacement,
De grimaces de douleur,… Car tout en zèle
On semblait amputer ce bubo d’une aile
À simplement lui réclamer son dû !
Tous, dont Renard, se lassaient de ce tordu.
Les élèves de notre rusé étaient mutins,
Rebelles en diable et paresseux de grand teint.
Chaque heure lui était fort difficile
À gagner avec cette bande d’indociles ;
Avec les devoirs sur table, c’était l’enfer :
Chaque note devenait problème offert.
De guerre lasse, un matin, il se propose
De contenter qui n’a eu, pour sa prose,
Un résultat louable : « Bon, donc ce sera
Un euro le point !… Et qui paiera verra
Car je n’ai, vous le savez, qu’une parole ! »
Nul ne trouva à redire chez ces droles ;
Personne ne mentionna que le vénal
Mène tout droit le corrompu au pénal…
Et ce fut aussitôt la foire d’empoigne
Entre élèves réclamant, sans trop de cagne
Pour l’heure, entre rire et pleurs, à cors, à cris
Les points promis tendant des billets pris
Sur leur bel argent de poche sans vergogne.
Le renard prit dix euros à la carogne
De gosse du hibou : « Bien !… Tant promis
Tant tenu ! fit-il. Voilà mon jeune ami ! »
Il s’approcha du prétentieux rapace
Qui arborait, déjà, sourire en sa face
Et sur sa copie médiocre, il plaça
D’un rouge vif, dix points ronds en deçà
De la note, provoquant rire en sa classe.
Puis le maître ajouta d’un ton de glace :
« Quels que soient ses fonctions, voire son rang,
Qu’il soit un manant, un comptable ou un Grand,
Méfie-toi de qui dit n’avoir qu’une parole
Autant que de qui n’en a pas… C’est pas drôle ? »
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