Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

mercredi 17 février 2021

LE LÉROT CHEZ LES MULOTS

Petite fable affable d'un déconfit née…

« Le proverbe dit : “C’est la mauvaise roue 
Du chariot qui le plus gronde” ! » 
Songeait en son for un des mulots prou 
Colère envers Lérot qui fronde

En son foyer que Mal mit sous verrous.
C’est las un vieillardissime

Qu’il a recueilli, râleur, malcontent,…
Pleurant sur son seul sort, aux cimes
De l’égoïsme, dès qu’aube va montant.
Ce “blaireau” est donc plaie maxime ! 

Et geint : « Le malheureux a toujours tort ! »
Notre antiquaille décrépite,

Sans aider ses hôtes qui vont, frôlant la mort,
Pour le nourrir, quérir les pépites

Qui lui agréeront sans honte ni remords.
Court du cellier à la cave

Et de la grange grosse au grand grenier,
La famille pour que se gave

Cet invité qui ne sait que grogner

Quoi qu’on déniche ou chasse. Grave ! 

Toujours, que le temps soit beau ou inclément
Quand mulot veut parler à ce sire,
L’autre le rudoie et, las, pareils tourments
- Quand ce ne sont pas cris ou ire ! - 
Affligent les siens pareillement.
Vivement qu’on se déconfine ! 
Car leurs mots, ce monstre ne peut souffrir
Ouïe ailleurs et œil de fouine,

Et leurs maux, au moins, ennuient à périr
L’être à la mine chafouine. 

Or c’était un fort bon ami naguère ;

Des plus affables et serviables aussi.
Il paraissait de bonne guerre

De passer ensemble ce temps de souci
Né d’un virus qu’on n’aimait guère. 
Hélas, il est des Janus même animaux ! 
Quand les confinés on libère,

Les mulots jettent dehors le grimaud :

« La prochaine fois, c’est à Cerbère
Qu’ira mon hospitalité, l’Ami.

Et merci pour la leçon à la pandémie :
Je sais, ainsi, qu’un bourru qui m’oblige
Vaut mieux qu’un aimable qui m’afflige ! » 

lundi 15 février 2021

HAÏKU DANS LES COTTES

Pouliche qui se pourlèche, poux lèche pour un pourliche !

LES MAUX DES BAUX

C'est donc tout ce qui reste d’un village.
Perché sur les rochers à un autre âge.
N’ont résisté au vent que quelques toits 
Délavés par la pluie qui nettoie
Les plaies nées d’un soleil saignant qu’ocellent
Des lichens qui jouent aux antiques téselles.

À ces maisons s’accroche l’abandon
Des hommes. Ces ruines s’offrent en don
Aux nues bien trop bleues où grisonne,
Sous un amas de verdure où résonnent
Milles insectes, un reste de donjon.
Jadis fier, écroulé par les surgeons
Et les sauvageons sur une histoire
Oubliée, moins légende que déboires.

J’y entends par les voies embuissonées
Le pas lourd des mulets aiguillonnés
Frôlant les étals chargés des échoppes,
Renversant presque les buveurs de chopes,
Heurtant chasse-roues et même picaros.
C’est ruelle ou venelle intra muros !

Mon oreille croit percevoir là une enclume
Battue à plein bras, ici des bouts de grumes
Que jà varlopes et ciseaux feront huis
Solides ou lourds meubles. Par quelque pertuis
Mon nez retrouve l'odeur fraîche de paille
Et les effluves du foin où, fols, ripaillent
Des jeunesses qui ne sont que souvenirs,
Chimères,… car, ici, point d’avenir.

Je laisse ce havre déserté aux ronces,
Aux lierres qui jamais ne renoncent 
À dévorer les maisons, aux arbres éventrant 
Les toitures, renversant, proliférant,
Toute vie, drapés du cri des corneilles
Assistant à l'agonie qui, seules, la veillent…

samedi 13 février 2021

HAÏKU INFERNAL

Pourquoi nous fait-on choisir entre l’ « écolo’ » et le « lot de l’éco’ » ?

LE COQ & LE SCORPION

Petite fable affable

Un sultan de basse-cour vit en son fief
Un étrange animal, courant à ras de terre ;
Tenir queue haute lui donnait relief.
Il interpelle ce maraudeur solitaire,
Sans doute en quête de picorée : « Halte-là,
Tu portes bien haut des couleurs, cancrelat !
Rabats ta queue, besacier, devant qui réveille
Le soleil ou je vais te soigner de saignées
                                                     Cet orgueil !… 

- Je ne le puis, sans vous dédaigner,
Mon Bon Seigneur, ce serait mort sure et merveille
Que je n’accompagne alors convois d’anges heureux ! »

Bouffi d’orgueil et d’embonpoint, n’est pas peureux
Notre empâté Chanteclerc : « Crois-tu que tes pinces,
Sot, effrayent mon bec et apeurent mes ergots ?!
Ton sashimono tu vas avaler en Prince
Des voleurs, car tu en es un, Espèce de Goth :
On n'entre chez autrui que pour méfait commettre -
- Ou forfait ! - Ton indigence parle pour toi !

- Tu m’as percé à jour et j’en reste pantois.
Toi seul d’ici ne pouvais être que le Maître.
Ne pouvant te rabattre la crête, j’abaisse
Mon fol étendard et m’avoue vil et vaincu. »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Le scorpion laisse
Sa queue choir sur la patte de ce corne-cul
Qui, sans comprendre pouic, se meurt dans l’instant ;
Joie d’androctone et des pécores tout autant !

Si l’indocilité, parfois, nos rois désarme,
Sachez, Sujets, qu’obéissance peut être une arme !

vendredi 12 février 2021

HAÏKU'MPLICITÉ

Pourquoi cherche-t-on toujours des « témoins de moralité » mais jamais des « garants de lubricité » ?!

jeudi 11 février 2021

HAÏKU’IR

Qui veut sauver les meubles est au mobile lié…

FILS DE FENOUILLET

Cycle toulousain

Moi, je suis un fils de Fenouillet,
Ce bled où désormais, toi, tu habites ;
Cette banlieue où vient fourmiller
Tout un peuple de cités en orbite
D’une ville rose déshabillée
De ses quartiers aux fins subites.
Finis la vieille brique gratouillée 
Et le galet grisé que Garonne débite…

Oc, je suis un fils de Fenouillet,
Le village de mes père et grand-père,
Endormi entre un canal trop souillé
Et un lent fleuve qui toujours espère
Se libérer de son lit où grenouillaient
Des souvenirs d’antan, de l’Autan compères.
Combien de bons coins où farfouiller
Ont servi à tout gafet de repaire ?!

Je reste le fils de Fenouillet,
Jadis mouvante terre à céréales
Aux tons dorés, ocrés voire rouillés,
Naguère sol de maraîchers de halles
Par tous les ciels printaniers mouillés.
Ici vaches paissaient, là cruciales
Corvées se passaient sans tant brandouiller :
Maïs, patates et vigne familiale.

Car je suis un fils de Fenouillet
Du temps où le parement qui déborde
Et les appartements où glandouiller
Ne dépareillaient pas tant les bordes.
Alors peu d’autos pour écrabouiller
Nos chats et prou usés, jusqu’à la corde,
Trois « châteaux » pour, las, un peu s’embrouiller
Au café d’un patelin sans discorde…

Quand on naît fils de ce Fenouillet,
On ne peut que regretter et les ombres
De ses rues aux noms qui vont vadrouiller
Dans ma mémoire, et la fraîche pénombre
D’une église vidée et verrouillée
Ou les noms oubliés, quoiqu’en bon nombre,
Des monuments aux morts tout grafouillés
Que personne ne regarde plus, l’oeil sombre.

mercredi 10 février 2021

HAÏKU PAIX !

C’est parce que les censeurs se croient des lumières qu’ils officient au sein d’un Cabinet noir ?

mardi 9 février 2021

HAÏKU ATIFFET

Ne jugeons le fait que d’après ses effets…
Méfait ou bienfait, il sera notre faix
Soit-il forfait imparfait qui stupéfait,
Ou insatisfait car il nous défait ou refait.

LA HYÈNE & L’ÉLÉPHANT TRIOMPHANTS

Petite fable affable

La soif de paraître est une terrible 
Passion. Et insatiable. À la fois
Leurre et vertige, elle est las inextinguible
Que l’on soit un loqueteux sans toit ni foi
Ou un de ces prospères négociants,
Un roi ou un courtisan impatient.

Ainsi, jeune éléphant et vieille hyène
Cherchant à s’élever auprès de Lion,
Rivalisaient de courbettes et d’aériennes
Périphrases ou circonlocutions, 
Pour éblouir autant que pour séduire.
Hâbleurs et flatteurs presque bateleurs,
Ils en auraient fait rire le triste sire
Mais il était, avec autrui, sans chaleur.

La hyène malgré son grand âge espère
Autant, si ce n’est pas plus, que son rival ;
« Ah, si jeunesse passe, fit son compère,
Demeurent des appétits en l’animal
Qui ne sont jamais petits. Mais, toi, tu rêves,
Tu es arrivée tout au bout de ton temps…
Demain est à moi qui aies jeunote sève.

- Tu as vigueur. Qu’elle te dure longtemps !
Moi, en l’occurence, j’ai l’expérience
Et c’est plus utile à l’État et au roi.
D’où mon bonheur d’être ouï en audience,
Et, de là, sans doute ton lourd désarroi.

- Mais tu n’es qu’une dépenaillée pelisse,
Moi fringant pachyderme bien fringué.

- Ça ne durera pas. Viendront supplice
Et torture qui vont vite te flinguer
L’esprit car Il t’oubliera, ce bon monarque,
Ou ne te verra plus quand impertinents
Et arrivistes voulant qu’on les remarque
Pousseront leur avantage, ces manants.

- Paillasson édenté, que veux-tu donc dire ?

- Ces mots que nul n’a jamais pu contredire :
“Du désir de paraître heureux aux yeux 
Des autres naît le grand malheur de tant d'Hommes ;
Du souhait de ne pas être malheureux
Naît de grandes douleurs chez bon nombre d’Hommes…” »

lundi 8 février 2021

dimanche 7 février 2021

JOUER DES HAÏKU’DEUX

Je préfère qu'on mette les coudes sur la table plutôt que les pieds dans le plat.

APPARUT LE VISAGE DE POSÉÏDON

D’après une photo de Marc Rivrin

La tempête faisait rage battant la côte
D’embruns déchaînés, de trombes d’eau tourmentées,…
Quand surgit le visage du dieu, cet hôte
Des flots encolérés, flux désorientés.

Avec sa haute couronne en gerbes d’écume 
Il a une tête un brin bonhomme, ce roi,
Prenant d’assaut un rivage en plein désarroi,
 Le fracassant comme marteau frappe l’enclume.

Il écrase ce bas monde de sa majesté,
De son ire divine qui tourne au délire
Dans un tumulte qui nous fait cesser d’exister.

Puis il disparait, comme au temps où les lyres
Rythmaient ses sacs et ressacs, dans l’Antiquité,
Toujours plus fort, plus loin… mais sa démence est restée.



samedi 6 février 2021

HAÏKU LITTÉRAIRE

Ce n’est pas parce que j’écris dans des genres que l’on qualifie ordinairement de « niches », que je suis plus cabot pour autant. Je me contente de rester chien !

vendredi 5 février 2021

GROSS’HAÏKU PURE ?

Mes droits d’auteur, pour l'heure, ne perchent pas bien haut et ne risquent pas de me monter à la tête !

LES DEUX COMPARSES

Petite fable affable d’après Le loup & le renard
 d’A. Vitallis (Fables, III, 17)

Car même en nos  taillis on vieillit
Et qu'un chasseur ne peut se nourrir que d’épeautre,
Un loup et un renard étaient de compagnie.
La force de l’un aidait la ruse de l’autre
Faisant donc que ce bon couple d’apôtres
Ravageait les hameaux et fermes du pays.

N’en venaient hélas à bout ni piège ni chasse.
Le temps passant, le succès le grisant,
Le loup se convainquit que paysans
Pâtissaient de sa vigueur et de son audace,
Non d’astuces de son insuffisant
Compagnon, si petit qu'il en était cocasse.

Dans le même temps, le goupil finit
Par croire que seuls tous ses trucs et stratagèmes
Assuraient au duo l’indéfinie
Fortune qui était sienne. Énième
Preuve que l’esprit vaut, et sans déni,
Mieux que muscles seuls, sinon on fait carême.

Un beau soir, pour leur razzia du jour,
Ils se séparent : Ysengrin indique une route
Où rets guettent le roué qui, pas gourd,
Lui dit une sente où chiens le déroutent.
Ainsi leur histoire, et leur vie, tourna court
Car comme le dit ce conte mais l'on sen doute :

Qualités bien associées mènent plus loin
Que talents que l’Envie aurait, hélas, disjoints.

mercredi 3 février 2021

HAÏKU’IN DU COGNASSIER

Filer, dans son coin, un mauvais coton conduit au lin… seul.

FIN DE NUIT BLANCHE

À Marc-Yvan Custeau,
 méli-mélo de mots d’après quelques-unes de ses photos
 où tout n'est que calme hivernal, luxe floconneux et volupté immaculée

Non loin, en pénitents encapuchonnés,
Les sapins se sont drapés, comme la ville,
D’un blanc froid que la nuit a posé, habile,
Sur ses bruits, sur sa vie abandonnée…

L’aube n’a pas encore passé ses hardes.
Le silence est tombé, en chape de plomb.
Dans les halos des lumières blafardes,
Agressives de réverbération,
Le dessin hésitant d’une rue hagarde,
Des esquisses d’autos,… Sans vibration.

D’un horizon dru, laiteux, perce l’aurore.
Mais tout n’est qu’amas, au plus, tout n’est que tas.
Sous ce linceul épais dort, triste constat,
L’endroit, attendant le jour qui va éclore.

Dans cette solitude pas un passant ;
Un passeur en quête du cliché à prendre,
Voulant saisir l’instant dans le vent glaçant,
L'improbable moment qui va nous surprendre…
Soudain, un porche est pris sous le poids pesant
D’une neige écrue qui a su, aussi, prendre
Et figer les alentours agonisants.

Sous le porche, est allumée une lumière
Jaune et chaude, comme une invitation
À entrer au chaud de l’habitation.
C’est, dans les mœurs d’ici, us coutumières.

Alors que luit cette nacre glacé,
Au dehors, un feu de cheminée brûle,
Dedans. On voudrait s’y lover, délassé,
Et se blottir en pyjama ridicule,
Là, au plus douillet de cette intimité
Si suave, on sait se faire minuscule
Pour y savourer sa douceur ouatée…

Le levant dévoile d’antiques marbres
Tant la neige a déversé à foison
 Sa mortifère et immaculée toison
Figeant, las, jusqu’à la majesté des arbres…

lundi 1 février 2021

FAIBLE HAÏKU

Ma seule force, savoir mes faiblesses !

LE CHIEN & L’ÂNE

Petite fable affable

Un mâtin tirait sur sa chaîne de l’aube au soir
En geignant : « Je suis l’esclave honni de l’ingrate
Humanité, tout juste bon à gueuler, sans surseoir,
Contre les piafs volant graines aux pécores qui grattent
La Cour ou le vagabond qu’égare sa faim.
On me lâche à la nuit dans l’enclos pour faire
Fuir quelque vil renard, rusé mais pas fin,
Qui croyait ici flairer une bonne affaire.
Et tout ça pour un bol d’eau claire, Mon Ami,
Et des viandes jà rognées plus qu’à demi !

- Que devrais-je donc dire ! réplique alors l’âne,
Moi qui n’ai pour picotin qu’herbe de fossés
À glaner sans freiner, à moins de coups de canne,
Mon bon pas qui au printemps mène au marché, 
Sous la pluie, sacs d’herbes et de fleurs ; qui ensuite
Y porte, sous le soleil de l’été revenu,
Cabas de légumes sous sèche conduite.
Puis vient l’automne avec ses vents sans retenue,
Où des paniers de fruits j’y convoie sous austère
Férule. Enfin arrivent les neiges d’hiver,
Par lesquelles de lourds tombereaux, non de terre
Mais de fumier, je mène où étaient près verts.

- Allons, tu peux vaquer toi, quand cour ou clôt bornent
Ma vie : personne n’aime être entravé, l’Ami !

- Maître te soigne mieux que sa maritorne !

-  Mais nul ne veut porter les fers de l’infamie !

- Si on craint ta chaîne qu’il se peut que tu brises,
Qui plaint donc ma peine qui fait qu’on me méprise ? »

dimanche 31 janvier 2021

HAÏKU BIEN CALCULÉ

Vu le nombre de chiffres à notre disposition chaque jour, je ne comprends pas que nous ne parlions pas mieux « le langage mathématique » !

FABLE ÉLÉPHANTASQUE ?

Petite fable affable

Sieur Éléphant, parcourant les états
De Lion, malade au demeurant, s’écroule.

Donc, il s’avachit d’un seul coup, ce gros tas,
Sur la sente près du lieu où roulent
Les grosses eaux du fleuve où vont s’abreuver
Les animaux du coin, à la relevée.

Il encombre cette route de premier choix,
Par où transite tout trafic et commerce
Du pays. Cela irrite le bon roi
Et plus encor’ les vautours et les diverses
Hyènes qui en sont les ordonnateurs
Et les grands, si ce n’est les seuls, profiteurs.

Sa Majesté, donc, moults experts dépêche.
Devant tant de coût et de difficultés
À dégager la voie, on parle et on prêche
« Oh, il est, fit un fat de la Faculté,
Urgent d’attendre !… Sa maladie, bénigne,
N’aura que fort peu d’impact à moins de guigne !

- Il faut donner du temps au temps. Réfléchir
Aux meilleures options ! » dit lors le monarque
Pour éteindre l’émoi qui faisait fraîchir
L’opinion envers ce bon hiérarque
Qui avait embrassé la profession 
De satrape en régentant sa Nation.


On laissa se décomposer la carcasse
Et donc se propager, alentour, son mal.
On commença à faire au roi, de guerre lasse,
Un mauvais parti dans le monde animal.
Il envoya des déplaisants. L’analyse
De ces zèbres, tant attendue, tout enlise :
Ils décidèrent de ne pas décider !

Mais n’ayant rien perdu de sa superbe,
Portant beau encore, le lion ridé,
Assume la contagion : par le verbe,
Il croit, las, sauver ses peuples décimés
Dont la confiance est dès lors abimée.
Pour lui l’essentiel était qu’échanges
Et flux reprennent car le Veau d’Or était 
Son dieu : on avait ouvert, hors la fange,
D’autres grandes routes en un rien de temps
Pour contourner, vite, un obstacle important.

De l’épidémie, parmi tous les responsables
Venus pour l’éradiquer ou la soigner, 
On ne trouva pas l’ombre, hélas, d’un coupable
- Surtout pas le grand roi qui n’a jamais tort ! - 
Mais un seul fautif : ce gros éléphant mort !

samedi 30 janvier 2021

vendredi 29 janvier 2021

HAÏKU RÉFLÉCHI

Quand on a chaud au cul on garde rarement la tête froide.

L'ARRÊT DES CHARDONNERETS

Petite fable affable d’après L’âne et les chardonnerets
d’A. De Vitallis (Fables, 1796, III, 14)

Un âne efflanqué, crevant de misère
En un méchant taudis qui ne tenait debout
Que par miracle, lui aussi, hère
Parmi les gueux d’ici-bas d’un bout
À l’autre de l’année, faisait piètre pitance
Et fort mauvais coucher en toutes circonstances.

Point de foin l’hiver, peu d’herbe l’été,
La terre était ingrate à souhait à ce maigre
Baudet, par contre de chardons bleutés
Point il ne manquait. Il allait le pas allègre
Et le cœur aussi léger que le corps
Là où il œuvrait encore et encor’.

Ce qui faisait ses festins comme l’ordinaire,
En toute saison, il en broutait tant
Qu’il s’attira le courroux d’oiseaux débonnaires,
Les chardonnerets, qu’il privait d’autant :
« C’est un scandale, cette goinfre de bourrique
Va tous nous affamer, ce n’est pas chimérique !
Oui, le chardon est aux chardonnerets
Comme son nom l’indique. Ainsi la Nature
L’a voulu, ainsi ça doit être comme au pré
L'herbe verte est au bétail. Sans fioriture,
Je le dis les ânes ont chélidoine  pour eux
Et valériane ou bétoine, gentiane,
Avoine, pivoine et bien sûr pas-d’âne !

- Ah ?… Et pourquoi pas “liane”, gros sots ?!
Fit une pie. Si plantes, par nom se destinent
À telle ou telle bête, quel serait mon lot ?
La vie de ce baudet n’a rien d’une comptine :
Il est si vieux, faible et mal allant,
Et l’on épuise tant tous ses talents !
Vous tous pouvez aller chercher, d’un seul coup d’aile,
Ailleurs des graines à becqueter. Mais lui…
C’est un crime de vouloir priver haridelle
Du peu qu’elle a quand, soi, nul ennui
Ne vient à troubler notre vie que le médire
Des malheureux que l’on n’aide ainsi sans mot dire ! »

jeudi 28 janvier 2021

mercredi 27 janvier 2021

HAÏKU’RIR LE PAVÉ

Être dans une bonne passe est la meilleure des nouvelles pour une péripatéticienne.

RETOUR À L’ANORMAL

Je suis le cheval des vents,
Ceux de ce bon temps d’avant.
Ceux de la vie. Ces brises
Courant dans l’aurore grise,
Rafraîchissant et les monts
Et les vaux. Un vrai démon.

Je suis le cheval des vents.
Cinglant droit. Toujours devant.
Les passions, je libère
Aux flux de ma crinière,
Bannière s’envolant
Pour déciller l’indolent.

Je suis le cheval des vents
Au galop si éprouvant
Pour qui, las, ne s’émancipe
De vieillots grands principes,
Pour qui licence est péril,
Une vraie poudre en baril.

Je suis le cheval des vents,
Courant et s’enivrant
D'indépendance. Tout flamme
Et tout feu. Au Diable, l’âme !
Que résonne mon galop
Sous les nues et par les flots !

Je suis le cheval des vents,
Incontrôlable et vivant,
Sans guides, licou ni rênes
Se cabrant, mauvaise graine,
À vos « Non, on ne peut pas ! »,
Ruant aux « On ne doit pas ! ».

Je suis le cheval des vents,
Pour vos carcans énervant,
Car seul, mais pas solitaire,
Je parcours sans fin la Terre,
À toute loi survivant,
Et suis les chevaux du vent.

lundi 25 janvier 2021

HAÏKU D’UN POT

Riche idée que d'imposer les pauvres…

À QUI VOULAIT OBLIGER LE GEAI

Petite fable affable

Chez les bêtes, êtres sans esprit ni volonté,
“La Mode” est un mal contagieux qui les frappe
En tout et même pour tout : aussi l’affronter
Est inutile ; s’y opposer chausse-trappe.
Car la mode est pis que virale épidémie :
Elle se meut bien trop vite en pandémie !

Un geai, en son art, voulait y échapper, chantre
Libre : la suivre étant un commode devoir,
Il se sentait seul, incompris, même en son antre,
Nul ne pouvant, las, la fuir, tant son pouvoir
Est grand et que l’on devient aussi ridicule
À l'éviter qu'à l’imiter chez les animalcules.

Notre oiseau chansonnait à l’ancienne mode,
Fabulant à tout propos, et partout, et sur tout,
Quoique des emplumés, oubliant que « La Mode
S'démode ! », lui chantaient pouilles jusqu'en sa toue
De s’entêter encore à composer ses odes
Animales, le ton malcommode parfois
Et le propos incommode tout à la fois.

Pourtant, il trouva matin un bel auditoire
Pour ses contes et une maison pour imprimer
Ses déraisons. C’est la morale de l’histoire
De ce gros passereau aimant fort à rimer :
Un jour où l’autre, qui se refuse à suivre
Ce qu’on lui impose finit dans les livres !

dimanche 24 janvier 2021

HAÏKU’HARNAIS DE CENT THÉS

J’ai une santé de fer, un cœur en or, un sommeil de plomb, un moral d’acier, une volonté d’airain et j’aime à entendre jouer les cuivres. Que faire quand on a tout ça, mais pas d’argent, à part couler un bronze ?

samedi 23 janvier 2021