Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

vendredi 31 mai 2013

LE COQ & LE SERPENT

Petite fable affable

Un coq trouvant que sa cour manquait d’arpents
Décida de s’aérer la crête
Du côté des labours où, clopin-clopant,
Il glanait plus que dans sa courette.
Aussi en devint-il humble comme un paon.

Entre errance et bombance, la bête
Portant beau, chantait haut et, pour nos tympans,
Faux. Tout à sa joie rien ne l’arrête.
Son tintouin, par malheur, attire un serpent.
Un vrai. Pas un orvet d’opérette.

Le reptile, œil noir et crochets, est flippant.
Le coq dans son ancienne retraite
N’avait jamais croisé un tel chenapan.
Il le voit, n’en croit pas ses mirettes :
Un ver de cette taille… mais c’est tripant !

Il se dit : « Voilà ma soupe prête ! »
Puis annonce, fier et docte, à ce rampant :
« Toi l’insigne fils des pâquerettes,
Je t’honore en t’invitant à un pimpant
Repas… Viens ici que l’on t’apprête. »

Notre coq voulut, bec tranchant et coupant,
Becqueter ce ver qui d’une traite,
Prompt, retire son cou encore en suspens.
« Tu t’es joué de moi, Collerette.
D’un baiser, je pardonne ! » fit-il, frappant.

La générosité, qu’on se le figure,
N’est pas toujours, Ami, du meilleur augure
Et le pardon promis souvent plus cruel
Que la convocation à un vrai duel !

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