Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

mardi 1 juillet 2014

L’AGAGADÉMICIEN

Petite fable affable…

Un blaireau ne comptant plus ses ans,
Autrement dit, un fort vieil ancêtre,
Se disait philosophe en son temps
Et, sûr, le plus grand qu’il se puisse être.
Mais il ne supportait même pas
Le début d’un débat - Ah, diantre
C’était lui écorcher le bas-ventre !
Que l’on ne suivît pas ses seuls pas ;
Bref, de n’être l’unique centre
D’un monde ne comptant que ses chantres.
Il nous parlait avec gravité,
 Ce sérieux qu’ont les vrais imbéciles :
Pour lui, la plèbe était nullité,
Tout contradicteur, quelque fossile !

Sa femme étant la moitié d’un con
Elle n’avait pas voix au chapitre ;
Lui parlait abstrus jusqu’à l’abscons
Et passait donc, malgré lui, pour pitre !
Plaisant aux cuistres, il fut admis
Par ses pairs et de vieilles gloires
Marchant,  peu ou prou, aux vins de Loire
À notre Animale Académie
Qui est moins chaudron que bouilloire,
Et bien plus souvenirs que mémoire.
Il y posa la sienne à demi
Car il n’aimait pas plus qu’on comprenne
Sa pensée, qu’on la mette au tamis.
Jusqu’où le mépris du monde entraîne !

Notre blaireau académicien,
Devenant toujours plus hermétique
Pour faire savant théoricien,
Odieux jusqu’à l’antipathique,
Disait que d'aucuns sont déraison
S'ils l'ignorent ou, pire, le boudent.
Il jouait pour tout, partout, des coudes
Ayant avis sur tout et… raison !
À la télévision, sa batoude,
Il se fit caustique comme soude
Sceptique comme fosse,… Un linceul
D’indifférence vite l’embrume.
Il ne suffit pas d’être tout seul
Pour être dans le vrai, vieille enclume !

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